De Berlin à Kiev, le train de l'élan humanitaire

Un conteneur est chargé sur un train spécial apportant des fournitures d'aide à l'Ukraine, au terminal à conteneurs BEHALA à Berlin, le 24 mars 2022. (AFP)
Un conteneur est chargé sur un train spécial apportant des fournitures d'aide à l'Ukraine, au terminal à conteneurs BEHALA à Berlin, le 24 mars 2022. (AFP)
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Publié le Samedi 26 mars 2022

De Berlin à Kiev, le train de l'élan humanitaire

  • Lorsque le train arrive dans le pays soumis depuis un mois à l'offensive militaire de Moscou, les chemins de fer ukrainiens prennent les opérations en main
  • Un soir sur deux, un convoi quitte la capitale allemande après avoir collecté dans tout le pays les dons des entreprises et des particuliers

BERLIN: Le convoi s'ébranle lentement depuis le coeur de Berlin, ses huit conteneurs arrimés à une locomotive rouge vif. Destination: l'Ukraine, grâce à un "pont ferroviaire" inédit établi pour livrer de l'aide humanitaire au pays en guerre.


Quatre jours de voyage, plus de mille kilomètres parcourus à travers les zones de conflit et au bout du chemin, des tonnes de denrées remises aux populations assiégées: l'opération de la Deustche Bahn (DB), la compagnie du rail allemand, résonne comme un écho lointain au célèbre "pont aérien" organisé durant la Guerre froide par les Occidentaux pour aider la ville de Berlin victime d'un blocus soviétique.


"Il n'a fallu que quatre jours" pour mettre en place cette coopération avec les chemins de fer polonais et ukrainien qui permet désormais à ce "pont ferroviaire" de fonctionner régulièrement, explique Sigrid Nikutta, patronne de DB Cargo, le service fret de l'entreprise publique.


Un soir sur deux, un convoi quitte la capitale allemande après avoir collecté dans tout le pays les dons des entreprises et des particuliers, dans des points dédiés ou directement auprès des fabricants et des chaînes de la grande distribution.


Palettes de nourriture pour bébés, cartons de produits hygiéniques, petits appareils électriques, matériel médical, matelas de sols, couvertures... l'élan de générosité est tel que les conteneurs se remplissent à toute allure.


"Chaque conteneur est un message aux Ukrainiens: nous ne vous laissons pas seuls !", assure la responsable de la DB.


Parmi le personnel des chemins de fer allemands, la motivation pour cette mission est "décuplée": les employés de Deutsche Bahn mènent le convoi jusqu'en Pologne où ils passent ensuite le relai aux conducteurs polonais. Les conteneurs doivent alors être déchargés et transférés car l'écartement des rails en Ukraine est différent.


Lorsque le train arrive dans le pays soumis depuis un mois à l'offensive militaire de Moscou, les chemins de fer ukrainiens prennent les opérations en main.

Sécurité 
L'engagement sans faille des employés de la compagnie nationale ukrainienne pour transporter vivres et réfugiés d'un bout à l'autre du pays fait l'admiration de tous depuis le début du conflit.


"C'est vers eux que vont mon respect et ma crainte car nous savons tous que cela est dangereux", confie Mme Nikutta.


Pour le "pont ferroviaire", le risque est limité, estime Michael Schmidt, porte-parole de DB Cargo: "Nous ne transportons pas d'armes, pas de pétrole", souligne-t-il, observant que depuis le début de l'offensive, les attaques sur le réseau ferré ukrainien ont été rares car "les Russes ont besoin de garder cette infrastructure en bon état", selon lui.


Tous les convois, dirigés vers différentes localités ukrainiennes, sont jusqu'ici arrivés à bon port, assure Mme Nikutta. 


Elle raconte avoir même reçu une photo de l'arrivée des conteneurs à Kiev, envoyée par le maire de la capitale, le charismatique Vitali Klitschko.


"Beaucoup d'Ukrainiens ressentent aujourd'hui, depuis 4 longues semaines de guerre, ce que les Berlinoises et les Berlinois ont ressenti à l'époque du blocus par les Soviétiques" en 1948-1949, observe l'ambassadeur d'Ukraine en Allemagne Andrij Melnyk, venu assister en fin de semaine au départ d'un convoi.


"Sans l'énorme effort des alliés à l'époque, que serait devenue cette belle ville", a-t-il lancé, comparant le pont ferroviaire au grand pont aérien des puissances occidentale.


"Nous avons maintenant besoin d'autres ponts solides, y compris politiques et le plus important serait une perspective d'adhésion à l'UE pour l'Ukraine", a observé l'ambassadeur donnant le top départ à la locomotive frappée du slogan "We stand with Ukraine".


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.