Le Pen confrontée au défi des alliances

La candidate du Rassemblement national (RN), parti d'extrême droite français, Marine Le Pen (C), arrive au siège du RN à Paris, le 25 avril 2022, au lendemain des résultats du second tour des élections présidentielles françaises. (AFP)
La candidate du Rassemblement national (RN), parti d'extrême droite français, Marine Le Pen (C), arrive au siège du RN à Paris, le 25 avril 2022, au lendemain des résultats du second tour des élections présidentielles françaises. (AFP)
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Publié le Lundi 25 avril 2022

Le Pen confrontée au défi des alliances

  • La candidate d'extrême droite, défaite par Emmanuel Macron, a appelé à se lancer dans «la grande bataille» des élections législatives des 12 et 19 juin
  • Avec un score inégalé de 41,5% des voix au second tour, Marine Le Pen nourrit l'espoir d'obtenir «un grand nombre de députés» en réunissant les forces opposées au chef de de l'Etat

PARIS : Marine Le Pen, qui a essuyé sa troisième défaite présidentielle dimanche, est désormais confrontée au défi des alliances, notamment en vue des législatives, et à l'avenir de son parti dont elle ne devrait pas reprendre la présidence.

La candidate d'extrême droite, défaite par Emmanuel Macron, a dès dimanche soir appelé à se lancer dans "la grande bataille" des élections législatives des 12 et 19 juin.

Avec un score inégalé de 41,5% des voix au second tour, Marine Le Pen nourrit l'espoir d'obtenir "un grand nombre de députés" en réunissant les forces opposées au chef de de l'Etat. 

"Ne laissez pas les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron", qui est "un dirigeant autoritaire", a lancé lundi sur BFMTV le président par intérim du Rassemblement national Jordan Bardella, en arrivant au siège du parti pour des réunions post-électorales.

Mais avec le mode de scrutin, majoritaire à deux tours, il lui faut nouer des alliances pour remporter l'élection, a rappelé Brice Teinturier, directeur d'Ipsos, sur France Inter. "Si vous avez 50% d'abstention, il faut obtenir 25% des exprimés. Cela suppose donc des alliances partout pour pouvoir gagner".

Une gageure pour le RN, qui ne semble pas disposé à faire des compromis.

"On ne va pas se lancer dans des alliances sur des théories qui ne sont pas les nôtres", a affirmé sur BFMTV le député et porte-parole du RN Sébastien Chenu.

«Difficulté»

Marine Le Pen a pour sa part ignoré, entre les deux tours, son rival d'extrême droite Eric Zemmour, qui a réuni 7% des voix. Elle sera "la cheffe de la bataille des législatives", a assuré le député européen Jean-Lin Lacapelle.

"Personne ne veut s'allier avec (le RN). Et cette incapacité, cette difficulté à nouer des alliances lui est fatale dans une élection comme les législatives. Et c'est pour ça (...) qu'il ne faut pas conclure trop vite à une possible cohabitation", analyse auprès de l'AFP M. Teinturier.

A Reims début février, elle avait écarté toute possibilité d'accord avec les candidats Reconquête! venus du RN. "Ceux qui sont partis chez Eric Zemmour, c'est un aller sans retour. Aucun accord électoral ne se fera autour de ces candidatures".

L'ancien polémiste, qui avait appelé à voter pour elle, a invité dimanche le "bloc national" à "s'unir", mais tout en critiquant la huitième défaite d'un Le Pen à la présidentielle.

"Il faut qu'il dégonfle sa tête, qui est énorme, et qu'il arrête d'insulter les gens", a taclé sur France Inter Louis Aliot, vice-président du RN.

M. Zemmour et Mme Le Pen ne sont pas sur la même ligne: la première veut réunir les électeurs et de droite et de gauche qui partagent sa politique, alors que le second promeut une "union des droites" entre l'extrême droite et l'aile dure de LR.

«Présidence du RN»

Entre les deux tours, la cheffe de file du RN a davantage fait des clins d'oeil aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon, qui ont été environ 18% à voter pour elle dimanche, selon BVA, au lieu d'environ 7% en 2017.

Le FN (devenu RN) a obtenu une seule fois un groupe de 32 députés à l'Assemblée, de 1986 à 1988. Mais à l'époque le mode de scrutin était proportionnel.

En 2017, le RN n'a pas pu constituer de groupe n'obtenant que 8 députés, y compris l'apparentée Emmanuelle Ménard. Sa représentation s'était ensuite réduite à 7 élus, après la défection de José Evrard --décédé depuis-- chez Nicolas Dupont-Aignan.

Aux législatives, Marine Le Pen devra aussi tenir compte de l'abstention, qui touche particulièrement les catégories populaires et les jeunes, au coeur de son électorat, et qui l'avait empêchée de remporter une seule région en 2021.

Elle-même devrait se représenter à la députation, dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, où sa réélection semble acquise. Dans son fief d'Hénin-Beaumont, elle a réuni 67% des voix.

Mais elle pourrait ne pas reprendre la présidence du RN, selon M. Chenu, dont elle a confié les rênes, le temps de la campagne, à son fidèle lieutenant Jordan Bardella.

Le mouvement, toujours lourdement endetté, avait subi une désaffection après son échec en 2017 et avait été secoué par la concurrence d'Eric Zemmour, qui a attiré des élus et des militants.


Après un premier cas positif à l'hantavirus, les règles d'isolement durcies en France

La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
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  • La France a renforcé les mesures d’isolement après qu’une passagère rapatriée d’une croisière a été testée positive à l’hantavirus Ande
  • Tous les cas contacts identifiés seront désormais placés en quarantaine hospitalière renforcée pendant 42 jours, tandis que l’OMS estime que le risque épidémique reste faible

PARIS: Les règles d'isolement ont été durcies en France avec l'annonce d'une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier" pour tous les cas contacts, après le test positif à l'hantavirus d'une passagère d'un bateau de croisière, hospitalisée "dans un état stable" à Paris selon le gouvernement.

Sur les cinq passagers français rapatriés dimanche et placés à l'isolement à l'hôpital Bichat, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé" dans la nuit de dimanche à lundi et les "tests sont revenus positifs", a annoncé la ministre de la Santé Stéphanie Rist lundi matin sur France Inter.

Le Premier ministre a précisé lundi soir sur le réseau social X qu'elle se trouvait "toujours en réanimation dans un état stable". Son état de santé est "très critique", a indiqué de son côté le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse lundi.

Les quatre autres passagers sont "toujours testés négatifs" et font l'objet "d'un processus d'isolement renforcé en milieu hospitalier", a ajouté Sébastien Lecornu.

Par ailleurs, aucun des huit "cas contacts à haut risque", des Français qui ont partagé le vol d’une personne malade il y a 15 jours, "ne présente de symptômes", selon le chef du gouvernement.

Toutefois, il annonce "pour tous les cas contacts, sans exception", une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier", dans son message posté à l'issue d'une réunion interministérielle à Matignon.

- 22 cas contacts -

La ministre de la Santé faisait état lundi matin d'un total de 22 cas contacts identifiés: les huit passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg et 14 autres à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam du même jour. Une croisiériste néerlandaise, infectée et depuis décédée, avait voyagé à bord du premier vol et était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé.

Cette annonce du Premier ministre durcit pour ces cas contacts les règles fixées dans un décret publié dans la nuit de dimanche à lundi au Journal officiel: il leur était jusqu'ici d'abord demandé de se signaler "sans délai" et d'observer une "mesure de quarantaine à domicile dans l'attente d'une évaluation de leur risque d'infection".

Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et deux autres probables ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.

La variante du virus détectée à bord du MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu et son taux de létalité peut dépasser les 40% selon les spécialistes.

- "Agir tout au début" -

L'OMS se veut rassurante devant le "faible" niveau de risque épidémique, le virus étant moins contagieux que le Covid-19.

"Ce qui est important, c'est d'agir tout au début", a insisté la ministre de la Santé, "c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus".

Deux réunions interministérielles sur l'hantavirus auront d'ailleurs lieu chaque jour à Matignon, a indiqué le Premier ministre qui a aussi reçu lundi soir des spécialistes de l'épidémiologie.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV, appelant à "ne pas créer de panique".

La ministre de la Santé a une nouvelle fois assuré que la France disposait des stocks nécessaires de masques et de tests.

"J'ai évidemment demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez" mais "l'organisation depuis le Covid a permis de faire en sorte que nous avons assez de stocks de masques, de stocks de tests", a-t-elle dit.

Selon l'OMS, tous les occupants du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des "contacts à haut risque" et devront faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.