Dans les restaurants américains, soutien à l'Ukraine et désamour pour la Russie

Des fleurs à travers une fenêtre brisée au restaurant et salon Russia House à Washington, DC, le 8 mars 2022. (Stefani Reynolds/AFP)
Des fleurs à travers une fenêtre brisée au restaurant et salon Russia House à Washington, DC, le 8 mars 2022. (Stefani Reynolds/AFP)
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Publié le Samedi 12 mars 2022

Dans les restaurants américains, soutien à l'Ukraine et désamour pour la Russie

  • Au restaurant Russia House, les propriétaires étaient sur le point de rouvrir après deux ans de pandémie, lorsque l'établissement a été vandalisé à deux reprises
  • Le comble est que la plupart des gérants russes aux États-Unis se sentent proches de l'Ukraine, ayant eux-mêmes fui l'Union soviétique ou la Russie de Vladimir Poutine

WASHINGTON : Depuis le début de l'invasion de l'Ukraine, la file d'attente s'allonge devant un café ukrainien d'un quartier branché de Washington -- et à quelques rues de là, un restaurant russe a vu ses vitres brisées, poussant les propriétaires à envisager une fermeture définitive.

Si la guerre se déroule à des milliers de kilomètres, consommer chez des commerçants ukrainiens est devenu un moyen pour les Américains de marquer leur soutien au pays envahi par la Russie.

Les sœurs Anastasiia et Vira Derun, propriétaires du D Light Café and Bakery, sont originaires de Bila Tserkva, une ville au sud de Kiev, désormais sur la trajectoire des missiles russes envoyés depuis la mer Noire. Elles ont peur pour leur famille sur place.

«Nous ne dormons pas vraiment la nuit, nous n'arrêtons pas de surveiller (les informations, ndlr), mais nous devons être là au petit matin» pour faire tourner la boutique, raconte Anastasiia Derun.

Le week-end, des dizaines de personnes font la queue pour une table. La semaine, les pâtisseries se vendent comme des petits pains.

Pour aider son pays, Anastasiia a installé une boîte à dons dans sa boutique. Mais l'initiative a tellement bien marché qu'elle a dû arrêter de distribuer les cookies aux couleurs ukrainiennes qu'elle offrait aux donateurs.

Elle a même envisagé de mettre fin à sa cagnotte, mais après avoir levé 7.500 dollars, elle n'a pu s'y résoudre.

Désormais, trois bénévoles aident à faire face à l'afflux de nouveaux clients.

Abby Wright, 23 ans, attablée avec des amies au D Light Café, «comprend bien qu'il y a de meilleures manières d'aider l'Ukraine que de prendre un café», mais ça lui permet tout de même d'établir «un petit contact avec cette culture».

Vitres brisées

Pour la Russia House non loin de là, un incontournable de Washington depuis plus de 20 ans, l'invasion russe a eu un tout autre impact.

Les propriétaires étaient sur le point de rouvrir leur restaurant après deux ans de pandémie, lorsque l'établissement a été vandalisé à deux reprises -- des actes qualifiés par la police de crimes motivé par la haine.

«Nous étions une cible facile», soupire l'un des propriétaire, Aaron McGovern, qui estime que les dommages matériels pourraient atteindre 20.000 dollars.

Des vitres ont été brisées, une rambarde arrachée, et les responsables du sacage ont laissé sur place un message: «Ne mangez pas à la Maison de Poutine.»

Aaron McGovern, à qui un passant a fait un doigt d'honneur alors qu'il ramassait les bris de verre, en vient à se demander si rouvrir son restaurant en vaut vraiment la peine, étant donné la nouvelle aversion du public pour tout ce qui touche à la Russie.

 

A l'autre bout du pays, le Pushkin Russian Restaurant de San Diego, en Californie, a aussi fait l'objet de menaces, dont celle d'un homme au téléphone «promettant de faire exploser quelque chose».

Le comble, estime son propriétaire Ike Gazaryan, est que la plupart des gérants russes aux États-Unis se sentent proches de l'Ukraine, ayant eux-mêmes fui l'Union soviétique ou la Russie de Vladimir Poutine.

D'origine arménienne, sa famille a fui l'Azerbaïdjan, l'Ouzbékistan et la Russie avant d'arriver aux États-Unis.

En dépit du nom, choisi «dans un but marketing» car «tout le monde sait où se trouve la Russie», son menu propose des spécialités venues des quatre coins de l'ex-URSS.

En pleine guerre en Ukraine, il estime désormais que le manque à gagner des commerces russes représente 30 à 40% de leur clientèle.

«Douleur»

L'inverse est vrai pour les enseignes ukrainiennes.

Il n'est pas rare, ces jours-ci, qu'une centaine de personnes fassent la queue devant le Veselka, restaurant ukrainien de New York.

Selon son tenancier Jason Birchard, petit-fils de l'immigrant ukrainien ayant fondé l'établissement, son chiffre d'affaires «a probablement doublé».

Et à Austin, au Texas, Varda Monamour, ex-Moscovite née en Crimée, a rebaptisé son restaurant «Russian House» en «The House».

Son ancien nom, lâche-t-elle, «ne faisait qu'apporter de la douleur aux Ukrainiens, aux autres, et même aux Russes».


Grèce: un homme de 89 ans recherché après deux fusillades

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
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  • L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source
  • Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque

ATHENES: La police grecque recherche mardi un homme de 89 ans, en fuite et soupçonné d'être l'auteur de deux fusillades dans des bâtiments publics à Athènes qui ont fait quatre blessés légers, selon l'agence de presse grecque ANA.

L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source.

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque.

 

 


Washington examine une proposition iranienne sur le détroit d'Ormuz

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
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  • Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte
  • Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient"

WASHINGTON: La Maison Blanche étudie une nouvelle proposition de l'Iran pour débloquer le détroit d'Ormuz, quasiment paralysé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Téhéran jugeant de son côté mardi que les Etats-Unis n'étaient plus en mesure de dicter leur politique à d'autres pays.

Le blocage d'Ormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce du pétrole et du gaz naturel liquéfié, a fragilisé l'économie mondiale et sa réouverture est un enjeu majeur pour un règlement durable du conflit, déclenché par des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée.

Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte.

Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient".

"Exigences illégales et irrationnelles" 

Selon un article du site américain Axios - relayé par l'agence officielle iranienne Irna - l'Iran a transmis aux Etats-Unis une nouvelle proposition visant à rouvrir le détroit d'Ormuz et mettre fin à la guerre, et, à une date ultérieure seulement, négocier sur le dossier nucléaire.

Les Etats-Unis "ne sont plus en position de dicter leur politique à des nations indépendantes", a affirmé le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Reza Talaei-Nik, appelant Washington à renoncer à ses "exigences illégales et irrationnelles".

Le Parlement iranien prépare parallèlement une loi prévoyant de placer le détroit sous l'autorité des forces armées. Selon ce texte, les navires israéliens auraient l'interdiction d'y passer et des droits de passage devraient être acquittés en rials iraniens.

"Nous ne pouvons pas tolérer que les Iraniens tentent d'instaurer un système dans lequel ils décident qui peut utiliser une voie maritime internationale et combien il faut leur payer pour l'utiliser", a répliqué Marco Rubio sur Fox News.

Il a par ailleurs insisté sur le volet nucléaire: "nous devons faire en sorte que tout accord conclu les empêche définitivement d'avoir à tout moment l'arme nucléaire à leur portée", a-t-il dit. Téhéran nie nourrir cette ambition et défend son droit au nucléaire civil.

Pour la première fois depuis le début de la guerre, un méthanier, chargé à plein en GNL, a pu franchir le détroit d'Ormuz courant avril, et se trouvait lundi au large de l'Inde, selon les données du cabinet spécialisé Kpler.

"Conflit gelé"? 

Alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines, les négociations piétinent sur un arrêt durable des hostilités. Face à cette impasse diplomatique, le Qatar a mis en garde mardi contre un "conflit gelé" dans le Golfe.

Après l'annulation par les Etats-Unis d'un deuxième round de négociations au Pakistan, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a rencontré lundi à Saint-Pétersbourg son allié Vladimir Poutine.

Moscou, un des principaux soutiens de Téhéran, fera "tout" pour que "la paix puisse être obtenue le plus rapidement possible", a assuré le président russe.

M. Araghchi a aussi démenti tout affaiblissement de l'Iran malgré les nombreuses frappes qui ont visé le pays durant les premières semaines de la guerre et le blocus maritime imposé par Washington à ses ports.

La guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban.

Le bombardement au premier jour de la guerre de l'école de Minab, dans le sud de l'Iran, un des drames les plus spectaculaires du conflit, a été ramené à 155 morts (dont 120 enfants) contre au moins 175 précédemment, selon un bilan révisé diffusé mardi par la télévision d'Etat iranienne.

Sur le front libanais, l'armée israélienne - qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Des frappes israéliennes dans cette région ont fait quatre morts et 51 blessés lundi, selon le ministère libanais de la Santé. Cela porte à au moins 40 le nombre de personnes tuées au Liban depuis le début de la trêve théoriquement en vigueur sur ce front depuis le 17 avril, d'après un décompte de l'AFP à partir des chiffres du ministère de la Santé.


La stabilité dans le Golfe passe par des « garanties crédibles» de sécurité pour l'Iran

L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
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  • L’ambassadeur iranien à l’ONU affirme que la stabilité du Golfe dépend de garanties crédibles empêchant toute nouvelle attaque contre l’Iran et du respect de sa souveraineté
  • De nombreux pays critiquent l’Iran pour son contrôle du détroit d’Ormuz, tandis que Téhéran accuse les États-Unis de blocus naval et d’actions assimilées à de la piraterie

NATIONS UNIES: Le retour de la sécurité et de la stabilité dans le Golfe passe par des "garanties crédibles" pour l'Iran contre toute nouvelle attaque américano‑israélienne, a déclaré lundi l'ambassadeur iranien aux Nations unies.

"Une stabilité et une sécurité durables dans le Golfe et dans toute la région ne peuvent être garanties que par une cessation durable et permanente de toute agression contre l'Iran, accompagnée de garanties crédibles de non-répétition et du plein respect des droits et intérêts souverains légitimes de l'Iran", a déclaré Amir Saeid Iravani lors d'une session du Conseil de sécurité convoquée par Bahreïn.

Lors de la réunion à New York, des dizaines de pays ont condamné l'Iran pour son contrôle du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour les exportations d'hydrocarbures des pays du Golfe vers le reste du monde.

S'adressant ensuite à la presse, M. Iravani a regretté que les critiques aient visé exclusivement l'Iran, sans mentionner le blocus naval décrété par Washington.

"Les États-Unis agissent comme des pirates et des terroristes, ciblant les navires commerciaux par la coercition et l'intimidation, terrorisant les équipages, se saisissant illégalement des navires et prenant des membres d'équipage en otage", a-t-il déclaré. "Pourtant, parmi ceux qui ont exprimé leur inquiétude quant à la sécurité de la navigation internationale, personne lors de la réunion d'aujourd'hui n'a osé évoquer ni condamner ces actes terroristes."