Gilbert Houngbo, premier Africain à prendre la tête de l'OIT

L'ancien Premier ministre du Togo Gilbert Houngbo s'adresse à la 42e session du Conseil des gouverneurs du Fonds international de développement agricole (FIDA), une agence des Nations Unies basée à Rome, le 14 février 2019 à Rome (Photo, AFP).
L'ancien Premier ministre du Togo Gilbert Houngbo s'adresse à la 42e session du Conseil des gouverneurs du Fonds international de développement agricole (FIDA), une agence des Nations Unies basée à Rome, le 14 février 2019 à Rome (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 25 mars 2022

Gilbert Houngbo, premier Africain à prendre la tête de l'OIT

  • Gilbert Houngbo, 61 ans, est natif d'une préfecture rurale du Togo, et a passé la majorité de sa carrière dans les organisations internationales
  • Il prendra ses fonctions début octobre, succédant à l'ancien syndicaliste britannique Guy Ryder,

GENEVE: L'ancien Premier ministre du Togo Gilbert Houngbo  élu vendredi à la tête de l'Organisation internationale du travail, devenant le premier Africain à exercer cette fonction, avec pour ambition de préserver les progrès accomplis ces dernières décennies en matière de justice sociale.

Il a été élu au second tour par les membres du Conseil d'administration représentant les Etats et les organisations d'employeurs et d'employés, l'OIT ayant la particularité d'être une organisation tripartite.

Gilbert Houngbo, 61 ans, est natif d'une préfecture rurale du Togo, et a passé la majorité de sa carrière dans les organisations internationales, où il est vu comme un haut fonctionnaire chevronné.

Il prendra ses fonctions début octobre, succédant à l'ancien syndicaliste britannique Guy Ryder, en poste depuis 10 ans et qui a atteint la limite des deux mandats.

M. Houngbo préside actuellement le Fonds international de développement agricole (FIDA) à Rome. Mais il connait très bien l'OIT où il a occupé le poste de directeur adjoint (2013-2017) en charge des Opérations sur le terrain.

Ancien secrétaire général adjoint des Nations unies, directeur du Programme des Nations unies pour le Développement (Pnud), il a été également membre de l'équipe stratégique et directeur administratif et financier de l'organisation.

Cinq candidats étaient en lice pour cette élection - à huis clos et à bulletin secret.

Sa principale opposante était l'ex-ministre française du Travail Muriel Pénicaud, qui était soutenue par Paris et le bloc européen.

Ministre du Travail de mai 2017 à juillet 2020 en France, elle a initié les grandes réformes sociales du quinquennat d'Emmanuel Macron, comme celles du code du travail ou de l'assurance chômage, vivement critiquées par les syndicats.

Etaient également candidats l'ex-ministre des Affaires étrangères de Corée du Sud Kang Kyung-wha, l'entrepreneur sud-africain Mthunzi Mdwaba et l'Australien Greg Vines, directeur général adjoint de l'OIT pour la gestion et la réforme.

Le prochain patron de l'OIT aura pour lourde tâche de faire adapter les normes de cette organisation centenaire à un marché du travail en pleine mutation sous l'effet des nouvelles technologies.

D'autant que la pandémie de Covid-19 a donné un coup d'accélérateur aux technologies de télétravail qui permettent d'abolir les barrières géographiques et de travailler en équipe à distance.

«Nouveau contrat social mondial»

Dans sa candidature, il avait souligné que sa vision de l'OIT s'inspire du préambule de la Constitution de l'organisation: "Attendu qu'une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale".

"Les progrès accomplis ces dernières décennies en matière de justice sociale doivent être préservés et protégés, et les solutions mondiales aux nouveaux défis et opportunités doivent être centrées sur les valeurs humaines, environnementales, économiques et sociétales. En bref, un nouveau contrat social mondial s'impose", avait-il écrit.

"Si je suis élu, j'entends insuffler un nouvel élan à l'OIT, la repositionner au coeur de l'architecture sociale mondiale et atténuer le risque de voir sa stature s'éroder. Pour cela, je propose un ambitieux programme mondial de justice sociale", avait-il ajouté.

Née au lendemain de la Grande Guerre en 1919, l'OIT n'a jusqu'à présent jamais été dirigée par une femme, ni par un représentant d'Afrique ou d'Asie. Elle compte en revanche parmi ses anciens patrons deux Français, dont le premier, Albert Thomas (1919-1932).

Les 5 candidats devaient convaincre les représentants des gouvernements, mais également ceux des employeurs et des syndicats, les 187 Etats membres de l'OIT étant représentés par les trois branches.

Seuls les 56 membres titulaires du Conseil d'administration, à savoir 28 membres gouvernementaux, 14 membres employeurs et 14 membres travailleurs, ont pu voter.

Dix des sièges gouvernementaux titulaires sont réservés en permanence aux pays dont l'importance industrielle est la plus considérable (Allemagne, Brésil, Chine, France, Inde, Italie, Japon, Russie, Royaume-Uni et Etats-Unis).

Disposant d'un siège permanent, la Russie a pu participer au vote, en dépit de la décision prise cette semaine par l'OIT de "suspendre provisoirement" sa coopération avec la Russie à cause de l'invasion de l'Ukraine.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.