Elon Musk rachète Twitter pour 44 milliards de dollars

L'action Twitter a grimpé à l'ouverture des marchés de Wall Street, le 25 avril 2022, alors que l'on apprenait que l'entreprise allait accepter l'offre de rachat d'Elon Musk. (AFP/File Photo)
L'action Twitter a grimpé à l'ouverture des marchés de Wall Street, le 25 avril 2022, alors que l'on apprenait que l'entreprise allait accepter l'offre de rachat d'Elon Musk. (AFP/File Photo)
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Publié le Mardi 26 avril 2022

Elon Musk rachète Twitter pour 44 milliards de dollars

  • Le patron de Tesla et homme le plus riche au monde devient donc le propriétaire de la plateforme Twitter
  • L'ancien président américain avait été suspendu définitivement de Twitter en janvier 2021 pour avoir appelé à contester les résultats du scrutin présidentiel et invité à la violence

SAN FRANCISCO : Elon Musk a réussi son pari: le patron de Tesla et de SpaceX a passé un accord définitif avec le conseil d'administration de Twitter pour racheter le réseau social, valorisé à 44 milliards de dollars, dans le but affiché de défendre la liberté d'expression.

L'homme le plus riche au monde devient donc le propriétaire de la plateforme qu'il avait annoncé convoiter il y a moins de deux semaines, et malgré l'opposition initiale affichée par le conseil.

"La liberté d'expression est le socle d'une démocratie qui fonctionne, et Twitter est la place publique numérique où les sujets vitaux pour le futur de l'humanité sont débattus", a déclaré Elon Musk, cité dans le communiqué de Twitter.

Il va racheter le réseau social au prix de 54,20 dollars par action - soit 38% de plus que sa valeur à la clôture de la Bourse de New York le 1er avril 2022 - et en faire une entreprise privée, non cotée en Bourse.

Le conseil d'administration (CA) a initialement tenté d'empêcher ce rachat. 

Mais Elon Musk a indiqué la semaine dernière qu'il avait sécurisé 46,5 milliards de dollars pour mener à bien l'opération grâce à sa fortune personnelle et à deux prêts bancaires de Morgan Stanley. Il avait également menacer de lancer une offre publique d'achat (OPA) hostile en passant directement par les actionnaires.

"Une fois que le financement a été mis en place avec la menace d'une OPA hostile, le CA ne pouvait plus avoir recours à un chevalier blanc ou à un second enchérisseur", a relevé Dan Ives de Wedbush Securities.

"Cela les a mis le dos au mur et les a contraints à venir à la table de négociations", a ajouté l'analyste.

«Jouet très cher»

La nouvelle a suscité de nombreuses réactions, de l'enthousiasme à l'angoisse.

"Twitter a un but et un sens qui concernent le monde entier. Je suis très fier de nos équipes et inspiré par le travail qui n'a jamais été aussi important", a déclaré sobrement Parag Agrawal, l'actuel dirigeant de Twitter.

Fort de ses plus de 83 millions d'abonnés, Elon Musk se sert presque tous les jours de son compte Twitter pour donner des nouvelles de ses entreprises, plaisanter ou lancer des polémiques.

C'est aussi l'un des critiques les plus acerbes de la plateforme. Il estime que la liberté d'expression n'y est pas suffisamment respectée et juge trop sévère la modération des contenus. 

De nombreux élus américains et étrangers considèrent au contraire la modération insuffisante pour lutter contre la haine et la désinformation. Et voient d'un mauvais œil l'arrivée aux commandes d'un homme d'affaires libertarien.

“Musk n'a pas seulement acheté un nouveau jouet très cher, mais une communauté mondiale qui comprend 330 millions d'utilisateurs réguliers. Contrôler une plateforme aussi importante donne des responsabilités tout aussi importantes", a commenté Jessica Gonzalez, co-directrice de l'ONG Free Press.

Elle lui reproche notamment de se servir de Twitter pour attaquer les personnes qu'il n'aime pas, souvent de façon "infantile", encouragé et aidé par sa "meute de fans fidèles".

"J'espère que même mes pires critiques resteront sur Twitter, c'est ce que signifie la liberté d'expression", a tweeté lundi Elon Musk, avant l'annonce.

«Quelqu'un de bien»

Joe Biden, le président des Etats-Unis, s'est dit lui "inquiet du pouvoir des grands réseaux sociaux sur nos vies quotidiennes", quel qu'en soit le patron.

Certains observateurs s'inquiètent à l'idée qu'il autorise certaines personnes bannies du réseau à revenir, dont Donald Trump, suspendu définitivement de Twitter en janvier 2021 pour incitation à la violence.

 

Trump exclut un retour sur Twitter malgré son rachat par Elon Musk

L'ex-président américain Donald Trump a exclu lundi de revenir sur Twitter, dont il a été banni en janvier 2021, malgré le rachat du réseau social par le milliardaire Elon Musk annoncé le même jour.

"Je ne vais pas sur Twitter, je reste sur TRUTH", a-t-il déclaré à la chaîne américaine Fox News en référence à la plateforme Truth Social, qu'il a lancée en février et présentée comme une alternative conservatrice à Facebook, Twitter et YouTube.

Mais l'application mobile, censée être entièrement fonctionnelle d'ici fin mars, avait peiné à répondre à la demande dès son lancement, minée par des problèmes techniques.  

"J'espère qu'Elon achètera Twitter parce qu'il fera des améliorations et c'est un gars bien, mais je reste sur Truth", a-t-il répété.

"Je veux rendre Twitter meilleur que jamais en l'améliorant avec de nouvelles fonctionnalités, rendre les algorithmes +open source+ pour augmenter la confiance, vaincre les robots qui font du spam et authentifier tous les humains" a indiqué Elon Musk dans le communiqué, précisant vouloir "débloquer le potentiel"  du réseau en "travaillant avec l'entreprise et la communauté".

Ces dernières semaines, il a déjà suggéré l'ajout d'un bouton "modifier" pour corriger un tweet après publication et des changements dans la formule d'abonnement payante, Twitter Blue.

Le fantasque milliardaire avait créé la surprise début avril en annonçant avoir acquis environ 9% des actions du groupe. Il avait alors été invité à rejoindre le CA, mais avait décliné cette offre, qui aurait réduit sa marge de manœuvre.

Sortir de la Bourse, quelles conséquences pour Twitter?

En sortant de la Bourse, une entreprise n'est plus soumise aux multiples pressions des actionnaires et du grand public, qui "selon l'idée reçue, imposent beaucoup de contraintes à la direction et l'empêchent de déployer son capital de façon efficace", remarque William Lee, chef économiste pour l'institut Milken. 

Mais après avoir sorti une entreprise de la Bourse, les nouveaux propriétaires "sont en général bien plus regardants" et "plus exigeants en termes de retours sur leurs investissements", ajoute-t-il.

La différence, estime-t-il, est qu'une entreprise cotée en Bourse doit gérer des actionnaires sensibles aussi bien à la diversité qu'à l'environnement ou qu'à l'échelle des salaires. Tandis qu'une société d'investissement est principalement concentrée sur l'aspect opérationnel et financier. 

Twitter devra notamment rembourser les emprunts accordés à Elon Musk pour financer l'opération, rappelle Gregori Volokhine, gestionnaire de portefeuille pour Meeschaert Financial Services. Le groupe ne peut sans doute pas se permettre par exemple, au moins à court terme, d'abandonner la publicité comme suggéré par M. Musk, avance-t-il.

Le CA avait ensuite adopté une clause pour bloquer Elon Musk, mais le dirigeant d'origine sud-africaine a gagné en sécurisant les fonds et le soutien de certains actionnaires.

"La transaction proposée constitue un bonus substantiel et nous pensons que c'est le meilleur choix à faire pour les actionnaires de Twitter", a déclaré Bret Taylor, président du CA. 


Les marchés des capitaux doivent intervenir pour mener à bien les objectifs de l’initiative Vision 2030

L’analyse menée par S&P Global indique que les besoins de l’Arabie saoudite en matière d’investissement sont «importants». (Shutterstock).
L’analyse menée par S&P Global indique que les besoins de l’Arabie saoudite en matière d’investissement sont «importants». (Shutterstock).
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  • Parallèlement à la flambée des prix du pétrole, S&P Global affirme que l’Arabie saoudite devrait devenir l’une des grandes économies à la croissance la plus rapide au monde en 2022
  • Le rapport soutient que l’Arabie saoudite a mieux résisté que d’autres pays à la vague d’inflation qui avait secoué le monde, le riyal étant indexé sur le dollar

RIYAD: Le secteur bancaire saoudien ne sera pas en mesure de financer tous les projets de l’initiative Vision 2030 du Royaume: c’est ce qu’indique un rapport qui insiste sur la nécessité d’investissements privés supplémentaires.

L’analyse menée par S&P Global révèle que les besoins de l’Arabie saoudite en matière d’investissement sont «importants» et que les marchés des capitaux joueront un «rôle clé» dans le financement non seulement des investissements du secteur privé, mais de mégaprojets comme Neom, dont l’introduction en bourse est prévue pour 2024.

Quantifier le montant exact du financement nécessaire aux plans de croissance ambitieux de l’Arabie saoudite n’est «pas facile», explique le rapport, dans la mesure où le Royaume a l’intention d’augmenter la contribution du secteur privé au produit intérieur brut de 40 à 65% et la part des exportations non pétrolières dans le PIB de 16 à 50%.

Parallèlement à la flambée des prix du pétrole, S&P Global affirme que l’Arabie saoudite devrait devenir l’une des grandes économies à la croissance la plus rapide au monde en 2022. L’entreprise prévoit une croissance du PIB réel supérieure à 7% cette année ainsi qu’un retour à des excédents budgétaires à 6,3% du PIB en 2022 et à 3,5% en 2023.

Le rapport signale que «les banques saoudiennes ont contribué de manière considérable à un objectif clé de l’initiative Vision 2030: augmenter l’accès à la propriété à 70% d’ici à 2030 [60% en 2020]».

«Les prêts hypothécaires ont été le principal moteur de croissance des banques saoudiennes au cours des dernières années. Ils ont atteint, en tout, 503,2 milliards de riyals saoudiens (SAR), soit 133,85 milliards de dollars (1 dollar = 0,96 euro), au 30 juin 2022, contre 140,3 milliards de SAR au 31 décembre 2018.

«À mesure que le marché arrive à maturité et que les taux d’intérêt continuent d’augmenter, l’origination perdra probablement de son élan au cours des douze à vingt-quatre prochains mois.»

«Cependant, à mesure que les contrats pour les projets de l’initiative Vision 2030 sont attribués, les prêts aux entreprises devraient commencer à contribuer de manière plus significative à la croissance des crédits bancaires.»

S&P Ratings affirme que, même si les entreprises saoudiennes fixent des objectifs ambitieux de dépenses en capital au cours des cinq prochaines années, l’entreprise ne réévaluerait pas nécessairement ces entreprises «compte tenu de leurs bilans sains et de leurs fortes liquidités».

«Au fil du temps, cependant, nous procéderons à la réévaluation au fur et à mesure de l’exécution des projets, puisque toute note à la hausse dépendrait de l’amélioration des tendances commerciales, de la croissance durable de l’ebitda [bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement] ou d’un effet de levier plus important», souligne le rapport.

Ce dernier soutient que l’Arabie saoudite a mieux résisté que d’autres pays à la vague d’inflation qui avait secoué le monde, le riyal étant indexé sur le dollar, ce qui contribue à minimiser l’imprévisibilité.

«Nous prévoyons une inflation de 2,5% en 2022 avant de grimper à 2,7% en 2023 puis de redescendre à 1,9% en moyenne en 2024-2025. Nous nous attendons à ce que les hausses de taux d’intérêt affectent davantage le secteur privé et les ménages que les activités qui sont en lien avec le gouvernement, compte tenu des prix du pétrole prétendument élevés, mais plutôt en baisse», fait savoir le rapport.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les prix flambent et propulsent New York en tête des villes les plus chères au monde

Une vue sur le coucher du soleil de Manhattanhenge depuis Hunters Point South Park, le 11 juillet 2016 dans le quartier Queens de New York. (AFP)
Une vue sur le coucher du soleil de Manhattanhenge depuis Hunters Point South Park, le 11 juillet 2016 dans le quartier Queens de New York. (AFP)
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  • New York et Singapour - la Cité-Etat est en tête du classement pour la huitième fois en dix ans - détrônent Tel Aviv, coeur culturel et économique d'Israël, qui avait coiffé le classement l'an dernier
  • La plupart des autres villes européennes descendent, car la crise énergétique et l'affaiblissement des économies ont pesé sur l'euro et les monnaies locales

NEW YORK: New York est, pour la première fois, en tête du classement des villes les plus chères du monde, ex-aequo avec Singapour, une habituée de la première place, propulsée par la crise mondiale du coût de la vie, d'après l'hebdomadaire The Economist.

"Les prix ont flambé de 8,1% en moyenne sur un an (en monnaie locale) dans 172 villes majeures autour du monde, la plus forte hausse enregistrée depuis au moins 20 ans", selon le rapport 2022 sur le coût de la vie, publié jeudi par la revue britannique.

Ces hausses reflètent notamment l'impact de "la guerre en Ukraine et des restrictions persistantes liées à la pandémie (qui) perturbent les chaînes d'approvisionnement" et touchent en particulier "l'énergie et l'alimentation".

New York et Singapour - la Cité-Etat est en tête du classement pour la huitième fois en dix ans - détrônent Tel Aviv, coeur culturel et économique d'Israël, qui avait coiffé le classement l'an dernier.

La vigueur du dollar ces derniers mois, valeur refuge en temps de crise, fait monter les villes des Etats-Unis au classement car celui-ci est réalisé après conversion des prix dans la devise américaine: sa hausse se traduit donc mécaniquement par des prix plus faibles hors Etats-Unis.

Los Angeles se hisse ainsi à la quatrième place et San Francisco à la huitième.

Moscou et Saint-Pétersbourg ont vu leurs prix s'envoler et bondissent au classement - la capitale russe gagne 88 places à la 37e position - sous l'effet des sanctions occidentales et d'un marché de l'énergie dynamique qui soutient le rouble, relève The Economist.

Mais la plupart des autres villes européennes descendent, car la crise énergétique et l'affaiblissement des économies ont pesé sur l'euro et les monnaies locales. Paris perd ainsi quatre places, à la neuvième position, tandis que Lyon dégringole de 34 places, à la 90e.

Les hausses de prix les plus rapides ont été celles de l'essence (comme en 2021), qui a grimpé de 22% en monnaie locale dans la foulée des prix du brut, mais aussi de l'électricité, de l'alimentation et des articles ménagers de base.

En revanche, les prix des loisirs sont restés modérés, "ce qui peut refléter une demande plus faible, alors que les consommateurs concentrent leurs dépenses sur les biens essentiels", selon The Economist, qui s'appuie sur une enquête réalisée entre le 16 août et le 16 septembre derniers.


Crypto: L'ex-patron de la plateforme FTX, en faillite, s'excuse mais réfute l'escroquerie

«Je suis profondément désolé de ce qui s'est passé», a déclaré Sam Bankman-Fried lors de sa première interview en public depuis la défaillance de FTX (Photo, AFP).
«Je suis profondément désolé de ce qui s'est passé», a déclaré Sam Bankman-Fried lors de sa première interview en public depuis la défaillance de FTX (Photo, AFP).
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  • Les sommes ponctionnées, sans autorisation expresse, par Alameda et provenant de comptes de clients FTX atteignaient environ 10 milliards de dollars
  • Plusieurs médias américains ont rapporté que plus d'un milliard de dollars de ce total serait aujourd'hui introuvable

NEW YORK: L'ancien patron de la plateforme d'échanges de cryptomonnaies FTX s'est dit mercredi "profondément désolé" après la faillite de la société, mais s'est défendu d'avoir commis une escroquerie.

"Je suis profondément désolé de ce qui s'est passé", a déclaré Sam Bankman-Fried lors de sa première interview en public depuis la défaillance de FTX.

Pris dans un vent de panique qui avait poussé les utilisateurs à tenter de retirer massivement leurs fonds de la plateforme, FTX a d'abord suspendu les retraits, avant d'être contraint au dépôt de bilan le 11 novembre.

"J'étais directeur général de FTX, ce qui signifie que quoi qu'il se passe, j'avais obligation de préserver les intérêts des actionnaires et des clients", a reconnu l'ex-dirigeant, interrogé dans le cadre d'une conférence du New York Times.

"J'ai clairement fait beaucoup d'erreurs, des choses que je donnerais tout pour pouvoir corriger aujourd'hui", a poursuivi le trentenaire, vêtu de son habituel tee-shirt sombre.

Sam Bankman-Fried est soupçonné d'avoir utilisé, avec des collaborateurs, des fonds déposés sur la plateforme par des clients de FTX pour réaliser des opérations financières spéculatives avec son autre société, Alameda Research.

S'ils étaient avérés, ces faits pourraient lui valoir des poursuites pénales.

Selon le Wall Street Journal, au moment du dépôt de bilan, les sommes ponctionnées, sans autorisation expresse, par Alameda et provenant de comptes de clients FTX atteignaient environ 10 milliards de dollars.

Plusieurs médias américains ont rapporté que plus d'un milliard de dollars de ce total serait aujourd'hui introuvable.

"Je n'ai pas cherché à commettre de fraude vis-à-vis de qui que ce soit", a assuré l'entrepreneur à l'épaisse chevelure bouclée, qui a contribué à son image de génie iconoclaste.

"Je n'ai pas essayé de mélanger les fonds" et d'utiliser de l'argent appartenant à des clients pour réaliser, à leur insu, des placements à risque, a martelé Sam Bankman-Fried, en duplex vidéo depuis les Bahamas, où se trouve le siège de FTX et où il réside toujours.

Les risques ignorés

Durant l'interview, Sam Bankman-Fried est apparu dépassé par les événements et a semblé n'avoir qu'une vision très parcellaire des dessous de la défaillance de FTX.

"Je ne dirigeais pas Alameda", a-t-il dit, même s'il en était l'actionnaire principal. "Je ne connaissais pas la taille de leur position", c'est-à-dire la somme empruntée à FTX, a assuré ce diplômé en physique du prestigieux Massachusetts Institue of Technology (MIT).

Le successeur de Sam Bankman-Fried, John Ray III, a fustigé, mi-novembre, la gestion de FTX et décrit une société au contrôle centralisé "entre les mains d'un très petit groupe d'individus inexpérimentés, peu avertis et potentiellement corrompus".

Il s'agit d'un cas "sans précédent", a ajouté M. Ray, qui a pourtant présidé, par le passé, à la mise en ordre de plusieurs grands groupes en faillite, notamment le courtier en énergie Enron, souvent considéré comme une référence en la matière.

Interrogé au sujet d'un éventuel passage devant la justice, Sam Bankman-Fried a expliqué qu'il ne se "(concentrait) pas là-dessus", ajoutant que ses avocats lui avaient déconseillé de prendre la parole publiquement.

Il s'est dit davantage intéressé par le fait d'"essayer de faire tout (son) possible pour aider" les investisseurs et les clients de la plateforme.

De loin la personnalité la plus en vue du monde des cryptomonnaies, Sam Bankman-Fried incarnait pour certains l'avenir du secteur, d'autant qu'il se disait favorable à davantage de régulation.

Un temps crédité d'une fortune estimée à 26 milliards de dollars, entièrement basée sur la valorisation de FTX et Alameda, le jeune homme a tout perdu avec la faillite de sa plateforme.

"Beaucoup de ce que nous faisions était une distraction", qui nous a éloignés d'un "sujet incroyablement important, sur lequel nous avons totalement failli: les risques", a admis Sam Bankman-Fried.

"La gestion du risque, les risques liés aux placements des clients ou aux conflits d'intérêt", a détaillé "SBF".

Les déboires de FTX ont brutalement secoué l'univers des cryptomonnaies et poussé plusieurs plateformes à suspendre les retraits de clients.

Lundi, c'est le spécialiste des prêts en cryptomonnaies BlockFi qui a annoncé son dépôt de bilan.

La séquence a mis au jour, comme celle qui avait suivi, au printemps, l'implosion de la devise numérique Terra, l'interconnexion de nombre de plateformes, qui se prêtaient les unes aux autres souvent sans garanties suffisantes.