La cérémonie des Oscars, compétition, nominations et moments marquants

Les préparatifs de la 94e zone des arrivées du tapis rouge des Oscars se poursuivent le long de Hollywood Boulevard à Hollywood, en Californie, le 24 mars 2022. (Frédéric J. Brown / AFP)
Les préparatifs de la 94e zone des arrivées du tapis rouge des Oscars se poursuivent le long de Hollywood Boulevard à Hollywood, en Californie, le 24 mars 2022. (Frédéric J. Brown / AFP)
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Publié le Vendredi 25 mars 2022

La cérémonie des Oscars, compétition, nominations et moments marquants

  • Western sombre et psychologique sur la masculinité toxique, «The Power of the Dog» faisait jusqu'alors la course en tête dans les pronostics pour l'Oscar du meilleur long-métrage
  • Mais la compétition s'est intensifiée ces dernières semaines et un outsider est revenu au grand galop: «CODA» comédie dramatique pleine d'émotions et d'optimisme

HOLLYWOOD: «CODA», «Power of the Dog» ou «Belfast» médaille d'or ? Et l'audience sera-t-elle enfin de retour ? Hollywood retenait son souffle avant le coup d'envoi de la cérémonie de remise des Oscars qui mettra fin au suspense dimanche soir.

Western sombre et psychologique sur la masculinité toxique, «The Power of the Dog» faisait jusqu'alors la course en tête dans les pronostics pour l'Oscar du meilleur long-métrage, ce qui constituerait une victoire historique pour le géant Netflix, encore jamais sacré dans cette catégorie phare.

Mais la compétition s'est intensifiée ces dernières semaines et un outsider est revenu au grand galop: «CODA» comédie dramatique pleine d'émotions et d'optimisme qui a remporté l'un après l'autre tous les prix décernés par les syndicats professionnels de l'industrie du cinéma américaine.

Les experts gardent aussi un œil sur «Belfast», film en noir et blanc de Kenneth Branagh inspiré par l'enfance nord-irlandaise du cinéaste, qui tient encore la distance.

«C'est une course entre deux ou trois chevaux», résume Clayton Davis, spécialiste des prix cinématographiques pour le magazine Variety, une référence dans le domaine.

Il a noté une «forte dynamique» en faveur de «CODA». «Ces deux dernières années ont été très difficiles pour tout le monde. Et +CODA+ est positif, réconfortant. Je crois que les votants sont d'humeur à se sentir bien», dit-il à l'AFP.

«C'est une course très serrée», confirme Scott Feinberg, éditorialiste au magazine The Hollywood Reporter.

Si beaucoup ont chanté les louanges de «The Power of the Dog», le film de Jane Campion a déplu à d'autres, qui lui reprochent notamment sa froideur clinique et son manque d'émotions. «Ce n'est pas la tasse de thé de tout le monde», dit M. Feinberg.

Cela peut s'avérer un handicap avec l'étrange mode de scrutin préférentiel à plusieurs tours utilisé dans la catégorie du meilleur long-métrage, qui a tendance à privilégier les films les plus consensuels.

La compétition «n'a jamais été aussi ouverte», a déclaré sous couvert de l'anonymat l'un des votants de l'Académie des arts et sciences du cinéma, qui décerne les Oscars.

Autre atout dans la manche de «CODA», il s'agit d'un film indépendant à petit budget (15 millions de dollars) perçu cette année comme l'outsider et qui pourrait à ce titre s'attirer la sympathie des votants.

«Certains membres de l'Académie auxquels je parle sont encore réticents à voter pour un film Netflix dans la catégorie du meilleur long-métrage», explique ce votant à l'AFP, relevant avec malice que «CODA» est diffusé par Apple TV+, une autre plateforme de vidéo à la demande.

Will Smith et Jessica Chastain ?

Chez les acteurs, le grand favori est cette année est le toujours très populaire Will Smith, qui joue le père des championnes Serena et Venus dans «La Méthode Williams».

L'une des vedettes de «CODA», Troy Kotsur, tient quant à lui la corde pour l'Oscar du meilleur second rôle masculin. L'acteur sourd, qui incarne le père aimant mais parfois démuni d'une adolescente entendante, a fait un tabac dans les différents prix cinématographiques cette saison.

La partie est bien plus disputée côté actrices.

Pour Scott Feinberg, «n'importe laquelle des cinq candidates pourrait vraiment gagner» cette année, même si Jessica Chastain, méconnaissable dans son rôle de télévangéliste de «Dans les yeux de Tammy Faye», semble «la plus probable».

Clayton Davis reconnaît qu'il s'agit du pari le plus sûr mais relève que Penelope Cruz a aussi le vent en poupe et pourrait créer la surprise avec sa performance dans «Madres Paralelas» de Pedro Almodovar.

Ariana DeBose devrait l'emporter pour le second rôle féminin avec le remake de «West Side Story» par Steven Spielberg mais ce dernier aura fort à faire pour avoir le dessus sur Jane Campion, estiment les experts.

En nombre absolu d'Oscars, c'est le grandiose space opera «Dune» qui devrait être vainqueur dimanche soir grâce à ses nominations dans de multiples catégories techniques, de la photographie au son en passant par les effets spéciaux.

«Génération TikTok»

Après deux ans de restrictions sanitaires, la cérémonie des Oscars retrouve son traditionnel Dolby Theatre sur le Walk of Fame d'Hollywood. Les organisateurs et le diffuseur ABC espèrent qu'ils retrouveront par la même occasion leur audience, en chute libre ces dernières années.

L'édition 2021 n'avait attiré que 10 millions de téléspectateurs, une baisse de 56% par rapport à l'année précédente qui avait déjà enregistré son niveau le plus bas de l'histoire.

Pour attirer les fans, les organisateurs ont lancé cette année un «prix des fans», appelés à voter sur les réseaux sociaux.

Il s'agit pour les Oscars de «voir comment ils peuvent atteindre une nouvelle audience, cette génération TikTok», estime Clayton Davis.

La reine de la pop Beyoncé et sa jeune dauphine Billie Eilish viendront aussi à la pêche aux téléspectateurs sur la scène des Oscars, où elles sont en lice respectivement pour leur chanson de «La Méthode Williams» et du dernier James Bond.

Mais si l'audience stagne, «voire chute encore un peu plus, alors ils auront vraiment un gros problème», avertit Scott Feinberg.

La cérémonie des Oscars en cinq moments marquants

La cérémonie de remise des Oscars est généralement considérée comme la soirée la plus glamour d'Hollywood, avec son lot de moments marquants au fil des années, entre rires, émotion et embarras.

Voici cinq des plus mémorables d'entre eux depuis la première édition en 1929:

- Une bourde en or

L'épisode le plus frappant dans l'histoire récente des Oscars s'est déroulé en 2017, au moment de décerner la récompense suprême du "meilleur long-métrage". La prestigieuse statuette dorée était allée brièvement à la comédie à paillettes "La La Land" alors que c'était son concurrent "Moonlight", drame bien plus sérieux, qui était le vrai vainqueur.

Les experts de la société PricewaterhouseCoopers, chargée de recenser et conserver les votes de l'Académie, avaient tout simplement remis aux présentateurs, Warren Beatty et Faye Dunaway, la mauvaise enveloppe...

Celle qui avait été lue devant des millions de téléspectateurs était un doublon du prix de la meilleure actrice, qui avait effectivement récompensé Emma Stone pour son rôle dans "La La Land".

Cette bourde fut sans doute la pire de la longue histoire des Oscars.

"Ce fut un terrible fiasco", a écrit à l'époque le critique Jeff Jensen dans le magazine Entertainment Weekly. "On était gêné pour Dunaway, et pour Beatty qui avait visiblement conscience que quelque chose n'allait pas quand il a ouvert l'enveloppe mais qui ne savait pas comment procéder".

- Refus politique

En mars 1973, Marlon Brando avait gagné l'Oscar du meilleur acteur pour son impressionnante performance dans "Le Parrain", s'imposant face à des concurrents comme Michael Caine, Peter O'Toole et Laurence Olivier.

Mais Brando avait boudé la remise des prix et c'était l'actrice apache Sacheen Littlefeather, militante des droits des Amérindiens, qui était montée sur la scène à sa place.

Elle avait refusé d'un geste de la main la statuette que lui tendait l'acteur Roger Moore et avait pris la parole devant un public médusé, expliquant que Marlon Brando "regrettait fort de ne pouvoir accepter ce prix très généreux" car il souhaitait ainsi protester contre la façon dont l'industrie du cinéma traitait selon lui les acteurs amérindiens.

Cette déclaration avait été saluée par des applaudissements et des cris de joie, ainsi que par des huées poussées par quelques mauvais coucheurs.

- Egalité!

Il y a eu quelques rares cas d'ex aequo dans l'histoire des Oscars mais peu ont été aussi remarqués que celui de 1969, lorsque le jury de l'Académie n'a pas réussi à départager Barbra Streisand et Katharine Hepburn pour le prix de la meilleure actrice.

"La gagnante... nous avons une égalité!", s'était exclamée la présentatrice, Ingrid Bergman, en ouvrant l'enveloppe.

Barbra Streisand recevait son premier Oscar pour son rôle de Fanny Brice dans "Funny Girl" tandis que Katharine Hepburn, championne toutes catégories chez les acteurs avec quatre Oscars au total, triomphait dans "Le lion en hiver".

Seule Barbra Streisand assistait à la cérémonie et elle avait lancé "Salut mon joli!" en recevant la précieuse statuette.

- Baiser volé

Les acteurs se laissent souvent déborder par leurs émotions lorsqu'ils reçoivent un Oscar mais en 2003, Adrien Brody est certainement allé trop loin.

Lorsqu'il est monté sur scène pour recevoir son prix des mains d'Halle Berry, lauréate l'année précédente de l'Oscar de la meilleure actrice, Adrien Brody a pris tout le monde par surprise, y compris l'actrice, en l'enlaçant soudainement pour un bref mais passionné baiser sur la bouche.

"Ce n'était pas prévu. J'ignorais tout de cela", avait expliqué en 2017 Halle Berry, confirmant que, sous l'effet de la surprise, elle avait décidé "d'accompagner le mouvement".

De son côté, Adrien Brody avait affirmé que "le temps s'était ralenti" pour lui à cet instant mais que son élan l'avait quasiment privé de discours. "Quand j'ai fini de l'embrasser... ils avaient déjà allumé le panneau pour indiquer +quitte la scène, ton temps est écoulé+", a-t-il raconté au festival du film de Toronto.

- Un air de déjà vu?

Voici tout juste soixante ans, Rita Moreno avait remporté l'Oscar du meilleur second rôle féminin pour son incarnation de l'explosive Anita dans le film musical "West Side Story". L'histoire pourrait bégayer dimanche soir avec une nouvelle statuette pour Ariana DeBose, qui reprend le rôle dans le remake de Steven Spielberg.

Favorite dans cette catégorie, l'actrice a intérêt à préparer son discours pour ne pas être prise au dépourvu comme Rita Moreno à l'époque.

"Je n'arrive pas à y croire! Bon Dieu. Sur ce, je vous laisse", avait juste lancé cette dernière après avoir reçu son Oscar des mains de Rock Hudson, quittant la scène sans demander son reste.

Les nominations pour les Oscars dans les principales catégories

Voici les nominations dans les principales catégories pour la 94e cérémonie des Oscars, dont les prix seront remis dimanche 27 mars à Hollywood.

Western sombre et psychologique, le film "The Power of the Dog" de Jane Campion, avec en vedette Benedict Cumberbatch, part en tête de la course avec 12 nominations. Il est suivi par "Dune" (dix nominations), "Belfast" et "West Side Story" (sept nominations chacun).

- Meilleur film -

"Belfast"

"CODA"

"Don't Look Up: Déni cosmique"

"Drive My Car"

"Dune"

"La Méthode Williams"

"Licorice Pizza"

"Nightmare Alley"

"The Power of the Dog"

"West Side Story"

- Meilleur réalisateur - 

Kenneth Branagh, "Belfast"

Ryusuke Hamaguchi, "Drive My Car"

Paul Thomas Anderson, "Licorice Pizza"

Jane Campion, "The Power of the Dog"

Steven Spielberg, "West Side Story"

- Meilleur acteur - 

Javier Bardem, "Being the Ricardos"

Benedict Cumberbatch, "The Power of the Dog"

Andrew Garfield, "tick, tick...BOOM!"

Will Smith, "La Méthode Williams"

Denzel Washington, "The Tragedy of Macbeth"

- Meilleure actrice - 

Jessica Chastain, "Dans les yeux de Tammy Faye"

Olivia Colman, "The Lost Daughter"

Penelope Cruz, "Madres Paralelas"

Nicole Kidman, "Being the Ricardos"

Kristen Stewart, "Spencer"

- Meilleur acteur dans un second rôle - 

Ciaran Hinds, "Belfast"

Troy Kotsur, "CODA"

Jesse Plemons, "The Power of the Dog"

JK Simmons, "Being the Ricardos"

Kodi Smit-McPhee, "The Power of the Dog"

- Meilleure actrice dans un second rôle -

Jessie Buckley, "The Lost Daughter"

Ariana DeBose, "West Side Story"

Judi Dench, "Belfast"

Kirsten Dunst, "The Power of the Dog"

Aunjanue Ellis, "La Méthode Williams"

- Meilleur film international - 

"Drive My Car" (Japon)

"Flee" (Danemark)

"La Main de Dieu" (Italie)

"L'école du bout du monde" (Bhoutan)

"Julie (en 12 chapitres)" (Norvège)

- Meilleur film d'animation - 

"Encanto: la fantastique famille Madrigal"

"Flee" 

"Luca"

"Les Mitchell contre les machines"

"Raya et le Dernier Dragon"

- Meilleur documentaire -

"Ascension"

"Attica"

"Flee"

"Summer of Soul"

"Writing with Fire"

- Meilleur scénario original - 

"Belfast"

"Don't Look Up: Déni cosmique"

"La Méthode Williams"

"Licorice Pizza"

"Julie (en 12 chapitres)"

- Meilleur scénario adapté - 

"CODA"

"Drive My Car"

"Dune"

"The Lost Daughter"

"The Power of the Dog"

- Films avec six nominations et plus - 

"The Power of the Dog" - 12 

"Dune" - 10

"Belfast" - 7 

"West Side Story" - 7

"La Méthode Williams" - 6


Un nouveau livre explore 12 chefs-d’œuvre de l’art du manuscrit islamique à travers les siècles

« Illuminated » par William Greenwood. (Fourni)
« Illuminated » par William Greenwood. (Fourni)
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  • William Greenwood évoque son nouveau livre consacré à une douzaine de manuscrits islamiques d’exception

DUBAÏ : Un nouveau livre consacré à 12 manuscrits islamiques extraordinaires vient d’être publié, avec pour ambition de rendre ces chefs-d’œuvre richement illustrés accessibles au plus grand nombre.

Intitulé « Illuminated: Art, Knowledge, and Wonder in Twelve Islamic Manuscripts » et publié par Empty Quarter Press, l’ouvrage présente une sélection de douze des plus beaux manuscrits jamais produits. Parmi eux figurent des classiques arabes médiévaux tels que Maqamat al-Hariri, Kalila wa Dimna, Aja’ib Al-Makhluqat Wa Ghara’ib Al-Mawjudat et Kitab Al-Diryaq, ainsi que des œuvres spectaculaires issues des mondes timouride, safavide et moghol, du XIIIe au XVIIe siècle.

Son auteur, William Greenwood, est spécialiste de l’art et de la culture islamiques. Les manuscrits présentés étaient conçus à la fois comme des réceptacles de savoir et comme des objets artistiques à part entière. Des traités médicaux aux cartes célestes, de la poésie épique aux fables, chacun reflète la richesse et la diversité des traditions intellectuelles et artistiques du monde islamique.

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« Maqamat Al Hariri » (vers 1236-1237). (Fourni)

Pour Greenwood, qui a travaillé plus de dix ans comme conservateur — dernièrement au Zayed National Museum d’Abou Dhabi — ces manuscrits sont importants pour plusieurs raisons. D’abord, ce sont des œuvres d’art remarquables. Ensuite, chacun constitue « un instantané de l’époque de sa création, tant par son style artistique et son contenu que par son contexte historique ».

Le premier chapitre du Kitab al-Diryaq, par exemple, est attribué à Mossoul au milieu du XIIIe siècle et « vise clairement à glorifier le souverain », explique Greenwood. Kitab Suwar al-Kawakib al-Thabita, copié au XVe siècle à Samarcande, témoigne de l’essor des sciences durant la Renaissance timouride, tandis que le Hamzanama, réalisé dans l’Inde du XVIe siècle, marque l’émergence d’un style pictural proprement moghol.

« La troisième raison, poursuit-il, est que, aussi belles que soient les peintures et les enluminures, elles sont presque toujours destinées à magnifier des textes qui sont en eux-mêmes remarquables — qu’il s’agisse d’épopées nationales comme le Shahnameh, d’ouvrages encyclopédiques comme Aja’ib al-Makhluqat, ou de démonstrations de virtuosité linguistique telles que les Maqamat d’Al-Hariri. »

Enfin, ces manuscrits constituent, selon lui, « des témoignages remarquables d’un monde islamique multiculturel et cosmopolite, capable d’absorber, de raffiner et de repenser des influences aussi diverses que les fables indiennes ou l’astronomie classique pour en faire un ensemble cohérent et distinctement “islamique” ».

L’intérêt de Greenwood pour les manuscrits enluminés a été éveillé par une copie mamlouke du milieu du XIVe siècle de Sulwan al-Muta’ fi ‘Udwan al-Atba’, qu’il a découverte alors qu’il travaillait au Musée d’art islamique de Doha.

« Il s’agit de la seule copie médiévale illustrée de ce texte, probablement réalisée pour un mécène royal », explique Greenwood, qui a également travaillé au British Museum de Londres. « Le mélange d’éléments byzantins, persans et chinois dans les peintures correspondait parfaitement à mon intérêt pour les échanges interculturels. Le texte appartient au genre des “miroirs des princes”, destiné à conseiller les souverains — un type d’écriture fondamental, également représenté dans Illuminated par une copie mamlouke du début du XIVe siècle de Kalila wa Dimna. »

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« Kalila wa Dimna » (vers 1310). (Fourni)

Cependant, ce n’est pas une découverte isolée qui l’a poussé à écrire ce livre, mais le constat progressif que, bien que le grand public s’intéresse aux manuscrits islamiques illustrés et enluminés, il existe peu d’ouvrages de synthèse accessibles.

« Il existe de nombreuses publications très spécialisées consacrées soit à des manuscrits précis, soit à certains éléments décoratifs, mais peu de livres destinés à un public curieux mais non universitaire. Il était aussi stimulant de rassembler, dans un même ouvrage, des peintures issues de manuscrits très différents. Cela permet de suivre l’évolution des styles et des idées du XIIIe au XVIIe siècle, ce qui est particulièrement utile pour les non-spécialistes. »

Le résultat est un livre richement illustré, conçu pour un large public. À la fois célébration des traditions artistiques du livre islamique et invitation à en découvrir la beauté et les trésors, Illuminated réunit art islamique, savoir et récit dans une forme accessible et attrayante.

« J’espère que le fait de voir ces œuvres réunies dans une même publication ouvrira les yeux des lecteurs sur leur caractère exceptionnel », conclut Greenwood. « Ce livre s’adresse vraiment à tout le monde, et s’il suscite un intérêt plus large pour les manuscrits présentés, il aura déjà une valeur unique. Toutes ces œuvres sont liées, d’une manière ou d’une autre, à la transmission du savoir et de la sagesse, et si ce livre peut contribuer à les diffuser un peu plus, alors il aura pleinement rempli sa mission. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Tarboosh Jedde Maallak : une histoire d’amour libanaise entre mémoire et diaspora

Les acteurs incarnent avec sensibilité les thèmes de l’exil, de la mémoire et de l’amour. (Photo: fournie)
Les acteurs incarnent avec sensibilité les thèmes de l’exil, de la mémoire et de l’amour. (Photo: fournie)
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  • Tarboosh Jedde Maallak arrive à Dubaï pour une représentation unique, après avoir rempli plus de 25 salles au Liban
  • À travers le destin croisé de ses personnages, la pièce offre une réflexion sensible sur la diaspora libanaise et le lien profond avec la terre natale

​​​​​​DUBAÏ: Après une tournée exceptionnelle de plus de 25 représentations à guichets fermés au Liban, la pièce théâtrale Tarboosh Jedde Maallak s’apprête à rencontrer le public de Dubaï pour une représentation très attendue.

Écrite par Marwa Khalil et Riad Chirazi (également auteurs de la pièce Mafroukeh), qui signe aussi la mise en scène, la production met en scène le comédien et stand-uppeur Junaid Zeineddine, aux côtés de l’actrice Marwa Khalil. Ensemble, ils livrent une pièce à la fois touchante et teintée d’humour, explorant l’amour, la perte et la quête d’identité.

Mêlant romance et regard socio-politique acéré, la pièce aborde les thèmes du départ et du retour, des promesses brisées, de l’amour qui persiste malgré le chaos, ainsi que de la nostalgie et de la mémoire collective.

L’histoire se déroule sur fond de l’histoire mouvementée du Liban, de 1980 à 2025. Elle suit deux personnages principaux dont les trajectoires divergent profondément. Hala, contrainte de quitter son pays, traverse Paris, Montréal et Dubaï, incarnant l’expérience de la diaspora libanaise tout en portant en elle le poids émotionnel de sa terre natale. Ibrahim, quant à lui, choisit de rester au Liban, ancré dans un pays marqué par la lutte, la résilience et l’espoir.

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Sur scène, l’émotion et l’humour se mêlent dans Tarboosh Jedde Maallak. (Photo: fournie)

Leur histoire d’amour devient un miroir sensible de l’impact des bouleversements nationaux sur les relations intimes, offrant une réflexion poignante sur l’appartenance, l’identité et le coût émotionnel de l’instabilité politique et sociale. Avec finesse et tendresse, Tarboosh Jedde Maallak évoque les souvenirs partagés d’une génération tout en touchant à des expériences universelles de séparation et de manque.

À Dubaï, la pièce sera présentée lors de deux représentations à 19h et 21h30, offrant au public une occasion de découvrir une œuvre qui a marqué les spectateurs arabophones de la région.

Présentée par Bayroute Events et BYL Events, en collaboration avec Art For All, cette soirée promet d’attirer les passionnés de théâtre, les membres de la diaspora libanaise et les amateurs de théâtre arabe contemporaine.

Véritable hommage à l’esprit humain libanais, Tarboosh Jedde Maallak s’annonce comme une pièce, émouvante et profondément culturelle.


De Djeddah à Paris, l’engagement artistique de la famille Jameel salué par la France

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  • Fady Jameel a été nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, en reconnaissance de l’engagement pionnier et international de la famille Jameel en faveur des arts depuis 80 ans
  • Art Jameel touche près de deux millions de personnes chaque année, grâce à ses centres de Djeddah et de Dubaï et à un vaste réseau de partenariats culturels mondiaux, notamment avec la France

​​​​​​Paris / Djeddah: La famille Jameel, reconnue pour son rôle pionnier dans le soutien aux arts à l’échelle mondiale, a vu son engagement distingué par la République française. Fady Mohammed Jameel, président d’Art Jameel et vice-président international d’Abdul Latif Jameel, a été décoré de l’insigne de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres lors d’une cérémonie officielle organisée à Paris par Madame Rachida Dati, ministre de la Culture.

Attribuée par le ministère français de la Culture, cette distinction honore des personnalités ayant contribué de manière significative au rayonnement des arts et de la culture en France et à l’international. Elle vient saluer 80 années d’engagement philanthropique de la famille Jameel, ainsi que plus de deux décennies d’actions structurantes en faveur des arts sous l’impulsion de Fady Jameel, notamment au Moyen-Orient et dans le cadre d’échanges culturels étroits avec la France.

Fondée en 2003, Art Jameel s’est imposée comme l’une des organisations artistiques les plus influentes de la région. Financée principalement par la famille Jameel et guidée par une mission civique forte, l’institution œuvre pour rendre les arts accessibles à toutes et tous, à travers des expositions, des commandes artistiques, des programmes éducatifs et des initiatives cinématographiques. Chaque année, ses activités touchent près de deux millions de personnes à Djeddah, Dubaï et à travers le monde.

Art Jameel soutient notamment Hayy Jameel à Djeddah – pôle majeur dédié au cinéma et aux arts, qui accueille l’Alliance Française et le premier cinéma indépendant d’Arabie saoudite – ainsi que le Jameel Arts Centre à Dubaï, récemment distingué par une médaille d’excellence lors des Art Basel Awards pour sa vision innovante et son impact culturel. L’organisation développe également un réseau international de partenariats de premier plan avec des institutions telles que le Victoria and Albert Museum à Londres et le Metropolitan Museum of Art à New York.

Les échanges culturels entre la France et le monde arabe occupent une place centrale dans cette dynamique. Art Jameel collabore régulièrement avec des institutions françaises autour de projets d’expositions, de cinéma, de musique et de restauration du patrimoine, tout en mettant en lumière des artistes français et issus des diasporas arabes au sein de ses programmations.

Recevant cette distinction, Fady Jameel a souligné le rôle essentiel des arts comme vecteur de dialogue, de transmission et de transformation sociale, réaffirmant l’engagement d’Art Jameel à renforcer durablement les écosystèmes artistiques, à soutenir les créateurs et à favoriser les échanges culturels internationaux.