Climat: Le chef de l'ONU dénonce les mensonges de gouvernements et d'entreprises

Le secrétaire général de l'ONU dénonce les «mensonges» de «certains gouvernements et responsables d'entreprises» en matière de lutte contre le changement climatique, en réaction à la publication du nouveau rapport des experts climat de l'ONU (Giec). (Photo, AFP)
Le secrétaire général de l'ONU dénonce les «mensonges» de «certains gouvernements et responsables d'entreprises» en matière de lutte contre le changement climatique, en réaction à la publication du nouveau rapport des experts climat de l'ONU (Giec). (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 05 avril 2022

Climat: Le chef de l'ONU dénonce les mensonges de gouvernements et d'entreprises

Le secrétaire général de l'ONU dénonce les «mensonges» de «certains gouvernements et responsables d'entreprises» en matière de lutte contre le changement climatique, en réaction à la publication du nouveau rapport des experts climat de l'ONU (Giec). (Photo, AFP)
  • «C'est un dossier déshonorant, un catalogue des promesses creuses qui nous mettent résolument sur la voie d'un monde invivable», a déclaré Antonio Guterres
  • «On peut sentir la frustration grandissante des scientifiques face à une montagne de preuves qui n'entraîne pas l'action radicale nécessaire pour atteindre les objectifs climat», estime Teresa Anderson, de Action Aid International

NATIONS UNIES: Le secrétaire général de l'ONU a dénoncé lundi les mensonges de « certains gouvernements et responsables d'entreprises » en matière de lutte contre le changement climatique, en réaction à la publication du nouveau rapport des experts climat de l'ONU (Giec). 

« Certains gouvernements et responsables d'entreprises disent une chose et en font une autre. Pour le dire simplement, ils mentent », a déclaré Antonio Guterres en qualifiant « d'accablant » le nouveau rapport du Giec sur les scénarios pour limiter le réchauffement et ses impacts déjà dévastateurs. 

« C'est un dossier déshonorant, un catalogue des promesses creuses qui nous mettent résolument sur la voie d'un monde invivable », a-t-il poursuivi dans un message enregistré, alertant sur « l'extinction d'un million d'espèces » ou la multiplication de « canicules sans précédent, tempêtes terrifiantes, pénuries d'eau généralisées ». 

« La science nous explique que ce sera le résultat de nos politiques énergétiques actuelles, » a-t-il poursuivi, accusant « des pays et entreprises gros émetteurs (de gaz à effet de serre) de ne pas seulement détourner les yeux, mais de mettre de l'huile sur le feu ». 

« Ils étouffent notre planète, au nom de leurs intérêts acquis et de leurs investissements historiques dans les énergies fossiles, alors que des solutions renouvelables moins chères offrent des emplois verts, la sécurité énergétique et une plus grande stabilité des prix, » a-t-il lancé, sur fond de crise énergétique liée notamment au conflit en Ukraine.  

Principales réactions au rapport du Giec

Les principales réactions des autorités, associations et personnalités engagées dans la lutte contre le changement climatique après la publication du rapport des experts du Giec. 

Concrétiser les promesses 

« Malgré des progrès à la COP26, les émissions mondiales vont toujours dans la mauvaise direction. Le rapport d'aujourd'hui nous dit qu'il faut faire demi-tour, et vite (...). L'ambition n'est pas suffisante, seules les actions comptent », avertit le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans. 

« Les principaux pays émetteurs -- en particulier le G20 -- doivent répondre à la crise qui s'aggrave avec l'urgence qu'elle requiert. Et pas seulement par des objectifs sur papier et des promesses creuses », exige Walton Webson, qui préside l'alliance des petits Etats insulaires (AOSIS). 

« De combien de rapports de plus avons nous besoin pour faire ce que nous avons dit que nous ferions? (...) Il est plus que temps de concrétiser les promesses faites », insiste Tina Stege, envoyée climat des Iles Marshall. 

« Nous avons, en tant que gouvernements, l'obligation de prendre des décisions parfois difficiles et exigeantes pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris », reconnaît Annika Strandhall, ministre suédoise du Climat. 

Adieu aux énergies fossiles 

« C'est la fin de partie pour les énergies fossiles qui alimentent guerres et chaos climatique. Il n'y pas de place pour de nouveaux projets avec des énergies fossiles et les usines à charbon et à gaz existantes doivent fermer prématurément », relève Kaisa Kosonen, de Greenpeace. 

« Dans le secteur énergétique, éliminer les énergies fossiles et accélérer la transition vers les renouvelables sera crucial », dit Dan Jorgensen, ministre danois pour le Climat et l'Energie. 

Crises 

L'argent investi dans les énergies fossiles « vole à présent au-dessus de nos têtes sous forme de bombes (...) Je veux que nous prenions part à la construction d'un monde plus juste et plus vert, où les dictatures alimentées par les énergies fossiles n'auront pas un tel pouvoir », espère Olha Boiko, coordinateur de Climate Action Network en Ukraine. 

« A moins d'actions à grande échelle, l'humanité fait face à l'augmentation de la faim, des maladies, à l'effondrement économique, aux migrations de masse et à une chaleur insupportable. Il ne s'agit plus de retirer le pied de l'accélérateur mais d'appuyer à fond sur le frein », appelle Nafkote Dabi d'Oxfam. 

Ecouter la science 

« On peut sentir la frustration grandissante des scientifiques face à une montagne de preuves qui n'entraîne pas l'action radicale nécessaire pour atteindre les objectifs climat », estime Teresa Anderson, de Action Aid International. 

« Alors que nous nous rapprochons toujours plus des points de bascule pour l'existence humaine, les scientifiques tirent une nouvelle fois la sonnette d'alarme: réduire massivement les émissions (de gaz à effet de serre) est inévitable pour éviter le pire », rappelle Namrata Chowdhary de l'ONG 350.org. 

« Les gouvernements doivent cesser d'écouter les sociétés liées aux énergies fossiles et commencer à tenir compte de la science et des appels urgents à l'action lancés par les communautés confrontées aux sécheresses, aux incendies, aux inondations et à la montée des eaux », plaide Kelly Trout, de Oil Change International. 

Justice sociale 

« Les nations les plus riches, dont les Etats-Unis, portent une responsabilité importante pour réduire les émissions et fournir des fonds pour aider les pays en développement », juge Rachel Cleetus, de l'organisation Union of concerned scientists. 

« Les preuves scientifiques deviennent plus effroyables à chaque rapport du Giec, nous (le Vanuatu) obligeant maintenant à porter le changement climatique devant la Cour internationale de justice pour limiter le réchauffement à 1,5°C et protéger ainsi les droits des générations présentes et futures de tous les êtres sur cette petite île appelée planète Terre », appelle le ministre des Affaires étrangères de l'Etat insulaire du Vanuatu, Hon Marc Ati. 

Fustigeant la « folie morale et économique » des nouveaux investissements dans le secteur des énergies fossiles, il a appelé à cesser tout financement du charbon et à « transférer dès à présent les investissements et subventions des énergies fossiles vers les renouvelables ». 

Si le monde y est prêt, le rapport du Giec « définit des options viables et financièrement saines dans chaque secteur qui peuvent permettre de maintenir en vie la possibilité de limiter le réchauffement à 1,5°C », objectif le plus ambitieux de l'Accord de Paris. 

« Les choix faits aujourd'hui par les pays permettront de tenir l'engagement sur 1,5°C ou le détruiront. (...) Les promesses et les plans doivent se transformer en réalité et en action, maintenant », a-t-il conclu. 

Ce qu'il faut retenir du dernier rapport des experts climat de l' ONU

Voici les points clés de ce rapport long de quelque 2 800 pages, qui représente le consensus scientifique mondial le plus à jour sur ces questions. 

Assurer un pic d'émissions en 2025 

Si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas sensiblement réduites d'ici à 2030, l'objectif de 1,5°C sera « hors de portée ». 

Mais les politiques actuelles ouvrent la voie à un réchauffement de 3,2°C d'ici à la fin du siècle. 

Tenir l'objectif de +2°C s'annonce déjà extrêmement compliqué: de 2030 à 2050, il faudrait réduire chaque année les émissions comme en 2020, année exceptionnelle où une bonne partie de l'économie mondiale s'est arrêtée en raison du Covid-19. 

Pour ne pas dépasser +2,5°C, les émissions devront atteindre leur pic en 2025, ce qui semble improbable, la trajectoire étant repartie à la hausse dès 2021, retrouvant les niveaux records pré-pandémie. 

Or, au niveau d'émissions de 2019, le »budget carbone » disponible pour conserver 66% de chances de rester sous les +1,5°C serait entièrement consommé en huit ans. 

Remplacer les énergies fossiles... 

Si tous les gisements de pétrole, de gaz et de charbon actuellement en service sont exploités jusqu'à leur terme sans technologie de capture carbone, il sera impossible de tenir +1,5°C. 

Éliminer les subventions aux énergies fossiles pourrait faire baisser les émissions de 10%. 

Tenir +2°C suppose que 30% des réserves de pétrole, 50% de celles de gaz et 80% des celles de charbon ne soient pas utilisées, sauf si des techniques de captage et stockage du CO2 émis sont développées. 

Les actifs perdus pourraient se chiffrer en milliers de milliards de dollars.  

... par des sources bas-carbone ou neutres 

Pour tenir les objectifs de l'Accord de Paris, le monde doit atteindre la « neutralité carbone » sur tous les plans d'ici à 2050. 

La capacité des énergies photovoltaïque et éolienne a fortement augmenté, de 170% et 70% respectivement entre 2015 et 2019, grâce à la baisse des coûts, aux politiques publiques et à la pression sociale. Mais malgré ces hausses spectaculaires, elles ne représentent ensemble que 8% de la production électrique mondiale, 21% de la production peu carbonée. 

Au total, les renouvelables et énergies peu carbonées - dont le nucléaire et l'hydroélectricité - comptent pour 37% de la production électrique mondiale, le reste provenant des énergies fossiles. 

Réduire la demande 

Le basculement vers l'énergie moins carbonée ne doit pas faire passer au second plan les transformations structurelles - mobilités douces, véhicules électriques, télétravail, isolation des bâtiments, moins de vols en avion - qui permettraient de réduire les émissions de 40% à 70% d'ici à 2050. 

« Des modifications profondes et rapides de la demande faciliteront la réduction à court et moyen terme des émissions dans tous les secteurs », souligne le rapport. 

Au niveau mondial, les 10% des ménages les plus riches représentent jusqu'à 45% des émissions totales. 

Museler le méthane 

Les émissions de méthane, gaz à effet de serre à la durée de vie bien plus courte que le CO2 mais 21 fois plus puissant, contribuent pour environ un cinquième du réchauffement.  

Les fuites dans la production d'énergies fossiles (par les puits ou les gazoducs) représentaient environ un tiers de ces émissions en 2019. L'élevage animal est également une source importante. 

Tenir l'Accord de Paris implique de réduire de moitié les émissions de méthane d'ici à 2050 (par rapport au niveau de 2019). 

Capturer le CO2 

Même dans les meilleurs scénarios, la baisse des émissions devra s'accompagner de la mise en oeuvre de techniques d'élimination du dioxyde de carbone (EDC), ou « émissions négatives », pour atteindre la neutralité carbone. 

Les possibilités vont de la capture naturelle de CO2, en plantant des arbres par exemple, à l'extraction du CO2 de l'atmosphère, technologie pas au point. 

Ces EDC devraient permettre de compenser les émissions de secteurs qui ne pourront pas suffisamment réduire leurs émissions d'ici à 2050 - aviation, transport maritime ou cimenteries - et seront également nécessaires pour espérer rétablir la situation en cas de dépassement des objectifs de l'Accord de Paris. 

Agir coûte cher... 

Tenir l'objectif de +1,5°C nécessitera des investissements de 2 300 milliards de dollars par an entre 2023 et 2052, rien que pour le secteur de l'électricité. Le chiffre tombe à 1 700 milliards pour +2°C. 

En 2021, 750 milliards ont été dépensés dans le monde pour les énergies propres ou l'efficacité énergétique, selon l'Agence internationale de l'énergie. 

Selon le Giec, les pays riches dépensent deux à cinq fois moins que nécessaire et les investissements dans les pays en développement sont de quatre à huit fois moins élevés que nécessaire. 

Tenir l'objectif de +2°C entraînerait une baisse de 1,3% à 2,7% du PIB mondial, par rapport à la trajectoire actuelle, et une baisse de 2,6% à 4,2% pour tenir +1,5°C. 

...ne rien faire encore plus 

Ces estimations de (dé)croissance ne prennent toutefois pas en compte les gains prévisibles, conséquences de l'évitement de catastrophes climatiques, de crises alimentaires ou de l'effondrement des écosystèmes. 

« Les avantages des scénarios permettant de limiter le réchauffement à 2°C dépassent les coûts des mesures d'atténuation (des émissions) sur la totalité du XXIe siècle, » souligne le rapport. 

Les seuls bénéfices en matière de santé publique d'une réduction de la pollution de l'air - cause de 7 millions de décès prématurés par an dans le monde - seraient par exemple du même ordre que les investissements pour atteindre cet objectif. 


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.

 


Intempéries au Portugal: cinq morts, 450.000 clients toujours sans électricité 

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  • La tempête Kristin, qui a frappé le Portugal dans la nuit de mardi à mercredi, a fait au moins cinq morts
  • "Près de 450.000 clients" étaient par ailleurs toujours sans électricité en début de matinée, surtout dans le centre du pays, selon E-redes, l'opérateur du réseau de distribution d'électricité

LISBONNE: La tempête Kristin, qui a frappé le Portugal dans la nuit de mardi à mercredi, a fait au moins cinq morts, et 450.000 clients étaient toujours sans électricité jeudi matin, selon un nouveau bilan des autorités portugaises.

Ce nouveau bilan humain a été confirmé à l'AFP par un porte-parole de l'Autorité nationale de la protection civile (ANPEC). La cinquième victime, dont le décès a été annoncé jeudi, est un homme de 34 ans, mort dans la municipalité de Marinha Grande (centre) "à la suite des intempéries", selon la protection civile, qui n'a pas donné plus de détails.

Parmi les autres décès enregistrés, certaines personnes ont été tuées par la chute d'arbres et de structures métalliques, tandis qu'une autre a été retrouvée en arrêt cardiaque dans un chantier de construction.

"Près de 450.000 clients" étaient par ailleurs toujours sans électricité en début de matinée, surtout dans le centre du pays, selon E-redes, l'opérateur du réseau de distribution d'électricité.

La majorité des foyers et institutions touchées se trouvent dans le district de Leiria (centre), où la tempête a provoqué d'importants dégâts sur le réseau, provoquant notamment la chute de poteaux et de lignes à haute tension, ralentissant les réparations, selon les médias locaux.

La circulation ferroviaire restait suspendue sur plusieurs lignes, dont l'axe entre Lisbonne et Porto (nord) pour les trains longue distance, en raison des perturbations causées par les intempéries, selon un communiqué des chemin de fer portugais (CP) qui a suspendu la vente de billets pour ces trains.

Plusieurs écoles du centre du pays restaient fermées pour des raisons de sécurité, a expliqué la municipalité de Castelo Branco.

Les pompiers de Leiria ont effectué jeudi matin plusieurs dizaines d'interventions "liées à des petites inondations" et à "des dégâts sur les toitures d'habitation", provoqué par la tempête, a précisé à l'agence Lusa le commandant régional adjoint Ricardo Costa.

"Les habitants demandent de l'aide, car il continue de pleuvoir, même si ce n'est pas une pluie très forte, mais cela cause de nombreux dégâts dans les habitations", a-t-il ajouté.

Le passage de la tempête Kristin a été marqué par de fortes averses et des rafales de vent, ayant atteint des pics de 178 km/h, et causé de nombreux dégâts.

Le gouvernement portugais a dans un communiqué décrit cette tempête comme "un évènement climatique extrême, qui a provoqué des dégâts significatifs sur plusieurs parties du territoire".

 


Trump prévient l'Iran que «le temps est compté» avant une possible attaque américaine

Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays. (AFP)
Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays. (AFP)
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  • Washington a renforcé sa présence dans le Golfe en y envoyant le porte-avions Abraham Lincoln et son escorte, dont l'armée américaine a annoncé lundi l'arrivée sur place
  • Evoquant une "armada massive", Donald Trump a affirmé qu'il s'agissait d'"une flotte plus importante (...) que celle envoyée au Venezuela", en référence à l'important dispositif militaire déployé depuis cet été dans les Caraïbes

WASHINGTON: Donald Trump a pressé mercredi l'Iran de conclure un accord sur le nucléaire, affirmant sur sa plateforme Truth Social que "le temps était compté" avant une attaque américaine contre Téhéran.

"Espérons que l'Iran acceptera rapidement de +s'asseoir à la table+ et de négocier un accord juste et équitable - PAS D'ARMES NUCLÉAIRES", a écrit le président américain, menaçant d'une attaque "bien pire" que les frappes américaines en juin dernier contre des sites nucléaires iraniens.

Washington a renforcé sa présence dans le Golfe en y envoyant le porte-avions Abraham Lincoln et son escorte, dont l'armée américaine a annoncé lundi l'arrivée sur place.

Evoquant une "armada massive", Donald Trump a affirmé qu'il s'agissait d'"une flotte plus importante (...) que celle envoyée au Venezuela", en référence à l'important dispositif militaire déployé depuis cet été dans les Caraïbes.

"Comme dans le cas du Venezuela, elle est prête, disposée et capable d'accomplir rapidement sa mission, avec rapidité et violence si nécessaire", a-t-il ajouté.

Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays.

Les autorités iraniennes avaient signalé qu'un canal de communication avait été ouvert avec Washington, mais le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a estimé mercredi que pour négocier, les Américains allaient devoir "cesser les menaces, les demandes excessives".