Le secteur touristique mondial subit les conséquences de la guerre en Ukraine

Les touristes russes ont été bloqués à l’étranger après l’imposition des sanctions (Photo, Getty Images).
Les touristes russes ont été bloqués à l’étranger après l’imposition des sanctions (Photo, Getty Images).
Une touriste ukrainienne pose pour une photo près de la mosquée Hagia Sophia à Sultanahmet à Istanbul, en Turquie, le 9 mai 2021 (Photo, AFP).
Une touriste ukrainienne pose pour une photo près de la mosquée Hagia Sophia à Sultanahmet à Istanbul, en Turquie, le 9 mai 2021 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 21 avril 2022

Le secteur touristique mondial subit les conséquences de la guerre en Ukraine

  • La chute soudaine du nombre de Russes et d’Ukrainiens qui se rendent à l’étranger depuis le 24 février a nui à la reprise du secteur
  • La flambée des prix des carburants a causé un accroissement de la pression sur les destinations touristiques en difficulté

DUBAÏ: À partir de son bureau situé au centre de Moscou, Vladimir Inyakin, fondateur de l’agence de voyage locale All World, aide les personnes qui tentent de se procurer des billets pour quitter la Russie.
Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, le 24 février, qui a incité les pays occidentaux à interdire l’accès des avions de ligne russes à leur espace aérien, le modèle économique du secteur des voyages russe s’est rapidement transformé.
Alors qu’auparavant, M. Inyakin aidait ses clients à réserver des escapades de luxe aux quatre coins du monde, il les aide aujourd’hui à se rendre dans n’importe quel pays offrant un répit face à l’atmosphère de crise, de conflit et d’isolement international qui prévaut actuellement.
M. Inyakin, qui a créé son agence de voyage en 2008, raconte à Arab News qu’«au début, les Russes avaient peur, paniquaient, pleuraient et étaient prêts à payer une fortune pour quitter le pays». Mais aujourd’hui, près de deux mois après le début de la guerre en Ukraine, certains Russes envisagent de nouveau de voyager et M. Inyakin est là pour organiser leurs itinéraires.
Certes, les sanctions occidentales ont considérablement réduit la liste des pays où les Russes peuvent se rendre sans trop de tracas. Les Bermudes, qui ont suspendu la certification des avions russes qui y sont enregistrés, constituent un extrême. À l’autre extrême, on trouve des pays qui ont longtemps bénéficié du tourisme russe et qui restent ouverts aux visiteurs en provenance de Russie.
«De nombreux pays ont peur de perdre leurs clients russes», explique M. Inyakin. «Nous ne pouvons plus desservir que quinze pays, principalement des pays de l’ex-URSS, ainsi que l’Iran, Israël, la Turquie, le Vietnam, Zanzibar, le Qatar, les Émirats arabes unis (EAU) et la Thaïlande avec certaines compagnies aériennes russes.»
«Ils voyagent là où ils peuvent avec un billet aller simple et de l’argent liquide, comme en Ouzbékistan, en Géorgie, en Arménie et aux EAU», précise M. Inyakin. «Si vous vous rendez à l’étranger, vous devez prendre de l’argent liquide avec vous. Ceux qui peuvent se le permettre vont à Dubaï.»
Lorsque la valeur du rouble russe s’est effondrée au début de la guerre, les épargnants russes se sont précipités pour convertir leur argent dans d’autres monnaies plus stables ou pour le placer dans des comptes et des investissements sûrs à l’étranger.
Cependant, dans un surprenant retournement de situation, le rouble a progressivement rebondi, sa valeur ayant doublé par rapport à celle du 7 mars. Le 8 avril, le dollar a dépassé le seuil des 72 roubles, mais il a depuis perdu une partie de ses gains.
Selon un article de Reuters, l’affaiblissement du rouble s’explique par la possibilité que la Russie assouplisse davantage ses mesures de contrôle temporaires, en réduisant les exigences relatives aux ventes obligatoires de recettes en devises par les entreprises exportatrices.
Les prix du kérosène ont augmenté de façon spectaculaire depuis que les sanctions occidentales ont été imposées à l’économie russe basée sur les hydrocarbures, ce qui a entraîné une hausse générale des prix des billets d’avion. Les billets aller-retour sans escale de Moscou à Dubaï coûtent 609 dollars (1 dollar = 0,93 euro) sur Flydubai, 1359 dollars sur Emirates et 810 dollars sur Turkish Airlines, soit plusieurs centaines de dollars de plus qu’avant le 24 février.
Avant la guerre, indique M. Inyakin, «On pouvait faire un vol aller-retour de Moscou à Dubaï avec Aeroflot pour 300-350 dollars». Aeroflot n’a pas encore repris ses activités.
«Il y a actuellement une inflation et le taux de change dollar-rouble russe est extrêmement élevé», explique à Arab News un citoyen russe vivant dans le Golfe, sous couvert d’anonymat.
Lorsque le service de messagerie Swift, qui relie plus de 11 000 institutions financières dans le monde, a suspendu les services de sept banques russes à la fin du mois de février en raison de la guerre, le système financier du pays a été paralysé et sa capacité à faire du commerce à l’échelle mondiale a été réduite.
Concrètement, cette suspension a rendu presque impossible pour les Russes d’utiliser leurs cartes de crédit et leurs comptes bancaires à l’étranger.
«Aujourd’hui, le principal défi pour les Russes qui souhaitent voyager est que si vous êtes un citoyen russe vivant en Russie, vous ne pouvez pas facilement réserver des billets d’avion ou des hôtels puisque Visa et Mastercard ne sont plus valables en Russie», déplore le résident du Golfe. «Très peu de pays acceptent Mir, le système de paiement national russe.»

Les Russes jouent un rôle essentiel dans la reprise du secteur touristique (Photo, AFP).


La baisse du nombre de Russes qui voyagent à l’étranger a déjà un impact négatif sur au moins cinq pôles touristiques autrefois populaires auprès des Russes et Ukrainiens: la Thaïlande, le Vietnam, la Turquie, l’Égypte et Chypre.
Les secteurs des loisirs et de l’hôtellerie de ces pays ne peuvent guère se permettre de telles perturbations, surtout après les fermetures et les interdictions de voyager imposées pendant la pandémie de Covid-19 qui a décimé le tourisme mondial en 2020 et 2021.
Les sanctions et les boycotts imposés en réponse à la guerre nuisent également au secteur touristique russe. Les voyagistes russes qui misent sur la reprise post-pandémie seront cruellement déçus.

Pour des millions d’hommes encore en Ukraine, le voyage n’est tout simplement pas envisageable (Photo, AFP).


Avant la guerre, les Ukrainiens étaient eux aussi de grands voyageurs. Mais aujourd’hui, étant donné que des millions d’entre eux ont été déplacés à cause des combats, leurs dépenses, comme celles des Russes, ont disparu du marché touristique international.
«Nous, Ukrainiens, aimons généralement voyager», affirme Mariia, une Ukrainienne originaire d’Odessa qui vit désormais à Dubaï. «En ce moment, nous ne pensons même pas au tourisme.»
Pour des millions d’hommes encore en Ukraine, le voyage n’est tout simplement pas envisageable. Ceux âgés de 18 à 60 ans, comme le père et le frère de Mariia, ont l’âge de la conscription. «Ils peuvent être appelés à accomplir leur service militaire à tout moment», dit-elle.
Avec ses villes historiques, sa campagne verdoyante et son littoral pittoresque, l’Ukraine était une destination touristique populaire à part entière. Aujourd’hui, son espace aérien est fermé aux avions de ligne, tandis que ses villes et ses infrastructures sont en ruines.
«Je n’ai jamais pensé dans ma vie que j’entendrais les sirènes d’alerte aérienne par appel vidéo dans ma ville», lance Mariia. «Je ne savais même pas que nous en avions. C’était tellement bouleversant.»
La Turquie est peut-être le pays qui ressentira le plus la diminution du nombre de visiteurs russes et ukrainiens. Les hôtels de luxe, les marinas et les plages chatoyantes de Bodrum et d’Antalya ont longtemps été le terrain de jeu des touristes d’Europe de l’Est.
Avant la pandémie, le tourisme représentait 10% du produit intérieur brut (PIB) de la Turquie. En 2021, après la levée des restrictions de voyage liées à la Covid-19, environ 4,7 millions de Russes et 2,1 millions d’Ukrainiens ont visité le pays, soit un quart de ses 24,7 millions de touristes cette année-là.
L’Association des agences de voyages en Turquie s’attendait à ce que 7 millions de Russes et 2,5 millions d’Ukrainiens visitent le pays cette année et que le secteur enregistre des recettes de 35 milliards de dollars.

Une touriste ukrainienne pose pour une photo près de la mosquée Hagia Sophia à Sultanahmet à Istanbul, en Turquie, le 9 mai 2021 (Photo, AFP).


Bien que la Turquie n’ait pas sanctionné la Russie ni fermé son espace aérien aux compagnies aériennes russes, l’invasion de l’Ukraine a anéanti les espoirs d’une reprise post-pandémie.
Le Vietnam a également revu à la baisse ses estimations pour l’année à venir. La province de Khanh Hoa et l’île de Phu Quoc ont toujours été populaires auprès des touristes russes, tout comme la ville de Phan Thiet, affectueusement appelée «Petit Moscou».
Selon une enquête réalisée par l’Administration nationale du tourisme du Vietnam en 2019, les Russes dépensaient en moyenne 1600 dollars par séjour, contre environ 900 dollars pour le touriste moyen.
Plusieurs agences de voyage vietnamiennes proposant uniquement leurs services aux visiteurs russes ont vu le jour au fil des ans. Toutefois, le 23 mars de cette année, en réponse à la guerre, Vietnam Airlines a annoncé qu’elle suspendait ses vols à destination et en provenance de la Russie.
Les mêmes scénarios se déroulent en Thaïlande. Le 25 mars, le South China Morning Post a rapporté que plus de 7000 touristes russes étaient bloqués dans les destinations de vacances autrefois populaires du pays.

Une photo prise le 29 septembre 2021 montre des touristes russes dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, au bord de la mer Rouge (Photo, AFP).


Si l’on regarde le bon côté des choses, de nombreux Russes en détresse ont pu être rapatriés ces dernières semaines. L’agence de presse nationale TASS, citant l’Agence fédérale du tourisme de Russie, a précisé que plus de 85 000 touristes russes avaient été rapatriés en mars. L’article mentionne aussi que l’Égypte a accueilli le plus grand nombre de touristes à forfait, soit environ 4000.
Le processus de rapatriement a néanmoins été compliqué en raison des nouvelles sanctions occidentales visant les avions qui devraient être utilisés pour les vols spéciaux entre l’Égypte et la Russie. Les voyagistes doivent choisir des itinéraires différents pour faire passer les touristes russes bloqués par des pays tiers tels que les EAU, la Turquie, les Maldives et la Thaïlande.
«La guerre en Ukraine pose de nouveaux défis à l’environnement économique mondial et risque de freiner le rétablissement de la confiance dans les voyages internationaux», souligne l’Organisation mondiale du tourisme de l’ONU dans un communiqué le 31 mars.
«La fermeture des espaces aériens ukrainien et russe, ainsi que l’interdiction des compagnies aériennes russes par de nombreux pays européens, affectent les voyages intra-européens. Elle provoque également des détours dans les vols long-courriers entre l’Europe et l’Asie de l’Est, ce qui se traduit par des vols plus longs et des prix plus élevés.»
«La Russie et l’Ukraine représentaient ensemble 3% des dépenses mondiales en tourisme international en 2020 et au moins 14 milliards de dollars de recettes touristiques mondiales pourraient être perdus si le conflit se prolonge.»
En Italie, où les touristes commencent tout juste à revenir après deux ans de restrictions liées à la pandémie, l’absence de touristes ukrainiens et russes est palpable. Le pays a rejoint les autres membres de l’UE en imposant des sanctions à la Russie et a cessé de traiter avec les banques russes.
Selon un article publié dans le quotidien britannique The Guardian, si la Russie ne figure pas parmi les vingt premiers pays en termes de nombre de touristes en Italie, elle occupe la neuvième place en termes de temps passé dans le pays et la deuxième place en termes d’impact économique global, derrière l’Allemagne.
«Habituellement, le touriste russe moyen séjournait en Italie pendant cinq jours ou plus, contre deux ou trois pour la plupart des autres pays, et il dépensait environ 65% d’argent de plus que le touriste moyen par jour», explique M. Costabile. «Je vous assure que l’absence de visiteurs russes dans le secteur se fera sentir.»
Dubaï est un pays où les Russes sont toujours les bienvenus. Longtemps une destination touristique populaire pour les Russes et les Ukrainiens, la capitale commerciale des EAU est toujours aussi chaleureuse et accueillante pour ceux peuvent se permettre de la visiter.

Dubaï a toujours été une destination populaire pour les Russes et les Ukrainiens (Photo, Shutterstock).


«En raison de cette période difficile pour la Russie, aujourd’hui frappée par des sanctions, de plus en plus de Russes cherchent à s’installer à Dubaï», déclare à Arab News Anastasia, une consultante en art russe arrivée à Dubaï il y a deux mois.
D’autres, cependant, s’inquiètent de l’avenir, ne sachant pas où aller, s’il faut rester, ou comment subvenir à leurs besoins à court terme.
«Tout est encore tellement flou», dit à Arab News un expatrié russe qui vit dans le Golfe, sous couvert d’anonymat. «Personne ne sait combien de temps cette guerre va durer et combien de personnes seront touchées. On ne sait pas calculer les risques.»
L’ambassade d’Ukraine aux EAU a récemment annoncé que les touristes ukrainiens arrivés dans le pays du Golfe avant la guerre pouvaient demander un visa de résidence d’un an.
Quant aux plus de 1000 Ukrainiens qui se sont retrouvés bloqués à Dubaï lorsque l’invasion a commencé en février, les organisations humanitaires sont intervenues pour les héberger ou leur réserver des billets pour la Pologne, où sont réfugiés des millions d’Ukrainiens déplacés par la guerre.
«Ils ne pensent plus à voyager maintenant», confie un Ukrainien vivant à Dubaï à Arab News sous couvert d’anonymat, décrivant la situation de sa propre famille.
«Il n’y a pas de vols à destination ou en provenance de l’Ukraine. Les personnes qui ont réussi à fuir très tôt sont en grande partie celles qui pouvaient se le permettre et qui ont alors opté pour des pays comme Dubaï.»
Alors que les négociateurs russes et ukrainiens ne parviennent toujours pas à conclure un accord de paix et que les combats se déroulent désormais dans l’est contesté du pays, rien ne laisse présager un retour à la normale dans un avenir proche.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée américaine arraisonne un bateau suspecté de se diriger vers un port iranien

Le M/V Blue Star III a été libéré par les forces américaines "après qu'elles ont procédé à une fouille et confirmé que l'itinéraire du bateau ne prévoyait pas d'escale dans un port iranien". (AFP)
Le M/V Blue Star III a été libéré par les forces américaines "après qu'elles ont procédé à une fouille et confirmé que l'itinéraire du bateau ne prévoyait pas d'escale dans un port iranien". (AFP)
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  • L'Iran a bloqué le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique du commerce international, depuis le début de la guerre avec les Etats-Unis et Israël le 28 février, fragilisant les marchés mondiaux de l’énergie et plaçant le détroit au cœur des négociations
  • En réponse, les Etats-Unis ont annoncé imposer un blocus des ports iraniens à partir du 13 avril

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir arraisonné un navire marchand dans la mer d'Arabie, soupçonné d'avoir tenté de violer le blocus américain des ports iraniens.

Le M/V Blue Star III a été libéré par les forces américaines "après qu'elles ont procédé à une fouille et confirmé que l'itinéraire du bateau ne prévoyait pas d'escale dans un port iranien", a affirmé le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"A ce jour, 39 navires ont été redirigés afin de garantir le respect" du blocus, a-t-il ajouté.

La publication comprenait également une vidéo montrant un hélicoptère au-dessus du navire alors que les Marines américains descendaient en rappel sur des conteneurs empilés sur le bateau.

L'Iran a bloqué le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique du commerce international, depuis le début de la guerre avec les Etats-Unis et Israël le 28 février, fragilisant les marchés mondiaux de l’énergie et plaçant le détroit au cœur des négociations visant à mettre fin au conflit.

En réponse, les Etats-Unis ont annoncé imposer un blocus des ports iraniens à partir du 13 avril.

Le ministre de la Défense Pete Hegseth avait affirmé aux journalistes en avril que Washington maintiendrait son blocus "aussi longtemps qu'il le faudra".

"Ce blocus s'applique à tous les navires, quelle que soit leur nationalité, en direction ou en provenance des ports iraniens", avait précisé le chef d'état-major de l'armée américaine Dan Caine, présent aux côtés de Pete Hegseth.

 

 


Donald Trump presse l'Iran de faire «vite» pour conclure un accord

 Donald Trump a averti mercredi que les Iraniens avaient "intérêt à devenir intelligents et vite!" au moment où les négociations entre les deux pays visant à mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient sont dans l'impasse. (AFP)
Donald Trump a averti mercredi que les Iraniens avaient "intérêt à devenir intelligents et vite!" au moment où les négociations entre les deux pays visant à mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient sont dans l'impasse. (AFP)
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  • Si une trêve est entrée en vigueur le 8 avril, l'Iran et les Etats-Unis n'arrivent toujours pas à se mettre d'accord pour tenir de nouvelles négociations au Pakistan, pays médiateur, après une première session infructueuse le 11 avril
  • Les Iraniens "ont intérêt à devenir intelligents, et vite!", a menacé Donald Trump sur son réseau Truth social

TEHERAN: Donald Trump a averti mercredi que les Iraniens avaient "intérêt à devenir intelligents et vite!" au moment où les négociations entre les deux pays visant à mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient sont dans l'impasse.

Le conflit, déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre Téhéran, a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ses répercussions continuent de secouer l'économie mondiale.

Les conséquences se font particulièrement sentir en Iran, où la monnaie nationale iranienne, le rial, a atteint mercredi un plus bas face au dollar depuis l'avènement de la République islamique en 1979, selon plusieurs sites de suivi des changes.

Et dans la capitale, certains affichent leur fatalisme.

"L'idée de revivre la guerre est terrifiante, mais nous n'avons pas non plus d'espoir quant à l'issue des négociations", confie à l'AFP Ali, un architecte de 52 ans, joint par une journaliste de l'AFP à Paris.

"Ils partent négocier et reviennent avec encore plus de sanctions, et les discussions portent toujours sur le nucléaire: on ne parle jamais des gens, de l'économie ou de la liberté", ajoute-t-il, alors que son pays est sous le coup de sanctions internationales depuis des décennies.

"Devenir intelligents" 

Si une trêve est entrée en vigueur le 8 avril, l'Iran et les Etats-Unis n'arrivent toujours pas à se mettre d'accord pour tenir de nouvelles négociations au Pakistan, pays médiateur, après une première session infructueuse le 11 avril.

Les Iraniens "ont intérêt à devenir intelligents, et vite!", a menacé Donald Trump sur son réseau Truth social.

Dans le même message est publié un photo-montage du président portant un fusil d'assaut au milieu d'un décor de guerre, avec ce commentaire : "FINI DE JOUER LES GENTILS!".

Les Etats-Unis affichent leur scepticisme sur une nouvelle proposition de Téhéran pour débloquer le détroit d'Ormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce de pétrole et de gaz.

L'Iran le verrouille depuis le début de la guerre et les Etats-Unis imposent de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Selon un article du site américain Axios, relayé par l'agence officielle iranienne Irna, l'offre de Téhéran vise à rouvrir le détroit et mettre fin à la guerre, repoussant à une date ultérieure les discussions sur le dossier nucléaire.

 "Plus de risques" 

Mais ce sujet reste central pour les Etats-Unis et Israël, qui accusent la République islamique de vouloir se doter de la bombe atomique - ce qu'elle dément.

Selon le Wall Street Journal (WSJ), le président américain a demandé aux responsables de la sécurité nationale de se préparer à un long blocus des ports iraniens afin de contraindre Téhéran à abandonner son programme nucléaire.

D'après le journal, M. Trump estime pouvoir forcer Téhéran à suspendre l'enrichissement de l'uranium pendant 20 ans, puis à accepter de strictes restrictions par la suite.

L'Iran réaffirme de son côté régulièrement son droit inaliénable au nucléaire civil, tout en jugeant "négociable" le taux d'enrichissement.

Selon des responsables américains cités par le WSJ, Donald Trump considère en outre que bloquer les infrastructures portuaires iraniennes permettrait de continuer à mettre sous pression l'économie iranienne et ses exportations de pétrole.

Le locataire de la Maison Blanche "a estimé que ses autres options — reprendre les bombardements ou se retirer du conflit — comportaient plus de risques que le maintien du blocus", ont indiqué ces responsables.

Téhéran a appelé de son côté Washington à renoncer à ses exigences "irrationnelles", estimant que les Etats-Unis n'étaient "plus en position de dicter leur politique à des nations indépendantes".

Audition de Hegseth 

Alors que l'Iran annonce régulièrement des arrestations ou pendaisons de personnes accusées de liens avec Israël ou les Etats-Unis, le Haut-Commissariat des droits de l'homme de l'ONU a affirmé mercredi que 21 personnes avaient été exécutées et plus de 4.000 interpellées pour des motifs politiques ou liés à la sécurité nationale depuis le début du conflit.

L'Iran n'a pas réagi dans l'immédiat à ces allégations.

Sur le front libanais, Israël, qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, deux personnes, dont un militaire, ont été tuées mercredi dans une nouvelle frappe israélienne dans le sud du pays, selon l'armée libanaise.

Chaque camp accuse l'autre de violer une trêve entrée en vigueur le 17 avril.

Aux Etats-Unis, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit.

Depuis fin février, des parlementaires démocrates et républicains ont critiqué l'exécutif américain pour le manque d'information qui leur a été fournie.


Le roi Charles à New York pour célébrer les liens entre Royaume-Uni et Etats-Unis

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
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  • Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis
  • Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans

NEW YORK: Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis à un moment de tensions entre les deux alliés historiques.

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche.

Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans. Le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, sera présent.

"Cette tragédie a été un moment fondateur pour l'Amérique, et votre douleur, votre choc a été ressenti de par le monde", a déclaré mardi le souverain devant les parlementaires américains.

"Nous nous sommes alors tenus à vos côtés. Et nous sommes aujourd'hui a vos côtés pour se souvenir de ce jour qui ne devra jamais être oublié", a ajouté Charles III à la tribune du Congrès, avant d'appeler Washington à rester fidèle à ses alliés occidentaux et lancé quelques critiques voilés à l'attention de Donald Trump.

Winnie l'ourson 

Il rencontrera ensuite des secouristes du 11-Septembre et des familles de victimes, avant d'aller visiter un projet de ferme urbaine.

Pendant ce temps, Camilla va célébrer le 100e anniversaire de Winnie l'ourson à la bibliothèque municipale de New York en offrant un jouet à l'effigie de Petit Gourou, un autre personnage de cet univers.

Le roi doit ensuite participer à un événement économique centré sur la coopération entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis, en présence d'investisseurs et de patrons d'entreprises.

Donald Trump a laissé planer mi-avril la menace d'un retrait des Etats-Unis de l'accord conclut avec Londres sur les droits de douane, arme économique favorite d'un président américain résolument protectionniste.

Le milliardaire républicain est agacé par la réticence du gouvernement britannique à aider Washington dans sa guerre contre l'Iran menée avec Israël.

En fin de journée, Charles III se rendra à une réception pour son association d'aide à la jeunesse, The King's Trust. Le couple royal reviendra à Washington jeudi avant de se rendre sur le territoire britannique des Bermudes.

Cette visite d'Etat de plusieurs jours devait aider à recoller les morceaux d'une "relation spéciale" fissurée par les désaccords politique entre Donald Trump et le Premier ministre travailliste Keir Starmer à propos de la guerre en Iran.

En cette année qui marque le 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance, par laquelle des colonies britanniques sont devenues les Etats-Unis d'Amérique, le président républicain a affiché sa fascination pour la monarchie en recevant le chef d'Etat britannique avec tous les honneurs: militaires en tenue d'apparat, fanfare, 21 coups de canon et survol de la Maison Blanche par des avions de combat.