En Ukraine, les animaux prennent aussi les routes de l'exode

En Ukraine, les animaux prennent aussi les routes de l'exode (Photo, AFP).
En Ukraine, les animaux prennent aussi les routes de l'exode (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 27 mars 2022

En Ukraine, les animaux prennent aussi les routes de l'exode

  • Avec son mari Igor et leur fille de quatre ans Solomiia, Katerina a fui Kiev une semaine avant que la guerre n'éclate
  • Selon l'ONU, plus de 3,7 millions d'Ukrainiens ont fui le pays depuis le début de l'invasion russe le 24 février

LEOPOLIS, Ukraine: Un loup, un bouc, des hiboux, et bien sûr des chiens et des chats: à la "Maison pour les animaux secourus", à Lviv, on accueille désormais des animaux en tous genres. Tous ont été abandonnés par leurs maîtres qui ont fui l'Ukraine après l'invasion de la Russie.

Un loup aux yeux clairs rôde dans son enclos, Boris le bouc prend un bain de soleil en ces premiers jours de printemps, un groupe de hiboux observent, impassiblement alignés, la situation depuis leur perchoir ombragé. 

Une dizaine de chats de Kiev sont logés dans un bâtiment annexe. Des chiens aboient depuis une grange, où des volontaires viennent les chercher pour les promener dans le parc situé à proximité.

"Les migrants qui viennent de Kharkiv, Kiev ou Mykolaïv partent à l'étranger en passant par Lviv. Ils sont nombreux à laisser leurs animaux", raconte Orest Zalypskiï, le gérant de ce refuge qui avant-guerre ne prenait que des animaux exotiques. "Cette guerre a renforcé notre engagement", dit cet homme de 24 ans.

Selon l'ONU, plus de 3,7 millions d'Ukrainiens ont fui le pays depuis le début de l'invasion russe le 24 février.

Plus de deux millions ont franchi la frontière vers la Pologne, où l'AFP a vu quantité de réfugiés emmener avec eux chiens, chats, perroquets ou encore tortues pour les mettre en sécurité.

Mais arrivés à Lviv, dernière étape avant la frontière polonaise à 70 kilomètres de là, certains se sentent incapables d'emmener leurs animaux plus loin.

Animaux «stressés»

Selon Orest Zalypskiï, son site a recueilli 1 500 animaux depuis le début du conflit, auprès de migrants mais aussi de refuges situés dans des "points chauds" dans l'est du pays.

Entre 10 et 20 animaux ont été récupérés à la gare de Lviv, dans le chaos des premiers jours de la guerre, où des passagers désespérés envahissaient les wagons et les quais.

"Nous n'avons pas de système organisé", dit le gérant du refuge. "Nous avons juste beaucoup de volontaires qui vont les chercher".

Un chien arrivé d'une région déchirée par la guerre dans l'est n'a pas quitté son enclos pendant deux semaines. Un chat, abandonné par son maître qui l'avait depuis sept ans, est complètement perdu.

"Nous avons été mordus et griffés", déclare Orest Zalypskiï. "Les animaux sont très stressés".

Les animaux abandonnés ici n'y font toutefois pas de vieux os. Environ 200 d'entre eux ont été adoptés par des habitants de Lviv, tandis que la plupart des autres ont été emmenés par des volontaires en Allemagne, en Lettonie ou en Lituanie.

Il n'y a actuellement aucun chat à adopter, ils sont tous sur le point de partir en Pologne.

Il n'est que midi, mais Zalypskiï a déjà signé sa troisième adoption de chien de la journée. Le refuge est envahi de couples, d'amis et de familles venus pour prendre des chiens pour leur balade du week-end.

"Les Ukrainiens adorent vraiment les animaux", dit Kateryna Tchernikova, 36 ans. "C'est dans leur ADN".

Avec son mari Igor et leur fille de quatre ans Solomiia, Katerina a fui Kiev une semaine avant que la guerre n'éclate.

La jeune famille et leurs deux cochons d'Inde Apelsinka et Limonadka (Orange et Limonade en français) vivent dans une relative sécurité à Lviv, restée relativement épargnée par les violences, même si des frappes ont blessé cinq personnes samedi.

En ce samedi matin, ils prennent en laisse deux chiens de chasse turbulents et franchissent les grilles de l'abri, sur lesquelles flotte un drapeau ukrainien.

"Nous ne sommes pas dans des conditions de guerre, mais c'est quand même très dur psychologiquement", confie Katerina. "Quand on se promène avec un chien, on a juste l'impression de vivre une vie normale".


Le leader nord-coréen proclame une «victoire éclatante» contre la Covid

Des habitants de la capitale nord-coréenne se promènent le long de la rue Sungri à Pyongyang le 27 juillet 2022 (Photo, AFP).
Des habitants de la capitale nord-coréenne se promènent le long de la rue Sungri à Pyongyang le 27 juillet 2022 (Photo, AFP).
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  • Depuis le 29 juillet, Pyongyang n'a signalé aucun nouveau cas de Covid-19
  • La Corée du Nord s'est longtemps vantée de sa capacité à se prémunir du virus

SEOUL: Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a proclamé mercredi une "victoire éclatante" sur la Covid-19, après presque deux semaines sans aucun cas officiellement enregistré.

Présidant une réunion avec des personnels de santé et des scientifiques, Kim Jong Un s'est félicité de cette "victoire (...) dans la guerre contre la maladie pandémique maligne", selon l'agence de presse officielle KCNA.

"La victoire remportée par notre peuple est un événement historique qui a montré une fois de plus au monde la grandeur de notre État, la ténacité indomptable de notre peuple et les belles coutumes nationales dont nous sommes fiers", a ajouté le dirigeant nord-coréen, cité par l'agence.

La Corée du Nord, l'un des premiers pays au monde à fermer ses frontières en janvier 2020 après l'apparition du virus dans la Chine voisine, s'est longtemps vantée de sa capacité à se prémunir du virus.

Pyongyang a annoncé son premier cas de coronavirus le 12 mai et Kim Jong Un a pris personnellement en main la lutte contre l'épidémie.

Depuis le 29 juillet, Pyongyang n'a signalé aucun nouveau cas.

La Corée du Nord a enregistré près de 4,8 millions d'infections depuis la fin avril, avec seulement 74 décès, soit un taux de létalité officiel de 0,002%, selon KCNA.

Les hôpitaux du pays sont notoirement sous-équipés, avec peu d'unités de soins intensifs et aucun traitement ou vaccin contre le coronavirus n'est disponible, selon les experts.

La Corée du Sud voisine, qui dispose d'un système sanitaire performant et d'un fort taux de vaccination au sein de sa population, affiche par comparaison un taux de mortalité de 0,12%, selon les chiffres officiels.


Mali: Le gouvernement confirme le bilan de 42 soldats tués à Tessit, deuil national de 3 jours

Des manifestants à Ouagadougou soutiennent l'armée au pouvoir (Photo, AFP).
Des manifestants à Ouagadougou soutiennent l'armée au pouvoir (Photo, AFP).
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  • Le gouvernement a annoncé un deuil national de trois jours en hommage aux victimes civiles et militaires
  • Le secteur de Tessit est situé du côté malien de la zone des trois frontières, dans une immense région rurale non contrôlée par l'Etat

BAMAKO: Le gouvernement de transition au Mali a annoncé mercredi un deuil national de trois jours après avoir confirmé la mort dimanche de 42 soldats maliens lors d'une attaque attribuée à des jihadistes dans le nord-est du pays, près des frontières du Burkina Faso et du Niger, un assaut au cours duquel l'armée a "neutralisé 37 terroristes".

L'armée a "réagi vigoureusement à une attaque complexe et coordonnée" à Tessit au cours de laquelle elle a eu "42 morts et 22 blessés" dans ses rangs, faisant aussi état de "37 terroristes neutralisés" et plusieurs de leurs équipements "abandonnés" lors de "plusieurs heures de combat", selon ce nouveau bilan publié par le gouvernement dans un communiqué transmis à l'AFP. Le précédent bilan faisait état de 17 soldats et 4 civils tués.

Le gouvernement a annoncé un deuil national de trois jours "en hommage aux victimes civiles et militaires lors de l'attaque terroriste perpétrée à Tessit", dans un communiqué distinct.

Le secteur de Tessit, situé du côté malien de la zone des trois frontières, dans une immense région rurale non contrôlée par l'Etat, est fréquemment le théâtre d'affrontements et d'attaques.

La localité et son camp militaire ont déjà souvent été attaqués par le passé. En mars 2021, 33 soldats avaient été tués dans une embuscade tendue par des combattants du groupe Etat islamique au grand Sahara (EIGS) tandis qu'ils effectuaient une relève.


Ukraine: Les Philippines annulent l'achat d'hélicoptères militaires russes

Les Philippines ont souhaité acheter pour 228 millions de dollars les hélicoptères Mi-17 russes (Photo, AFP).
Les Philippines ont souhaité acheter pour 228 millions de dollars les hélicoptères Mi-17 russes (Photo, AFP).
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  • L'ambassadeur des Philippines à Washington Jose Romualdez a récemment expliqué que cette annulation était motivée par l'invasion russe de l'Ukraine
  • Manille, allié de longue date des Etats-Unis, avait conclu en novembre un contrat de 12,7 milliards de pesos philippins pour des hélicoptères Mi-17

MANILLE: Les Philippines ont annulé la commande de 16 hélicoptères militaires russes, ont annoncé mercredi les autorités, confirmant les articles de presse assurant que l'ex-président Rodrigo Duterte avait décidé cette rupture de contrat pour cause de sanctions américaines contre Moscou.

Manille, allié de longue date des Etats-Unis, avait conclu en novembre un contrat de 12,7 milliards de pesos philippins (228 millions d'euros) pour des hélicoptères Mi-17 afin de moderniser ses équipements militaires.

Le ministère philippin de la Défense "est en train de formaliser la rupture" de ce contrat, a déclaré le porte-parole du ministère, Arsenio Andolong, dans un communiqué.

Sans mentionner les sanctions américaines contre Moscou, M. Andolong a assuré à l'AFP que "des changements de priorités rendus nécessaires par les développements politiques mondiaux ont mené à l'annulation du projet par le gouvernement précédent".

Delfin Lozenzana, ministre de la Défense sous l'ancien président Rodrigo Duterte, assurait en mars que la vente était toujours d'actualité, Manille ayant payé un acompte avant le début de la guerre.

Mais la semaine dernière, M. Lozenzana a assuré que M. Duterte avait décidé de la rupture du contrat avant de passer la main le 30 juin au nouveau président Ferdinand Marcos Jr, qui a confirmé la décision.

"Je ne sais pas si nous pouvons toujours récupérer l'argent puisque la rupture du contrat est de notre fait", a expliqué M. Lorenzana à la presse.

L'ambassade de Russie à Manille n'a pas répondu aux sollicitations mercredi.

L'ambassadeur des Philippines à Washington Jose Romualdez a récemment expliqué à l'AFP que cette annulation était motivée par l'invasion russe de l'Ukraine.

Washington et ses alliés ont imposé depuis le début de la guerre en février une série de sanctions visant à couper la Russie du système financier mondial et à assécher les fonds permettant de financer sa guerre.

Selon M. Romualdez, Manille craignait aussi de tomber sous le coup d'une loi américaine de 2017 qui sanctionne toute personne effectuant des transactions avec les secteurs russes du renseignement ou de la défense.

"Les Etats-Unis nous proposent d'autres hélicoptères pour répondre à nos besoins", a-t-il ajouté.

Manille a entamé en 2012 un programme modeste de rénovation de son armée qui compte encore des hélicoptères datant de la guerre du Vietnam et des navires utilisés par les Américains lors de la Seconde Guerre mondiale.