Le parquet russe réclame 13 ans de prison pour l'opposant Navalny

Des militants d'Amnesty International manifestent devant l'ambassade de Russie à Berlin, le 24 avril 2021, pour demander la libération du critique du Kremlin, Alexei Navalny. (AFP)
Des militants d'Amnesty International manifestent devant l'ambassade de Russie à Berlin, le 24 avril 2021, pour demander la libération du critique du Kremlin, Alexei Navalny. (AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 16 mars 2022

Le parquet russe réclame 13 ans de prison pour l'opposant Navalny

  • Ce militant pourfendeur de la corruption, âgé de 45 ans, est jugé depuis mi-février dans l'enceinte même de sa colonie pénitentiaire à 100 km à l'est de Moscou
  • Depuis le début de l'intervention russe en Ukraine le 24 février, près de 15 000 manifestants pacifistes ont été interpellés en Russie

MOSCOU:Le parquet russe a requis mardi 13 ans de prison contre l'opposant Alexeï Navalny, ennemi juré du Kremlin et victime de la répression exacerbée des voix critiques du président Vladimir Poutine à l'oeuvre en Russie.

Ce militant pourfendeur de la corruption, âgé de 45 ans, est jugé depuis mi-février dans l'enceinte même de sa colonie pénitentiaire à 100 km à l'est de Moscou pour des accusations d'"escroquerie" et d'"offense" à un magistrat qu'il juge fictives.

C'est depuis ce tribunal improvisé derrière les barreaux que la procureure Nadejda Tikhonova a requis une nouvelle lourde sentence contre l'opposant, qui a de justesse survécu en 2020 à un grave empoisonnement dont il accuse le Kremlin.

"Je demande que soit infligée une peine de privation de liberté de 13 ans", a déclaré la procureure, citée par les agences de presse russes.

Elle a également requis une sanction de "deux ans de limitation de liberté" supplémentaire et une amende de 1,2 million de roubles (9 500 euros au taux actuel).

"Vous ne mettrez pas tout le monde en prison ! Allez-y, demandez même 113 ans, vous ne me faites pas peur, ni à moi, ni aux gens comme moi", a rétorqué M. Navalny pendant l'audience, cité par son équipe sur les réseaux sociaux.

Depuis février 2021, Alexeï Navalny purge une peine de deux ans et demi de prison pour une autre affaire de "fraude" datant de 2014.

Opposition au conflit en Ukraine

L'un des lieutenants en exil de l'opposant, Léonid Volkov, a réagi immédiatement en affirmant que le pouvoir voulait, avec ce réquisitoire, qu'il reste en prison "jusqu'à la mort de Vladimir Poutine ou de Navalny".

"C'est un homme absolument innocent qui est jugé parce qu'il dit la vérité sur le régime criminel de Poutine", a renchéri sur Twitter Lioubov Sobol, une autre alliée en exil de M. Navalny.

Les enquêteurs l'accusent d'avoir détourné des millions de roubles de dons versés à ses organisations de lutte contre la corruption et d'"outrage au tribunal" au cours d'une de ses précédentes audiences.

En 2020, l'opposant, réputé pour ses enquêtes virales dénonçant l'incurie et la corruption des élites russes, a passé plusieurs mois en convalescence en Allemagne après avoir survécu de justesse à un empoisonnement par un puissant agent innervant, dont il tient Vladimir Poutine pour responsable.

Il a été arrêté en janvier 2021 à son retour en Russie et condamné à deux ans et demi de prison dans une vieille affaire de "fraude". Une condamnation qui a provoqué un tollé dans les pays occidentaux et des sanctions contre Moscou.

En juin 2021, les principales organisations de M. Navalny ont, quant à elles, été qualifiées d'"extrémistes", une décision qui a entraîné leur fermeture et des poursuites contre nombre de leurs militants. Beaucoup d'entre eux sont désormais en exil.

Dans la foulée, les autorités russes ont accentué leurs pressions sur des médias d'opposition et des ONG critiques du pouvoir.

M. Navalny s'est prononcé contre l'offensive de l'armée russe en Ukraine et a appelé ses soutiens à manifester pour la paix malgré les risques d'arrestation et de graves poursuites judiciaires.

"La Russie est grande, beaucoup de gens y vivent, et tous ne sont pas prêts à abandonner leur avenir et celui de leurs enfants comme des lâches", a lancé mardi M. Navalny.

"Tout le monde doit agir. À sa manière, du mieux qu'il le peut, compte tenu des circonstances, mais agir", a-t-il ensuite martelé sur Instagram toujours à propos de l'intervention russe en Ukraine.

"La guerre est l'œuvre du despotisme. Ceux qui veulent combattre la guerre ne doivent combattre que le despotisme", a-t-il conclu, disant citer le grand écrivain russe Léon Tolstoï.

Depuis le début de l'intervention russe en Ukraine le 24 février, près de 15 000 manifestants pacifistes ont été interpellés en Russie, selon l'ONG spécialisée OVD-Info.

En parallèle, le pouvoir russe a encore serré la vis, faisant voter deux lois punissant de lourdes peines de prison toute dénonciation du conflit. 

Sur internet, l'un des derniers espaces d'expression libre en Russie, les autorités poursuivent aussi leurs efforts et ont bloqué les réseaux sociaux Twitter, Facebook, Instagram, ainsi que plusieurs médias indépendants russophones. 


Grèce: un homme de 89 ans recherché après deux fusillades

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Short Url
  • L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source
  • Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque

ATHENES: La police grecque recherche mardi un homme de 89 ans, en fuite et soupçonné d'être l'auteur de deux fusillades dans des bâtiments publics à Athènes qui ont fait quatre blessés légers, selon l'agence de presse grecque ANA.

L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source.

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque.

 

 


Washington examine une proposition iranienne sur le détroit d'Ormuz

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
Short Url
  • Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte
  • Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient"

WASHINGTON: La Maison Blanche étudie une nouvelle proposition de l'Iran pour débloquer le détroit d'Ormuz, quasiment paralysé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Téhéran jugeant de son côté mardi que les Etats-Unis n'étaient plus en mesure de dicter leur politique à d'autres pays.

Le blocage d'Ormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce du pétrole et du gaz naturel liquéfié, a fragilisé l'économie mondiale et sa réouverture est un enjeu majeur pour un règlement durable du conflit, déclenché par des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée.

Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte.

Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient".

"Exigences illégales et irrationnelles" 

Selon un article du site américain Axios - relayé par l'agence officielle iranienne Irna - l'Iran a transmis aux Etats-Unis une nouvelle proposition visant à rouvrir le détroit d'Ormuz et mettre fin à la guerre, et, à une date ultérieure seulement, négocier sur le dossier nucléaire.

Les Etats-Unis "ne sont plus en position de dicter leur politique à des nations indépendantes", a affirmé le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Reza Talaei-Nik, appelant Washington à renoncer à ses "exigences illégales et irrationnelles".

Le Parlement iranien prépare parallèlement une loi prévoyant de placer le détroit sous l'autorité des forces armées. Selon ce texte, les navires israéliens auraient l'interdiction d'y passer et des droits de passage devraient être acquittés en rials iraniens.

"Nous ne pouvons pas tolérer que les Iraniens tentent d'instaurer un système dans lequel ils décident qui peut utiliser une voie maritime internationale et combien il faut leur payer pour l'utiliser", a répliqué Marco Rubio sur Fox News.

Il a par ailleurs insisté sur le volet nucléaire: "nous devons faire en sorte que tout accord conclu les empêche définitivement d'avoir à tout moment l'arme nucléaire à leur portée", a-t-il dit. Téhéran nie nourrir cette ambition et défend son droit au nucléaire civil.

Pour la première fois depuis le début de la guerre, un méthanier, chargé à plein en GNL, a pu franchir le détroit d'Ormuz courant avril, et se trouvait lundi au large de l'Inde, selon les données du cabinet spécialisé Kpler.

"Conflit gelé"? 

Alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines, les négociations piétinent sur un arrêt durable des hostilités. Face à cette impasse diplomatique, le Qatar a mis en garde mardi contre un "conflit gelé" dans le Golfe.

Après l'annulation par les Etats-Unis d'un deuxième round de négociations au Pakistan, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a rencontré lundi à Saint-Pétersbourg son allié Vladimir Poutine.

Moscou, un des principaux soutiens de Téhéran, fera "tout" pour que "la paix puisse être obtenue le plus rapidement possible", a assuré le président russe.

M. Araghchi a aussi démenti tout affaiblissement de l'Iran malgré les nombreuses frappes qui ont visé le pays durant les premières semaines de la guerre et le blocus maritime imposé par Washington à ses ports.

La guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban.

Le bombardement au premier jour de la guerre de l'école de Minab, dans le sud de l'Iran, un des drames les plus spectaculaires du conflit, a été ramené à 155 morts (dont 120 enfants) contre au moins 175 précédemment, selon un bilan révisé diffusé mardi par la télévision d'Etat iranienne.

Sur le front libanais, l'armée israélienne - qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Des frappes israéliennes dans cette région ont fait quatre morts et 51 blessés lundi, selon le ministère libanais de la Santé. Cela porte à au moins 40 le nombre de personnes tuées au Liban depuis le début de la trêve théoriquement en vigueur sur ce front depuis le 17 avril, d'après un décompte de l'AFP à partir des chiffres du ministère de la Santé.


La stabilité dans le Golfe passe par des « garanties crédibles» de sécurité pour l'Iran

L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
Short Url
  • L’ambassadeur iranien à l’ONU affirme que la stabilité du Golfe dépend de garanties crédibles empêchant toute nouvelle attaque contre l’Iran et du respect de sa souveraineté
  • De nombreux pays critiquent l’Iran pour son contrôle du détroit d’Ormuz, tandis que Téhéran accuse les États-Unis de blocus naval et d’actions assimilées à de la piraterie

NATIONS UNIES: Le retour de la sécurité et de la stabilité dans le Golfe passe par des "garanties crédibles" pour l'Iran contre toute nouvelle attaque américano‑israélienne, a déclaré lundi l'ambassadeur iranien aux Nations unies.

"Une stabilité et une sécurité durables dans le Golfe et dans toute la région ne peuvent être garanties que par une cessation durable et permanente de toute agression contre l'Iran, accompagnée de garanties crédibles de non-répétition et du plein respect des droits et intérêts souverains légitimes de l'Iran", a déclaré Amir Saeid Iravani lors d'une session du Conseil de sécurité convoquée par Bahreïn.

Lors de la réunion à New York, des dizaines de pays ont condamné l'Iran pour son contrôle du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour les exportations d'hydrocarbures des pays du Golfe vers le reste du monde.

S'adressant ensuite à la presse, M. Iravani a regretté que les critiques aient visé exclusivement l'Iran, sans mentionner le blocus naval décrété par Washington.

"Les États-Unis agissent comme des pirates et des terroristes, ciblant les navires commerciaux par la coercition et l'intimidation, terrorisant les équipages, se saisissant illégalement des navires et prenant des membres d'équipage en otage", a-t-il déclaré. "Pourtant, parmi ceux qui ont exprimé leur inquiétude quant à la sécurité de la navigation internationale, personne lors de la réunion d'aujourd'hui n'a osé évoquer ni condamner ces actes terroristes."