Le candidat à la mairie, M. Lopez, s’engage à changer les politiques antiarabes et antimusulmanes de Chicago

Le candidat à la mairie Raymond Lopez a dénoncé mercredi dernier le fait que la maire de la ville, Lori Lightfoot, ait pris pour cible la communauté arabe et musulmane. (Capture d'écran)
Le candidat à la mairie Raymond Lopez a dénoncé mercredi dernier le fait que la maire de la ville, Lori Lightfoot, ait pris pour cible la communauté arabe et musulmane. (Capture d'écran)
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Publié le Vendredi 06 mai 2022

Le candidat à la mairie, M. Lopez, s’engage à changer les politiques antiarabes et antimusulmanes de Chicago

  • Le candidat à la mairie Raymond Lopez a dénoncé mercredi dernier le fait que la maire de la ville, Lori Lightfoot, ait pris pour cible la communauté arabe et musulmane
  • Au mois de juin dernier, une équipe spéciale d'inspecteurs et de policiers a fermé de force plus de cent cinquante commerces arabes et musulmans

CHICAGO: Le candidat à la mairie Raymond Lopez a dénoncé mercredi dernier le fait que la maire de la ville, Lori Lightfoot, ait pris pour cible la communauté arabe et musulmane, qualifiant son action de «répugnante et de mauvais goût». Il a promis de lancer une enquête sur ce qui a entraîné la perte de centaines d'emplois et de millions de revenus et de recettes fiscales.

M. Lopez a ajouté que son administration rétablirait les festivals et la présence culturelle de la communauté dans la deuxième plus grande ville d'Amérique.

Au mois de juin dernier, une équipe spéciale d'inspecteurs et de policiers a fermé de force plus de cent cinquante commerces arabes et musulmans, ce que les détracteurs du maire ont perçu comme un effort malavisé de Lightfoot pour réprimer la violence des gangs de rue. La plupart de ces magasins étant ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre; les membres des gangs s'y réfugiaient souvent au milieu de la nuit pour échapper à la police en cas de violence.

M. Lopez, la seule personnalité hispanique à avoir annoncé sa candidature à l'élection du 28 février 2023 à Chicago, a tenu ces propos lors d'une interview radio en direct sur The Ray Hanania Show, une émission diffusée en direct sur le réseau de la radio arabe américaine et sponsorisé par Arab News.

«Je suis un ami absolu de la communauté arabe, pas seulement en paroles, mais en actes, et je continuerai à être cet ami», a lancé Lopez, ajoutant qu'il travaillerait avec les Américains d'origine arabe pour réhabiliter le festival Arabesque, fermé par l'ancien maire Rahm Israel Emanuel en 2011, et qu'il était sûr que les politiques discriminatoires de Mme Lightfoot prendraient également fin.

«Cela montre simplement à quel point Lori Lightfoot est désemparée face au problème numéro un de la ville de Chicago qui est la criminalité et la violence hors de contrôle. Accuser les propriétaires de stations-service et de magasins simplement parce que c'est là que le crime finit, dans leurs parkings ou à côté d'eux, sur leurs trottoirs, était une erreur de calcul complète de sa part. Je pense que, personnellement, elle a pensé que la communauté arabe serait une communauté facile à cibler au sein de la communauté noire, car elle ne faisait qu'attiser l'animosité qui règne dans certains quartiers.»

Chicago a connu une recrudescence des homicides liés aux armes à feu des gangs de rue au cours des trois années de mandat de Mme Lightfoot; la maire n'a pas été en mesure d’endiguer cette hausse.

Au mois de septembre dernier, M. Lopez s'est associé aux commerces arabes pour dénoncer les actions de la maire, ce qui a obligé cette dernière à rouvrir tous les magasins le lendemain, beaucoup ayant été fermés pendant plus de trois mois.

«Toutes les violations, les plaintes et les questions ont disparu du jour au lendemain», souligne M. Lopez, après que la communauté arabe a tenu une conférence de presse pour dénoncer les actions de la maire de Chicago.

«Nous savons que la communauté arabe est aussi importante que n'importe quelle communauté d'immigrés. Cette semaine, nous fêtons la communauté polonaise, la communauté mexicaine – la mienne... Nous avons célébré la communauté irlandaise au mois de mars. Nous faisons tous partie du tissu. S’acharner sur une seule partie et prétendre qu’elle est le problème est pour le moins répugnant et de mauvais goût.»

M. Lopez a également promis de travailler avec la communauté arabe et musulmane pour restaurer le festival arabe annuel de Chicago, Arabesque, qui a été fermé par le prédécesseur de Mme Lightfoot, M. Emanuel. C’était là l’un de ses premiers actes officiels après son entrée en fonction, en 2011.

M. Emanuel a ensuite procédé à la fermeture de la Commission consultative arabe de Chicago et il a exclu les Arabes de son administration. Mme Lightfoot avait promis de travailler avec les Arabes américains pendant sa campagne pour succéder à M. Emanuel, mais elle n'a rien fait lorsqu'elle a été élue maire, en mai 2019.

«Nous savons que la communauté arabe et l'électeur arabe sont souvent considérés comme acquis. Pour ma part, j'ai grandi avec des Arabes dans mon quartier [...]. Nous sommes allés ensemble au lycée. Je ne suis pas étranger à la communauté arabe. Et j'attends avec impatience le moment où nous pourrons organiser à nouveau le festival arabe et où nous pourrons célébrer ce qui est selon moi la quintessence de Chicago, notre diversité ethnique, et inviter toutes les communautés à goûter notre cuisine, à écouter notre musique et à profiter de notre bonne compagnie», a affirmé M. Lopez.

«Et il n'y a aucune raison pour que la communauté arabe ne puisse pas faire partie de cette tradition au même titre que la communauté mexicaine, la communauté chinoise, qui a ses festivals, la communauté coréenne, etc., comme tant d'autres communautés dans la ville. Nous devons à nouveau honorer notre diversité, car c'est vraiment la seule chose que nous ayons en commun. Nous sommes tous de partout. Il n'y a aucune raison de faire de la discrimination et de choisir son camp. Nous pouvons vivre sous un même toit et nous apprécier les uns les autres, et nous le referons bientôt.»

M. Lopez a souligné qu’«il devrait y avoir une place pour tout le monde à la table du gouvernement de la ville» et que chacun devrait se sentir le bienvenu comme c'est le cas en ce moment à Chicago.

«Vous savez que ces fermetures ont coûté des millions de dollars, non seulement à la ville de Chicago, mais aussi aux propriétaires de petites entreprises qui ont été touchées uniquement parce qu’on essayait de trouver une infraction pour rédiger un procès-verbal et de tenter de justifier cette action. Le gouvernement ne devrait pas cibler les gens à la seule fin de se construire un discours», a déclaré M. Lopez.

M. Lopez a reconnu que les fermetures avaient coûté à la ville de Chicago des millions de dollars en recettes fiscales perdues pour l'essence et les ventes. Elle a également entraîné le licenciement de centaines d'employés de magasins qui appartenaient à des Arabes.

Hassan Nijem, membre de la Chambre de commerce arabo-américaine, a fait savoir que de nombreux propriétaires arabes de stations-service appartenant avaient perdu en moyenne 70 000 dollars (1 dollar = 0,95 euro) de revenus par mois. De nombreux magasins ont été fermés pendant deux à trois mois et ils n'ont jamais été remboursés par la ville pour le manque à gagner qu’a généré cette situation.

M. Lopez a précisé qu'il se joindrait à d'autres conseillers municipaux, dont Gilbert Villegas et Silvana Tabares, afin d’organiser un forum public le lundi 9 mai au Centre communautaire islamique de l'Illinois, à Chicago, afin d'examiner les agissements de Mme Lightfoot contre les propriétaires d'entreprises arabes et musulmanes.

Il a également expliqué que les médias de Chicago devaient mieux observer les actions de Mme Lightfoot, notamment celles qu’elle engage contre les groupes minoritaires comme les Américains d'origine arabe.

Mme Lightfoot a décliné les demandes d'interviews d'Arab News.

 Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 

Le Ray Hanania Radio Show est diffusé sur l’US Arab Radio Network et sponsorisé par Arab News. Il est diffusé en direct tous les mercredis à 17 heures EST à Détroit sur WNZK AM 690 et à Washington, D.C. sur WDMV AM 700. Il est rediffusé le jeudi à midi à Chicago sur WNWI AM 1080.

Pour obtenir le podcast et de plus amples informations sur l'émission de radio, visitez le site ArabNews.com/rayradioshow.

Écoutez le podcast de Ray Hanania ici.


La Russie dit avoir abattu 419 drones ukrainiens dans la nuit, un bébé tué

Une femme marche devant un centre commercial tandis qu'une fumée noire s'élève du site de la raffinerie moscovite de Gazprom Neft, le producteur de pétrole russe, située dans la banlieue sud-est de Moscou, le 18 juin 2026. Moscou repoussait une attaque « de grande envergure » menée par des drones depuis l'Ukraine. (AFP)
Une femme marche devant un centre commercial tandis qu'une fumée noire s'élève du site de la raffinerie moscovite de Gazprom Neft, le producteur de pétrole russe, située dans la banlieue sud-est de Moscou, le 18 juin 2026. Moscou repoussait une attaque « de grande envergure » menée par des drones depuis l'Ukraine. (AFP)
  • Dans la région de Moscou, une maison a pris feu à Iegorievsk, à la suite de la chute d'un drone, selon le gouverneur régional Andreï Vorobiov
  • Se trouvant à l'intérieur au moment de l'attaque, "un bébé de six mois est décédé en route vers l'hôpital"

MOSCOU: La Russie a annoncé mardi avoir abattu dans la nuit 419 drones ukrainiens, y compris au-dessus de la région de Moscou où un bébé de six mois a été tué selon les autorités locales.

"Au cours de la nuit, entre 20H00 heure de Moscou (17H00 GMT) le 29 et 07H00 heure de Moscou (04H00 GMT) le 30 juin, les défenses antiaériennes ont intercepté et détruit 419 drones ukrainiens", a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

La Crimée annexée, la région russe de Krasnodar (sud) et celle de la capitale Moscou ont notamment été concernées par ces attaques.

Dans la région de Moscou, une maison a pris feu à Iegorievsk, à la suite de la chute d'un drone, selon le gouverneur régional Andreï Vorobiov.

Se trouvant à l'intérieur au moment de l'attaque, "un bébé de six mois est décédé en route vers l'hôpital", a-t-il précisé, en ajoutant qu'un autre enfant et deux adultes ont été blessés et hospitalisés.

Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, avait indiqué dans une série de messages sur Telegram qu'une soixantaine de drones lancés en direction de la ville avaient été abattus dans la nuit et mardi matin.

Il a précisé que les secours s'étaient déployés dans les zones de retombée des débris, sans plus de détails.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé sur X que les attaques de longue portée avaient touché un centre de communications par satellite dans la région de Moscou, utilisé pour le renseignement et la coordination des troupes russes en Ukraine.

Cette nouvelle vague massive d'attaques survient après une nuée de 660 drones ukrainiens dans la nuit de jeudi à vendredi, un nombre parmi les plus élevés depuis le début du conflit en février 2022. La Russie avait également annoncé leur destruction.

L'Ukraine a intensifié ces derniers mois ses frappes sur le territoire russe, Moscou comprise, et parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de la Russie à financer son offensive.

La Russie continue pour sa part à frapper quotidiennement l'Ukraine.

 


Hostilités en pause entre Téhéran et Washington, réunions annoncées au Qatar

Un avion de chasse F-16 de l’US Air Force patrouille dans le ciel au-dessus du Moyen-Orient. (Central Command)
Un avion de chasse F-16 de l’US Air Force patrouille dans le ciel au-dessus du Moyen-Orient. (Central Command)
  • L’Iran et les États-Unis prévoient des échanges au Qatar, mais Téhéran exclut toute négociation directe
  • Tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz après des attaques et un ralentissement du trafic maritime

WASHINGTON: L'Iran et les Etats-Unis ont annoncé lundi des réunions cette semaine au Qatar après leurs attaques des derniers jours, mais Téhéran évoque des rencontres techniques sans négociations directes avec le camp adverse quand Washington parle de "réunions de haut niveau".

Les deux camps ont décidé, selon un responsable américain, de cesser leurs attaques, menées en dépit de la signature d'un protocole d'accord à la mi-juin pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient.

Et le président américain a écrit sur son réseau Truth Social: "L'IRAN A DEMANDE UNE REUNION. ELLE AURA LIEU DEMAIN (mardi) A DOHA !".

Peu après, la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt a annoncé sur Fox News que les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner se rendraient sur place "cette semaine pour participer à des réunions de haut niveau".

D'après CNN, qui cite deux responsables américains, Steve Witkoff est déjà en route pour Doha.

Un diplomate au fait des pourparlers a confirmé à l'AFP une rencontre "ces prochains jours des équipes techniques", ajoutant que "les canaux de communication pour désamorcer les incidents étaient opérationnels".

- Tensions autour d'Ormuz -

Après avoir d'abord démenti toute réunion, la diplomatie iranienne a confirmé lundi l'envoi d'une "délégation d'experts" cette semaine à Doha. Mais "dans les prochains jours, nous ne négocierons pas avec la partie américaine, à aucun niveau", a insisté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.

Les tensions se cristallisent autour de la gestion du stratégique détroit d'Ormuz, où le trafic a ralenti ce week-end après deux attaques de navires.

Au total, 29 bateaux transportant des matières premières ont franchi le détroit samedi et 12 dimanche, selon les données de la société de suivi maritime Kpler, un chiffre en net recul par rapport aux jours précédents.

L'Iran répète depuis des semaines en dépit de l'opposition des Etats-Unis qu'il n'y aura pas de retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage était gratuit. Et il a menacé les navires tentés de contourner l'itinéraire autorisé.

Accusant Téhéran d'avoir ciblé deux navires la semaine dernière, les Etats-Unis ont bombardé le pays en retour, et l'Iran a ciblé ses voisins du Golfe, Koweït et Bahreïn.

De quoi fragiliser le protocole d'accord signé le 17 juin entre Téhéran et Washington.

- Frais de service -

L'Iran et Oman revendiquent leur souveraineté sur le transit dans le détroit et envisagent donc des frais de service. Pourtant la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, non ratifiée par Téhéran, garantit la liberté de navigation "sans entrave" des navires dans les détroits servant à la navigation internationale.

Verrouillé par la République islamique pendant la guerre lancée le 28 février par Israël et les Etats-Unis, cette voie maritime cruciale pour le commerce mondial d'hydrocarbures a rouvert peu après la signature du protocole d'accord.

Téhéran n'autorise cependant qu'un seul couloir de passage, le long de ses côtes.

Oman entretient de son côté le flou et a annoncé l'ouverture d'une voie de navigation alternative temporaire, présentée comme une initiative concertée avec l'ONU pour évacuer les marins et navires bloqués.

Le sultan d'Oman, Haïtham ben Tariq, et le président français Emmanuel Macron ont plaidé lundi pour une "navigation libre, sans conditions ni restrictions" et convenu d'y mener des "opérations de déminage conjointes". Ce à quoi la diplomatie iranienne a répondu en sommant la France de ne pas "compliquer davantage" la situation.

- "Détermination" -

Au Liban, que Téhéran avait exigé d'inclure dans les pourparlers avec les Etats-Unis, Israël a poursuivi ses frappes ce week-end, malgré la signature vendredi à Washington d'un accord-cadre pour une "paix durable".

Selon un média d'Etat libanais, une frappe israélienne a encore eu lieu lundi dans le sud du pays.

L'accord-cadre prévoit notamment qu'Israël continue à occuper le sud du Liban, comme depuis le début de cette nouvelle guerre contre le Hezbollah, jusqu'à ce que le mouvement chiite soutenu par l'Iran rende les armes.

Une exigence de longue date, que le gouvernement libanais peine à mettre en oeuvre malgré la pression des Etats-Unis.

Lundi, le président libanais Joseph Aoun a justement affiché sa "détermination" à asseoir l'autorité de l'Etat en déployant son armée jusqu'à la frontière avec Israël, dans une zone où le Hezbollah est implanté.

Le Liban a été entraîné dans le conflit le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le nord d'Israël en soutien à son parrain iranien, visé par l'offensive américano-israélienne. Israël a riposté en jurant d'"éliminer" le mouvement, et déployé ses troupes dans le sud. Ses frappes ont depuis fait plus de 4.200 morts, selon Beyrouth.


Les Etats-Unis et l'Iran cessent les hostilités «pour le moment»

Les Etats-Unis et l'Iran vont suspendre leurs récentes attaques mutuelles qui avaient marqué une reprise des hostilités après la signature de leur protocole d'accord, a annoncé dimanche un responsable américain. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran vont suspendre leurs récentes attaques mutuelles qui avaient marqué une reprise des hostilités après la signature de leur protocole d'accord, a annoncé dimanche un responsable américain. (AFP)
  • Les deux camps s'accusaient mutuellement de violations du cessez-le-feu ces derniers jours, dans un regain de tensions après la signature le 17 juin de leur protocole d'accord
  • Le responsable américain n'a cependant pas confirmé des informations de médias américains faisant état d'une rencontre entre Iraniens et Américains mardi au Qatar, avec Ormuz au programme

WASHINGTON: Les Etats-Unis et l'Iran vont suspendre leurs récentes attaques mutuelles qui avaient marqué une reprise des hostilités après la signature de leur protocole d'accord, a annoncé dimanche un responsable américain.

"Il est prévu que les discussions techniques continuent sur tous les points du protocole d'accord. Les deux parties vont cesser (leurs attaques) pour le moment et les navires peuvent circuler librement" dans le détroit d'Ormuz et autour, a expliqué dans un mail transmis à l'AFP ce responsable.

Les deux camps s'accusaient mutuellement de violations du cessez-le-feu ces derniers jours, dans un regain de tensions après la signature le 17 juin de leur protocole d'accord.

Le responsable américain n'a cependant pas confirmé des informations de médias américains faisant état d'une rencontre entre Iraniens et Américains mardi au Qatar, avec Ormuz au programme.

Verrouillé par la République islamique pendant la guerre lancée le 28 février par Israël et les Etats-Unis, ce qui a déstabilisé le commerce mondial d'hydrocarbures et fait flamber les cours du pétrole, le détroit a rouvert la semaine dernière.

Téhéran n'autorise cependant qu'un seul couloir de passage, le long de ses côtes, et menace de s'en prendre à tout navire contrevenant. "Aucune autre institution ni aucun autre pays" que l'Iran n'est "responsable" de la gestion du détroit, a martelé dimanche le chef de la diplomatie Abbas Araghchi.

"Toute ingérence" dans la gestion du détroit conduira "à des retards dans (sa) réouverture et augmentera les tensions", a-t-il lancé.

Possible rencontre au Qatar 

L'Iran a vu d'un mauvais oeil l'annonce par Oman de l'ouverture d'une voie de navigation alternative temporaire, présentée comme une initiative concertée avec l'ONU pour évacuer les marins et navires bloqués. Des dizaines de bateaux l'ont empruntée cette semaine.

Et depuis jeudi, deux navires ont été touchés par des projectiles d'origine inconnue - des attaques attribuées à Téhéran par l'armée américaine qui a riposté deux jours de suite en bombardant l'Iran.

Téhéran a de son côté répliqué en tirant missiles et drones vers ses voisins du Golfe, notamment le Koweït et Bahreïn.

Citant deux responsables américains et une troisième source ayant connaissance du dossier, le média Axios a affirmé que des discussions devaient avoir lieu mardi au Qatar pour résoudre les différends concernant Ormuz, voie par laquelle transite habituellement quelque 20% des hydrocarbures mondiaux.

Si l'Iran et Oman revendiquent leur souveraineté sur Ormuz, la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), adoptée en 1982, garantit un droit de "passage en transit" dans les détroits qui servent à la navigation internationale, comme celui d'Ormuz, incontournable pour relier le Golfe au reste du monde.

Le texte, non ratifié par Téhéran, dispose que "tous les navires et aéronefs" dont le but est le transit "continu et rapide" du détroit jouissent d'une liberté de navigation "sans entrave".

Frappes israéliennes au Liban 

Au Liban, que Téhéran avait exigé d'inclure dans le protocole d'accord avec les Etats-Unis, Israël a poursuivi ses frappes dimanche. Et ce malgré, aussi, la signature vendredi à Washington d'un accord-cadre en vue d'une "paix durable".

Dans un communiqué conjoint, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense israéliens Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit un long et profond tunnel du Hezbollah dans le sud du Liban.

L'Agence libanaise d'information ANI (officielle) a rapporté des bombardements, le ministère de la Santé faisant état de deux blessés après le lancement d'une grenade par "l'ennemi israélien" sur une localité du sud du pays.

Le chef du Parlement libanais allié au Hezbollah pro-Iran, Nabih Berri, a affirmé dimanche que l'accord avec Israël "ne sera pas adopté" en l'état.

Le mouvement chiite, qui rejette lui aussi cet accord, a dit se réserver le droit de "défendre sa patrie" après les dernières attaques israéliennes.

L'accord conditionne le retrait d'Israël du Liban - dont les troupes occupent un secteur dans le sud - au désarmement du Hezbollah. Une exigence de longue date que Beyrouth peine à mettre en oeuvre.

Le Liban a été entraîné dans le conflit début mars quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à son parrain iranien, après l'offensive américano-israélienne sur Téhéran.