Zelensky appelle l'ONU à agir immédiatement face aux «crimes de guerre russes»

Volodymyr Zelensky appelle à ce que la Russie soit exclue du Conseil de sécurité de l'ONU et à une réforme du système des Nations unies. (Photo, AFP)
Volodymyr Zelensky appelle à ce que la Russie soit exclue du Conseil de sécurité de l'ONU et à une réforme du système des Nations unies. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 06 avril 2022

Zelensky appelle l'ONU à agir immédiatement face aux «crimes de guerre russes»

Volodymyr Zelensky appelle à ce que la Russie soit exclue du Conseil de sécurité de l'ONU et à une réforme du système des Nations unies. (Photo, AFP)
  • Le Trésor américain a annoncé mardi qu'il n'autorisait plus Moscou à rembourser sa dette avec des dollars détenus dans des banques américaines
  • «Nous travaillons ensemble, la France et l'Allemagne, à la définition de ce que pourrait être ce nouveau paquet (de sanctions) qui devra intégrer le pétrole et le charbon» russes, a déclaré a Berlin le ministre des Affaires étrangères français Jean-Luc

NATIONS UNIES/ KRAMATORSK : Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté mardi l'ONU à agir « immédiatement » contre la Russie au regard de ses « crimes de guerre » commis selon lui en Ukraine, réclamant notamment son exclusion du Conseil de sécurité, alors que Moscou rejette toute accusation d'exactions. 

Après l'onde de choc provoquée par la découverte le week-end dernier de nombreux cadavres à Boutcha, près de Kiev, où l'Ukraine accuse les Russes de massacres, l'Union européenne et Washington ont intensifié leur pression économique et diplomatique contre la Russie dans l'espoir de lui faire lâcher prise. 

« Maintenant nous avons besoin de décisions du Conseil de sécurité pour la paix en Ukraine », a déclaré M. Zelensky dans un discours solennel par vidéo retransmis en direct dans la salle de l'institution à New York. 

Il a demandé à l'ONU que la Russie soit « tenue responsable » pour ses « crimes de guerre » perpétrés selon lui en Ukraine depuis son invasion le 24 février. 

Pour cela, a-t-il ajouté, il faut que la Russie soit exclue du Conseil de sécurité, dont elle est un des cinq membres permanents avec droit de veto, ou que le système onusien soit réformé pour que « le droit de veto ne signifie pas le droit de mourir ». 

Le président ukrainien a ensuite fait diffuser devant le Conseil de sécurité une vidéo présentant des images très crues de personnes tuées en Ukraine. 

Plusieurs corps ou parties de corps figuraient sur ces images, sur un fond sonore accentuant la dramatisation de la vidéo.  

Les gens « ont été tués dans leur appartement, leur maison... des civils ont été écrasés par des chars tandis qu'ils étaient assis dans leur voiture au milieu de la route », a décrit M. Zelensky. « Ils ont coupé des membres, tranché la gorge, violé et tué des femmes devant leurs enfants ».

En s'exprimant plus tard devant les parlementaires espagnols, il a comparé l'assaut des Russes au bombardement nazi de la ville de Guernica en 1937.

Le ministre ukrainien de l'Intérieur Denys Monastyrsky s'est rendu à Boutcha, affirmant ensuite à la presse que "des dizaines de cadavres" restent dans des logements et des forêts alentours.

« Ce que nous avons vu à Boutcha n'est pas l'acte isolé d'une unité dévoyée. C'est une campagne délibérée pour tuer, torturer, violer, commettre des atrocités », avait déclaré plus tôt dans la journée le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken. 

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est adressé directement aux Russes mardi, leur disant dans une vidéo qu'ils méritent de connaître « la vérité » sur les atrocités commises en Ukraine après l'invasion russe, soulignant notamment que les exactions imputées aux Russes à Boutcha ont « horrifié le monde ». 

Moscou nie en bloc et accuse les autorités ukrainiennes de préparer des « mises en scène » de civils tués dans plusieurs villes pour faire condamner le Kremlin. 

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a estimé mardi soir que la découverte de cadavres à Boutcha était une « provocation » visant à faire échouer les négociations en cours entre Kiev et Moscou. 

De nouveaux signalements émergent d'Ukraine selon lesquels plusieurs localités ont subi des actes pires que Boutcha.

« Boutcha n'est pas le pire », a confié Oleksiy Arestovitch, un conseiller de la présidence ukrainienne, sur YouTube. « Quiconque s'est rendu à Borodianka dit que c'est encore pire ».

Derniers développements de l'invasion russe de l'Ukraine, avec photos
Derniers développements de l'invasion russe de l'Ukraine, avec photos. (Graphique, AFP)

« Trésor de guerre »  

Après la France et l'Allemagne lundi, l'Italie, l'Espagne et la Slovénie ont à leur tour expulsé mardi en masse des diplomates russes, marquant une nouvelle dégradation des relations avec Moscou après la découverte des dizaines de cadavres près de Kiev. Au total, près de 200 diplomates russes ont été expulsés d'Europe en 48 heures. 

Sur le front des sanctions économiques, qui pleuvent sur Moscou depuis son invasion de l'Ukraine, le Trésor américain a annoncé mardi qu'il n'autorisait plus la Russie à rembourser sa dette avec des dollars détenus dans des banques américaines. 

Les Etats-Unis vont également adopter mercredi, en coordination avec l'Union européenne et le G7, de nouvelles sanctions visant notamment à interdire « tout nouvel investissement » en Russie, selon une source proche du dossier. 

La Grande-Bretagne a elle gelé 350 milliards de dollars de devises étrangères du régime russe, le « trésor de guerre » du président Vladimir Poutine, a déclaré mardi à Varsovie la ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss. 

L'Union européenne a de son côté promis de nouvelles sanctions « cette semaine » contre la Russie. La Commission européenne a proposé que les Vingt-Sept cessent leurs achats de charbon russe, qui représentent 45% des importations de l'UE, et qu'ils ferment leurs ports aux bateaux opérés par des Russes. 

Sur Twitter, le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, a appelé l'Union européenne à imposer à Moscou « la mère de toutes les sanctions » afin d'« empêcher de 'nouveaux Boutchas' ». « Cessez d'acheter du pétrole, du gaz et du charbon à la Russie. Cessez de financer la machine de guerre » de Vladimir Poutine, a-t-il ajouté. 

Vladimir Poutine a répliqué en proposant de « surveiller » les livraisons alimentaires russes vers les pays « hostiles » au Kremlin.  

Washington annonce 100 millions de dollars supplémentaires en aide sécuritaire à l'Ukraine

Les Etats-Unis ont annoncé mardi débloquer une aide sécuritaire supplémentaire à l'Ukraine allant jusqu'à 100 millions de dollars pour faire face à l'invasion russe.

Il s'agit de « répondre à un besoin ukrainien urgent de systèmes antichars Javelin supplémentaires, que les Etats-Unis ont fournis à l'Ukraine et qu'ils ont si efficacement utilisés pour défendre leur pays », a indiqué dans un communiqué le porte-parole du Pentagone, John Kirby.

« Le monde a été choqué et horrifié par les atrocités commises par les forces russes à Boutcha et dans toute l'Ukraine », a dit dans un communiqué distinct le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, en référence à la ville ukrainienne où ont été découverts des dizaines de cadavres après le retrait de troupes russes.

« Les Etats-Unis, aux côtés de nos alliés et partenaires, soutiennent fermement la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine », a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie américaine a affirmé que cette assistance additionnelle portait à 1,7 milliard de dollars l'aide sécuritaire américaine allouée à l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe le 24 février.

« Phase cruciale »  

Sur le théâtre militaire, des explosions ont été entendues mardi soir dans la petite ville de Radekhiv, à 70 kilomètres de Lviv, la grande cité de l'ouest, a annoncé un responsable local, sans donner davantage de précisions dans l'immédiat.

Près de Kiev, des frappes d'artillerie russes ont fait douze morts dans les villages de Velyka Dymerka et de Bogdanivka, a indiqué le bureau du procureur général d'Ukraine sur Telegram.

Situé loin du front, l'ouest de l'Ukraine est rarement visé par des bombardements depuis le début de l'invasion russe.

Après le récent retrait des troupes russes qui assiégeaient Kiev et sa région, le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a estimé que la Russie se renforçait pour « prendre le contrôle de l'ensemble du Donbass », dans l'est de l'Ukraine, et réaliser « un pont terrestre avec la Crimée », annexée par Moscou en 2014. 

« Nous sommes dans une phase cruciale de la guerre », a-t-il averti, disant redouter la découverte « d'autres atrocités » commises par les forces Russes en Ukraine.  

L'armée russe a affirmé mardi soir avoir abattu deux hélicoptères ukrainiens cherchant à évacuer des chefs d'un bataillon nationaliste défendant le port assiégé de Marioupol (sud-est), tout en appelant une nouvelle fois ces défenseurs à déposer les armes. 

Marioupol a « dépassé le stade de la catastrophe humanitaire », avait dans la journée affirmé Vadim Boïtchenko, le maire de ce grand port assiégé par l'armée russe, qualifiant d'« invivable » la situation des quelque 120 000 habitants toujours sur place. 

La ville, qui comptait près d'un demi-million d'habitants avant la guerre, est détruite « à 90% », avait annoncé lundi M. Boïtchenko. 

À Mykolaïv (sud), trois hôpitaux « ont été touchés par des bombardements » dimanche et lundi, a indiqué mardi l'organisation non gouvernementale Médecins sans Frontières (MSF), présente sur place. 

La France a annoncé mardi soir qu'elle allait offrir des moyens financiers et humains pour soutenir les enquêtes sur les massacres imputés aux forces russes en Ukraine, après un entretien entre le président Emmanuel Macron et son homologue Zelensky. 

Pour le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, « tous les signes pointent vers le fait que les victimes [de Boutcha] ont été ciblées délibérément et tuées directement. Et ces preuves sont très inquiétantes ».  

Des images satellite de la ville publiées lundi par la société américaine Maxar Technologies semblent également réfuter les affirmations russes selon lesquelles les cadavres de personnes en vêtements civils trouvés à Boutcha y ont été placés après que les troupes russes avaient évacué les lieux. 

Comparaison de deux images prises les 19 mars et 2 avril montrant des corps de personnes en vêtements civils dans une rue de Boutcha
Comparaison de deux images prises les 19 mars et 2 avril montrant des corps de personnes en vêtements civils dans une rue de Boutcha. (Graphique, AFP)

Catastrophe humanitaire dépassée 

La France a annoncé mardi soir qu'elle allait offrir des moyens financiers et humains pour soutenir les enquêtes sur les massacres imputés aux forces russes en Ukraine, après un entretien entre le président Emmanuel Macron et M. Zelensky.

Pour le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, "tous les signes pointent vers le fait que les victimes (de Boutcha) ont été ciblées délibérément et tuées directement. Et ces preuves sont très inquiétantes".

Des images satellite de la ville publiées lundi par la société américaine Maxar Technologies semblent également réfuter les affirmations russes selon lesquelles les cadavres de personnes en vêtements civils trouvés à Boutcha y ont été placés après que les troupes russes avaient évacué les lieux.

Samedi, l'AFP avait vu à Boutcha les cadavres d'au moins 22 personnes portant des vêtements civils dans des rues de la ville. L'une d'elles était couchée près d'un vélo et une autre avait des sacs à provisions à côté d'elle. Un cadavre avait les mains liées dans le dos. 

Selon le maire de Boutcha, Anatoly Fedorouk, 280 personnes ont dû être enterrées par les Ukrainiens ces derniers jours dans des f « osses communes » à Boutcha. 

Selon le dernier décompte du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) de l'ONU, plus de 4,24 millions de réfugiés ukrainiens ont fui leur pays depuis le 24 février. L'Europe n'a pas connu un tel flot de réfugiés depuis la Deuxième guerre mondiale. 

Au total, la guerre en Ukraine a des conséquences dans 74 pays en développement, touchant 1,2 milliard de personnes « particulièrement vulnérables à la flambée des prix des aliments, de l'énergie et des engrais », a affirmé mardi le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. 

Twitter limite la portée des comptes gouvernementaux russes

Twitter a annoncé mardi de nouvelles mesures contre les comptes gouvernementaux russes pour réduire la circulation de la propagande officielle russe sur le réseau social.

Ces comptes officiels ne seront plus « recommandés » aux utilisateurs de Twitter dans aucune catégorie du site ou de l'application, y compris en cas de recherche, a indiqué la plateforme dans un communiqué mardi.

L'entreprise californienne, comme son voisin Meta (Facebook, Instagram), avait déjà bloqué les comptes des médias russes RT et Sputnik dans l'Union européenne.

Moscou avait répondu en restreignant l'accès à Twitter dans le pays (et en bloquant Facebook et Instagram).

« Nous ne faciliterons pas la diffusion (des messages) des comptes gouvernementaux d'Etats qui limitent l'accès libre à l'information et sont impliqués dans des conflits armés entre Etats – que Twitter soit bloqué dans ce pays ou pas », justifie le groupe.

« Quand un gouvernement bloque ou limite l'accès à des services numériques (...) mais continue à utiliser ces services pour sa propre communication, cela crée un grave déséquilibre », continue Twitter.


Guerre au Moyen-Orient: Trump menace d'«anéantir» des infrastructures énergétiques iraniennes

Donald Trump a haussé le ton vis-à-vis de l'Iran lundi, en menaçant d'"anéantir" ses centrales électriques, ses puits de pétrole ainsi que l'île de Kharg, point névralgique de son industrie pétrolière, si les discussions avec Téhéran n'aboutissent pas "rapidement". (AFP)
Donald Trump a haussé le ton vis-à-vis de l'Iran lundi, en menaçant d'"anéantir" ses centrales électriques, ses puits de pétrole ainsi que l'île de Kharg, point névralgique de son industrie pétrolière, si les discussions avec Téhéran n'aboutissent pas "rapidement". (AFP)
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  • Le conflit au Moyen-Orient, qui a fait des milliers de morts depuis son déclenchement le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, continue par ailleurs de souffler le chaud et le froid sur les marchés financiers
  • Le G7 Finances-Energie, réuni par la France lundi en visioconférence, s'est dit prêt "à prendre toutes les mesures nécessaires" pour assurer la stabilité du marché de l'énergie

WASHINGTON: Donald Trump a haussé le ton vis-à-vis de l'Iran lundi, en menaçant d'"anéantir" ses centrales électriques, ses puits de pétrole ainsi que l'île de Kharg, point névralgique de son industrie pétrolière, si les discussions avec Téhéran n'aboutissent pas "rapidement".

Le président américain avait déjà évoqué dimanche une possible opération terrestre pour s'emparer du terminal de Kharg, qui assure environ 90% des exportations de brut du pays, et "prendre le pétrole" iranien.

Dans un message sur son réseau Truth Social lundi, il a durci le ton vis-à-vis de l'Iran, affirmant que sans réouverture du détroit d'Ormuz, par où transite d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures mondiaux, les Etats-Unis feraient "exploser" et anéantiraient "toutes leurs centrales électriques, leurs puits de pétrole et l'île de Kharg".

Cela pourrait aussi concerner "toutes les usines de dessalement", a affirmé le président américain.

Samedi, le commandement militaire américain avait annoncé l'arrivée la veille au Moyen-Orient d'un navire d'assaut amphibie, à la tête d'un groupe naval comprenant "quelque 3.500" marins et soldats du corps des Marines.

"Discussions sérieuses" 

Le conflit au Moyen-Orient, qui a fait des milliers de morts depuis son déclenchement le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, continue par ailleurs de souffler le chaud et le froid sur les marchés financiers.

Le G7 Finances-Energie, réuni par la France lundi en visioconférence, s'est dit prêt "à prendre toutes les mesures nécessaires" pour assurer la stabilité du marché de l'énergie.

Vers 14H50 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord montait de 2,55% à 115,44 dollars.

La poursuite des bombardements ce weekend et lundi en Iran, dans le Golfe et au Liban, et les déclarations inflexibles des belligérants alimentent la flambée des cours du pétrole, qui ont grimpé de plus de 50% depuis le début de la guerre.

La Bourse de New York évoluait elle en petite hausse lundi, les investisseurs voulant croire aux propos de Donald Trump qui a aussi évoqué dans son message "d'énormes progrès" réalisés lors de "discussions sérieuses" avec "un régime nouveau et plus raisonnable" en Iran -- sans toutefois préciser de quels interlocuteurs il s'agit.

"Le marché attend désespérément une issue à cette guerre", remarque auprès de l'AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a appelé lundi Donald Trump à "stopper la guerre", et souligné lors d'un discours au Caire les "conséquences graves" d'une poursuite du conflit.

Au Liban, trois membres du Hezbollah ont été tués et trois autres gravement blessés dans une frappe israélienne qui a visé lundi un immeuble résidentiel près de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du groupe pro-iranien, a indiqué une source de sécurité à l'AFP.

Plusieurs Casques bleus ont par ailleurs été blessés lors d'un "incident" dans une ville frontalière du sud du Liban, où des affrontements opposent le Hezbollah à l'armée israélienne, a annoncé lundi à l'AFP la porte-parole de la Finul, Kandice Ardiel.

Ces derniers jours, le Pakistan, voisin de l'Iran, s'est proposé pour "accueillir et faciliter" des "pourparlers significatifs" entre les deux pays.

De son côté l'armée israélienne a annoncé lundi avoir bombardé une université de Téhéran dirigée par les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, affirmant que "des activités de recherche et développement sur des armes de pointe" y étaient menées.

Elle avait indiqué un peu plus tôt avoir de nouveau frappé des sites militaires à Téhéran, en réponse à une attaque de missiles venus d'Iran.

"Vie d'avant-guerre" 

Après une accalmie la semaine dernière, les bombardements semblent s'être intensifiées ce weekend sur la capitale iranienne, provoquant notamment des coupures temporaires d'électricité, selon des journalistes de l'AFP sur place.

L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, a dénombré au moins 360 attaques en 24 heures dans 18 provinces du pays ce weekend.

Pour des habitants de Téhéran, joints par l'AFP depuis Paris, plus rien n'est normal.

"Les jours ordinaires me manquent. Une vie où je n'avais pas à penser constamment aux explosions et à la mort", raconte Shahrzad, 39 ans, femme au foyer, qui dit "ne sortir que si c'est absolument nécessaire". "La seule chose qui me reste de ma vie d'avant-guerre et qui m'aide à garder le moral, c'est la cuisine" mais "parfois, je me surprends à pleurer en plein milieu", poursuit-elle.

L'ONG Acled, qui compile les données sur les conflits, a fait état lors du premier mois de guerre de près de 2.300 bombardements américains et israéliens, et de 1.160 frappes iraniennes en représailles.

Au total depuis le début du conflit, l'organisation HRANA a recensé près de 3.500 morts en Iran.

 


Interdiction d'accès au Saint-Sépulcre à Jérusalem: l'Espagne convoque la chargée d'affaires israélienne

L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • Pour justifier cette interdiction dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait évoqué des raisons de sécurité, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient
  • Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, avait de son côté dénoncé dimanche soir "une attaque injustifiée contre la liberté religieuse" et une action menée "sans raisons ni motifs"

MADRID: L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères.

"Ce matin, nous avons convoqué la chargée d'affaires d'Israël au ministère des Affaires étrangères pour lui faire part de notre protestation, pour lui indiquer que cela ne peut pas se reproduire", a déclaré José Manuel Albares dans un entretien à la radio RAC1.

"C'est une mesure très préoccupante, car la liberté religieuse, la liberté de culte est une liberté fondamentale", a-t-il appuyé, disant "s'opposer" à la décision prise dimanche par la police israélienne, qui a provoqué des réactions indignées à l'étranger.

Pour justifier cette interdiction dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait évoqué des raisons de sécurité, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, avait de son côté dénoncé dimanche soir "une attaque injustifiée contre la liberté religieuse" et une action menée "sans raisons ni motifs".

"Sans tolérance, il est impossible de coexister", avait appuyé sur le réseau social X le chef du gouvernement espagnol, fermement opposé à la guerre menée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran depuis plus d'un mois.

Lundi, Benjamin Netanyahu a annoncé que le patriarche latin de Jérusalem allait retrouver un accès "total et immédiat" à l'église du Saint-Sépulcre.

Israël a rappelé son ambassadrice basée à Madrid en 2024 après la reconnaissance par l'Espagne de l'État palestinien, et est depuis seulement représenté par une chargée d'affaires.

 


Trump vante un «changement de régime» en Iran, annonce le passage de 20 pétroliers à Ormuz

Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique. (Reuters)
Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique. (Reuters)
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  • Les objectifs de la guerre déclenchée par le milliardaire républicain sont toujours flous, et des milliers de soldats américains ont été envoyés dans la région ces derniers jours
  • Malgré ce déploiement de militaires autour de l'Iran, M. Trump agite toujours la possibilité d'un accord de paix imminent

WASHINGTON: Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique.

Ces annonces du président américain interviennent alors que les inquiétudes grandissent aux Etats-Unis sur un possible enlisement américain au Moyen-Orient. Les prix du pétrole ont repris leur flambée et Wall Street a accusé un repli marqué la semaine dernière.

Les objectifs de la guerre déclenchée par le milliardaire républicain sont toujours flous, et des milliers de soldats américains ont été envoyés dans la région ces derniers jours.

Malgré ce déploiement de militaires autour de l'Iran, M. Trump agite toujours la possibilité d'un accord de paix imminent.

"Je pense que nous allons conclure un accord avec eux, j'en suis presque sûr", a-t-il affirmé lors d'un point presse à bord d'Air Force One.

Le président a également tenté de rassurer, en estimant avoir déjà obtenu un changement de la nature du pouvoir à Téhéran, grâce aux frappes qui ont tué le Guide suprême Ali Khamenei et de nombreux hauts responsables de la République islamique.

"Nous avons eu un changement de régime, on le voit déjà, parce que le premier régime a été décimé, détruit, ils sont tous morts", a estimé le président américain lors d'un point presse. "Le régime suivant", nommé dans la foulée de la mort de l'ayatollah Khamenei "est en grande partie mort" également, a-t-il remarqué.

Désigné pour lui succéder, son fils Mojtaba Khamenei n'a pas été aperçu depuis qu'il est censé être à la tête du pays. Les autorités iraniennes ne diffusent que des messages écrits de sa part.

"Personne n'a entendu parler de lui. Il est peut-être vivant, mais il est de toute évidence dans une situation très, très grave", a estimé M. Trump.

Cette situation a conduit de facto à la mise en place d'un "troisième régime" en Iran, selon le président américain.

"Nous avons affaire à des personnes différentes de celles auxquelles quiconque a eu affaire auparavant", a-t-il résumé. "C'est tout un autre groupe de personnes, donc je considérerais que c'est un changement de régime."

Le locataire de la Maison Blanche a également annoncé que ces responsables iraniens ont accepté de desserrer légèrement l'étau autour du détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale par laquelle transite habituellement 20% du pétrole mondial et qui est paralysée depuis le début de la guerre.

"Ils nous ont donné, par respect je pense, 20 bateaux de pétrole de grands, grands bateaux de pétrole qui vont passer par le détroit d'Ormuz, et ça commence demain matin, pour les prochains jours", a-t-il assuré.