Zelensky appelle l'ONU à agir immédiatement face aux «crimes de guerre russes»

Volodymyr Zelensky appelle à ce que la Russie soit exclue du Conseil de sécurité de l'ONU et à une réforme du système des Nations unies. (Photo, AFP)
Volodymyr Zelensky appelle à ce que la Russie soit exclue du Conseil de sécurité de l'ONU et à une réforme du système des Nations unies. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 06 avril 2022

Zelensky appelle l'ONU à agir immédiatement face aux «crimes de guerre russes»

Volodymyr Zelensky appelle à ce que la Russie soit exclue du Conseil de sécurité de l'ONU et à une réforme du système des Nations unies. (Photo, AFP)
  • Le Trésor américain a annoncé mardi qu'il n'autorisait plus Moscou à rembourser sa dette avec des dollars détenus dans des banques américaines
  • «Nous travaillons ensemble, la France et l'Allemagne, à la définition de ce que pourrait être ce nouveau paquet (de sanctions) qui devra intégrer le pétrole et le charbon» russes, a déclaré a Berlin le ministre des Affaires étrangères français Jean-Luc

NATIONS UNIES/ KRAMATORSK : Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté mardi l'ONU à agir « immédiatement » contre la Russie au regard de ses « crimes de guerre » commis selon lui en Ukraine, réclamant notamment son exclusion du Conseil de sécurité, alors que Moscou rejette toute accusation d'exactions. 

Après l'onde de choc provoquée par la découverte le week-end dernier de nombreux cadavres à Boutcha, près de Kiev, où l'Ukraine accuse les Russes de massacres, l'Union européenne et Washington ont intensifié leur pression économique et diplomatique contre la Russie dans l'espoir de lui faire lâcher prise. 

« Maintenant nous avons besoin de décisions du Conseil de sécurité pour la paix en Ukraine », a déclaré M. Zelensky dans un discours solennel par vidéo retransmis en direct dans la salle de l'institution à New York. 

Il a demandé à l'ONU que la Russie soit « tenue responsable » pour ses « crimes de guerre » perpétrés selon lui en Ukraine depuis son invasion le 24 février. 

Pour cela, a-t-il ajouté, il faut que la Russie soit exclue du Conseil de sécurité, dont elle est un des cinq membres permanents avec droit de veto, ou que le système onusien soit réformé pour que « le droit de veto ne signifie pas le droit de mourir ». 

Le président ukrainien a ensuite fait diffuser devant le Conseil de sécurité une vidéo présentant des images très crues de personnes tuées en Ukraine. 

Plusieurs corps ou parties de corps figuraient sur ces images, sur un fond sonore accentuant la dramatisation de la vidéo.  

Les gens « ont été tués dans leur appartement, leur maison... des civils ont été écrasés par des chars tandis qu'ils étaient assis dans leur voiture au milieu de la route », a décrit M. Zelensky. « Ils ont coupé des membres, tranché la gorge, violé et tué des femmes devant leurs enfants ».

En s'exprimant plus tard devant les parlementaires espagnols, il a comparé l'assaut des Russes au bombardement nazi de la ville de Guernica en 1937.

Le ministre ukrainien de l'Intérieur Denys Monastyrsky s'est rendu à Boutcha, affirmant ensuite à la presse que "des dizaines de cadavres" restent dans des logements et des forêts alentours.

« Ce que nous avons vu à Boutcha n'est pas l'acte isolé d'une unité dévoyée. C'est une campagne délibérée pour tuer, torturer, violer, commettre des atrocités », avait déclaré plus tôt dans la journée le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken. 

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est adressé directement aux Russes mardi, leur disant dans une vidéo qu'ils méritent de connaître « la vérité » sur les atrocités commises en Ukraine après l'invasion russe, soulignant notamment que les exactions imputées aux Russes à Boutcha ont « horrifié le monde ». 

Moscou nie en bloc et accuse les autorités ukrainiennes de préparer des « mises en scène » de civils tués dans plusieurs villes pour faire condamner le Kremlin. 

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a estimé mardi soir que la découverte de cadavres à Boutcha était une « provocation » visant à faire échouer les négociations en cours entre Kiev et Moscou. 

De nouveaux signalements émergent d'Ukraine selon lesquels plusieurs localités ont subi des actes pires que Boutcha.

« Boutcha n'est pas le pire », a confié Oleksiy Arestovitch, un conseiller de la présidence ukrainienne, sur YouTube. « Quiconque s'est rendu à Borodianka dit que c'est encore pire ».

Derniers développements de l'invasion russe de l'Ukraine, avec photos
Derniers développements de l'invasion russe de l'Ukraine, avec photos. (Graphique, AFP)

« Trésor de guerre »  

Après la France et l'Allemagne lundi, l'Italie, l'Espagne et la Slovénie ont à leur tour expulsé mardi en masse des diplomates russes, marquant une nouvelle dégradation des relations avec Moscou après la découverte des dizaines de cadavres près de Kiev. Au total, près de 200 diplomates russes ont été expulsés d'Europe en 48 heures. 

Sur le front des sanctions économiques, qui pleuvent sur Moscou depuis son invasion de l'Ukraine, le Trésor américain a annoncé mardi qu'il n'autorisait plus la Russie à rembourser sa dette avec des dollars détenus dans des banques américaines. 

Les Etats-Unis vont également adopter mercredi, en coordination avec l'Union européenne et le G7, de nouvelles sanctions visant notamment à interdire « tout nouvel investissement » en Russie, selon une source proche du dossier. 

La Grande-Bretagne a elle gelé 350 milliards de dollars de devises étrangères du régime russe, le « trésor de guerre » du président Vladimir Poutine, a déclaré mardi à Varsovie la ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss. 

L'Union européenne a de son côté promis de nouvelles sanctions « cette semaine » contre la Russie. La Commission européenne a proposé que les Vingt-Sept cessent leurs achats de charbon russe, qui représentent 45% des importations de l'UE, et qu'ils ferment leurs ports aux bateaux opérés par des Russes. 

Sur Twitter, le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, a appelé l'Union européenne à imposer à Moscou « la mère de toutes les sanctions » afin d'« empêcher de 'nouveaux Boutchas' ». « Cessez d'acheter du pétrole, du gaz et du charbon à la Russie. Cessez de financer la machine de guerre » de Vladimir Poutine, a-t-il ajouté. 

Vladimir Poutine a répliqué en proposant de « surveiller » les livraisons alimentaires russes vers les pays « hostiles » au Kremlin.  

Washington annonce 100 millions de dollars supplémentaires en aide sécuritaire à l'Ukraine

Les Etats-Unis ont annoncé mardi débloquer une aide sécuritaire supplémentaire à l'Ukraine allant jusqu'à 100 millions de dollars pour faire face à l'invasion russe.

Il s'agit de « répondre à un besoin ukrainien urgent de systèmes antichars Javelin supplémentaires, que les Etats-Unis ont fournis à l'Ukraine et qu'ils ont si efficacement utilisés pour défendre leur pays », a indiqué dans un communiqué le porte-parole du Pentagone, John Kirby.

« Le monde a été choqué et horrifié par les atrocités commises par les forces russes à Boutcha et dans toute l'Ukraine », a dit dans un communiqué distinct le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, en référence à la ville ukrainienne où ont été découverts des dizaines de cadavres après le retrait de troupes russes.

« Les Etats-Unis, aux côtés de nos alliés et partenaires, soutiennent fermement la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine », a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie américaine a affirmé que cette assistance additionnelle portait à 1,7 milliard de dollars l'aide sécuritaire américaine allouée à l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe le 24 février.

« Phase cruciale »  

Sur le théâtre militaire, des explosions ont été entendues mardi soir dans la petite ville de Radekhiv, à 70 kilomètres de Lviv, la grande cité de l'ouest, a annoncé un responsable local, sans donner davantage de précisions dans l'immédiat.

Près de Kiev, des frappes d'artillerie russes ont fait douze morts dans les villages de Velyka Dymerka et de Bogdanivka, a indiqué le bureau du procureur général d'Ukraine sur Telegram.

Situé loin du front, l'ouest de l'Ukraine est rarement visé par des bombardements depuis le début de l'invasion russe.

Après le récent retrait des troupes russes qui assiégeaient Kiev et sa région, le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a estimé que la Russie se renforçait pour « prendre le contrôle de l'ensemble du Donbass », dans l'est de l'Ukraine, et réaliser « un pont terrestre avec la Crimée », annexée par Moscou en 2014. 

« Nous sommes dans une phase cruciale de la guerre », a-t-il averti, disant redouter la découverte « d'autres atrocités » commises par les forces Russes en Ukraine.  

L'armée russe a affirmé mardi soir avoir abattu deux hélicoptères ukrainiens cherchant à évacuer des chefs d'un bataillon nationaliste défendant le port assiégé de Marioupol (sud-est), tout en appelant une nouvelle fois ces défenseurs à déposer les armes. 

Marioupol a « dépassé le stade de la catastrophe humanitaire », avait dans la journée affirmé Vadim Boïtchenko, le maire de ce grand port assiégé par l'armée russe, qualifiant d'« invivable » la situation des quelque 120 000 habitants toujours sur place. 

La ville, qui comptait près d'un demi-million d'habitants avant la guerre, est détruite « à 90% », avait annoncé lundi M. Boïtchenko. 

À Mykolaïv (sud), trois hôpitaux « ont été touchés par des bombardements » dimanche et lundi, a indiqué mardi l'organisation non gouvernementale Médecins sans Frontières (MSF), présente sur place. 

La France a annoncé mardi soir qu'elle allait offrir des moyens financiers et humains pour soutenir les enquêtes sur les massacres imputés aux forces russes en Ukraine, après un entretien entre le président Emmanuel Macron et son homologue Zelensky. 

Pour le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, « tous les signes pointent vers le fait que les victimes [de Boutcha] ont été ciblées délibérément et tuées directement. Et ces preuves sont très inquiétantes ».  

Des images satellite de la ville publiées lundi par la société américaine Maxar Technologies semblent également réfuter les affirmations russes selon lesquelles les cadavres de personnes en vêtements civils trouvés à Boutcha y ont été placés après que les troupes russes avaient évacué les lieux. 

Comparaison de deux images prises les 19 mars et 2 avril montrant des corps de personnes en vêtements civils dans une rue de Boutcha
Comparaison de deux images prises les 19 mars et 2 avril montrant des corps de personnes en vêtements civils dans une rue de Boutcha. (Graphique, AFP)

Catastrophe humanitaire dépassée 

La France a annoncé mardi soir qu'elle allait offrir des moyens financiers et humains pour soutenir les enquêtes sur les massacres imputés aux forces russes en Ukraine, après un entretien entre le président Emmanuel Macron et M. Zelensky.

Pour le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, "tous les signes pointent vers le fait que les victimes (de Boutcha) ont été ciblées délibérément et tuées directement. Et ces preuves sont très inquiétantes".

Des images satellite de la ville publiées lundi par la société américaine Maxar Technologies semblent également réfuter les affirmations russes selon lesquelles les cadavres de personnes en vêtements civils trouvés à Boutcha y ont été placés après que les troupes russes avaient évacué les lieux.

Samedi, l'AFP avait vu à Boutcha les cadavres d'au moins 22 personnes portant des vêtements civils dans des rues de la ville. L'une d'elles était couchée près d'un vélo et une autre avait des sacs à provisions à côté d'elle. Un cadavre avait les mains liées dans le dos. 

Selon le maire de Boutcha, Anatoly Fedorouk, 280 personnes ont dû être enterrées par les Ukrainiens ces derniers jours dans des f « osses communes » à Boutcha. 

Selon le dernier décompte du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) de l'ONU, plus de 4,24 millions de réfugiés ukrainiens ont fui leur pays depuis le 24 février. L'Europe n'a pas connu un tel flot de réfugiés depuis la Deuxième guerre mondiale. 

Au total, la guerre en Ukraine a des conséquences dans 74 pays en développement, touchant 1,2 milliard de personnes « particulièrement vulnérables à la flambée des prix des aliments, de l'énergie et des engrais », a affirmé mardi le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. 

Twitter limite la portée des comptes gouvernementaux russes

Twitter a annoncé mardi de nouvelles mesures contre les comptes gouvernementaux russes pour réduire la circulation de la propagande officielle russe sur le réseau social.

Ces comptes officiels ne seront plus « recommandés » aux utilisateurs de Twitter dans aucune catégorie du site ou de l'application, y compris en cas de recherche, a indiqué la plateforme dans un communiqué mardi.

L'entreprise californienne, comme son voisin Meta (Facebook, Instagram), avait déjà bloqué les comptes des médias russes RT et Sputnik dans l'Union européenne.

Moscou avait répondu en restreignant l'accès à Twitter dans le pays (et en bloquant Facebook et Instagram).

« Nous ne faciliterons pas la diffusion (des messages) des comptes gouvernementaux d'Etats qui limitent l'accès libre à l'information et sont impliqués dans des conflits armés entre Etats – que Twitter soit bloqué dans ce pays ou pas », justifie le groupe.

« Quand un gouvernement bloque ou limite l'accès à des services numériques (...) mais continue à utiliser ces services pour sa propre communication, cela crée un grave déséquilibre », continue Twitter.


Israël: l'épouse de Netanyahu s'en prend à un opposant, relayant une théorie du complot

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
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  • Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari
  • M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré

JERUSALEM: Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées.

Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.

M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers".

"La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison" propagée selon lui par l'entourage de M. Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique.

Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023.

L'attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas avait également enlevé 251 personnes, emmenées à Gaza.

L'offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.


Le secrétaire américain à l'Armée de terre démissionne après des mois de tension

Le secrétaire à l'Armée, Dan Driscoll, arrive pour la cérémonie de remise des diplômes de l'Académie militaire des États-Unis, qui se tient au Michie Stadium de l'Académie militaire des États-Unis, le 23 mai 2026 à West Point, dans l'État de New York. (Photo Adam Gray / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
Le secrétaire à l'Armée, Dan Driscoll, arrive pour la cérémonie de remise des diplômes de l'Académie militaire des États-Unis, qui se tient au Michie Stadium de l'Académie militaire des États-Unis, le 23 mai 2026 à West Point, dans l'État de New York. (Photo Adam Gray / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
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  • Le sénateur démocrate Jack Reed, plus haut responsable d'opposition au sein de la commission des Forces armées, a fait directement porter au chef du Pentagone la responsabilité de la démission de M. Driscoll
  • "Il est grand temps que le président Trump prenne conscience des dommages durables que Pete Hegseth inflige au département de la Défense", a-t-il déclaré

WASHINGTON: Le secrétaire américain à l'Armée de terre Dan Driscoll a remis sa démission, après des mois de tensions avec le ministre de la Défense Pete Hegseth, a confirmé lundi la Maison Blanche à l'AFP.

S'il est accepté, ce départ constituera le dernier bouleversement en date à la tête de l'institution, déjà secouée ces derniers mois par plusieurs mises à l'écart dont celle au printemps de son chef d'état-major, le général Randy George.

Dan Driscoll était le plus haut responsable civil de l'armée de terre depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche début 2025.

Sa démission a été révélée dans un premier temps par le Wall Street Journal en fin de journée lundi, puis reprise par plusieurs médias américains.

"Le secrétaire Driscoll s'est montré extrêmement efficace pour promouvoir le programme du président Trump (...) apportant un leadership remarquable lors d'opérations militaires historiques", a salué la Maison Blanche dans un communiqué.

Elle a jugé l'armée américaine "plus forte que jamais grâce à son travail aux côtés" de Donald Trump et du ministre de la Défense, Pete Hegseth.

Dan Driscoll a notamment été impliqué dans des négociations concernant la guerre en Ukraine, aux côtés des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner.

Il est un ami proche du vice-président JD Vance, dont il a été camarade de promotion à la faculté de droit de la prestigieuse université de Yale.

Ses relations avec Pete Hegseth étaient en revanche notoirement mauvaises, selon les médias américains qui bruissaient de rumeurs sur son départ depuis plusieurs mois.

Le sénateur démocrate Jack Reed, plus haut responsable d'opposition au sein de la commission des Forces armées, a fait directement porter au chef du Pentagone la responsabilité de la démission de M. Driscoll.

"Il est grand temps que le président Trump prenne conscience des dommages durables que Pete Hegseth inflige au département de la Défense", a-t-il déclaré.

Ancien militaire ayant servi en Irak, Dan Driscoll s’est présenté sans succès au Congrès en 2020. Il a ensuite été conseiller dans l'équipe de campagne pour la réélection de Donald Trump en 2024.

Sa démission intervient cinq mois après l'éviction du chef d’état-major de l’Armée de terre, le général Randy George, limogé début avril.

Elle menace de facto de laisser l'armée de terre américaine sans direction civile ni militaire permanente.

Depuis l'éviction du général George, le poste de chef d'état-major de l'armée de terre est occupé par son ancien bras droit, le général Christopher LaNeve, vétéran des guerres d'Irak et d'Afghanistan désigné par Pete Hegseth pour assurer l'intérim.


Trump menace de bombarder «fort» l'Iran après de premiers échanges de frappes en un mois

Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse. (AFP)
Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse. (AFP)
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  • "Il y aura une réponse" et "nous allons les frapper fort", a averti le président américain, selon des propos retranscrits par la chaîne Fox News
  • Un peu plus tôt, son homologue iranien avait estimé que la poursuite de la guerre n'était "ni dans l'intérêt (de Téhéran) ni dans celui de la région", disant continuer à "oeuvrer pour parvenir à un accord"

WASHINGTON: Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse.

Pour la première fois depuis fin juillet, les forces américaines ont annoncé des bombardements contre "deux lanceurs iraniens (de roquettes) sur l'île de Larak", située dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Alors que le conflit est entré dans son septième mois et que les négociations sont au point mort, ce regain des hostilités a semé l'inquiétude sur les marchés: les cours du pétrole sont repartis en hausse, le baril de Brent, référence internationale, dépassant le seuil symbolique des 90 dollars.

"Il y aura une réponse" et "nous allons les frapper fort", a averti le président américain, selon des propos retranscrits par la chaîne Fox News.

Un peu plus tôt, son homologue iranien avait estimé que la poursuite de la guerre n'était "ni dans l'intérêt (de Téhéran) ni dans celui de la région", disant continuer à "oeuvrer pour parvenir à un accord".

En déplacement au Kirghizstan pour participer à un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), il a rencontré le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif dont le pays joue le rôle de médiateur. Sont également attendus à ce rendez-vous les présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine.

"Escalade dangereuse" 

Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), l'attaque contre Larak a été lancée après que les Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de l'Iran, ont été "observés en train de se préparer à lancer des roquettes chargées de mines marines" à Ormuz.

Les médias iraniens ont fait état de trois morts et sept blessés dans ces frappes.

Visée par les représailles iraniennes, la Jordanie a dit avoir abattu huit missiles ayant pénétré son espace aérien. Les Emirats ont eux détecté un drone au-dessus de ses eaux territoriales, dénonçant "une escalade dangereuse".

Mais les forces armées iraniennes ont mis en garde leurs voisins régionaux contre une "riposte bien plus forte" si toute nouvelle "agression" de Washington était lancée depuis leur territoire.

Les Gardiens ont par ailleurs affirmé avoir abattu deux drones américains au-dessus du détroit d'Ormuz.

Un tanker a également été touché par trois "projectiles inconnus" alors qu'il franchissait le détroit dans le sens de la sortie, a affirmé lundi dans la soirée l'agence maritime britannique, UKMTO.

Ces dernières semaines avaient été marquées par une accalmie dans la région, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans le secteur du détroit d'Ormuz.

Ce passage maritime par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux est au coeur du conflit, Téhéran verrouillant son passage quasi en continu depuis le début de la guerre, déclenchée par une attaque israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

"Protéger la circulation" 

En réponse, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens et se disent prêts "à protéger la libre circulation des échanges commerciaux", le Centcom affirmant avoir "achevé le déminage des voies de navigation internationales".

Mais lundi, la marine des Gardiens de la Révolution a affirmé qu'un "superpétrolier voyou" avait heurté deux mines navales lors d'une tentative "illégale" de franchir le détroit, ce que le Centcom a nié, dénonçant de la "désinformation".

Les négociations pour mettre fin au conflit sont dans l'impasse, alors qu'un protocole d'accord conclu mi-juin a volé en éclats le mois d'après.

Pour le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, "la solution est claire et simple: les Etats-Unis doivent respecter leurs engagements et s'en tenir" à ce qui a été signé. "Tout rentrera alors dans l'ordre".

Face à ce conflit impopulaire et à l'approche des élections de mi-mandat, l'administration Trump mise sur la "guerre économique" contre l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales.

"On va continuer à faire pression" sur Téhéran, a insisté lundi le ministre des Finances, Scott Bessent, à l'occasion d'une série de réunions aux Etats-Unis avec ses homologues des pays du G20.