Liban: La perturbation soudaine du taux de change irrite les Libanais

Des personnes font la queue pour du pain dans une boulangerie de Dahiyeh, dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban (Photo, AP).
Des personnes font la queue pour du pain dans une boulangerie de Dahiyeh, dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban (Photo, AP).
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Publié le Samedi 23 avril 2022

Liban: La perturbation soudaine du taux de change irrite les Libanais

  • Ce vendredi, la livre libanaise a atteint le très bas niveau de 28 000 livres libanaises pour un dollar
  • Selon un économiste, tous les signes indiquent que la situation au Liban continuera à se détériorer

BEYROUTH: Une perturbation soudaine du taux de change de la livre libanaise (1 livre libanaise = 0,00061 euro) a suscité la colère de la population à l'approche des élections parlementaires.
L'économiste Louis Hobeika a signalé que ces agitations devraient motiver les gens à «voter pour le changement et à ne pas réélire ceux qui sont au pouvoir».
Il a déclaré à Arab News que les partis au pouvoir ont eu tout le temps nécessaire pour promulguer des lois, mais n'ont rien fait.
La livre libanaise a soudainement atteint un niveau très bas, s'échangeant à 28 000 livres libanaises pour un dollar américain (1 dollar américain = 0,93 euro) ce vendredi, le pays étant en vacances officielles jusqu'à mardi pour la Pâque orthodoxe.
L'instabilité du taux de change a provoqué une clameur sur les marchés après des révélations publiées sur les réseaux sociaux selon lesquelles les propriétaires de magasins avaient déjà commencé à fixer le prix des marchandises sur la base d'un taux de 30 000 livres libanaises pour un dollar.
Selon l'agence de presse nationale libanaise, des manifestants ont bloqué l'autoroute du sud avec des pneus enflammés, en guise de dénonciation de la détérioration des conditions de vie.
L’Électricité du Liban, le fournisseur d'électricité public, a annoncé jeudi que la centrale électrique de Deir Ammar avait été fermée. La centrale électrique de Zahrani a fermé la semaine dernière, laissant les Libanais sans courant jusqu'à ce qu'un navire transportant une cargaison de carburant soit déchargé et analysé.
Les frais d'abonnement aux générateurs privés, facturés en dollars, continuent d'augmenter.
Les deux centrales dépendent exclusivement du carburant irakien dans le cadre d'un accord conclu entre les deux pays en août dernier.
L'État libanais est incapable d'obtenir les fonds nécessaires à l’importation de quantités supplémentaires de carburant en dollars, tandis que l'accord visant à obtenir de l'électricité de Jordanie et du gaz d'Égypte n'a pas encore été mis en œuvre.
L'accord avec l'Irak stipule que chaque mois, une seule cargaison de 40 000 tonnes de gazole est fournie au Liban, à l’intention d'EDL.
L'accord expire en septembre, et l’EDL s'était engagé à assurer «un niveau minimum de stabilité dans l'approvisionnement en électricité, jusqu'au 18 mai», à savoir après les élections législatives du 15 mai.
Le Liban était censé commencer à importer de l'électricité et du gaz de Jordanie et d'Égypte en mars, mais l’opération a été retardée à cause de l’incapacité de la Banque mondiale à financer les deux accords.
Le ministre de l'énergie, Walid Fayyad, a déclaré qu'il n'avait pas été officiellement informé par la Banque mondiale de la décision de retarder le financement.
«Nous sommes constamment en contact avec la Banque mondiale, l'ambassadrice américaine au Liban, Dorothy Shea, et son homologue française, Anne Grillo. La balle est maintenant dans le camp de l'administration américaine et de la Banque mondiale pour entamer des négociations officielles, une étape essentielle pour le financement», a déclaré Fayad jeudi.
Vendredi, la chaîne de télévision Al-Hurra, basée aux États-Unis, a cité un porte-parole du département d'État affirmant que le gouvernement américain attendait les contrats définitifs et les conditions de financement des parties pour s’assurer que les projets de gaz et d'électricité étaient conformes à la politique américaine et répondre à tout problème potentiel de sanctions.
Le gaz égyptien sera pompé vers le Liban via la Jordanie ainsi que la Syrie, qui fait l'objet de sanctions américaines en vertu de la loi César.
Selon Hobeika, «la confusion politique et l'incapacité à trouver des solutions aux problèmes actuels conduisent naturellement à un nouveau chaos».
Il a ajouté que tous les signes indiquaient que la situation au Liban continuait à se détériorer, notamment la valeur de la monnaie nationale.
«Il y a une incapacité politique évidente à trouver des solutions et à faire face à la réalité, et la meilleure preuve en est le chaos et les efforts insuffisants qui se sont produits lors de la session du Parlement qui s'est tenue pour discuter du projet de loi sur le contrôle des capitaux.
«Nous ne sommes qu'à trois semaines des élections législatives, et de telles discussions devraient être reportées jusqu'à la tenue des élections. D'ici là, le chaos régnera et la dépréciation de la monnaie nationale continuera à empirer.
«Cela est dû à la mauvaise impression laissée par le pouvoir en place, qui fera augmenter la demande de dollars. La pire chose que font les partis au pouvoir est d'essayer de tromper le FMI. Ils prétendent travailler sur des réformes, mais rien n'a changé. De telles réformes nécessitent des lois, et de telles lois n'existent pas encore au Liban.»


Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Premier ministre du Qatar à Téhéran pour relancer la diplomatie

Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre. (Reuters)
Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre. (Reuters)
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  • Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre et chef de la diplomatie qatarie, s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, a rapporté la télévision d'Etat iranienne
  • "Ils ont discuté des efforts déployés pour apaiser les tensions", ainsi que des échanges en cours entre l'Iran et Oman, pays qui bordent le détroit d'Ormuz, au sujet de "la mise en place d'un couloir maritime conjoint temporaire"

TEHERAN: Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre.

Déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran qui a riposté en bombardant les pays du Golfe, dont le Qatar, le conflit a baissé en intensité ces derniers mois, se cristallisant autour du détroit stratégique d'Ormuz, verrouillé par Téhéran.

Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre et chef de la diplomatie qatarie, s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, a rapporté la télévision d'Etat iranienne.

"Ils ont discuté des efforts déployés pour apaiser les tensions", ainsi que des échanges en cours entre l'Iran et Oman, pays qui bordent le détroit d'Ormuz, au sujet de "la mise en place d'un couloir maritime conjoint temporaire", a indiqué sur X le ministère qatari des Affaires étrangères.

Le Premier ministre qatari a "souligné la nécessité de respecter la souveraineté des pays voisins et la liberté de navigation", et insisté sur "l'importance de poursuivre les efforts diplomatiques pour résoudre les différends par le dialogue", indique le ministère.

Navire attaqué 

L'Iran exclut tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit, par lequel transitait avant fin février un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

Une situation inacceptable pour Washington et plusieurs autres pays de la région, qui réclament la réouverture du passage.

En début de semaine, l'Iran et Oman avaient annoncé discuter d'un accord-cadre en vue d'établir un "couloir temporaire" et de déployer un projet conjoint de déminage.

Selon les discussions en cours, les navires entrant dans le Golfe emprunteraient les eaux iraniennes, et ceux en sortant passeraient par les eaux omanaises avant de poursuivre leur route dans les eaux iraniennes, a indiqué Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères.

Mi-août, le Qatar avait appelé Mascate et Téhéran à finaliser un accord, afin de "faciliter" la reprise des négociations visant à mettre fin à la guerre.

Toutefois, un navire a une nouvelle fois été touché par un projectile dans le détroit d'Ormuz dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé l'agence maritime britannique UKMTO.

Les navires tentant de franchir le détroit sont régulièrement pris pour cible par l'Iran, qui conditionne la réouverture complète du détroit à une série de concessions de Washington et un arrêt de la guerre "sur tous les fronts".

Mais la visite du ministre qatari intervient aussi à un moment où les Etats-Unis, délaissant le volet militaire de la guerre, accentuent la pression économique sur l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales depuis des décennies.

Lundi, le ministre des Finances américain Scott Bessent a annoncé un nouveau paquet de sanctions et menacé d'isolement économique tout pays qui continuerait de commercer avec Téhéran.

Bien que la République islamique ait assuré que les Etats-Unis n'obtiendront "rien" avec cette pression, le président iranien Massoud Pezeshkian a reconnu que son pays faisait face à "de nombreuses difficultés économiques".

Le blocus des ports iraniens, imposé par Washington en représailles au verrouillage d'Ormuz, empêche le pays d'importer de l'essence, alors que la production nationale ne suffit pas à couvrir les besoins, a admis mercredi soir un haut responsable iranien.

Réduction des quotas d'essence 

Après l'annonce des nouvelles sanctions, les files d'attente s'allongeaient devant les stations-service en Iran.

Les autorités ont annoncé une rare réduction des quotas d'essence en vigueur depuis des années, avec des prix majorés pour quiconque souhaiterait les dépasser.

Les prix des carburants en Iran, l'un des principaux producteurs de pétrole mondiaux, sont parmi les plus bas du monde.

En 2019, une hausse soudaine du prix de l'essence avait provoqué des manifestations qui s'étaient étendues à une centaine de villes, faisant des dizaines de morts.

Alors que les Etats-Unis veulent sanctionner les partenaires économiques de l'Iran, le ministre iranien du Pétrole, Mohsen Paknejad, a affirmé jeudi que les ventes de pétrole au-delà des eaux territoriales iraniennes se poursuivaient.

"Des livraisons sont effectuées aux clients. (...) Elles ont certes diminué, mais elles ont persisté", a-t-il assuré auprès de l'agence Isna.

Les cours du pétrole brut restent stables jeudi matin, le marché jugeant que les initiatives diplomatiques se poursuivent au Moyen-Orient, le baril de Brent s'échangeant à 88 dollars.


L'Iran annonce des «accords» avec Oman sur un partage des revenus du détroit d'Ormuz

Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime. (AFP)
Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime. (AFP)
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  • Mardi à Téhéran, selon un communiqué conjoint, les ministres des Affaires étrangères omanais et iranien avaient discuté d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz
  • Selon le communiqué, les négociations se poursuivaient   pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires"

TEHERAN: Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime.

"Au cours des négociations avec Oman, certains accords ont été conclus concernant la part de chaque pays dans les eaux du détroit et la part de l'Iran et d'Oman dans ses revenus", a déclaré le porte-parole des Gardiens de la Révolution, Hossein Mohebi.

Il a accusé les Etats-Unis d'"entraver les travaux" visant à finaliser un accord.

Mardi à Téhéran, selon un communiqué conjoint, les ministres des Affaires étrangères omanais et iranien avaient discuté d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz et y prévoyant une opération de déminage.

Selon le communiqué, les négociations se poursuivaient   pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires".

Le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

Les Etats-Unis mènent en retour un blocus des ports iraniens.

L'Iran discute depuis des semaines avec Oman, tout en affirmant que le détroit restera verrouillé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord conclu mi-juin, prévoyant notamment la levée du blocus américain et des sanctions économiques contre Téhéran.

 


Le Premier ministre qatari à Téhéran jeudi

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  • Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran
  • Il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions

DOHA: Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran, où il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions, a déclaré mercredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, sur X.