L'Arabie saoudite se prépare à faire face à la menace de la dengue

L'arrivée d'infections en provenance de pays asiatiques sujets à la dengue reste une préoccupation pour les autorités sanitaires d'Arabie saoudite. (AFP)
L'arrivée d'infections en provenance de pays asiatiques sujets à la dengue reste une préoccupation pour les autorités sanitaires d'Arabie saoudite. (AFP)
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Publié le Samedi 26 mars 2022

L'Arabie saoudite se prépare à faire face à la menace de la dengue

  • La maladie transmise par les moustiques est répandue dans la région occidentale, notamment à Djeddah et à La Mecque
  • Le développement de vaccins efficaces est essentiel pour contrôler la dengue dans les pays où elle est endémique

DJEDDAH : Alors que le monde est préoccupé par la lutte contre la pandémie de Covid-19 depuis deux ans, d'autres virus et maladies potentiellement mortels ont continué à se propager.

L'un d'entre eux est la dengue, un virus transmis par les moustiques qui provoque une maladie qui, dans sa forme la plus extrême, peut être létale. Selon les experts, il est urgent d'agir pour la maîtriser.

La dengue est surtout présente dans les régions tropicales et subtropicales, et des millions de cas d'infection sont signalés chaque année dans le monde. Elle est plus fréquente en Asie du Sud-Est, dans le Pacifique occidental, en Amérique latine et en Afrique, mais s'est étendue à d'autres régions, sous forme d'épidémies localisées en Europe et dans le sud des États-Unis.

Transmise à l'homme par un certain nombre d'espèces de moustiques femelles, la dengue a une période d'incubation de quatre à dix jours. Une fois infecté, le patient en devient porteur et peut transmettre la maladie pendant cinq jours en moyenne. Un moustique peut infecter plusieurs personnes à des moments pics, tôt le matin et avant le crépuscule.

Il en résulte des symptômes graves de type grippal, notamment une forte fièvre, des maux de tête sévères, des douleurs musculaires et articulaires, des nausées et des vomissements, qui peuvent durer sept jours.

La plupart des cas sont bénins, mais ceux qui se remettent de la dengue et sont réinfectés, peuvent souffrir de symptômes beaucoup plus graves, notamment d'hémorragies internes et de lésions organiques. Les femmes qui contractent le virus pendant leur grossesse courent le risque de le transmettre à leur bébé.

La dengue est présente en Arabie saoudite depuis plus de deux décennies et est endémique pendant la saison des pluies, entre avril et septembre. Elle est particulièrement répandue dans la région occidentale, notamment à Djeddah et à La Mecque.

Carte

L'émergence de la dengue dans le Royaume remonte à 1993-94, lorsqu'un cas isolé a été détecté pour la première fois à Djeddah. Des années de surveillance, de suivi épidémiologique, de mesures de prévention et de contrôle ont permis de réduire la prolifération des moustiques qui propagent le virus, mais celui-ci reste néanmoins un défi important pour les autorités sanitaires.

Avant même la pandémie de Covid-19, plusieurs pays, principalement dans les zones tropicales et subtropicales, subissaient les effets de maladies transmises par les moustiques telles que le paludisme, la dengue, la fièvre jaune, le virus du Nil occidental et le Zika.

Les mesures destinées à enrayer la propagation de ces maladies ont progressé au niveau mondial. Mais quelques mois après l'apparition du coronavirus, le personnel médical a été redéployé pour contribuer à ralentir la propagation du Covid-19. Il en a résulté une résurgence d'autres maladies dans des zones où elles avaient été maîtrisées.

La dengue représente près de 70 % des cas de morbidité en Asie, sa propagation étant en partie alimentée par l'urbanisation rapide de ces dernières années. Avec la récente reprise des vols commerciaux internationaux, suite à la levée des restrictions de voyage liées à la pandémie, la maladie fait à nouveau le tour du monde.

L'Arabie saoudite est l'une des plus grandes plaques tournantes du tourisme religieux au monde, et les autorités du pays considèrent que les efforts pour maîtriser la dengue sont d'une importance capitale.

En 2019, le Royaume a fait partie des pays qui ont enregistré certains des taux les plus élevés de la maladie. Rien qu'en 2018, 6 345 cas de dengue ont été confirmés, principalement à Djeddah.

Malgré les défis posés par la pandémie de Covid-19, les études montrent qu'il y a eu une forte réduction des cas de dengue en Arabie saoudite au cours des deux dernières années, attribuée à un effort de collaboration des organismes gouvernementaux impliqués dans la surveillance et le contrôle des vecteurs. En matière de santé publique, les vecteurs sont les organismes vivants qui transmettent les maladies entre les humains ou des animaux aux humains.

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour surmonter l'épidémie annuelle de dengue en Arabie saoudite, a déclaré Abdullah Algaissi. (Fourni)
Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour surmonter l'épidémie annuelle de dengue en Arabie saoudite, a déclaré Abdullah Algaissi. (Fourni)

« Bien que la dengue soit toujours endémique dans certaines villes et certains pays du monde, à La Mecque, par exemple, elle est signalée à de faibles niveaux en raison de plusieurs mesures qui ont été prises pour diminuer son mode de transmission », a déclaré à Arab News le Dr Osamah Barasheed, responsable adjoint de la santé publique au Pôle Santé de La Mecque.

« L'éducation sanitaire du ministère de la Santé dans les foyers et les lieux publics pour sensibiliser à la dengue a joué un rôle important dans la prévention de sa propagation. »

Les autorités municipales de La Mecque se sont également efforcées de réduire le nombre de moustiques par des campagnes d'assainissement et la désinfection des sites où ils se reproduisent couramment.

Des études indiquent que la propagation de la dengue en Arabie saoudite a été alimentée par plusieurs facteurs, notamment le manque d'hygiène dans certains quartiers urbains et l'arrivée de travailleurs migrants et de pèlerins religieux en provenance de régions du Moyen-Orient, d'Afrique du Nord et d'Asie sujettes à la dengue.

« La dengue est toujours sous contrôle », a déclaré Barasheed. « Les départements d'éducation sanitaire des administrations chargées des maladies vectorielles et zoonotiques (maladies infectieuses transmises de l'animal à l'homme) au (ministère de la Santé) jouent un rôle majeur dans la lutte et la réduction de la propagation des cas de dengue par leurs activités de sensibilisation au sein de la communauté. »

SYMPTÔMES DE LA DENGUE

  • Forte fièvre de 40° C

     

  • Maux de tête

     

  • Douleurs musculaires, osseuses ou articulaires

     

  • Nausées

     

  • Vomissements

     

  • Douleur derrière les yeux

     

  • Glandes enflées

     

  • Éruption cutanée

Le Dr Abdullah Algaissi, virologue et professeur adjoint à l'université de Jazan, a déclaré à Arab News que la recherche sur la dengue au Royaume se concentre actuellement sur trois domaines clés : la compréhension de la réponse immunitaire à l'infection par la dengue, la gravité de la maladie, les mesures de contrôle et le développement de vaccins et d'antiviraux sûrs et efficaces.

Les universités saoudiennes accordent la priorité à cette question et des efforts considérables sont déployés pour mettre au point un vaccin.

« Plusieurs vaccins sont actuellement en cours de développement », a déclaré M. Algaissi. « Le Dengvaxia est un vaccin qui a été approuvé dans certains pays, mais seulement pour certains groupes. Le DENVax est développé par une société pharmaceutique japonaise, Takeda. »

« Les deux vaccins sont censés protéger contre les quatre sérotypes (variations distinctes au sein d'une espèce de bactérie ou de virus), mais certains problèmes subsistent. »

La surveillance et la prévention sont essentielles pour enrayer la propagation de cette maladie potentiellement mortelle. (AFP)
La surveillance et la prévention sont essentielles pour enrayer la propagation de cette maladie potentiellement mortelle. (AFP)

Les recherches ont montré que le DENVax protège principalement contre une forme de dengue et est moins efficace contre les trois autres.

La dengvaxie, quant à elle, est recommandée chez les patients qui ont déjà été infectés par le virus. Cependant, le problème est qu'elle peut provoquer des symptômes plus graves chez les personnes qui n'ont pas été infectées auparavant, ce qui remet en question son efficacité.

Cela est lié à un phénomène connu sous le nom de renforcement de l'infection par les anticorps, ce qui signifie que les anticorps produits en réponse à une première infection par un sérotype de dengue peuvent entraîner une maladie plus grave après une infection ultérieure par un autre sérotype.

« Dengvaxia n'est pas recommandé pour les personnes qui n'ont pas été infectées par la dengue dans le passé », a expliqué Algaissi. « Certains pays ont cessé de l'utiliser pour cette raison, tandis que d'autres l'ont approuvé uniquement pour les personnes qui ont été infectées et qui vivent dans des zones où cette infection est endémique. »

Dengue

En 2020, la Food and Drug Administration américaine a approuvé l'utilisation du vaccin pour les enfants âgés de 9 à 16 ans qui vivent dans des zones où la maladie est endémique et qui ont déjà contracté une dengue confirmée par des tests de laboratoire.

Outre la mise au point de vaccins, un autre domaine de recherche sur la dengue est la modification génétique. Luke Alphey, du département de zoologie de l'université d'Oxford au Royaume-Uni, a mis au point une technique qui entrave la capacité des moustiques à se reproduire. Des moustiques porteurs d'un gène létal sont produits en laboratoire. Une fois relâchés dans la nature, ils s'accouplent avec des espèces sauvages et transfèrent le gène mortel, ce qui empêche la larve d'atteindre l'âge adulte.

Il est clair que la poursuite des recherches sur le virus et le développement de meilleurs vaccins sont la clé du contrôle et, à terme, de l'élimination de la dengue en Arabie saoudite.

« La plupart des recherches se concentrent actuellement sur la surveillance et le contrôle des moustiques et du virus, ainsi que sur les caractéristiques cliniques des patients atteints de dengue », a souligné M. Algaissi. « Mais je souhaite davantage de recherches sur le développement de vaccins et d'antiviraux efficaces. »

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Le Hamas exhorte l'Iran à cesser de bombarder ses voisins

Le Hamas a appelé samedi l’Iran à s’abstenir de viser les pays voisins, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre contre Israël et les États-Unis. (AFP)
Le Hamas a appelé samedi l’Iran à s’abstenir de viser les pays voisins, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre contre Israël et les États-Unis. (AFP)
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  • Le Hamas appelle l’Iran à cesser de frapper les pays voisins en représailles aux attaques américano-israéliennes, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre
  • Le mouvement palestinien exhorte aussi la communauté internationale à agir pour mettre fin immédiatement à la guerre régionale

Gaza, Territoires palestiniens: Le mouvement islamiste palestinien Hamas a exhorté samedi Téhéran à cesser ses frappes contre les pays voisins en représailles aux attaques américano-israéliennes dont il est la cible, tout en affirmant le droit de son allié à se défendre.

Le Hamas a également appelé la communauté internationale à "œuvrer à l'arrêt" immédiat de la guerre.

Il s'agit de la première déclaration en ce sens du Hamas, dont la République islamique est traditionnellement l'un des principaux soutiens, depuis le début, le 28 février, de l'offensive menée conjointement par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran.

"Tout en affirmant le droit de la République islamique d'Iran à riposter à cette agression par tous les moyens disponibles, conformément aux normes et au droit international, le mouvement appelle ses frères en Iran à ne pas prendre pour cible les pays voisins", a écrit le Hamas sur Telegram.

Le Hamas avait auparavant condamné l'assassinat du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué par une frappe israélienne à Téhéran au premier jour de la guerre, le qualifiant de "crime odieux".

"Il a fourni toutes les formes de soutien politique, diplomatique et militaire à notre peuple, à notre cause et à notre résistance", avait déclaré le mouvement peu après la mort de l'ayatollah Khamenei.

Mercredi, le Hamas a souhaité au fils de Khamenei, Mojtaba Khamenei, nommé nouveau guide suprême en remplacement de son père, de "vaincre l'agression israélo-américaine".

Face à l'offensive américano-israélienne, l'Iran a riposté par des tirs contre une dizaine de pays. Samedi, le Qatar a annoncé avoir intercepté deux missiles après des explosions entendues dans la capitale Doha.

Le mouvement libanais Hezbollah, lui aussi allié de Téhéran, est entré en guerre le 2 mars en tirant des roquettes sur le sol israélien, provoquant une campagne de bombardements massifs menée par Israël au Liban.

Le Hamas et le Hezbollah, comme les rebelles houthis du Yémen, font partie des groupes armés soutenus par l'Iran contre Israël dans la région. Parmi les objectifs affichés de son offensive contre Téhéran, Israël avait affirmé vouloir détruire le soutien iranien à ces mouvements.

- "Semer la discorde" -

Selon une source au sein du Hamas, interrogée par l'AFP, la direction du mouvement est en contact avec les dirigeants iraniens "depuis plusieurs jours en les appelant à ne pas viser des États voisins comme les pays du Golfe, d'autres pays arabes et la Turquie".

Israël "cherche à semer la discorde entre l'Iran et ses voisins arabes et musulmans", a ajouté cette source sous couvert d'anonymat. "La direction du Hamas a également pris contact avec des responsables de plusieurs pays, dont le Qatar, la Turquie et l'Irak, les exhortant à œuvrer pour mettre un terme" à l'offensive israélo-américaine.

Plusieurs pays majoritairement sunnites entretiennent aussi des liens avec le Hamas, notamment la Turquie et le Qatar, qui héberge depuis 2012 la direction politique du mouvement et a joué un rôle-clé dans les négociations indirectes avec Israël en vue de mettre un terme à la guerre dans la bande de Gaza.

Ces négociations ont abouti à un cessez-le-feu fragile qui se maintient depuis le 10 octobre 2025, après deux ans de guerre provoquée par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Le Qatar a aussi fourni une importante aide financière à Gaza depuis la prise de pouvoir du Hamas dans le territoire palestinien en 2007, en grande partie présentée comme une aide humanitaire ou à la reconstruction.

La Turquie de son côté fournit principalement un soutien politique et diplomatique plutôt qu'un financement direct à grande échelle au Hamas.

Vendredi, la Turquie a annoncé qu'un troisième missile balistique tiré depuis l'Iran, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, avait été abattu dans l'espace aérien turc par les forces de l'Otan.


Le chef de l’ONU affirme que « le temps des groupes armés est révolu » après sa rencontre avec le président libanais

Sur cette photo diffusée par le bureau de presse de la présidence libanaise, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’adresse aux journalistes après sa rencontre avec le président libanais Joseph Aoun au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beirut, le vendredi 13 mars 2026. (Bureau de presse de la présidence libanaise via AP)
Sur cette photo diffusée par le bureau de presse de la présidence libanaise, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’adresse aux journalistes après sa rencontre avec le président libanais Joseph Aoun au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beirut, le vendredi 13 mars 2026. (Bureau de presse de la présidence libanaise via AP)
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  • Antonio Guterres était à Beyrouth « en ami du peuple libanais »
  • Il a appelé à ce que l’intégrité territoriale du pays soit « pleinement rétablie »

NEW YORK : Le secrétaire général de l’ONU a appelé vendredi à un État libanais fort détenant le monopole de l’usage de la force, après une rencontre avec le président Joseph Aoun.

« Ce n’est plus le temps des groupes armés », a déclaré Antonio Guterres. « C’est le temps des États forts. »

S’exprimant après la réunion à Beirut, il a ajouté : « J’appelle fermement les deux parties, le Hezbollah et Israël, à un cessez-le-feu afin d’arrêter la guerre et d’ouvrir la voie à une solution. »

Une telle solution, a-t-il précisé, devrait permettre au Liban d’émerger comme un État souverain doté d’une pleine intégrité territoriale et d’institutions étatiques contrôlant l’usage de la force.

Arrivé plus tôt à Beyrouth pour une visite de solidarité « en ami du peuple libanais », il a déclaré aux journalistes : « C’est dans les moments difficiles que l’amitié et la solidarité sont essentielles. »

Il a déclaré être conscient de la souffrance « énorme » des Libanais alors que le mois sacré musulman du Ramadan coïncide avec la période chrétienne du Carême. « Ce devraient être des moments de paix, ce devraient être des moments de solidarité », a-t-il ajouté.

« Malheureusement, le Liban a été entraîné dans une guerre qui n’est pas une guerre que son peuple aurait souhaitée. »

« J’espère sincèrement que lors de ma prochaine visite au Liban, je pourrai voir un Liban en paix, un Liban où l’État détient le monopole de l’usage de la force et où l’intégrité territoriale est pleinement rétablie », a-t-il conclu. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Etats-Unis frappent le hub pétrolier de l'Iran dans le Golfe

Le président américain Donald Trump s’adresse aux médias avant d’embarquer à bord d’Air Force One pour se rendre en Floride, à la base conjointe Andrews, dans le Maryland (États-Unis), le 13 mars 2026. (REUTERS)
Le président américain Donald Trump s’adresse aux médias avant d’embarquer à bord d’Air Force One pour se rendre en Floride, à la base conjointe Andrews, dans le Maryland (États-Unis), le 13 mars 2026. (REUTERS)
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  • Donald Trump affirme que l’armée américaine a « totalement détruit » des cibles militaires sur l’île iranienne de Kharg Island et menace de viser ses infrastructures pétrolières si l’Iran entrave la navigation dans le dans le détroit d’Ormuz
  • Le conflit régional se poursuit avec des frappes et représailles entre l’Iran, les États-Unis et leurs alliés, tandis que Washington envisage d’escorter des pétroliers dans ce détroit stratégique par où transite environ 20% du pétrole mondial

TEHERAN: Donald Trump a déclaré vendredi soir avoir "complètement détruit" des cibles militaires sur l'île de Kharg, le hub pétrolier de l'Iran, et menacé de s'en prendre à ses infrastructures pétrolières si Téhéran entrave la libre circulation des navires dans le détroit stratégique d'Ormuz.

"J'ai choisi de NE PAS détruire les infrastructures pétrolières de l'île. Cependant si l'Iran, ou quiconque d'autre venait à faire quoi que ce soit pour entraver le passage libre et sûr des navires dans le détroit d'Ormuz, je reconsidérerais immédiatement ma décision", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Il a annoncé que l'armée américaine "a mené l'un des raids aériens les plus puissants de l'histoire au Moyen-Orient, et a totalement détruit toutes les cibles militaires" sur Kharg.

La veille, le président du Parlement iranien, l'influent Mohammad Bagher Ghalibaf, avait déclaré que Téhéran "abandonnera toute retenue" si les Etats-Unis et Israël attaquent ses îles du Golfe.

Bande de terre broussailleuse située dans le nord du Golfe, à environ 30 kilomètres des côtes, Kharg abrite le plus grand terminal d'exportation de pétrole brut de l'Iran.

Après deux semaines de guerre qui n'ont pas fait céder le pouvoir iranien, l'intransigeance de l'ensemble des belligérants, qui poursuivent samedi matin leurs frappes, ne laisse présager aucun répit dans ce conflit qui déchire le Moyen-Orient et perturbe de plus en plus le commerce mondial faisant flamber les prix du pétrole.

L'Iran continue ainsi ses représailles aériennes contre les Etats du Golfe. Des explosions ont été entendues tôt samedi à Doha, la capitale du Qatar, par des journalistes de l'AFP, après que le ministère de l'Intérieur a ordonné l'évacuation de certaines zones clefs.

Donald Trump a également déclaré que la marine américaine allait commencer "très bientôt" à escorter des pétroliers dans le détroit d'Ormuz, par où transite 20% de la production mondiale d'hydrocarbures.

- Frapper "très fort" -

Selon la presse américaine, les Etats-Unis vont aussi envoyer des renforts au Moyen-Orient, le New York Times parlant de quelque 2.500 Marines et trois navires de plus.

Le Wall Street Journal cite lui des responsables américains selon lesquels le navire d'assaut Tripoli, basé au Japon, et les Marines qui lui sont attachés, se dirigent vers la même région.

Combien de temps va durer cette guerre? Elle se poursuivra la semaine prochaine, où les Etats-Unis veulent frapper l'Iran "très fort", a annoncé Donald Trump.

Mais le président américain a aussi admis qu'un renversement du pouvoir par le peuple à Téhéran, espéré par Washington dans la foulée du déclenchement de cette guerre le 28 février, ne se produirait "peut-être pas immédiatement".

Les Etats-Unis ont annoncé offrir 10 millions de dollars en échange d'informations qui permettront de savoir où sont dix des plus hauts dirigeants iraniens, dont le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, et le chef de la sécurité Ali Larijani.

L'état de santé de Mojtaba Khamenei reste incertain après qu'il a été lui-même blessé dans un bombardement. Vendredi, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a avancé qu'il était "probablement défiguré".

Téhéran a été visée vendredi par de nouveaux bombardements, du matin jusqu'en début de soirée où une brève série de fortes explosions a été entendue, selon des journalistes de l'AFP.

- "Trump ne comprend pas" -

Dans la matinée, Ali Larijani était apparu en public au coeur de Téhéran, aux côtés du président Massoud Pezeshkian, défiant l'ennemi en participant à une manifestation pro-gouvernementale.

La manifestation a rassemblé une importante foule - difficile à évaluer même si elle tapissait complètement certaines grandes artères - malgré la pluie et la peur des frappes meurtrières qui ont fait plus de 1.200 morts selon le dernier bilan des autorités, et plus de 1.800 selon l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA).

"Le problème de Trump, c'est qu'il ne comprend pas que le peuple iranien est une nation courageuse, une nation forte, une nation déterminée", a lancé Ali Larijani. "Plus il accentuera sa pression, plus la détermination de la nation se renforcera".

- "Longue confrontation" -

L'armée israélienne a annoncé avoir mené 7.600 frappes en Iran en deux semaines, et 1.100 frappes au Liban, où elle pilonne le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran. Ses bombardements au Liban ont tué 773 personnes, dont 103 enfants, et blessé près de 2.000, selon les autorités locales.

Une frappe israélienne contre un centre de santé dans le sud du Liban a tué au moins 12 membres du personnel médical, a annoncé samedi le ministère libanais de la Santé.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a également fait part de frappes israéliennes ayant touché vendredi un quartier général des casques bleus dans le sud du Liban.

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a affiché son inflexibilité, déclarant que son groupe était prêt à "une longue confrontation" avec Israël.

Les Gardiens ont annoncé avoir tiré avec le Hezbollah des missiles et drones sur Israël en réplique aux attaques américano-israéliennes.