Zelensky appelle l'ONU à agir immédiatement face aux «crimes de guerre russes»

Volodymyr Zelensky appelle à ce que la Russie soit exclue du Conseil de sécurité de l'ONU et à une réforme du système des Nations unies. (Photo, AFP)
Volodymyr Zelensky appelle à ce que la Russie soit exclue du Conseil de sécurité de l'ONU et à une réforme du système des Nations unies. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 06 avril 2022

Zelensky appelle l'ONU à agir immédiatement face aux «crimes de guerre russes»

Volodymyr Zelensky appelle à ce que la Russie soit exclue du Conseil de sécurité de l'ONU et à une réforme du système des Nations unies. (Photo, AFP)
  • Le Trésor américain a annoncé mardi qu'il n'autorisait plus Moscou à rembourser sa dette avec des dollars détenus dans des banques américaines
  • «Nous travaillons ensemble, la France et l'Allemagne, à la définition de ce que pourrait être ce nouveau paquet (de sanctions) qui devra intégrer le pétrole et le charbon» russes, a déclaré a Berlin le ministre des Affaires étrangères français Jean-Luc

NATIONS UNIES/ KRAMATORSK : Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté mardi l'ONU à agir « immédiatement » contre la Russie au regard de ses « crimes de guerre » commis selon lui en Ukraine, réclamant notamment son exclusion du Conseil de sécurité, alors que Moscou rejette toute accusation d'exactions. 

Après l'onde de choc provoquée par la découverte le week-end dernier de nombreux cadavres à Boutcha, près de Kiev, où l'Ukraine accuse les Russes de massacres, l'Union européenne et Washington ont intensifié leur pression économique et diplomatique contre la Russie dans l'espoir de lui faire lâcher prise. 

« Maintenant nous avons besoin de décisions du Conseil de sécurité pour la paix en Ukraine », a déclaré M. Zelensky dans un discours solennel par vidéo retransmis en direct dans la salle de l'institution à New York. 

Il a demandé à l'ONU que la Russie soit « tenue responsable » pour ses « crimes de guerre » perpétrés selon lui en Ukraine depuis son invasion le 24 février. 

Pour cela, a-t-il ajouté, il faut que la Russie soit exclue du Conseil de sécurité, dont elle est un des cinq membres permanents avec droit de veto, ou que le système onusien soit réformé pour que « le droit de veto ne signifie pas le droit de mourir ». 

Le président ukrainien a ensuite fait diffuser devant le Conseil de sécurité une vidéo présentant des images très crues de personnes tuées en Ukraine. 

Plusieurs corps ou parties de corps figuraient sur ces images, sur un fond sonore accentuant la dramatisation de la vidéo.  

Les gens « ont été tués dans leur appartement, leur maison... des civils ont été écrasés par des chars tandis qu'ils étaient assis dans leur voiture au milieu de la route », a décrit M. Zelensky. « Ils ont coupé des membres, tranché la gorge, violé et tué des femmes devant leurs enfants ».

En s'exprimant plus tard devant les parlementaires espagnols, il a comparé l'assaut des Russes au bombardement nazi de la ville de Guernica en 1937.

Le ministre ukrainien de l'Intérieur Denys Monastyrsky s'est rendu à Boutcha, affirmant ensuite à la presse que "des dizaines de cadavres" restent dans des logements et des forêts alentours.

« Ce que nous avons vu à Boutcha n'est pas l'acte isolé d'une unité dévoyée. C'est une campagne délibérée pour tuer, torturer, violer, commettre des atrocités », avait déclaré plus tôt dans la journée le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken. 

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est adressé directement aux Russes mardi, leur disant dans une vidéo qu'ils méritent de connaître « la vérité » sur les atrocités commises en Ukraine après l'invasion russe, soulignant notamment que les exactions imputées aux Russes à Boutcha ont « horrifié le monde ». 

Moscou nie en bloc et accuse les autorités ukrainiennes de préparer des « mises en scène » de civils tués dans plusieurs villes pour faire condamner le Kremlin. 

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a estimé mardi soir que la découverte de cadavres à Boutcha était une « provocation » visant à faire échouer les négociations en cours entre Kiev et Moscou. 

De nouveaux signalements émergent d'Ukraine selon lesquels plusieurs localités ont subi des actes pires que Boutcha.

« Boutcha n'est pas le pire », a confié Oleksiy Arestovitch, un conseiller de la présidence ukrainienne, sur YouTube. « Quiconque s'est rendu à Borodianka dit que c'est encore pire ».

Derniers développements de l'invasion russe de l'Ukraine, avec photos
Derniers développements de l'invasion russe de l'Ukraine, avec photos. (Graphique, AFP)

« Trésor de guerre »  

Après la France et l'Allemagne lundi, l'Italie, l'Espagne et la Slovénie ont à leur tour expulsé mardi en masse des diplomates russes, marquant une nouvelle dégradation des relations avec Moscou après la découverte des dizaines de cadavres près de Kiev. Au total, près de 200 diplomates russes ont été expulsés d'Europe en 48 heures. 

Sur le front des sanctions économiques, qui pleuvent sur Moscou depuis son invasion de l'Ukraine, le Trésor américain a annoncé mardi qu'il n'autorisait plus la Russie à rembourser sa dette avec des dollars détenus dans des banques américaines. 

Les Etats-Unis vont également adopter mercredi, en coordination avec l'Union européenne et le G7, de nouvelles sanctions visant notamment à interdire « tout nouvel investissement » en Russie, selon une source proche du dossier. 

La Grande-Bretagne a elle gelé 350 milliards de dollars de devises étrangères du régime russe, le « trésor de guerre » du président Vladimir Poutine, a déclaré mardi à Varsovie la ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss. 

L'Union européenne a de son côté promis de nouvelles sanctions « cette semaine » contre la Russie. La Commission européenne a proposé que les Vingt-Sept cessent leurs achats de charbon russe, qui représentent 45% des importations de l'UE, et qu'ils ferment leurs ports aux bateaux opérés par des Russes. 

Sur Twitter, le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, a appelé l'Union européenne à imposer à Moscou « la mère de toutes les sanctions » afin d'« empêcher de 'nouveaux Boutchas' ». « Cessez d'acheter du pétrole, du gaz et du charbon à la Russie. Cessez de financer la machine de guerre » de Vladimir Poutine, a-t-il ajouté. 

Vladimir Poutine a répliqué en proposant de « surveiller » les livraisons alimentaires russes vers les pays « hostiles » au Kremlin.  

Washington annonce 100 millions de dollars supplémentaires en aide sécuritaire à l'Ukraine

Les Etats-Unis ont annoncé mardi débloquer une aide sécuritaire supplémentaire à l'Ukraine allant jusqu'à 100 millions de dollars pour faire face à l'invasion russe.

Il s'agit de « répondre à un besoin ukrainien urgent de systèmes antichars Javelin supplémentaires, que les Etats-Unis ont fournis à l'Ukraine et qu'ils ont si efficacement utilisés pour défendre leur pays », a indiqué dans un communiqué le porte-parole du Pentagone, John Kirby.

« Le monde a été choqué et horrifié par les atrocités commises par les forces russes à Boutcha et dans toute l'Ukraine », a dit dans un communiqué distinct le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, en référence à la ville ukrainienne où ont été découverts des dizaines de cadavres après le retrait de troupes russes.

« Les Etats-Unis, aux côtés de nos alliés et partenaires, soutiennent fermement la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine », a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie américaine a affirmé que cette assistance additionnelle portait à 1,7 milliard de dollars l'aide sécuritaire américaine allouée à l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe le 24 février.

« Phase cruciale »  

Sur le théâtre militaire, des explosions ont été entendues mardi soir dans la petite ville de Radekhiv, à 70 kilomètres de Lviv, la grande cité de l'ouest, a annoncé un responsable local, sans donner davantage de précisions dans l'immédiat.

Près de Kiev, des frappes d'artillerie russes ont fait douze morts dans les villages de Velyka Dymerka et de Bogdanivka, a indiqué le bureau du procureur général d'Ukraine sur Telegram.

Situé loin du front, l'ouest de l'Ukraine est rarement visé par des bombardements depuis le début de l'invasion russe.

Après le récent retrait des troupes russes qui assiégeaient Kiev et sa région, le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a estimé que la Russie se renforçait pour « prendre le contrôle de l'ensemble du Donbass », dans l'est de l'Ukraine, et réaliser « un pont terrestre avec la Crimée », annexée par Moscou en 2014. 

« Nous sommes dans une phase cruciale de la guerre », a-t-il averti, disant redouter la découverte « d'autres atrocités » commises par les forces Russes en Ukraine.  

L'armée russe a affirmé mardi soir avoir abattu deux hélicoptères ukrainiens cherchant à évacuer des chefs d'un bataillon nationaliste défendant le port assiégé de Marioupol (sud-est), tout en appelant une nouvelle fois ces défenseurs à déposer les armes. 

Marioupol a « dépassé le stade de la catastrophe humanitaire », avait dans la journée affirmé Vadim Boïtchenko, le maire de ce grand port assiégé par l'armée russe, qualifiant d'« invivable » la situation des quelque 120 000 habitants toujours sur place. 

La ville, qui comptait près d'un demi-million d'habitants avant la guerre, est détruite « à 90% », avait annoncé lundi M. Boïtchenko. 

À Mykolaïv (sud), trois hôpitaux « ont été touchés par des bombardements » dimanche et lundi, a indiqué mardi l'organisation non gouvernementale Médecins sans Frontières (MSF), présente sur place. 

La France a annoncé mardi soir qu'elle allait offrir des moyens financiers et humains pour soutenir les enquêtes sur les massacres imputés aux forces russes en Ukraine, après un entretien entre le président Emmanuel Macron et son homologue Zelensky. 

Pour le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, « tous les signes pointent vers le fait que les victimes [de Boutcha] ont été ciblées délibérément et tuées directement. Et ces preuves sont très inquiétantes ».  

Des images satellite de la ville publiées lundi par la société américaine Maxar Technologies semblent également réfuter les affirmations russes selon lesquelles les cadavres de personnes en vêtements civils trouvés à Boutcha y ont été placés après que les troupes russes avaient évacué les lieux. 

Comparaison de deux images prises les 19 mars et 2 avril montrant des corps de personnes en vêtements civils dans une rue de Boutcha
Comparaison de deux images prises les 19 mars et 2 avril montrant des corps de personnes en vêtements civils dans une rue de Boutcha. (Graphique, AFP)

Catastrophe humanitaire dépassée 

La France a annoncé mardi soir qu'elle allait offrir des moyens financiers et humains pour soutenir les enquêtes sur les massacres imputés aux forces russes en Ukraine, après un entretien entre le président Emmanuel Macron et M. Zelensky.

Pour le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, "tous les signes pointent vers le fait que les victimes (de Boutcha) ont été ciblées délibérément et tuées directement. Et ces preuves sont très inquiétantes".

Des images satellite de la ville publiées lundi par la société américaine Maxar Technologies semblent également réfuter les affirmations russes selon lesquelles les cadavres de personnes en vêtements civils trouvés à Boutcha y ont été placés après que les troupes russes avaient évacué les lieux.

Samedi, l'AFP avait vu à Boutcha les cadavres d'au moins 22 personnes portant des vêtements civils dans des rues de la ville. L'une d'elles était couchée près d'un vélo et une autre avait des sacs à provisions à côté d'elle. Un cadavre avait les mains liées dans le dos. 

Selon le maire de Boutcha, Anatoly Fedorouk, 280 personnes ont dû être enterrées par les Ukrainiens ces derniers jours dans des f « osses communes » à Boutcha. 

Selon le dernier décompte du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) de l'ONU, plus de 4,24 millions de réfugiés ukrainiens ont fui leur pays depuis le 24 février. L'Europe n'a pas connu un tel flot de réfugiés depuis la Deuxième guerre mondiale. 

Au total, la guerre en Ukraine a des conséquences dans 74 pays en développement, touchant 1,2 milliard de personnes « particulièrement vulnérables à la flambée des prix des aliments, de l'énergie et des engrais », a affirmé mardi le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. 

Twitter limite la portée des comptes gouvernementaux russes

Twitter a annoncé mardi de nouvelles mesures contre les comptes gouvernementaux russes pour réduire la circulation de la propagande officielle russe sur le réseau social.

Ces comptes officiels ne seront plus « recommandés » aux utilisateurs de Twitter dans aucune catégorie du site ou de l'application, y compris en cas de recherche, a indiqué la plateforme dans un communiqué mardi.

L'entreprise californienne, comme son voisin Meta (Facebook, Instagram), avait déjà bloqué les comptes des médias russes RT et Sputnik dans l'Union européenne.

Moscou avait répondu en restreignant l'accès à Twitter dans le pays (et en bloquant Facebook et Instagram).

« Nous ne faciliterons pas la diffusion (des messages) des comptes gouvernementaux d'Etats qui limitent l'accès libre à l'information et sont impliqués dans des conflits armés entre Etats – que Twitter soit bloqué dans ce pays ou pas », justifie le groupe.

« Quand un gouvernement bloque ou limite l'accès à des services numériques (...) mais continue à utiliser ces services pour sa propre communication, cela crée un grave déséquilibre », continue Twitter.


Le G7 «uni» pour faire monter la pression sur la Russie et revenir à la stabilité au Moyen-Orient

Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine.  Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington. (AFP)
Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine. Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington. (AFP)
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  • Donald Trump, qui était totalement absorbé par le conflit en Iran ces dernières semaines, a aussi promis de "tout faire" pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine
  • Les négociations de paix sous médiation américaine sont totalement enlisées depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février

EVIAN: Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine.

Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington.

L'annonce la plus attendue est venue du président américain, qui a dit vouloir rétablir certaines sanctions pesant sur le pétrole russe, un temps suspendues pour contrer la flambée des cours du brut occasionnée par le conflit contre l'Iran.

"Nous serons bientôt en mesure" de les réintroduire, a-t-il assuré, alors que le trafic dans le détroit, par lequel transite un cinquième des exportations mondiales d'hydrocarbures, reprend timidement. Ces exportations constituent la principale source de financement de l'effort de guerre russe depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022.

Donald Trump, qui était totalement absorbé par le conflit en Iran ces dernières semaines, a aussi promis de "tout faire" pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine.

Les négociations de paix sous médiation américaine sont totalement enlisées depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février.

Autant de déclarations accueillies avec soulagement par ses pairs, alors que le président américain  s'est souvent montré plus à l'écoute du Russe Vladimir Poutine que de l'Ukrainien Volodymyr Zelensky, qu'il avait accueilli avec une rudesse sans pareille en février 2025 dans le Bureau Ovale.

Zelensky félicité 

Les dirigeants du G7 sont "unis", "ils font le constat qu'il y a une dynamique sur le terrain" en faveur de l'Ukraine et sont d'accord pour "augmenter la pression" sur la Russie et livrer plus de moyens de défense antiaérienne à Kiev, avait esquissé auparavant une source diplomatique française.

Signe de sa bonne disposition, Donald Trump a aussi rencontré une vingtaine de minutes en aparté le président ukrainien et devait le revoir dans l'après-midi. Leur dernière rencontre remontait au 28 décembre aux Etats-Unis.

Le président américain l'a félicité pour la "performance" de l'armée ukrainienne sur le terrain et il a reconnu que la "dynamique" était ukrainienne, selon un participant.

"C'est formidable que tout le monde comprenne que la Russie ne va pas gagner et que nous devons faire pression sur Poutine pour qu'il mette un terme à cette guerre", s'est félicité le président ukrainien, qu'Emmanuel Macron a invité à rester jusqu'à la fin du sommet mercredi.

Multipliant les marques d'attention, le président français est allé à sa rencontre à son arrivée à l'hôtel Royal, sur les bords du Lac Léman, où se tenait cette année la grand-messe de ce club de grandes puissances industrialisées.

"Déminage" 

Le président américain, lui, aura les honneurs du château de Versailles mercredi pour un dîner. "Et Versailles, c'est pas du plaqué or, c'est du lourd", s'est-il réjoui.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé que le Royaume-Uni allait fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie.

Le chef du gouvernement canadien a fait de même avec des sanctions visant la flotte fantôme de pétroliers au service de la Russie, ses revenus énergétiques, son industrie de défense et les acteurs de la désinformation.

Et Friedrich Merz a offert un maillot de football allemand floqué à son nom au président américain, deux jours après son anniversaire.

Les dirigeants du G7 et leurs homologues d'Egypte, du Qatar et des Emirats arabes unis se sont ensuite félicités lors d'un déjeuner de l'accord irano-américain, un "très beau deal" selon une source diplomatique.

Ils ont insisté sur la "nécessité d'avoir de la visibilité sur la menace iranienne", de diversifier les routes d'approvisionnement en hydrocarbures pour réduire la dépendance au détroit d'Ormuz, cartes à l'appui, et d'un "effort multinational pour soutenir l'armée libanaise".

Les Etats-Unis nous "demandent de mettre des capacités de déminage" à disposition dans le détroit d'Ormuz, a indiqué une source européenne, précisant que des bateaux français et allemands étaient notamment mobilisés à cette fin.

Donald Trump s'était pourtant montré assez peu intéressé la veille par la mission maritime internationale mise en place par Paris et Londres pour garantir le retour à la liberté de circulation dans la région, une fois la paix revenue.

Mercredi, au dernier jour du sommet, le G7 recevra plusieurs "leaders de la tech mondiale" pour un déjeuner où il sera question de régulation, ou encore d'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ou 16 ans. Des débats qui s'annoncent tendus avec Donald Trump.


L'accord Iran-USA doit être signé vendredi dans un complexe hôtelier suisse proche de Lucerne, annonce Berne

Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par le président américain Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf. (AFP et AP)
Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par le président américain Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf. (AFP et AP)
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  • "A ce stade, cette signature est prévue le vendredi 19 juin au Bürgenstock", a indiqué le ministère, ajoutant que ce site, difficilement accessible et donc aisément sécurisable, "a été proposé par les médiateurs pakistanais et qatariens
  • Pour l'instant, "il n'est pas encore possible de fournir des informations sur le déroulement et les détails de la signature prévue", a précisé le ministère

GENEVE: L'accord noué entre les Etats-Unis et l'Iran doit être signé vendredi en Suisse dans un luxueux complexe hôtelier surplombant le lac des Quatre cantons près de Lucerne, a indiqué mardi le ministère suisse des Affaires étrangères.

"A ce stade, cette signature est prévue le vendredi 19 juin au Bürgenstock", a indiqué le ministère, ajoutant que ce site, difficilement accessible et donc aisément sécurisable, "a été proposé par les médiateurs pakistanais et qatariens, ainsi que par les Etats-Unis et l'Iran".

Pour l'instant, "il n'est pas encore possible de fournir des informations sur le déroulement et les détails de la signature prévue", a précisé le ministère.

Situé dans le petit canton de Nidwald, dans le centre de la Suisse, le complexe hôtelier du Bürgenstock est établi sur une crête montagneuse surplombant Lucerne et le lac des Quatre cantons. Il avait déjà abrité en juin 2024 une conférence de haut niveau sur la paix en Ukraine, à laquelle avait participé le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par le président américain Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf.

D'après Téhéran, ces deux derniers devraient mener les délégations de leurs pays pour cette signature en Suisse.

Le texte de l'accord n'a pas été rendu public, laissant planer des doutes sur des points de divergence entre les deux parties après de laborieuses négociations pour mettre fin au conflit.

Le document fait environ "une page et demie" et est "très général", a révélé sur CNN JD Vance - qui avait plus tôt évoqué la possible présence à la cérémonie de Donald Trump, actuellement au sommet du G7 du côté français du lac Léman, à Evian.


Le détroit d'Ormuz «complètement ouvert» vendredi, annonce Trump après l'accord avec l'Iran

Donald Trump a affirmé que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Donald Trump a affirmé que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Des médias iraniens ont annoncé dans la soirée que trois pétroliers et deux cargos transportant des marchandises avaient traversé la zone jusque-là soumise au blocus naval américain
  • "Des navires, dont certains chargés de pétrole, commencent à sortir du détroit", s'est réjoui lundi le président américain sur son réseau Truth Social. "Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!"

TEHERAN: Donald Trump a affirmé que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

"Des navires, dont certains chargés de pétrole, commencent à sortir du détroit", s'est réjoui lundi le président américain sur son réseau Truth Social. "Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!"

Des médias iraniens ont annoncé dans la soirée que trois pétroliers et deux cargos transportant des marchandises avaient traversé la zone jusque-là soumise au blocus naval américain.

Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par Donald Trump, son vice-président JD Vance, et le président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le texte n'a pas été rendu public, laissant planer des doutes sur des points de divergence entre les deux parties après de laborieuses négociations.

Ce document "apportera la paix dans la région", a promis lundi Donald Trump. Il a laissé entendre que le texte pourrait être publié vendredi, après sa signature à Genève, qui marquera l'ouverture d'une période de soixante jours pour conclure un accord final.

"Nous avons un passif d'engagements non tenus, non appliqués, abandonnés, tout cela est présent dans notre esprit", dans le processus de négociation et de mise en place de l'accord, a déclaré, plus circonspect, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"En même temps, nous faisons tout ce qui est possible pour créer à travers ce processus des opportunités économiques pour notre pays", a-t-il ajouté.

Fin "définitive" de la guerre 

Les premières informations sur le contenu de l'accord sont principalement venues d'Iran. Selon sa diplomatie, il prévoit "la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban".

Dans le très stratégique détroit d'Ormuz, l'Iran devrait facturer des frais liés aux services aux navires, plutôt qu'instaurer un péage dont les Etats-Unis ne voulaient pas, selon la même source.

"Nous nous attendons à ce que le détroit soit rouvert sans péage à long terme", a dit le vice-président américain JD Vance à CNBC lundi.

La diplomatie iranienne a aussi assuré que "la partie américaine s'était engagée" à débloquer des fonds iraniens gelés à l'étranger et à verser des réparations pour les dégâts provoqués par la guerre.

"Ils ne recevront jamais le moindre dollar du contribuable américain. Jamais", a toutefois insisté JD Vance sur Fox News.

Aucun avoir sous sanction américaine n'a été débloqué pour l'instant, selon un haut responsable américain.

Les Etats-Unis doivent également garantir qu'Israël mette fin à la guerre au Liban, a affirmé le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï.

Les affrontements entre Israël et le Hezbollah pro-iranien au Liban semblaient avoir cessé, mais une frappe israélienne a tué une personne dans le sud lundi à la mi-journée. Puis le Hezbollah a annoncé y avoir "repoussé", au moyen de roquettes et de drones, une force israélienne qui tentait d'avancer.

L'armée israélienne restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire", comme en Syrie et à Gaza, a déclaré lundi soir le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Alors que l'accord irano-américain est largement perçu comme un échec pour Israël par la société et une grande partie de la classe politique, le Premier ministre israélien a affirmé que la guerre avait sauvé son pays de la menace d'une "destruction nucléaire".

Et annoncé qu'il comptait se présenter aux élections législatives d'ici la fin de l'année, malgré les critiques et son procès pour corruption. Âgé de 76 ans, il a gouverné le pays plus longtemps qu'aucun autre Premier ministre: plus de 18 années cumulées depuis 1996.

Négociations sur l'uranium iranien 

L'annonce d'un accord pour mettre fin à la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes et qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, a fait chuter les prix du pétrole de près de 5% lundi. Ils se stabilisent mardi.

Les habitants de la région semblaient eux mitigés. "Le peuple iranien n'a rien gagné avec cet accord", réagit Arya, 38 ans, professeur d'anglais à Téhéran. "Les gens ne vont pas revenir à leur vie d'avant."

Au Liban, certains déplacés envisageaient timidement un retour vers le sud dans des zones non occupées par Israël. "Même s'il ne reste que des ruines, nous y planterons une tente et nous y resterons", assure Hana al-Jamma.

Les 60 jours de négociations qui doivent s'ouvrir porteront sur quatre sujets, selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères: la levée des sanctions contre l'Iran, le nucléaire, la "reconstruction" et "le développement économique" du pays, ainsi que "la mise en place d'un mécanisme de suivi" des engagements pris.

L'Iran cherchera "à ce que l'accord final soit soutenu par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies", a précisé sa diplomatie.

Dans des déclarations au New York Times, Donald Trump a indiqué qu'un volet des négociations concernerait l'acceptation par l'Iran d'un moratoire de vingt ans sur l'enrichissement d'uranium, laissant entendre qu'il pourrait transiger sur quinze ans.

En vertu du protocole d'accord, des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) seront par ailleurs autorisés à se rendre en Iran pour aider Téhéran à "détruire son stock d'uranium hautement enrichi", a annoncé JD Vance sur NBC News.