Perspectives très inquiétantes pour le Yémen, selon un responsable de l'ONU

Des militaires fidèles aux Huthis du Yémen scandent des slogans lors d'un rassemblement marquant le septième anniversaire de l'intervention de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite dans leur pays, dans la capitale Sanaa, le 26 mars 2022. (AFP).
Des militaires fidèles aux Huthis du Yémen scandent des slogans lors d'un rassemblement marquant le septième anniversaire de l'intervention de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite dans leur pays, dans la capitale Sanaa, le 26 mars 2022. (AFP).
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Publié le Dimanche 27 mars 2022

Perspectives très inquiétantes pour le Yémen, selon un responsable de l'ONU

  • Déclenchée en 2014, la guerre au Yémen entre rebelles soutenus par l'Iran et pouvoir appuyé par l'Arabie saoudite a provoqué l'une des pires catastrophes humanitaires au monde
  • Alors que les financements de l'aide internationale diminuent, les organisations humanitaires craignent que la situation ne s'aggrave encore plus avec l'invasion russe de l'Ukraine

DOHA: Ravagé par plus de sept ans de guerre, le Yémen fait face à des "perspectives extrêmement inquiétantes", avec une aide internationale en baisse malgré la poursuite des violences, a prévenu dimanche un responsable de l'ONU dans une interview à l'AFP.

"La réalité est que le désespoir, la pauvreté, la destruction, ont atteint un niveau tel au Yémen que la majorité de la population n'est plus en mesure, d'une manière ou d'une autre, de subvenir à ses besoins", a déclaré Achim Steiner, le chef du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Déclenchée en 2014, la guerre au Yémen entre rebelles soutenus par l'Iran et pouvoir appuyé par l'Arabie saoudite a provoqué l'une des pires catastrophes humanitaires au monde.

Elle a tué des centaines de milliers de personnes selon des ONG et forcé des millions d'autres à fuir les zones de combats. Plus des trois quarts de la population dépendent de l'aide internationale, des millions étant au bord de la famine. 

En représailles à des attaques des rebelles Houthis cette semaine contre des installations économiques en Arabie saoudite, la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite et intervenue au Yémen en 2015, a multiplié les raids contre les secteurs rebelles.

"C'est une perspective extrêmement inquiétante en ce moment pour le peuple du Yémen", a dit le chef du PNUD, présent au Forum de Doha au Qatar.

«Tragédie»

Alors que les financements de l'aide internationale diminuent, les organisations humanitaires craignent que la situation ne s'aggrave encore plus avec l'invasion russe de l'Ukraine. Le Yémen dépend de ces deux pays pour son approvisionnement en blé.

"Le risque est que le Yémen soit en partie oublié et ce sera évidemment une tragédie", a déploré M. Steiner. Le conflit en Europe a des "répercussions sur l'économie mondiale", ce qui "réduira l'ampleur de la solidarité internationale". 

"En ce moment, le monde est monopolisé par la guerre en Ukraine, mais le conflit au Yémen, la situation désespérée en Afghanistan, ce sont des réalités qui vont perdurer", a-t-il souligné.

M. Steiner a dit craindre de nouvelles réductions des financements par les donateurs internationaux pour le Yémen. "Cela devrait être une préoccupation pour nous tous."

Lors d'une conférence des donateurs début mars, l'ONU n'a réussi à récolter que 1,3 milliard de dollars sur les 4,27 milliards escomptés.

Samedi, les Houthis ont annoncé une trêve unilatérale de trois jours, mais la coalition a toutefois continué ses raids aériens au Yémen.

 


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.