En Syrie, des récoltes d'oliviers prometteuses anéanties par les incendies

Des dizaines de feux de forêt se sont déclarés en Syrie. (AFP)
Des dizaines de feux de forêt se sont déclarés en Syrie. (AFP)
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Publié le Lundi 12 octobre 2020

En Syrie, des récoltes d'oliviers prometteuses anéanties par les incendies

  • Des dizaines de feux de forêt se sont déclarés vendredi à l'aube dans les provinces côtières de Tartous et Lattaquié ainsi qu'à Homs, détruisant plus de 9 000 hectares de terres agricoles, de forêts, de vergers et d'oliviers
  • « Nous comptions beaucoup sur cette saison pour compenser nos pertes successives ; les olives étaient mûres et grosses, s'il n'y avait pas eu ces incendies, nous serions aujourd'hui en train de nous préparer pour les récolter »

TARTOUS: Souheil Dib attendait avec impatience la cueillette des olives dans son champ à Tartous, dans l'ouest syrien, mais les feux de forêt ont ravagé ces derniers jours des pans entiers de la Syrie, ne lui laissant que des branches carbonisées.

Inspectant ses arbres hérités de son père et aujourd'hui réduits en cendres, M. Dib, 61 ans, guette la moindre branche encore vivante, mais toutes se fracassent entre ses mains.  

« J'avais une centaine d'arbres », soupire-t-il. « Je n'ai jamais vu un incendie pareil de mon vivant. »

Des dizaines de feux de forêt se sont déclarés vendredi à l'aube dans les provinces côtières de Tartous et Lattaquié (ouest) ainsi qu'à Homs (centre), détruisant plus de 9 000 hectares de terres agricoles, de forêts, de vergers et d'oliviers, selon le bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha).

Trois personnes sont décédées à Lattaquié, selon le ministère de la Santé, tandis que 25 000 personnes ont été déplacées dans les trois provinces, d'après l'Ocha.  

Les autorités ont annoncé dimanche avoir totalement maitrisé les feux. Lundi, des trainées de fumée grise se dégagent encore d'un manteau de cendres couvrant les zones sinistrées à Tartous et Lattaquié, et les montagnes environnantes sont devenues d'immenses surfaces carbonisées.

« Véritable catastrophe »

Crise économique oblige, Souheil Dib misait particulièrement cette année sur la récolte qui devait débuter afin d'assurer ses besoins en huile et en olives.

« Nous comptions beaucoup sur cette saison pour compenser nos pertes successives (...). Les olives étaient mûres et grosses, s'il n'y avait pas eu ces incendies, nous serions aujourd'hui en train de nous préparer pour les récolter », regrette celui qui a passé sa vie à prendre soin de ses arbres.

Selon l'Ocha, les incendies ont impacté jusqu'à 140 000 personnes en détruisant et en endommageant, entre autres, maisons et terres agricoles. 

A Machta al-Hélou dans la région de Tartous, « les incendies ont causé beaucoup de dégâts » et « les terres mettront des années à se rétablir », estime le maire Joseph Eid.

Dans sa ville, plus de 65 agriculteurs ont été affectés par les feux.

C'est le cas d'Ali Issa. Assis sur un rocher, le dos appuyé contre un arbre calciné, il déplore ses pertes même si beaucoup de ses récoltes ont survécu aux incendies.

« Nous avons enduré des conditions très difficiles pendant la guerre », souffle-t-il. « Mais les incendies sont d'une ampleur différente. Nous sommes confrontés à une véritable catastrophe. »

« Nous ne replanterons pas pour pouvoir en manger, mais pour que nos enfants » en profitent, affirme-t-il, déterminé.

Malgré plus de neuf années de guerre ayant décimé l'économie syrienne, le pays avait continué à produire de grandes quantités d'huile d'olive, l'une de ses principales exportations.

Le ministère de l'Agriculture avait prévu en août une récolte de 850 000 tonnes d'olives cette saison, contre 665 000 l'année dernière.

Les incendies à travers la Syrie n'ont pas seulement dévasté des terres agricoles, ils ont également touché des habitations et certaines zones industrielles.  

Les feux de forêt ont été massivement diffusés sur les réseaux sociaux, le hashtag « La Syrie brûle » ayant largement circulé, accompagné d'images et de vidéos montrant les dégâts.

Des incendies se sont également déclenchés ces derniers jours au Liban et en Israël, voisins de la Syrie. Ils ont tous été maitrisés, mais ils ont entraîné en Israël l'évacuation de milliers de personnes selon les autorités.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.