Le jihadiste et la jeune fille de 15 ans: procès Guiavarch

Kevin Guiavarch lors de son procès à Paris le 14 mars 2022 (Photo, AFP).
Kevin Guiavarch lors de son procès à Paris le 14 mars 2022 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 18 mars 2022

Le jihadiste et la jeune fille de 15 ans: procès Guiavarch

  • Lycéenne à Troyes, fréquentant assidûment les réseaux sociaux, elle devient une proie facile pour les jihadistes
  • L'adolescente vole 500 euros à son grand frère pour préparer son voyage

PARIS: Sandra H. avait 15 ans et le jihadiste Kevin Guiavarch rêvait de l'épouser. Mais cette histoire évoquée jeudi devant la cour d'assises spéciale de Paris, loin d'être romantique, est à glacer le sang.

"Je ne sais pas comment j'ai pu en arriver là", dit dans un murmure Sandra H., chemise en soie de couleur paille et longue tresse brune, qui, en avril 2014, a failli partir en Syrie pour y épouser le jihadiste de l'Etat islamique Kevin Guiavarch jugé avec ses quatre épouses pour association de malfaiteurs terroriste.

La jeune femme âgée aujourd'hui de 23 ans tremble en évoquant ce passé douloureux. Lycéenne à Troyes, plutôt "bonne élève" selon son père, elle est bouleversée par la situation en Syrie. Fréquentant assidûment les réseaux sociaux, elle devient une proie facile pour les jihadistes.

Depuis la Syrie, Kevin Guiavarch, alors âgé de 21 ans, un des premiers Français à avoir rejoint l'Etat islamique et installé à Raqqa depuis janvier 2013, entre en contact avec elle, via Facebook, sous le pseudonyme de Mohamed. Le Français a déjà deux épouses: Salma O. avec qui il était marié en France et Parveen L., une Française venue en Syrie en novembre 2013 avec son fils à peine âgé d'un an pour y épouser un "moujahidin" et devenir "la femme d'un combattant".

Quand Sandra H. évoque ce passé douloureux c'est un immense trou noir. "Je ne me souviens pas", chuchote-t-elle. "Je voulais aider les gens", dit-elle au bord des larmes. Salma O., la plus âgée du lot et qui avait à l'époque 32 ans, est également en contact avec l'adolescente et la pousse à venir en Syrie. "Pour venir, tu as besoin d'un tuteur islamique et Mohamed (Kevin Guiavarch) peut être ce tuteur", lui explique-t-elle.

«Un état lamentable»

La jeune fille n'a pas d'argent mais cela ne va pas ralentir l'ardeur de Kevin Guiavarch. Depuis la Syrie, il lui envoie un mandat de 490 euros. L'adolescente vole 500 euros à son grand frère pour préparer son voyage. Kevin et Salma lui suggèrent également de demander une aide financière sur Facebook. Et ça marche. Camélia M., également poursuivie pour "financement d'entreprise terroriste", lui offre un billet d'avion pour Istanbul.

"Ça ne vous a pas choqué qu'une mineure vous demande de lui payer un billet d'avion ?", s'étonne le président David Hill. "Non, répond Camélia dont la tête est couverte d'un foulard noir. Elle m'a dit qu'elle avait besoin d'aller en Turquie pour aller voir ses parents malades".

Quand Sandra lui avouera qu'elle veut en fait se rendre en Syrie, Camélia ne trouvera rien à redire. "Elle voulait y aller pour faire de l'humanitaire", se justifie-t-elle. Les représentants du Parquet national antiterroriste indiquent que les enquêteurs ont retrouvé sur l'ordinateur de Camélia des photos vantant le jihad armé dont une photo, projetée à l'audience, d'une main tranchée. "Il y avait 25 photos concernant l'Etat islamique sur un total de 26.000 clichés", plaident ses avocats.

Le hasard a bousculé le destin de Sandra H. Un matin au lieu d'aller au lycée, elle prend le train vers Paris puis Marseille. Mais elle loupe son avion. Elle contacte Kevin Guiavarch qui lui demande alors de rejoindre Francfort. La jeune fille, épuisée, aura le réflexe de contacter sa famille une fois en Allemagne. Son père la récupère "dans un état lamentable". L'enquêtrice  qui, la première, a interrogé Sandra confirme son état "pitoyable".

La cour interpelle Kevin Guiavarch qui admet que c'était "honteux de (sa) part" d'avoir voulu attirer l'adolescente en Syrie. Il livre une explication alambiquée. "En fait, dit-il, grâce à elle, j'aurais pu avoir une autorisation de l'EI pour quitter Raqqa et aller la chercher à la frontière turque. Ensuite, je serai retourné en Syrie mais pas dans une zone contrôlée par l'EI".

"En abandonnant à Raqqa vos deux femmes et vos enfants?", s'étonne une assesseure.

La cour lui fait remarquer qu'après la venue empêchée de Sandra, deux autres Françaises l'ont rejoint en Syrie, en juillet et en décembre 2014, sans qu'il manifeste la volonté de quitter le territoire contrôlé par l'EI.


Dialoguer avec l'Algérie est «une nécessité», selon l'ambassadeur de France à Alger

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) s'entretient avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune à l'aéroport d'Alger, le 27 août 2022. Emmanuel Macron effectuait une visite de trois jours en Algérie dans le but de renouer des liens avec l'ancienne colonie française, qui célèbre cette année le 60e anniversaire de son indépendance. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à gauche) s'entretient avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune à l'aéroport d'Alger, le 27 août 2022. Emmanuel Macron effectuait une visite de trois jours en Algérie dans le but de renouer des liens avec l'ancienne colonie française, qui célèbre cette année le 60e anniversaire de son indépendance. (AFP)
Short Url
  • "Discuter avec l'Algérie, ce n'est pas faire preuve de faiblesse, c'est une nécessité (...) On sait que c'est difficile, on sait que c'est exigeant, mais ce n'est pas abdiquer"
  • "On discute avec plein d'autres pays et lorsqu'on discute, on n'est pas accusé de faiblesse"

PARIS: Dialoguer avec l'Algérie "est une nécessité", a estimé lundi l'ambassadeur de France Stéphane Romatet, tout en appelant au "respect" mutuel entre les deux pays, qui ont amorcé un rapprochement après près de deux années de profonde crise diplomatique.

"Discuter avec l'Algérie, ce n'est pas faire preuve de faiblesse, c'est une nécessité (...) On sait que c'est difficile, on sait que c'est exigeant, mais ce n'est pas abdiquer", a affirmé sur France Inter le diplomate, qui a fait son retour à Alger le 8 mai, près d'un an après avoir été rappelé par le président Emmanuel Macron.

"On discute avec plein d'autres pays et lorsqu'on discute, on n'est pas accusé de faiblesse", a-t-il poursuivi, en référence aux critiques souvent émises par la droite et l'extrême droite françaises.

Interrogé sur le sort du journaliste français Christophe Gleizes détenu depuis bientôt un an, M. Romatet a estimé que "si on stigmatise, si on jette l'anathème sur ce pays, on n'y arrivera pas. Reprendre cette relation avec Alger (...) c'est aussi aider Christophe à revenir le plus tôt possible en France".

Arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie, Christophe Gleizes a été condamné en appel début décembre à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

L'ambassadeur a toutefois fustigé des propos "inacceptables" publiés par le quotidien El Watan visant le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, qui s'est rendu au Maroc le 20 mai. Le journal évoquait une "vassalisation" à Rabat et multipliait les attaques personnelles contre le ministre, qualifié notamment de "technicien sans relief" et de "ministre de paille".

"De part et d'autre (...) il faut faire preuve de respect. Nous attendons du respect de la part de l'Algérie", a affirmé M. Romatet.

Une crise profonde avait éclaté à l'été 2024 lorsque Paris a apporté son soutien à un plan d'autonomie sous "souveraineté marocaine" pour le territoire disputé du Sahara occidental. L'Algérie, qui soutient les indépendantistes du Front Polisario, avait immédiatement rappelé son ambassadeur en France.

La crise s'était aggravée avec l'arrestation en novembre 2024 de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal (gracié en novembre 2025), puis la mise en examen en avril 2025 d'un agent consulaire algérien accusé d'être impliqué dans l'enlèvement en France d'un influenceur algérien, Amir DZ. Cette affaire avait conduit à l'expulsion réciproque d'une douzaine de diplomates et agents consulaires et au rappel de l'ambassadeur Romatet.

Un dégel a été amorcé depuis février, marqué par les visites de trois ministres français à Alger. "D'autres visites sont programmées de ministres algériens en France, de hauts responsables français en Algérie dans les semaines qui viennent", a ajouté M. Romatet.


Chaleur: Météo-France étend la vigilance jaune à 18 départements dont Paris et petite couronne

Cette photo montre une affiche de santé publique française sur laquelle on peut lire « N'attendez pas les premiers effets de la forte chaleur, protégez-vous, restez au frais et buvez de l'eau », à la mairie de Noisy-le-Sec le 14 août 2025, alors qu'une vague de chaleur sévit en Europe. (AFP)
Cette photo montre une affiche de santé publique française sur laquelle on peut lire « N'attendez pas les premiers effets de la forte chaleur, protégez-vous, restez au frais et buvez de l'eau », à la mairie de Noisy-le-Sec le 14 août 2025, alors qu'une vague de chaleur sévit en Europe. (AFP)
Short Url
  • Il s'agit d'un "épisode de chaleur précoce et remarquable, concernant l'ouest du pays et Paris intra-muros"
  • "Les maximales restent très élevées pour la saison, la chaleur s'étend encore plus au nord, avec quasiment partout plus de 30°C, excepté au bord de la Manche et sur les plages de Méditerranée"

PARIS: La vigilance jaune canicule a été étendue à 18 départements jusqu'à mardi, Paris et la petite couronne ainsi que la Manche basculant lundi à ce niveau d'alerte, a annoncé Météo-France dans son dernier bulletin.

Il s'agit d'un "épisode de chaleur précoce et remarquable, concernant l'ouest du pays et Paris intra-muros", a indiqué l'établissement public dans son bulletin publié à 06H00.

Les départements concernés sont le Finistère, le Morbihan, l'Ille-et-Vilaine, la Mayenne, Le Maine-et-Loire, la Sarthe, la Loire-Atlantique, la Vendée, la Charente, les Deux-Sèvres, la Vienne, le Loir-et-Cher, l'Indre-et-Loire, le Finistère, suivis à partir de midi par la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine et Paris.

"Les maximales restent très élevées pour la saison, la chaleur s'étend encore plus au nord, avec quasiment partout plus de 30°C, excepté au bord de la Manche et sur les plages de Méditerranée. Il fait 30°C à 35°C sur la moitié Nord. Dans le Sud-Ouest, le mercure atteint 32°C à 36°C, tout comme dans la vallée du Rhône. Sur le reste du Sud-Est, on attend 29 à 32°C", a écrit Météo-France.

Le pays est la proie d'un "dôme de chaleur" depuis dimanche qui agit comme un couvercle. L'air chaud en provenance du Maroc transite par la péninsule ibérique et se retrouve piégé sous les hautes pressions d'un puissant anticyclone.

Les climatologues ont montré que les canicules à répétition étaient un marqueur sans équivoque du changement climatique, causé principalement par la combustion des énergies fossiles. Ces vagues de chaleur sont appelées à se multiplier, s'allonger et s'intensifier.

 


A Paris, blessés et gardes à vues après des bagarres impliquant des supporters niçois

Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
Short Url
  • Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP
  • Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués

PARIS: Soixante-cinq personnes ont été placées en garde à vue après des incidents jeudi soir à Paris, impliquant des supporters de l'OGC Nice, qui ont fait six blessés, dont un grièvement.

Une centaine de supporters de Nice, qui affronte Lens en finale de la Coupe de France de football vendredi à 21H00 au Stade de France, se sont réunis vers 23H30 dans le Xe arrondissement, dans l'est de la capitale, "cherchant manifestement à en découdre", selon la Préfecture de police à l'AFP.

Ces supporters niçois ont déambulé le long du Canal Saint-Martin et une importante rixe a éclaté quai de Valmy "pour un motif ignoré à ce stade". Six personnes ont été blessées, dont une grièvement.

Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP.

Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués.

Selon une autre source policière, un couteau à pain avec une lame de 20 cm et des traces de sang ont été également découverts au sol dans une rue du Xe arrondissement. Toujours selon cette source, certaines victimes n'auraient aucun lien avec le milieu du supporterisme, il s'agirait de simples badauds.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos amateurs montrent des personnes masquées s'en prenant à un bar du quartier, L'Atmosphère, jetant notamment des chaises contre la devanture.

"Tout ce qu'on n'aime pas" 

"Ce sont des groupes certainement marginaux car l'essentiel des supporters niçois doit arriver aujourd'hui à Paris", a assuré le président de la Fédération française de football Philippe Diallo sur France Info. "On est dans tout ce qu'on n'aime pas dans le football, c'est-à-dire de la violence, alors même qu'une finale de Coupe de France, c'est la fête...".

Le maire du XIe arrondissement, David Belliard, a dénoncé sur son compte X "un cortège de militants d'extrême droite en plein Paris, qui se battent et sont violents".

"Ces gens n'ont rien à faire là. Nous ne voulons ni d'eux, ni de leur idéologie raciste ici", a ajouté l'élu écologiste.

Classée à risque en raison de l'animosité entre les supporters de Nice et ceux du PSG, cette finale de Coupe de France fait l'objet d'un important dispositif, avec plus de 2.000 policiers prévus.

La préfecture de Seine-Saint-Denis a également décidé d'interdire la vente de boissons alcoolisées sur place et aux abords immédiats du Stade de France, ainsi que leur consommation sur la voie publique.

Le RC Lens, qui a terminé 2e du championnat derrière le Paris Saint-Germain, peut écrire l'une des plus belles pages de son histoire en remportant sa première Coupe de France.

De son côté, Nice tentera avant tout de reprendre confiance quelques jours avant des barrages décisifs pour son maintien en Ligue 1, contre Saint-Etienne.