L'argent liquide de moins en moins utilisé, mais toujours prisé en temps de crise

Des billets en euros à Dortmund, dans l'ouest de l'Allemagne, le 27 janvier 2020. (Photo, AFP)
Des billets en euros à Dortmund, dans l'ouest de l'Allemagne, le 27 janvier 2020. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 31 mars 2022

L'argent liquide de moins en moins utilisé, mais toujours prisé en temps de crise

Des billets en euros à Dortmund, dans l'ouest de l'Allemagne, le 27 janvier 2020. (Photo, AFP)
  • Le remplissage des distributeurs a augmenté de 25 à 30% en Slovaquie et de 15 à 20% en République tchèque au cours des deux premières semaines de guerre
  • Ce phénomène dit de thésaurisation s'accentue à chaque nouvelle crise, comme lors de la crise financière de 2008 ou pendant la pandémie en 2020

PARIS: Le retour des billets sous le matelas: la guerre en Ukraine a réveillé le besoin de détenir des espèces dans plusieurs pays d'Europe, à contre-courant d'une tendance de long terme de baisse de l'utilisation de l'argent liquide. 

Dans les pays du Nord et de l'Est de l'Europe, relativement proches de l'Ukraine, l'association européenne du transport et du convoyage de valeurs (Esta) a ainsi remarqué au début de la guerre des retraits plus importants de billets.  

Le remplissage des distributeurs a augmenté de 25 à 30% en Slovaquie et de 15 à 20% en République tchèque au cours des deux premières semaines de guerre, signale-t-elle dans une note du 8 mars. 

Plus étonnant: cette augmentation est aussi visible en Finlande (+20%) et en Suède (+30%), alors que ces pays font partie des pays européens qui utilisent le moins d'espèces.  

« Dans cette période de guerre, on entend beaucoup parler de cyberattaques qui pourraient arrêter les communications et donc empêcher les virements. Les retraits d'argent sont une forme de prévention face à ces choses qui pourraient se produire si le conflit prend de l'ampleur », explique Michel Tresch, président de la société de transports de fonds Loomis France. 

« Cela peut paraître anachronique, mais il y a beaucoup de gens aujourd'hui qui, par crainte de l'avenir, font le choix d'avoir des billets plutôt que de tout mettre dans un livret A », ajoute Christophe Baud Berthier, directeur des activités fiduciaires de la Banque de France. 

Ce phénomène dit de thésaurisation s'accentue à chaque nouvelle crise, comme lors de la crise financière de 2008 ou pendant la pandémie en 2020. La demande d'espèces s'accroît aussi lors d'événements climatiques extrêmes, comme les inondations. 

Dans les pays où les retraits ont augmenté depuis l'invasion de l'Ukraine, les billets retirés sont bien conservés pour faire des réserves: l'Esta souligne qu'il n'y a pas de hausse « significative » du nombre de transactions en liquide. 

Moins d'utilisation, mais plus de demande 

La Banque centrale européenne (BCE) fait ainsi un constat paradoxal: ces dernières années, la demande de billets n'a jamais été aussi importante... alors que l'utilisation de la monnaie baisse.  

Selon elle, l'utilisation des espèces a baissé de 6 points entre 2016 et 2019 et représentait alors environ 48% des transactions en valeur, tandis que les paiements par applications, par carte bancaire et en sans contact gagnaient du terrain.  

En France, la Monnaie de Paris, qui fabrique les pièces, a aussi vu baisser de 50% en dix ans les commandes de l’État. 

Avec la Covid-19, la crainte que les pièces et billets soient vecteurs du virus a encore accéléré ce phénomène et »l'offre de paiement sans contact s'est multipliée dans les commerces, y compris pour des montants très petits », commente M. Baud Berthier. 

Selon un sondage mené en juillet 2020 par la BCE, 40% des Européens assuraient moins payer en espèces depuis le début de la pandémie. 

Malgré cette baisse de l'utilisation des espèces, la BCE explique que la demande de billets augmente à cause des réserves de billets qui sont faites par les Européens. De nombreux billets sont aussi conservés par des individus et des institutions en dehors de l'Europe, car l'euro est considéré comme une monnaie stable et donc une réserve de valeur en cas de problème.  

Pour l'heure, la frénésie des retraits ne semble en tout cas pas avoir atteint la France. « Les banques françaises n'ont pas constaté d'augmentation significative des retraits ni de comportement particulier concernant les retraits d'espèces », a assuré la Fédération bancaire française. 

Même si la demande venait à augmenter, M. Baud Berthier assure que les stocks de billets de la Banque de France permettraient « sans aucune difficulté de faire face à un pic ». 


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


France: la production industrielle recule de 0,1% en mai

Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
  • "Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note
  • En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%)

PARIS: Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi.

En avril, la production industrielle avait augmenté de 0,3% et la production manufacturière de 0,6%, après révision à la hausse.

Dans l'industrie manufacturière, la production est en repli dans tous les principaux secteurs, a précisé l'Institut national de la statistique et des études économiques: les matériels de transport (-2,8%) dont l'automobile (-4,7%), les biens d'équipement électriques, électroniques et informatiques (-2,3%), la cokéfaction et le raffinage (-9,0%), les "autres produits industriels comme la métallurgie, chimie et pharmacie (-0,4%) ainsi que les industries agro-alimentaires (-0,3%).

"Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note.

En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%). "La hausse qui concerne à la fois l'électricité et le gaz est due à une augmentation de la consommation liée aux températures fraîches en milieu de mois, puis à l'épisode caniculaire en fin de mois", a expliqué l'Insee.

Sur les trois derniers mois (mars à mai), par rapport à la même période en 2025, la production a augmenté de 2,4% dans l'industrie et de 2,2% dans l'industrie manufacturière.

Dans la construction, la production a progressé de 1,2% en mai sur un mois, mais elle s'inscrit en baisse de 2,3% sur les trois mois allant de mars à mai par rapport aux mêmes trois mois de l'an dernier.

Dans les prochains mois, "certains facteurs temporaires qui avaient bénéficié à l'industrie française, notamment la mise à l'arrêt de la production chez certains concurrents asiatiques, vont progressivement s'estomper avec l'apaisement de la situation au Moyen-Orient", a analysé Charlotte de Montpellier.

"D'autres facteurs continueront toutefois de soutenir l'activité, notamment la forte demande dans l'aéronautique et la hausse des dépenses de défense, qui bénéficie largement aux 5% de l'industrie française orientés vers l'armement", a-t-elle ajouté.

Selon elle, "l'industrie française devrait continuer à surperformer le secteur des services", affecté notamment par la faible confiance des ménages, "mais avec un peu moins d’élan qu’en début d’année", avec des répercussions sur la croissance.