Blinken en Israël pour parler Ukraine et nucléaire iranien

Le chef du protocole d'État israélien Gil Haskel (à gauche) accueille le secrétaire d'État américain Antony Blinken à son arrivée à l'aéroport Ben Gurion de Lod, près de la ville israélienne de Tel Aviv, le 26 mars 2022. (AFP).
Le chef du protocole d'État israélien Gil Haskel (à gauche) accueille le secrétaire d'État américain Antony Blinken à son arrivée à l'aéroport Ben Gurion de Lod, près de la ville israélienne de Tel Aviv, le 26 mars 2022. (AFP).
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Publié le Dimanche 27 mars 2022

Blinken en Israël pour parler Ukraine et nucléaire iranien

  • Antony Blinken doit rester jusqu'à lundi en Israël, première étape de sa tournée dans la région qui le conduira également en Cisjordanie occupée, au Maroc et en Algérie
  • Le secrétaire d'Etat veut montrer que les Etats-Unis ne se désintéressent pas du Moyen-Orient, même si l'attention de Washington semble avant tout tournée vers la Chine, et plus récemment l'Ukraine

TEL-AVIV: Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken est arrivé samedi en Israël dans le cadre d'une tournée au Moyen-Orient visant à fédérer un soutien à l'Ukraine et apaiser les inquiétudes de l'Etat hébreu sur un possible accord sur le nucléaire iranien.

Parti de Pologne, où il accompagnait le président américain Joe Biden pour des réunions visant à consolider le soutien occidental à l'Ukraine, M. Blinken, est arrivé à l'aéroport international de Tel-Aviv en soirée. 

Le diplomate doit rester jusqu'à lundi en Israël, première étape de sa tournée dans la région qui le conduira également en Cisjordanie occupée, au Maroc et en Algérie. 

Le secrétaire d'Etat veut montrer que les Etats-Unis ne se désintéressent pas du Moyen-Orient, même si l'attention de Washington semble avant tout tournée vers la Chine, et plus récemment l'Ukraine.

Il espère obtenir des appuis aux efforts des Etats-Unis et de l'Otan pour contrer l'offensive russe, dans un contexte marqué par les lourdes conséquences économiques de la guerre, notamment la flambée des prix de l'énergie et la menace d'une pénurie de blé qui pourrait porter un coup très dur aux pays arabes.

«Accords d'Abraham»

M. Blinken doit se réunir dimanche après-midi avec ses homologues d'Israël, des Emirats arabes unis, du Maroc, du Bahreïn et d'Egypte à Sde Boker, dans le désert du Néguev (sud). La rencontre a été qualifiée d'"historique" par le chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid.

Les Emirats ont normalisé leurs relations avec Israël en 2020 dans le cadre d'une série d'accords négociés par les Etats-Unis, connus sous le nom "d'accords d'Abraham". Bahreïn et le Maroc leur ont emboîté le pas.

Ces accords ont rompu avec des décennies de consensus arabe conditionnant l'établissement de relations avec Israël avec la résolution de la question palestinienne. 

Outre son entretien avec le Premier ministre israélien Naftali Bennett en Israël, Antony Blinken rencontrera le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah.

Les Palestiniens s'inquiètent d'être laissés de côté dans l'effort soutenu par les Etats-Unis pour renforcer les liens entre des pays arabes et Israël.

Le soutien américain avait été largement réduit par Donald Trump qui avait fermé le consulat de Jérusalem pour les Palestiniens. Le président américain Joe Biden s'est engagé à le rouvrir.

La question du consulat "sera certainement un point de discussion", selon une responsable du département d'Etat.

Autre sujet qui sera abordé par M. Blinken: les négociations à Vienne sur le nucléaire iranien. Les Etats-Unis et l'Iran se trouvent actuellement dans les dernières phases de pourparlers indirects visant à relancer l'accord de 2015 censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique, en échange de la levée des sanctions qui asphyxient l'économie iranienne.

L'accord s'était délité après le retrait unilatéral en 2018 de Washington, décidé par le président d'alors Donald Trump, et le rétablissement des sanctions contre l'Iran, qui en réaction s'était progressivement affranchi des limites imposées à son programme nucléaire.

«Affaire de jours»

La conclusion d'un accord, en négociation entre les grandes puissances, est une "affaire de jours", a affirmé samedi le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, alors que le coordinateur de l'Union européenne chargé de superviser les pourparlers avec l'Iran, Enrique Mora, est attendu dans la soirée à Téhéran.

Le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price avait déclaré lundi qu'un accord n'était "ni imminent ni certain".

La perspective d'un tel accord inquiète Israël et les alliés américains dans la région du Golfe qui perçoivent Téhéran comme une menace.

En février, M. Naftali Bennett avait dit craindre que l'accord n'empêche pas l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. Téhéran dément de son côté vouloir acquérir la bombe atomique.

Après Israël, M. Blinken se rendre ensuite au Maroc où il rencontrera de hauts responsables ainsi que le dirigeant de facto des Emirats arabes unis, Mohammed ben Zayed.

Avec ce dernier, il discutera des relations avec la Russie, la Chine et l'Iran, mais aussi de la hausse fulgurante des prix du pétrole.

Grands alliés des Etats-Unis dans la région, les Emirats sont sous pression, comme l'Arabie saoudite, pour limiter l'envolée des tarifs de l'or noir face à la guerre en Ukraine, mais n'en ont pour l'instant pas manifesté la volonté.

Les Etats-Unis se sont dits par ailleurs la semaine dernière "profondément déçus" par la visite aux Emirats du président syrien Bachar al-Assad, soutenu par Moscou mais politiquement très isolé depuis le début en 2011 du conflit qui a ravagé son pays.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.


Les Etats-Unis réinstaurent leurs sanctions sur le pétrole iranien, dénoncent les actes de Téhéran dans le détroit d'Ormuz

Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
  • Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même
  • Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit.

"Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis", a commenté un responsable gouvernemental américain auprès de l'AFP, sous le couvert de l'anonymat.

Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même.

Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.

La guerre a été déclenchée fin février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran. La République islamique avait riposté en frappant Israël et des intérêts américains dans les pays du Golfe, mais aussi en bloquant la navigation dans le très stratégique détroit d'Ormuz, ce qui a fait flamber les prix du pétrole, depuis retombés.

Le protocole d'accord prévoyait la reprise du trafic maritime dans le détroit, où plusieurs navires ont récemment subi des attaques.

Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé à Téhéran la responsabilité de deux d'entre elles.

Le document publié mardi par les autorités américaines permet aux transactions conclues après le 21 juin d'être finalisées. La date limite est le 17 juillet.