Maroc: la paix sociale, au prix des subventions

Prix à la pompe dans une station-service le 16 septembre 2013 à Rabat (Photo, AFP).
Prix à la pompe dans une station-service le 16 septembre 2013 à Rabat (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 25 mars 2022

Maroc: la paix sociale, au prix des subventions

  • 180 000 professionnel du secteurs sont concernés par les aides de 200 millions d'euros versées via un virement sur compte bancaire
  • Le Wali de la banque centrale déclarera que l’avenir est encore plus incertain qu’au commencement de la pandémie

CASABLANCA: Après le choc pandémique, le Maroc accouche d’un modèle social nouveau. A bas bruit, sans que ça n’ait fait l’objet de discussions, ni de débat, le gouvernement marocain semble opérer un changement de paradigme de l’aide sociale. Privilégiant, initialement, des subventions accordées aux produits, désormais depuis le précédent de la Covid-19, les subventions sont accordées, de plus en plus, directement aux producteur-consommateur.

Subventions directes aux transporteurs

Succédant à d’âpres négociations avec les représentants du secteur, et après un début de contestation dans les rues, le gouvernement a décidé d’accorder une aide au secteur du transport dans le but, affiché, de limiter la hausse des prix à la pompe prémisses d’une hausse des prix à la consommation. Environ 180 000 véhicules sont concernés par les mesures annoncées, ce mercredi, par le chef de l’exécutif, Aziz Akhannouch. Pour en bénéficier, il suffit pour les professionnels du secteur de  s’inscrire sur la plateforme mouakaba.transport.gov.ma à partir de ce mercredi 23 mars. Ils pourront exiger les subventions auxquelles ils ont désormais droit dès la première semaine du mois d’avril. Les grands taxis bénéficieront d’une enveloppe d’environ 200 euros, tandis que les petits taxis seront subventionnés à hauteur de 150 euros, idem, pour les véhicules de transport mixte entre les villes et le monde rural, tandis que, les autocars interurbains et les bus bénéficieront de subventions, plus conséquentes, comprise entre 580 et 650 euros.

L’exécutif souhaite contenir l’inflation

Face à la flambée des prix du carburant, à l’inflation inédite depuis 20 ans, à la colère des professionnels du secteur le gouvernement a joué la carte de l’apaisement.

Pour l’un des hommes forts de l’exécutif Fouzi Lekjaa, à la tête de la fédération de la puissante fédération de football et nouvellement ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances «L’état dégagera les marges nécessaires pour accompagner les professionnels, afin d’atténuer la hausse et de préserver le prix du transport et des marchandises au niveau habituel.

Fouzi Lekjâa au ministère de l'économie en septembre 2017 (Photo, AFP).
Fouzi Lekjâa au ministère de l'économie en septembre 2017 (Photo, AFP).

D’un montant global de 2 milliards de DH, cette subvention directe sera versée via un virement sur compte bancaire ou un mandat à récupérer dans les agences de Al Barid Bank et Barid Cash. Une aide qualifiée de «respectable», par Mustapha Chaoune, secrétaire général de l’Organisation démocratique des transports et de la logistique présent lors des négociations avec le gouvernement.

Le risque pour l’Etat, bien qu’en deçà du quoiqu’il en coûte au nord de la Méditerranée, est de dépenser au-delà de ses moyens. Les nouvelles ne sont pas des plus réjouissantes du côté de Bank-Al-Maghrib qui a tenu cette semaine son premier Conseil trimestriel de 2022. Montée de l’inflation à 4,7% en 2022, chute de la croissance à 0,7%, et surtout, creusement du déficit à 6,3%. Le Wali de la banque centrale déclarera lors de son point de presse que l’avenir est encore plus incertain qu’au commencement de la pandémie.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.