La renaissance archéologique irakienne contribuera-t-elle à forger une identité nationale?

Des objets assyriens originaires de Mossoul sont exposés au Musée national irakien de Bagdad (Photo, AFP).
Des objets assyriens originaires de Mossoul sont exposés au Musée national irakien de Bagdad (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 22 avril 2022

La renaissance archéologique irakienne contribuera-t-elle à forger une identité nationale?

  • Le pays assiste à la découverte et à la préservation d’anciens sites et artefacts mésopotamiens
  • Un nombre croissant de jeunes Irakiens s'intéressent à la préservation de ce qui reste de leur patrimoine

MOSUL/BOGOTA: Le 26 février 2015, des images choquantes ont émergé du nord-ouest de l'Irak montrant des combattants de Daech détruisant des objets préislamiques et brûlant des manuscrits anciens au Musée culturel de Mossoul.
Le groupe terroriste, qui avait pris le contrôle de la ville multiethnique l'année précédente, avait entrepris de piller tout ce qui avait de la valeur et de détruire tout ce qui n'était pas conforme à son idéologie tordue.
Ces objets inestimables avaient raconté l'histoire singulière de l'Irak, terre de civilisations remarquables, des Sumériens et des Akkadiens aux Assyriens et aux Babyloniens. Pourtant, il n'a fallu que quelques instants à Daech pour effacer les preuves de milliers d'années d'histoire humaine.
Il en a été de même dans de vastes régions du pays saisies par les militants de Daech, dont l'objectif était la destruction symbolique et le pillage facile.
«Daech voulait montrer et prouver qu'il pouvait non seulement détruire le présent et l'avenir de l'Irak, mais aussi son passé», a déclaré à Arab News Amer Abdel-Razzâq, chef de la direction des antiquités et du patrimoine dans la province de Dhi Qar, dans le sud de l'Irak.

Un soldat de l'armée irakienne marche sur les ruines antiques de Nimrud après la reprise de la ville antique aux extrémistes de Daech, dans la banlieue de Mossoul (Photo, AFP).


«Ils voulaient détruire la civilisation mixte de l'Irak, qui est diverse avec différentes ethnies, minorités et nations comme les Akkadiens, les Assyriens et les Babyloniens. Ils ont sauvagement détruit des lieux comme Nimrud, Hatra et la tombe du prophète Yunus. Ils ont détruit de nombreux lieux saints et symboliques pour les musulmans.»
Le 21 juillet 2017, près de deux ans après les pillages, Mossoul a finalement été libérée par l'armée irakienne, inaugurant une période de travail minutieux pour restaurer les monuments, les églises, les mosquées et les trésors archéologiques de la ville.
Depuis lors, et après la libération ultérieure d'autres zones qui étaient sous le contrôle du groupe, l'Irak a connu une sorte de renaissance archéologique, avec le retour d'experts étrangers dans le pays et un nombre croissant de jeunes Irakiens qui s'intéressent à la préservation de ce qui reste de leur patrimoine.
«Les antiquités et le patrimoine nous unissent et nous permettent de reconnaître que nous appartenons tous les uns aux autres. Il est aussi important pour nous de savoir que nous remontons tous à une même racine à un certain moment de l'histoire ancienne», a déclaré à Arab News Falih al-Chmari, qui prépare un doctorat à l'université de Bagdad.
«Par exemple, des mandats assyriens ont été trouvés dans le nord, l'est, l'ouest et le sud de l'Irak, ce qui indique que nous avons tous été assyriens à un moment donné et que nous appartenons aux autres en tant qu’identité unique.»
«Même dans l'histoire islamique, nous étions les mêmes et il y a la même description de l'architecture et des idées islamiques. Nous sommes une société islamique et nous avons tous été éduqués selon les principes et l'éducation islamiques dans le passé.»
Parmi les découvertes les plus récentes, figure une mosquée construite en terre datant de la période omeyyade, il y a environ 1 400 ans, mise au jour par des spécialistes du British Museum en tandem avec des experts locaux à Tell Kabiba, à Dhi Qar.

De nombreuses sculptures, poteries et objets cunéiformes, datant de 3 000 ans avant J.-C., sont mis au jour par les archéologues du British Museum à Dhi Qar, en Irak. (Photo, AFP).


Avant cela, en 2016, une équipe archéologique dirigée par Sébastien Rey du British Museum, a découvert le temple d'Enino, également connu sous le nom de temple de l'oiseau-tonnerre blanc, dans la ville assyrienne de Girsu, aujourd'hui connue sous le nom de Tello, au nord de Dhi Qar.
D'autres missions dirigées par des Européens et travaillant à Tello ont découvert le temple du roi Gudea, le plus célèbre des rois sumériens de la dynastie Lagash, qui a régné entre 2144 et 2124 av. J.⁠-⁠C.
L'année dernière, des archéologues français travaillant dans la ville de Larsa à Tell Es-Senkereh ont découvert le palais du roi Sin Ednam (1850-1844 av. J.-C.), qui remonte à l'époque de la Babylone antique.
Six missions britanniques, françaises et italiennes travaillant dans la ville sumérienne de Girsu ont révélé une zone résidentielle datant du début de la période dynastique (2900-2350 av. J.-C.), notamment le temple du dieu de la guerre Ningirsu.
Une autre réalisation majeure est la restauration de ce qui est peut-être le plus vieux pont du monde, dans la ville de Girsu. Les travaux sur cette structure vieille de 4 000 ans font l'objet d'un contrat de cinq ans avec une équipe britannique.
Des équipes de fouilles britanniques et allemandes ont également mis au jour le site de la cité antique de Charax Spasinou, la plus grande ville construite par Alexandre le Grand, dans le sud de l'Irak, près de Bassora, sur le site actuel de Jebel Khaybar.
Pendant ce temps, dans le nord du pays, une équipe française à Mossoul poursuit l'entretien de la fresque de l'église de Mar Korkis, et travaille sur des sites de la ville d'Achur, dont le cimetière royal, le palais parthe et le palais de Walter André.

Parmi les découvertes les plus récentes figure une mosquée construite en terre datant de la période omeyyade, il y a environ 1 400 ans (Photo, AFP).


À la citadelle de Kirkouk, également dans le nord de l'Irak, l'autorité archéologique locale collabore avec le gouvernement turc pour entretenir correctement ce que certains spécialistes croient être la tombe du prophète Daniel.
«Nous avons découvert des empires et des États incroyables et nous, à cette époque, pouvons à peine imaginer à quel point ils étaient puissants et avancés», a déclaré Abdel-Razzâq.
«L'Irak repose sur un immense trésor archéologique de plus de 20 000 sites. Il est très difficile de tout préserver. C'est pourquoi une grande partie de ces sites a été volée et détruite. Les objets volés se comptent par milliers.»
«À mon avis, je vois cela comme une tragédie humaine, car cette archéologie n'est pas seulement celle d'une nation ou d'une minorité spécifique, mais de toute l'humanité.»
Les pillages et les destructions n'ont cependant pas commencé en 2014 avec la montée en puissance de Daech. Selon Abdel-Razzâq, le patrimoine irakien souffre depuis des décennies des conflits et de la négligence des autorités.
Il a également signalé: «En 2003, lors de l'invasion américaine de l'Irak, de nombreux sites archéologiques ont subi des destructions massives et cela était dû à un manque de protection de la part des Nations unies. Les forces américaines ont certes protégé les champs pétroliers, les ministères importants, la défense et la sécurité, pas l'archéologie.»
Le pillage du musée de Bagdad est peut-être l'exemple le plus emblématique de cette négligence. Pendant 36 heures, à partir du 10 avril 2003, le musée a été mis à sac par des voleurs.

Un garde irakien montre des jarres cassées dans le plus grand musée archéologique d'Irak, saccagé et pillé, à Bagdad en 2003 (Photo, AFP).


Ce n'est que plus tard, lorsque l'étendue des dégâts est devenue évidente, que la coalition dirigée par les États-Unis a commencé à accorder la priorité à la protection des antiquités irakiennes.
Abdel-Razzâq a de plus dévoilé que «six mois après l'invasion américaine, les Américains ont compris qu'ils devaient agir afin de protéger les sites archéologiques du pillage et de la destruction».
«Par le biais d'activistes sociaux, et après que le grand ayatollah, Ali al-Sistani, a émis une fatwa, ils ont sensibilisé la population à la protection des sites archéologiques. Après cela, les Irakiens ont pu récupérer de nombreux objets archéologiques volés et les gens ont commencé à les protéger.
«Néanmoins, nous avons perdu, et même aujourd'hui, il nous manque encore un nombre considérable d'objets. Nous sommes toujours à leur recherche.»
Aamir al-Jumaili, maître de conférences au Collège d'archéologie de l'Université de Mossoul depuis 20 ans, a affirmé que la destruction du patrimoine irakien dure depuis encore plus longtemps.
Il a déclaré à Arab News: «Nous devons revenir à 1991, et pas seulement à 2003, pour évaluer les destructions et les pertes que nous avons subies. Lors de l'invasion du Koweït par l'Irak en 1991, l'Irak a perdu de nombreux objets archéologiques à cause du vol, de la destruction et de la contrebande dans les musées des villes irakiennes.»
Bien que les autorités du pays aient mis en place une loi visant à protéger les antiquités, sur la base de lois antérieures promulguées pour la première fois en 1936 et renforcées dans les années 1970, certains experts estiment que le gouvernement devrait rendre les sanctions beaucoup plus sévères pour atteinte au patrimoine national.

Des objets assyriens originaires de Mossoul sont exposés au Musée national irakien de Bagdad (Photo, AFP).


Ahmed Qasim Juma, maître de conférences en archéologie à l'université de Mossoul et consultant de l'Unesco, a expliqué à Arab News que «dans le passé, les lois protégeant les sites archéologiques et l'histoire ancienne étaient plus strictes que celles que nous avons eues en 2003 et 2014.»
«Avant 2003, si quelqu'un faisait quelque chose d'illégal sur un site archéologique ancien, il était tué par le gouvernement. Après 2003 et jusqu'en 2018, n'importe qui pouvait se rendre sur un site archéologique et commencer à creuser et à faire des recherches sans l’avis d'un expert ou un permis gouvernemental. Il n'y avait pas de punitions sévères pour les arrêter.»
Le problème s’est aggravé par des décennies de négligence et de sous-financement du gouvernement, des administrations dysfonctionnelles et la présence continue de groupes armés dans les campagnes, en particulier des milices soutenues par l'Iran.
Al-Chmari a révélé qu' «il y a beaucoup de forces armées et de milices différentes qui contrôlent le pays. Le district de Sinjar regroupe des forces et des milices étrangères qui contrôlent tout. Si vous voulez effectuer des recherches ou des enquêtes, ils ne vous permettent pas de le faire. Sinjar est l'une des zones qui est très difficile d'accès pour les archéologues.»
Il estime que les investissements du gouvernement central pourraient contribuer à inverser la tendance et, ce faisant, commencer à refaçonner l'image de l'Irak dans le monde.
«Nous ne sommes pas satisfaits du niveau de soutien du gouvernement pour les antiquités et le patrimoine irakiens. Il est vraiment faible. Si cela ne tenait qu'à moi, je ferais de Mossoul l'une des plus grandes villes touristiques», a soutenu Al-Chmari
«Les travailleurs étrangers et les touristes sont confrontés à des défis et des difficultés en termes de sécurité et d'administration. Nous devons leur fournir des installations et les aider lorsqu'ils viennent en Irak», a-t-il ajouté.
«Nous avons les capacités de faire des découvertes sur les sites archéologiques, mais cela nécessite des fonds et un soutien. C'est la responsabilité du gouvernement de financer et de soutenir les étudiants et les chercheurs locaux.»
En effet, alors que l'Irak commence à sortir de plusieurs décennies de crise, les experts estiment que l'occasion s'est présentée de développer d'autres aspects de son économie en dehors du pétrole, afin de accueillir des partenariats éducatifs et peut-être même le tourisme international.
«Les antiquités et le tourisme sont l'un des aspects économiques les plus importants sur lesquels l'Irak devrait se concentrer, car il dépend principalement du pétrole, dont le prix pourrait chuter à tout moment à l'avenir», a avisé Abdel-Razzâq. «Si nous nous concentrons judicieusement sur les antiquités et le tourisme, ils joueront un rôle important.»
«Par exemple, à Dhi Qar, nous avions l'habitude de recevoir un ou peut-être deux touristes par mois. Maintenant, nous avons trois à quatre touristes par jour. Le secteur du tourisme en Irak peut jouer un rôle plus important que le pétrole.»
Abdel-Razzâq espère que, ce faisant, les Irakiens commenceront non seulement à être fiers de leur histoire et de leur identité commune, mais aussi à tourner la page de la violence et des conflits sectaires de ces dernières décennies.
Il a déclaré: «Nous devons tirer parti de notre archéologie et de notre histoire anciennes. Nous sommes connus en comme le berceau de la civilisation humaine et de l'humanité. Tout a commencé en Irak: Les premières lois, l'écriture, les médicaments et l'agriculture.
«Je me concentre toujours sur le développement de l’archéologie, parce qu'il créera une identité nationale. Nous sommes comme un arbre, nous avons des racines très solides.»


Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël: Netanyahu a accepté une invitation à siéger au «Conseil de paix» de Trump

Benjamin Netanyahu a accepté une invitation du président américain Donald Trump à siéger à son "Conseil de paix", a annoncé mercredi le bureau du Premier ministre israélien. (AFP)
Benjamin Netanyahu a accepté une invitation du président américain Donald Trump à siéger à son "Conseil de paix", a annoncé mercredi le bureau du Premier ministre israélien. (AFP)
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  • "Benjamin Netanyahu a (...) accepté l'invitation du président américain Donald Trump (à) rejoindre, en tant que membre, le Conseil de paix"
  • Le "Conseil de paix" avait été initialement conçu pour superviser la reconstruction de la bande de Gaza, ravagée par plus de deux ans de guerre entre Israël et le mouvements islamiste palestinien Hamas

JERUSALEM: Benjamin Netanyahu a accepté une invitation du président américain Donald Trump à siéger à son "Conseil de paix", a annoncé mercredi le bureau du Premier ministre israélien.

"Benjamin Netanyahu a (...) accepté l'invitation du président américain Donald Trump (à) rejoindre, en tant que membre, le Conseil de paix", qui sera composé de dirigeants de pays du monde entier", indique un bref communiqué de son bureau.

Le "Conseil de paix" avait été initialement conçu pour superviser la reconstruction de la bande de Gaza, ravagée par plus de deux ans de guerre entre Israël et le mouvements islamiste palestinien Hamas.

Mais le projet de "charte" présenté par M. Trump accorde à ce dernier, en tant que président de cet organisme, des pouvoirs très étendus et révèle une initiative et un mandat bien plus vastes que la seule question du territoire palestinien : celui de contribuer à la résolution de conflits armés dans le monde.

La création du "Conseil de paix" prévu par le plan de M. Trump pour Gaza a bien été endossée, comme le reste de cette initiative, par le Conseil de sécurité des Nations unies, mais "strictement à cette fin", a rappelé lundi Farhan Haq, porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.

Sous la pression des Etats-Unis, un cessez-le-feu très fragile est entré en vigueur le 10 octobre, un peu plus de deux ans après le début de la guerre de Gaza déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023.

Les Etats-Unis ont annoncé mi-janvier le passage à la deuxième phase du plan de M. Trump censé mettre fin à la guerre, alors que les deux belligérants s'accusent mutuellement de violer la trêve de façon quotidienne.

Le gouvernement de M. Netanyahu menace régulièrement de reprendre l'offensive si le Hamas n'accepte pas de désarmer conformément à ses exigences.

Outre le désarmement du Hamas, la deuxième phase du plan Trump prévoit un retrait israélien graduel de la bande de Gaza et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

M. Netanyahu répète régulièrement son opposition à la création d'un Etat palestinien, allant ainsi à l'encontre du consensus onusien selon lequel la solution de paix dite à deux Etats est la seule à même de mettre un terme définitif au conflit israélo-palestinien.


Des bulldozers israéliens démolissent des bâtiments au siège de l'Unrwa à Jérusalem-Est

L'Autorité palestinienne a mis en garde contre "une escalade délibérée (...) dans le cadre d'une attaque systématique" contre l'Unrwa et "d'une tentative de saper le système international de protection des réfugiés palestiniens". (AFP)
L'Autorité palestinienne a mis en garde contre "une escalade délibérée (...) dans le cadre d'une attaque systématique" contre l'Unrwa et "d'une tentative de saper le système international de protection des réfugiés palestiniens". (AFP)
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  • Des forces israéliennes ont "pris d'assaut" le complexe peu après 07H00 (05H00 GMT), a dit à l'AFP un porte-parole de l'Unrwa, Jonathan Fowler, précisant qu'elles avaient forcé les gardes de sécurité à partir
  • Le site n'est plus occupé par l'Unrwa depuis l'interdiction il y a un an de ses activités par Israël, qui accuse cette agence de liens avec le Hamas

JERUSALEM: Des bulldozers israéliens ont démoli mardi sans avertissement préalable des bâtiments du siège de l'Unrwa à Jérusalem-Est, l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens dénonçant une "attaque sans précédent".

Des forces israéliennes ont "pris d'assaut" le complexe peu après 07H00 (05H00 GMT), a dit à l'AFP un porte-parole de l'Unrwa, Jonathan Fowler, précisant qu'elles avaient forcé les gardes de sécurité à partir.

Le site n'est plus occupé par l'Unrwa depuis l'interdiction il y a un an de ses activités par Israël, qui accuse cette agence de liens avec le Hamas.

Israël considère que cette interdiction s'applique aussi à Jérusalem-Est, la partie de la ville qu'il occupe depuis 1967 puis a annexée, en violation selon l'ONU du droit international.

Un photographe de l'AFP a vu des engins de chantier démolir au moins un bâtiment du complexe, au-dessus duquel flottait un drapeau israélien, en présence de responsables politiques israéliens.

"Il s'agit d'une attaque sans précédent contre l'Unrwa et ses locaux, elle constitue une violation grave du droit international et des privilèges et immunités des Nations unies", a dénoncé M. Fowler.

"Cela devrait nous servir de signal d'alarme", a-t-il ajouté, "ce qui arrive aujourd'hui à l'Unrwa peut arriver demain à n'importe quelle autre organisation internationale ou mission diplomatique".

Interrogé par l'AFP, le directeur de l'Unrwa en Cisjordanie occupée (dont dépend Jérusalem-Est), Roland Friedrich, a discerné une "probable intention" israélienne de "s'emparer des terrains pour construire des colonies", alors que le siège de l'organisation est déjà entouré de quartiers de colonisation.

Immunité en question 

Le ministère des Affaires étrangères israélien a défendu une "mise en oeuvre de la législation israélienne existante concernant +l'Unrwa-Hamas+".

Les autorités israéliennes ont accusé des employés de l'agence d'avoir participé à l'attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza.

L'ONU avait annoncé en août 2024 avoir limogé neuf de ses employés à Gaza, indiquant qu'ils pourraient avoir été impliqués, tout en précisant que leur commission d'enquête n'avait pas pu authentifier les renseignements utilisés par Israël pour fonder ses allégations.

Le complexe "ne bénéficie d'aucune immunité et sa saisie par les autorités israéliennes a été effectuée conformément au droit israélien et international", a aussi soutenu la diplomatie israélienne, affirmant qu'il "appartenait à l'Etat d'Israël".

Il s'agit "d'une installation des Nations Unies (...) donc inviolable en vertu de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies, que tous les Etats membres de l'ONU sont tenus de respecter", a objecté M. Fowler.

Selon lui, l'Unrwa loue son siège de Jérusalem-Est à la Jordanie depuis 1952 via un bail ininterrompu.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, "considère comme totalement inacceptable l'escalade persistante des actions contre l'Unrwa, qui sont incompatibles avec les obligations claires d'Israël au regard du droit international".

"Historique" 

L'Autorité palestinienne a mis en garde contre "une escalade délibérée (...) dans le cadre d'une attaque systématique" contre l'Unrwa et "d'une tentative de saper le système international de protection des réfugiés palestiniens".

A ce statut de réfugié, transmis de génération en génération, est associé le droit au retour, que conteste Israël, l'un des points les plus litigieux du conflit israélo-palestinien.

Créée en 1949, l'Unrwa gère des centres de santé et des écoles destinés aux réfugiés palestiniens dans les Territoires palestiniens, au Liban, en Syrie et en Jordanie.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, s'est rendu sur place pour saluer "un jour historique (...) très important pour la gouvernance à Jérusalem".

"Pendant des années, ces soutiens au terrorisme étaient ici, et aujourd'hui ils sont chassés (...) C'est ce qui arrivera à quiconque soutient le terrorisme", a ajouté cette figure de l'extrême droite sur Telegram.

Début décembre, l'Unrwa avait déjà dénoncé la saisie par les autorités israéliennes de biens sur le même site. La police avait indiqué à l'AFP que l'opération relevait d'un recouvrement de dettes.

Après le début de la guerre à Gaza, les autorités israéliennes ont déclaré Antonio Guterres et le chef de l'Unrwa, Philippe Lazzarini, personae non gratae en Israël.


Les ministres saoudiens saluent la prochaine phase du plan pour Gaza et le Conseil de la paix de Trump

La session s'est tenue mardi à Riyad et était présidée par le roi Salmane. (SPA)
La session s'est tenue mardi à Riyad et était présidée par le roi Salmane. (SPA)
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  • Les responsables soulignent l’urgence d’un cessez-le-feu et de l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza
  • Le Conseil des ministres du Royaume réaffirme son soutien à l’accord de cessez-le-feu et à l’intégration des Forces démocratiques syriennes au sein de l’État syrien

​​​​​​RIYAD : Le Conseil des ministres saoudien a salué la deuxième phase du plan de paix pour la bande de Gaza, soutenant la création d’un comité palestinien chargé de l’administration du territoire ainsi que l’annonce du Conseil de la paix par le président américain Donald Trump.

La session s’est tenue mardi à Riyad et a été présidée par le roi Salmane, selon l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Les ministres ont mis en avant la nécessité urgente d’un cessez-le-feu et de l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza. Ils ont appelé au retour de l’Autorité palestinienne dans le territoire et à la fin de l’occupation israélienne, afin d’établir un État palestinien indépendant conformément aux résolutions de l’ONU, à l’Initiative de paix arabe et à la solution à deux États.

Le Conseil des ministres a également soutenu l’accord de cessez-le-feu et l’intégration des Forces démocratiques syriennes au sein de l’État syrien, réaffirmant son attachement à la paix civile et à la souveraineté de la Syrie.

Concernant le Yémen, les ministres ont indiqué que l’Arabie saoudite poursuit ses efforts pour mettre fin à la crise et a lancé un ensemble de projets et de programmes d’une valeur de 507 millions de dollars pour développer des secteurs clés tels que la santé, l’éducation et les infrastructures.

En 2025, l’Arabie saoudite s’est classée première parmi les pays arabes et deuxième au niveau mondial sur la liste des donateurs au Yémen établie par les Nations unies, a ajouté la SPA.

Les ministres ont également souligné que la majorité des activités non pétrolières du Royaume ont enregistré des taux de croissance annuels compris entre 5 % et 10 % au cours des cinq dernières années, en ligne avec les objectifs de durabilité et la Vision 2030.

Ils ont enfin examiné et approuvé plusieurs protocoles d’accord signés avec le Pakistan, l’Irak et le Kirghizistan, ainsi que la promotion de plusieurs responsables saoudiens à des postes de haut niveau au sein de différents ministères. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com