À son procès pour «terrorisme» à Paris, la «longue histoire» de l'imam Bassam Ayachi

«Je ne suis pas responsable de tous les criminels du monde!» En survêtement gris, baskets bleues et large parka verte, Bassam Ayachi (à gauche), 75 ans, se tient à la barre du tribunal de Paris (Photo,AFP).
«Je ne suis pas responsable de tous les criminels du monde!» En survêtement gris, baskets bleues et large parka verte, Bassam Ayachi (à gauche), 75 ans, se tient à la barre du tribunal de Paris (Photo,AFP).
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Publié le Jeudi 07 avril 2022

À son procès pour «terrorisme» à Paris, la «longue histoire» de l'imam Bassam Ayachi

  • Né en 1946 à Alep, Bassam Ayachi part en France en 1968 pour fuir la «dictature d'Assad»
  • Syrie, France, Belgique, Italie, le tribunal a retracé mercredi la vie de l'imam Bassam Ayachi

PARIS : Syrie, France, Belgique, Italie, le tribunal a retracé mercredi la vie de l'imam Bassam Ayachi, dans le viseur des autorités de plusieurs pays au fil des décennies mais dont le casier reste vierge de toute condamnation pour terrorisme.

"Je ne suis pas responsable de tous les criminels du monde!" En survêtement gris, baskets bleues et large parka verte, Bassam Ayachi, 75 ans, se tient à la barre du tribunal de Paris, où il comparaît pour association de malfaiteurs terroriste.

Il est jugé pour ses activités entre 2014 et 2018 dans la Syrie en guerre, où il est soupçonné d'avoir appartenu au groupe islamo-nationaliste Ahrar al-Sahm et d'avoir "pactisé" avec al-Nosra, filiale d'Al-Qaïda.

Né en 1946 à Alep, Bassam Ayachi part en France en 1968 - pour fuir la "dictature d'Assad" et sur les conseils de son père, "policier" sous le protectorat français en Syrie, dit-il.

Il étudie les "sciences politiques, puis l'architecture" et se marie avec une Française avec qui il part en Libye..

De retour en France au début des années 1980, il ouvre un restaurant à Aix-en-Provence, le "Café oriental", gère une mosquée, avant de partir en Belgique en 1990 pour fuir un contentieux fiscal.

Selon la police belge, il cofonde alors le Centre islamique belge (CIB) à Molenbeek et, se fait remarquer par "la virulence de ses discours", ses "positions anti-occidentales, favorables au groupe islamique armé (GIA) en Algérie par exemple".

Lui se présente comme un simple "enseignant", affirme: "C’est une fausse appréciation parce que la police à cette époque n’a pas de spécialiste du monde arabe musulman". "Être contre l'Occident ? Jamais de la vie!" assure-t-il d'une voix forte.

La présidente poursuit: en 1999, il bénit le mariage entre Abdessatar Dahmane, qui deviendra deux ans plus tard l'un des assassins du commandant afghan Massoud, et Malika El-Aroud, surnommée la "veuve noire du jihad".

"Le centre était ouvert 24/24" pour ceux qui voulaient "manger, ne pas dormir dans la rue", déclare-t-il. "Peut-être ils sont extrémistes et terroristes, mais pas à l’époque où ils étaient en Belgique", jure-t-il.

En 2004, un texte attribué à Bassam Ayachi est publié sur le site du CIB, au moment du débat sur le voile en France, avec des menaces envers le ministre de l'Intérieur d'alors, Nicolas Sarkozy.

Les «salopards» d'Al-Qaïda

"Je n’ai jamais menacé", répond le prévenu, assurant ne pas être l'auteur de ce texte.

La présidente cite d'autres noms auxquels il est associé, il balaye: "ça ne me dit rien du tout". Celui d'Oussama Atar, futur coordonnateur présumé des attentats du 13-Novembre? 

"Il était ami avec mon fils, il venait voir mon fils à 10 ans. Je ne suis pas responsable de lui quand il devient, à 30 ans, un grand criminel!", répond le prévenu à la longue barbe blanche.

En novembre 2008, Bassam Ayachi est arrêté en Italie avec des sans-papiers dans son camping-car. La justice italienne lui reproche ensuite de projeter des attentats en lien avec Al-Qaïda, notamment contre l'aéroport de Roissy: il est condamné, puis blanchi après plus de 3 ans de prison.

Sur ce sujet, il évoque à la barre une confusion venant d'une conversation enregistrée dans sa cellule, alors qu'il regardait un match de foot en hurlant: "frappe" et "goal" - comme "Charles de Gaulle".

Son fils, Abdelrahman, a été condamné en son absence à Bruxelles pour avoir participé à une filière pour l'Irak et l'Afghanistan, notamment pour avoir diffusé de la propagande qaïdiste. 

L'imam affirme n'avoir "ni lu, ni vu" ces publications, assure que son fils était "contre Ben Laden et contre l'attentat du 11-Septembre".

"Je n’ai jamais été favorable à Al-Qaïda, tous ceux qui ont détruit les Arabes et les musulmans, c'est Al-Qaïda", s'emporte-t-il plus tard, parlant des "salopards qui ont commis l'attentat aux Etats-unis d’Amérique", du "connard qui poignarde des gens en France".

Revenant à sa biographie, la présidente mentionne qu'il est père de 12 enfants et qu'il a été marié à six femmes, parfois en même temps - lui parle de "concubines".

Après la mort de son fils Abdelrahman en Syrie, il part à Idleb en 2013. Opposé au groupe EI, il affirme avoir travaillé à partir de là, "par conviction", avec les renseignements belge et français.

Fin du procès vendredi.


L’ambassadeur Al Ruwaily, en fin de mission à Paris : les relations franco-saoudiennes continueront de se renforcer

Alruwaily et son épouse Fatima Alruwaily avec l’ancien ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et son épouse. (Photo fournie)
Alruwaily et son épouse Fatima Alruwaily avec l’ancien ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et son épouse. (Photo fournie)
  • Au fil de son intervention, l’ambassadeur a insisté sur la qualité exceptionnelle du partenariat franco-saoudien, qu’il considère comme l’un des plus solides jamais établis entre les deux pays
  • Les visites croisées du prince héritier à Paris et du président Emmanuel Macron à Riyad ont donné une nouvelle impulsion à cette relation, avec la signature d’accords structurants, dont le Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien

PARIS: C’est avec une émotion sincère que l’ambassadeur d’Arabie saoudite en France, Fahd Al Ruwaily, a fait ses adieux à Paris, au terme de plus de cinq années et demie d’une mission qui aura profondément marqué les relations entre les deux pays.

Entouré de responsables français, de diplomates, d’amis et de partenaires de longue date, il a choisi de placer cette soirée sous le signe de la gratitude, de l’amitié et de l’espoir.

arabie saoudite

L’ambassadeur Alruwaily avec le sénateur Olivier Cadic ( à droite) et le directeur Moyen-Orient et Afrique du Nord au Quai d’orsay Romaric Roignan. (Photo fournie)

Dès les premiers mots de son intervention, il a tenu à remercier chaleureusement les nombreux invités venus partager ce moment malgré la chaleur caniculaire. « Votre présence me touche profondément », a-t-il confié avec simplicité, donnant à cette réception un ton chaleureux teinté de nostalgie.

Revenant sur son arrivée en France à la fin de l’année 2020, il a évoqué les circonstances exceptionnelles de sa prise de fonctions, en pleine pandémie de Covid-19.

Paris, alors silencieuse et confinée, n’avait pas encore retrouvé le rayonnement qui fait sa réputation. C’est dans cette résidence, où s’est tenue la réception, qu’il avait présenté, le 30 décembre 2020, la copie de ses lettres de créance, marquant ainsi le début d’une mission diplomatique qui allait rapidement prendre une dimension particulière.

« Il est toujours difficile de quitter Paris », a-t-il reconnu. Étudiant, puis jeune diplomate, quelques jours passés dans la capitale française suffisaient déjà à lui laisser des souvenirs impérissables.

Après plus de cinq années passées en France, les émotions sont naturellement bien plus fortes.

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Le couple Alruwaily avec l’ancien ministre des affaires étrangères Philippe Douste-Blazy et son épouse. (Photo fournie)

Cette période aura coïncidé avec une phase historique pour le Royaume d’Arabie saoudite. Al Ruwaily a rappelé que sa mission s’est inscrite dans la dynamique de la Vision 2030, vaste programme de réformes lancé par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Dix ans après son lancement, ce projet a profondément transformé le Royaume dans les domaines économique, culturel, éducatif, touristique et social, ouvrant de nombreuses perspectives de coopération avec la France.

Au fil de son intervention, l’ambassadeur a insisté sur la qualité exceptionnelle du partenariat franco-saoudien, qu’il considère comme l’un des plus solides jamais établis entre les deux pays.

Les visites croisées du prince héritier à Paris et du président Emmanuel Macron à Riyad ont donné une nouvelle impulsion à cette relation, avec la signature d’accords structurants, dont le Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien et sa feuille de route.

À ses yeux, cette coopération dépasse largement le cadre diplomatique. Elle se nourrit de convergences sur les grands dossiers régionaux et internationaux, mais également d’échanges humains, économiques, culturels, scientifiques et sécuritaires de plus en plus nombreux.

Le seul mois de juin en a offert une illustration éloquente, a souligné Al Ruwaily. Plusieurs hauts responsables saoudiens ont effectué des visites en France, tandis que d’importantes délégations françaises se rendaient au Royaume.

La réunion annuelle du Conseil d’affaires franco-saoudien, le Forum Vision Golfe ou encore la participation remarquée du Royaume au salon Eurosatory témoignent d’une relation particulièrement dynamique.

Au-delà du bilan diplomatique, le discours a surtout laissé transparaître une profonde reconnaissance envers celles et ceux qui ont accompagné cette mission.

L’ambassadeur a réservé ses premiers remerciements à son épouse, Fatimah, et à leurs enfants, saluant leur patience et leur soutien tout au long de ces années exigeantes.

Il a également rendu hommage aux équipes de l’ambassade, dont l’engagement et l’esprit de famille ont constitué, selon lui, l’une des clés des succès obtenus.

Il a ensuite exprimé sa gratitude envers les autorités françaises, les parlementaires, les responsables du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, les conseillers de l’Élysée ainsi que les organisations internationales installées à Paris, avec lesquelles le Royaume entretient une coopération étroite.

Au moment de conclure, l’émotion était palpable. En quittant Paris, a-t-il confié, sa famille et lui emportent bien davantage que des souvenirs professionnels. Ils repartent avec des amitiés sincères, des expériences humaines précieuses et la conviction que les liens entre la France et l’Arabie saoudite continueront de se renforcer au service du dialogue, de la coopération et de la paix.

Selon plusieurs médias français, l’ancien ambassadeur d’Arabie saoudite en Syrie devrait succéder à Fahd Al Ruwaily à Paris.


La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, annonce soutenir Edouard Philippe à la présidentielle

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a annoncé lundi qu'elle soutiendrait la candidature de l'ancien Premier ministre Édouard Philippe (Horizons) à la présidentielle et serait présente à son meeting prévu dimanche à Paris. (AFP)
La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a annoncé lundi qu'elle soutiendrait la candidature de l'ancien Premier ministre Édouard Philippe (Horizons) à la présidentielle et serait présente à son meeting prévu dimanche à Paris. (AFP)
  • "Il est aujourd'hui plus que les autres dans (la) capacité de rassembler largement" et d'atteindre le second tour de la présidentielle "pour éviter l'arrivée du Rassemblement national au pouvoir"
  • Le rassemblement "bien au-delà de sa propre famille politique" est "un impératif absolument vital pour le pays"

PARIS: La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a annoncé lundi qu'elle soutiendrait la candidature de l'ancien Premier ministre Édouard Philippe (Horizons) à la présidentielle et serait présente à son meeting prévu dimanche à Paris.

"Il est aujourd'hui plus que les autres dans (la) capacité de rassembler largement" et d'atteindre le second tour de la présidentielle "pour éviter l'arrivée du Rassemblement national au pouvoir", a expliqué sur France Inter la porte-parole, proche du ministre de la Justice Gérald Darmanin dont l'éventuelle candidature semble d'autant plus incertaine.

Le rassemblement "bien au-delà de sa propre famille politique" est "un impératif absolument vital pour le pays", a ajouté Maud Bregeon, adhérente du parti Renaissance, dirigé par un autre candidat à la présidentielle et également ancien Premier ministre, Gabriel Attal.

Édouard Philippe a "beaucoup d'expérience, expérience de Premier ministre, expérience de maire et je crois que dans les temps extrêmement troublés que nous vivons aujourd'hui, c'est quelque chose qui est important", a-t-elle argumenté.

Maud Bregeon, 35 ans, n'a pour autant "pas l'intention de changer de parti".

Quant à l'engagement imposé par Sébastien Lecornu aux membres de son gouvernement de ne pas faire de politique en dehors de leurs fonctions ministérielles, elle a expliqué qu'elle n'aurait "aucun rôle opérationnel" dans la campagne du maire du Havre.

Connue pour être une "puncheuse", cette figure médiatique du camp macroniste est une ancienne ingénieure d'EDF, spécialiste du nucléaire, originaire de Poitiers. Elle a adhéré dès novembre 2016 à En Marche et a été élue députée en 2022.

Proche de Gérald Darmanin, comme Édouard Philippe issu de LR, son positionnement donne une indication de celui du ministre de la Justice qui pourrait annoncer son ralliement à la candidature du Havrais.

Au sein du camp centriste, Edouard Philippe, président d'Horizons, candidat déclaré de longue date, est toujours en tête dans les sondages face à Gabriel Attal (Renaissance) mais tous deux restent largement distancés par le Rassemblement national.


La canicule "recule" mais la pression sur le système de santé va durer "plusieurs jours", prévient Matignon

Une enseigne de pharmacie affiche 44 °C à Thionville, dans le nord-est de la France, le 26 juin 2026, en pleine vague de chaleur. (AFP)
Une enseigne de pharmacie affiche 44 °C à Thionville, dans le nord-est de la France, le 26 juin 2026, en pleine vague de chaleur. (AFP)
  • La canicule recule en France, mais ses effets sanitaires devraient se poursuivre plusieurs jours, avec une pression élevée sur les hôpitaux et une hausse des décès, notamment à domicile
  • Le gouvernement maintient un niveau de vigilance élevé face aux risques d'incendies et prévoit un bilan de cette crise pour renforcer la préparation aux futures vagues de chaleur

PARIS: La canicule "recule" mais ses effets sanitaires "restent devant nous" pendant "plusieurs jours", ont indiqué samedi les services du Premier ministre Sébastien Lecornu, à l'issue d'une nouvelle cellule interministérielle de crise (CIC) sur la vague de chaleur inédite, à laquelle il a assisté en visio.

"Si la canicule recule, ses effets sur la pression sur le système de santé, eux, restent devant nous: un plateau haut va s'installer pendant plusieurs jours, par effet de latence sanitaire (déshydratation, décompensations, hospitalisations différées)", a écrit Matignon dans un compte-rendu de la réunion qui s'est tenue samedi matin.

Matignon appelle à la "vigilance de tout un chacun" en confirmant, comme déjà évoqué par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, "une hausse du nombre de décès, principalement à domicile, cohérente avec un pic différé" et liée à "l'isolement de certaines personnes âgées ou fragiles".

En revanche, "aucune situation anormale dans les Ehpad n'a été remontée", soulignent les services de M. Lecornu, attentif à ne pas répéter les erreurs qui avaient marqué la canicule de 2003, qui a fait 15.000 morts, dont beaucoup de personnes âgées.

Matignon fait valoir "l'efficacité des mesures mises en place par les équipes sur le terrain et les nombreux investissements réalisés ces dernières années".

Le système de santé "connaît un pic d'activité lié à la canicule" qui "justifie le maintien" de la mobilisation à son niveau le plus élevé (plan Orsan 3) et le "déclenchement des plans blancs" dans les hôpitaux concernés, détaille Matignon.

Dans un autre message à la presse, le Premier ministre se dit "prêt" sur le volet des feux de forêts, alors que les départs de feu et les interventions des services d'urgence sont "plus élevés" que l'année dernière.

Le gouvernement invite à "la vigilance" du fait de "la sécheresse de la végétation et de l'arrivée du mistral et de la tramontane", en rappelant qu'une "régulation des moissons" a été mise en œuvre pour éviter les départs de feu, ainsi que les investissements déjà engagés pour la sécurité civile.

Le Premier ministre se félicite aussi que "de nombreux choix" ces derniers jours aient "bien fonctionné dans la gestion de crise", citant l'interdiction de la consommation d'alcool lors de la Fête de la musique ou l'"effet" des investissements pour l'hôpital issus du Ségur de la Santé.

Mais il reconnaît que "d'autres points peuvent devenir préoccupants en cas de canicules répétées et doivent être traités : rafraîchissement des hopitaux, robustesse des réseaux d'eau, électrique, SNCF".

Il a demandé de ce fait un "bilan" de cette canicule "pour en tirer des conclusions de planification", alors que l'exécutif est critiqué pour n'avoir pas suffisamment anticipé la crise climatique.