En Méditerranée, dauphins et oiseaux à l'ombre des futures éoliennes géantes

Le bateau Thera i Luna de l'ONG "Peuples de la Mer" part chaque semaine à la rencontre des animaux susceptibles de devoir cohabiter en Méditerranée avec des dizaines d'éoliennes géantes. (AFP).
Le bateau Thera i Luna de l'ONG "Peuples de la Mer" part chaque semaine à la rencontre des animaux susceptibles de devoir cohabiter en Méditerranée avec des dizaines d'éoliennes géantes. (AFP).
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Publié le Jeudi 17 mars 2022

En Méditerranée, dauphins et oiseaux à l'ombre des futures éoliennes géantes

  • Le Premier ministre Jean Castex a lancé deux appels d'offres pour construire à l'horizon 2030 deux parcs éoliens flottants en Méditerranée
  • Le fondateur des Peuples de la mer s'inquiète de «l'accumulation des activités humaines: la pêche, les loisirs et maintenant les éoliennes»

A BORD DU THERA I LUNA: Dauphins, pingouins, grues survolant l'eau bleue par centaines... Le voilier Thera i Luna part chaque semaine de Port-Leucate, dans l'Aude, à la rencontre d'animaux susceptibles de cohabiter avec des dizaines d'éoliennes géantes en Méditerranée.

Sous le soleil matinal, dans le sillage d'un chalutier survolé par une myriade d'oiseaux, une douzaine de grands dauphins bondissent au loin parmi les vagues. 

Les cétacés hésitent à s'approcher du Thera i Luna, voilier de 13 mètres de l'ONG Les peuples de la mer, à bord duquel trois experts sont venus répertorier la faune du secteur. 

"Il faut être patient. Ils vont s'habituer à nous et venir" vers le bateau, prédit Serge Briez, fondateur de l'association, qui tient la barre, les yeux rivés vers le large. 

Ses coéquipiers, l'ornithologue Alexandre Hamon et Sonia Gara, de l'association de protection des cétacés Breach, se pressent alors vers la proue, jumelles et appareil photo en main.

Ces passionnés de la mer entendent compléter des études, selon eux très insuffisantes, quant au possible impact des éoliennes sur la faune, et ils espèrent que leurs recherches seront prises en compte par les constructeurs. 

Observer pour mieux protéger

Les grands dauphins, pouvant peser quelques centaines de kilos et mesurer jusqu'à quatre mètres, se montrent rarement. Mais cette fois, la chance sourit aux marins du Thera i Luna: les cétacés sont là. Mieux encore, ils finissent par s'approcher du voilier et caracolent le long de la coque.

Au large de Leucate, "la présence du grand dauphin était méconnue jusqu'à ce que Breach démarre des études sur la zone à partir de 2007", indique Sonia Gara.

"C'est rare de pouvoir les observer comme ça pendant deux heures", se réjouit Serge Briez, soulignant "l'intelligence" de cette espèce protégée.

En toile de fond, les sommets enneigés du massif pyrénéen du Canigou complètent un décor de carte postale.

Sonia Gara regarde attentivement les mammifères marins, au gré de leurs plongeons: "On identifie les individus par leur aileron dorsal. Chaque aileron est unique. C'est l'équivalent de l'empreinte digitale chez les humains", ce qui permet de les recenser et de suivre leurs déplacements en Méditerranée.

Après l'émerveillement de cette rencontre, les trois navigateurs poursuivent leur tâche, répertorient d'autres animaux, dont nombre d'oiseaux, au cours de cette sortie en mer qui durera une dizaine d'heures.

Grues, petits pingouins, puffins, mouettes tridactyles... l'ornithologue les inscrit consciencieusement sur sa tablette afin d'alimenter aussi le portail naturaliste Faune France.

Puis le bateau rejoint la "bouée d'observation" marquant le lieu où un parc expérimental d'éoliennes doit être installé l'année prochaine, à une quinzaine de kilomètres au large de Leucate.

Impact réél «méconnu»

Comme sur deux autres sites pilotes, attendus au large de Gruissan (Aude) et de Port-Saint-Louis-du-Rhône (Bouches-du-Rhône), cela permettra de compléter les recherches, et même d'en effectuer d'autres quant au comportement des animaux, inédites jusque là.

Ainsi des capteurs permettront pour la première fois de repérer jour et nuit le passage d'oiseaux susceptibles de heurter les pales, explique Serge Briez, près du point où devraient émerger les flotteurs géants sur lesquels reposeront les éoliennes expérimentales.

Sans attendre les résultats glanés sur ces futurs sites, le Premier ministre Jean Castex a lancé lundi deux appels d'offres pour construire à l'horizon 2030 deux parcs éoliens flottants en Méditerranée, qui pourraient alimenter un million de personnes en électricité.

Or, à l'issue du débat public, organisé entre juillet et octobre derniers sur ce thème, de nombreuses voix s'étaient élevées pour demander un report de ces sites à vocation commerciale.

"Nous ne sommes pas opposés aux projets d'éoliennes en mer, mais les études préalables sont faibles ou pas réalisées", argue Serge Briez.

Soulignant que l'impact réel sur la faune "reste méconnu", il estime qu'il faudrait "encore plusieurs années de recherches" pour évaluer correctement les conséquences d'une implantation d'éoliennes.

Et le fondateur des Peuples de la mer s'inquiète de "l'accumulation des activités humaines: la pêche, les loisirs et maintenant les éoliennes" qui modifient "les zones de repos, de silence et de nourrissage", et peuvent "provoquer le déclin d'une espèce fragile" comme le grand dauphin.


Mégafeu en Gironde: le feu «toujours stabilisé» avant le retour de la chaleur

La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
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  • Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles
  • La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi

BORDEAUX: La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme.

La nuit a été marquée par la lutte contre plusieurs reprises de feu au nord du Porge et dans la partie nord du Cap-Ferret, mais celles-ci "sont sous contrôle", selon la préfecture, qui souligne que "la surface brûlée n'a pas évolué".

Le département, qui passera en vigilance jaune canicule à midi, surveille températures et vents: Météo-France prévoit une hausse des températures jusqu'à 33 à 35°C dans les terres mardi, accompagnées d'un vent orienté au sud-est, avec des brises océaniques d'ouest sur le littoral, qui pourraient attiser à nouveau le brasier.

Dans un point de situation lundi à 22H30, la préfète a souligné que la journée devrait également être marquée par "une baisse de l'hygrométrie". La situation "reste très imprévisible", a-t-elle alors assuré.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi et des vents un peu moins forts mais plus secs.

"On doit tenir" 

"Les semaines à venir seront dures et on doit tenir", a lancé lundi le président de la République, Emmanuel Macron, dans la salle de crise du centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis). "On reste unis et on se bat pour gagner la bataille partout", a-t-il dit en délivrant dans la soirée une bonne nouvelle: le feu est désormais "fixé" dans les Landes.

En Gironde également, la journée de lundi  a été "favorable, comme espéré par les pompiers", s'est réjoui le Sdis auprès de l'AFP. Dans l'ensemble, les départs de feux ont été "contenus".

Depuis le début de l'incendie au nord du bassin d'Arcachon, le 22 juillet, 93 pompiers ont été blessés, 240 habitations ont été détruites et près de 220.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 23 communes.

Dans un camping du Grand Crohot, en Gironde, jouets des enfants sur le sol, bières sur la table, tentes ouvertes et serviettes de plage encore étendues... tout témoigne de la rapidité et de la panique avec lesquelles tous ont dû quitter les lieux.

Le feu n'étant pas fixé en Gironde, aucun retour des évacués n'y est envisageable à ce stade et les activités des colonies de vacances sont suspendues dans ce département touristique.

La préfète a en outre annoncé lundi soir l'interdiction des manifestations sportives et culturelles, tout comme les activités nautiques et la navigation sur le lac de Cazaux-Sanguinet.

Comme lundi, aucun TGV ne circule au sud de Bordeaux mardi, hormis ceux qui desservent Agen et Toulouse, et l'autoroute A63 est fermée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne.

"Vague de solidarité" 

Au total, plus de 116.000 hectares - nouveau record après 2022 - ont été parcourus par les incendies en France depuis début 2026, a indiqué le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a annoncé que les assureurs prendraient en charge les frais de relogement des personnes évacuées à cause des incendies de Gironde, des Landes et du Var.

Une "vague de solidarité", saluée par la préfète Sophie Brocas, a par ailleurs permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises. Agriculteurs et particuliers prêtent aussi main-forte.

"On est partis à 4H30 ce matin du Lot-et-Garonne. On cherche à aider. Je suis chasseur et je veux garder la nature comme elle est", a expliqué lundi à l'AFP Christopher Bonnefond, 25 ans, agriculteur venu avec quatre collègues.

Juste au sud, l'incendie dans les Landes est donc fixé après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments.

Depuis 20H lundi, "l'ensemble des habitants des communes de Sanguinet et de Parentis-en-Born" peuvent ainsi "réintégrer leur domicile", a annoncé le préfet des Landes, tout comme ceux du village aéronautique de Biscarrosse et les résidents d'un camping au nord de la ville. Soit, au total, 15.000 personnes.

Dans le Var, les reprises du feu du Gros Bessillon, qui ont mobilisé les pompiers lundi, au 7e jour de lutte contre cet incendie, ont été "circonscrites" lundi soir, a annoncé la préfecture.

Le feu est toujours en cours en Corse mais a été "fixé" dans les Hautes-Alpes après avoir parcouru 510 hectares.

Dans les Bouches-du-Rhône, un pompier volontaire de 38 ans est décédé lundi, après que le camion-citerne "dans lequel il circulait seul a fait une sortie de route" au nord d'Arles, a indiqué le Sdis 13.


L'Iran dit avoir convoqué l'ambassadeur français pour «ingérence»

L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
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  • "Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences"
  • Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile"

TEHERAN: L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne.

"Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences dans les affaires intérieures de l'Iran sous des appellations trompeuses", a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, lors d'un point de presse hebdomadaire.

Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile".

"Nous ne commentons pas les provocations iraniennes", a réagi lundi le Quai d'Orsay, selon qui "les faits sont clairs".

Le 20 juillet, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait dénoncé "une action d'intimidation extrêmement grave de la part des services de sécurité iraniens" à l'encontre de deux diplomates, dont l'un avait été "molesté".

D'après le ministre français, les diplomates ont été "détenus sans raison pendant plusieurs heures" et "interrogés", en raison de leur mission de soutien à la société civile iranienne.

Le chargé d'affaires iranien en France avait été convoqué au Quai d'Orsay mardi dernier.

Les autorités iraniennes ont démenti l'agression, affirmant que les diplomates n'avaient été que "brièvement interrogés" par les services de sécurité, après avoir participé à une "réunion avec plusieurs personnes recherchées par les autorités".


Paris : trois femmes blessées dans une attaque au couteau, un suspect interpellé

n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
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  • L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris
  • "Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés

PARIS: Un homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris.

"Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés.

"Un individu muni de deux armes blanches a fait plusieurs blessés" et "a rapidement été interpellé", a-t-elle ajouté.

Selon le ministre de l'Intérieur, le suspect "a été interpellé par un policier de la préfecture de police hors service", dont il a salué "le courage".

"Aucune" des trois femmes blessées "ne voit son pronostic vital engagé", a déclaré Laurent Nuñez à la mi-journée, lors du compte-rendu du conseil des ministres.

"Deux d'entre elles sont quand même en urgence absolue, donc sont blessées assez gravement", a-t-il ajouté. L'une a été touchée aux lombaires, l'autre à l'abdomen, a-t-il précisé.

Une troisième femme a été blessée plus légèrement.

Les trois victimes sont "âgées de 19, 24 ans et 36 ans", a encore dit le ministre.

Le suspect "n'a donné qu'une identité déclarative" et "tient des propos incohérents", a poursuivi M. Nuñez, qui appelle à "rester très prudent sur les mobiles de cet acte extrêmement violent".

Le parquet national antiterroriste a indiqué à l'AFP être en observation à ce stade.