L'Irak craint la «menace» de l'EI dans le camp d'Al-Hol en Syrie

«Chaque jour qui passe, la haine croît et le terrorisme prospère dans le camp», a lancé le responsable irakien (Photo, AFP).
«Chaque jour qui passe, la haine croît et le terrorisme prospère dans le camp», a lancé le responsable irakien (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 09 avril 2022

L'Irak craint la «menace» de l'EI dans le camp d'Al-Hol en Syrie

  • Le camp surpeuplé d'Al-Hol, contrôlé par l'administration semi-autonome kurde et où vivent quelque 56 000 personnes, selon l'ONU, est situé dans le nord-est de la Syrie
  • Malgré les exhortations répétées des Kurdes, la plupart des pays occidentaux refusent de rapatrier leurs citoyens

BAGDAD: L'Irak, qui craint une infiltration de djihadistes sur son sol, redoute la "menace" émanant du camp d'Al-Hol en Syrie voisine où vivent des proches de membres du groupe Etat islamique (EI), a déclaré samedi un haut responsable.  

Le groupe djihadiste "continue de représenter une réelle menace à Al-Hol", a déclaré le conseiller irakien à la sécurité nationale, Qassem al-Araji, lors d'une conférence internationale à Bagdad consacrée au camp d'Al-Hol, en présence notamment des ambassadeurs français et américain en Irak.

Le camp surpeuplé d'Al-Hol, contrôlé par l'administration semi-autonome kurde et où vivent quelque 56 000 personnes, selon l'ONU, est situé dans le nord-est de la Syrie, à moins de 10 km de la frontière irakienne.

Il abrite selon l'ONU environ 10 000 étrangers, notamment des proches de djihadistes, des déplacés syriens et des réfugiés irakiens, dont certains continuent d'entretenir des liens avec l'EI.

Appelant les pays concernés à "rapatrier" puis à "juger" leurs citoyens chez eux, M. Araji s'est prononcé pour le démantèlement rapide d'Al-Hol.

Malgré les exhortations répétées des Kurdes, la plupart des pays occidentaux refusent de rapatrier leurs citoyens, se contentant de rapatriements au compte-goutte par crainte d'éventuels actes terroristes sur leur sol.

"Chaque jour qui passe, la haine croît et le terrorisme prospère" dans le camp, a lancé le responsable irakien.

Estimant à 12 000 le nombre de "terroristes de l'EI détenus dans les prisons contrôlées par les Forces démocratiques syriennes", les FDS, conduites par les Kurdes, M. Araji a également affirmé que ce contingent représentait un "défi". 

L'EI "entreprend des opérations pour libérer ses prisonniers", comme lors de l'assaut de la prison de Ghwayran dans la province de Hassaké (nord-est de la Syrie) en janvier. Des dizaines de djihadistes avaient alors attaqué le bâtiment avant que les FDS ne reprennent le contrôle de la prison après plusieurs jours de combats qui ont fait des centaines de morts.

Peu après, l'Irak, qui partage une frontière de plus de 600 km de long avec la Syrie, a commencé à construire un mur en béton à la frontière pour tenter d'empêcher l'infiltration de djihadistes sur son sol.

Bagdad a proclamé fin 2017 sa "victoire" contre l'EI, mais aujourd'hui, les forces armées continuent d'affronter sporadiquement des cellules djihadistes, notamment dans des zones rurales et montagneuses.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.