Le candidat à la mairie, M. Lopez, s’engage à changer les politiques antiarabes et antimusulmanes de Chicago

Le candidat à la mairie Raymond Lopez a dénoncé mercredi dernier le fait que la maire de la ville, Lori Lightfoot, ait pris pour cible la communauté arabe et musulmane. (Capture d'écran)
Le candidat à la mairie Raymond Lopez a dénoncé mercredi dernier le fait que la maire de la ville, Lori Lightfoot, ait pris pour cible la communauté arabe et musulmane. (Capture d'écran)
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Publié le Vendredi 06 mai 2022

Le candidat à la mairie, M. Lopez, s’engage à changer les politiques antiarabes et antimusulmanes de Chicago

  • Le candidat à la mairie Raymond Lopez a dénoncé mercredi dernier le fait que la maire de la ville, Lori Lightfoot, ait pris pour cible la communauté arabe et musulmane
  • Au mois de juin dernier, une équipe spéciale d'inspecteurs et de policiers a fermé de force plus de cent cinquante commerces arabes et musulmans

CHICAGO: Le candidat à la mairie Raymond Lopez a dénoncé mercredi dernier le fait que la maire de la ville, Lori Lightfoot, ait pris pour cible la communauté arabe et musulmane, qualifiant son action de «répugnante et de mauvais goût». Il a promis de lancer une enquête sur ce qui a entraîné la perte de centaines d'emplois et de millions de revenus et de recettes fiscales.

M. Lopez a ajouté que son administration rétablirait les festivals et la présence culturelle de la communauté dans la deuxième plus grande ville d'Amérique.

Au mois de juin dernier, une équipe spéciale d'inspecteurs et de policiers a fermé de force plus de cent cinquante commerces arabes et musulmans, ce que les détracteurs du maire ont perçu comme un effort malavisé de Lightfoot pour réprimer la violence des gangs de rue. La plupart de ces magasins étant ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre; les membres des gangs s'y réfugiaient souvent au milieu de la nuit pour échapper à la police en cas de violence.

M. Lopez, la seule personnalité hispanique à avoir annoncé sa candidature à l'élection du 28 février 2023 à Chicago, a tenu ces propos lors d'une interview radio en direct sur The Ray Hanania Show, une émission diffusée en direct sur le réseau de la radio arabe américaine et sponsorisé par Arab News.

«Je suis un ami absolu de la communauté arabe, pas seulement en paroles, mais en actes, et je continuerai à être cet ami», a lancé Lopez, ajoutant qu'il travaillerait avec les Américains d'origine arabe pour réhabiliter le festival Arabesque, fermé par l'ancien maire Rahm Israel Emanuel en 2011, et qu'il était sûr que les politiques discriminatoires de Mme Lightfoot prendraient également fin.

«Cela montre simplement à quel point Lori Lightfoot est désemparée face au problème numéro un de la ville de Chicago qui est la criminalité et la violence hors de contrôle. Accuser les propriétaires de stations-service et de magasins simplement parce que c'est là que le crime finit, dans leurs parkings ou à côté d'eux, sur leurs trottoirs, était une erreur de calcul complète de sa part. Je pense que, personnellement, elle a pensé que la communauté arabe serait une communauté facile à cibler au sein de la communauté noire, car elle ne faisait qu'attiser l'animosité qui règne dans certains quartiers.»

Chicago a connu une recrudescence des homicides liés aux armes à feu des gangs de rue au cours des trois années de mandat de Mme Lightfoot; la maire n'a pas été en mesure d’endiguer cette hausse.

Au mois de septembre dernier, M. Lopez s'est associé aux commerces arabes pour dénoncer les actions de la maire, ce qui a obligé cette dernière à rouvrir tous les magasins le lendemain, beaucoup ayant été fermés pendant plus de trois mois.

«Toutes les violations, les plaintes et les questions ont disparu du jour au lendemain», souligne M. Lopez, après que la communauté arabe a tenu une conférence de presse pour dénoncer les actions de la maire de Chicago.

«Nous savons que la communauté arabe est aussi importante que n'importe quelle communauté d'immigrés. Cette semaine, nous fêtons la communauté polonaise, la communauté mexicaine – la mienne... Nous avons célébré la communauté irlandaise au mois de mars. Nous faisons tous partie du tissu. S’acharner sur une seule partie et prétendre qu’elle est le problème est pour le moins répugnant et de mauvais goût.»

M. Lopez a également promis de travailler avec la communauté arabe et musulmane pour restaurer le festival arabe annuel de Chicago, Arabesque, qui a été fermé par le prédécesseur de Mme Lightfoot, M. Emanuel. C’était là l’un de ses premiers actes officiels après son entrée en fonction, en 2011.

M. Emanuel a ensuite procédé à la fermeture de la Commission consultative arabe de Chicago et il a exclu les Arabes de son administration. Mme Lightfoot avait promis de travailler avec les Arabes américains pendant sa campagne pour succéder à M. Emanuel, mais elle n'a rien fait lorsqu'elle a été élue maire, en mai 2019.

«Nous savons que la communauté arabe et l'électeur arabe sont souvent considérés comme acquis. Pour ma part, j'ai grandi avec des Arabes dans mon quartier [...]. Nous sommes allés ensemble au lycée. Je ne suis pas étranger à la communauté arabe. Et j'attends avec impatience le moment où nous pourrons organiser à nouveau le festival arabe et où nous pourrons célébrer ce qui est selon moi la quintessence de Chicago, notre diversité ethnique, et inviter toutes les communautés à goûter notre cuisine, à écouter notre musique et à profiter de notre bonne compagnie», a affirmé M. Lopez.

«Et il n'y a aucune raison pour que la communauté arabe ne puisse pas faire partie de cette tradition au même titre que la communauté mexicaine, la communauté chinoise, qui a ses festivals, la communauté coréenne, etc., comme tant d'autres communautés dans la ville. Nous devons à nouveau honorer notre diversité, car c'est vraiment la seule chose que nous ayons en commun. Nous sommes tous de partout. Il n'y a aucune raison de faire de la discrimination et de choisir son camp. Nous pouvons vivre sous un même toit et nous apprécier les uns les autres, et nous le referons bientôt.»

M. Lopez a souligné qu’«il devrait y avoir une place pour tout le monde à la table du gouvernement de la ville» et que chacun devrait se sentir le bienvenu comme c'est le cas en ce moment à Chicago.

«Vous savez que ces fermetures ont coûté des millions de dollars, non seulement à la ville de Chicago, mais aussi aux propriétaires de petites entreprises qui ont été touchées uniquement parce qu’on essayait de trouver une infraction pour rédiger un procès-verbal et de tenter de justifier cette action. Le gouvernement ne devrait pas cibler les gens à la seule fin de se construire un discours», a déclaré M. Lopez.

M. Lopez a reconnu que les fermetures avaient coûté à la ville de Chicago des millions de dollars en recettes fiscales perdues pour l'essence et les ventes. Elle a également entraîné le licenciement de centaines d'employés de magasins qui appartenaient à des Arabes.

Hassan Nijem, membre de la Chambre de commerce arabo-américaine, a fait savoir que de nombreux propriétaires arabes de stations-service appartenant avaient perdu en moyenne 70 000 dollars (1 dollar = 0,95 euro) de revenus par mois. De nombreux magasins ont été fermés pendant deux à trois mois et ils n'ont jamais été remboursés par la ville pour le manque à gagner qu’a généré cette situation.

M. Lopez a précisé qu'il se joindrait à d'autres conseillers municipaux, dont Gilbert Villegas et Silvana Tabares, afin d’organiser un forum public le lundi 9 mai au Centre communautaire islamique de l'Illinois, à Chicago, afin d'examiner les agissements de Mme Lightfoot contre les propriétaires d'entreprises arabes et musulmanes.

Il a également expliqué que les médias de Chicago devaient mieux observer les actions de Mme Lightfoot, notamment celles qu’elle engage contre les groupes minoritaires comme les Américains d'origine arabe.

Mme Lightfoot a décliné les demandes d'interviews d'Arab News.

 Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 

Le Ray Hanania Radio Show est diffusé sur l’US Arab Radio Network et sponsorisé par Arab News. Il est diffusé en direct tous les mercredis à 17 heures EST à Détroit sur WNZK AM 690 et à Washington, D.C. sur WDMV AM 700. Il est rediffusé le jeudi à midi à Chicago sur WNWI AM 1080.

Pour obtenir le podcast et de plus amples informations sur l'émission de radio, visitez le site ArabNews.com/rayradioshow.

Écoutez le podcast de Ray Hanania ici.


Après l'afflux migratoire à Ceuta, mesures sécuritaires en France et Italie

Des migrants marchent le long du littoral de Ceuta après avoir franchi la frontière vers l'enclave espagnole, vus depuis les abords de la ville marocaine de Fnideq, à la frontière entre le Maroc et l'Espagne, le 31 juillet 2026. (AFP)
Des migrants marchent le long du littoral de Ceuta après avoir franchi la frontière vers l'enclave espagnole, vus depuis les abords de la ville marocaine de Fnideq, à la frontière entre le Maroc et l'Espagne, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • L'Italie et la France renforcent leurs contrôles aux frontières avec l'Espagne après l'entrée illégale d'environ 60.000 migrants à Ceuta
  • Cette crise ravive les tensions au sein de l'UE, tandis que Madrid appelle à l'unité et renforce les moyens de sécurité à Ceuta

CEUTA: L'Italie et la France durcissent samedi leurs contrôles frontaliers avec l'Espagne après l'entrée illégale cette semaine de quelque 60.000 migrants en provenance du Maroc dans l'enclave espagnole de Ceuta, ouvrant une crise au sein de l'Union européenne.

Dès jeudi, l'Italie avait annoncé vouloir suspendre l'Espagne de l'espace Schengen, une mesure pour laquelle Rome a obtenu le soutien de la Finlande et du Danemark. Mais la proposition a été qualifiée de "démagogique" par l'Espagne.

La portée de cette proposition reste incertaine, des juristes consultés par l'AFP assurant qu'il est impossible de l'appliquer dans le cadre légal actuel.

Par ailleurs, à compter de samedi selon le ministère italien de l'Intérieur, des contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l'Espagne sont établis sur les ressortissants non européens arrivant d'Espagne.

En France, le nombre de policiers et gendarmes déployés en renfort à la frontière franco-espagnole est multiplié par cinq à compter de samedi, a annoncé vendredi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

Cette annonce faisait suite à la demande du président Emmanuel Macron de "renforcer les contrôles à la frontière avec l'Espagne".

De son côté, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a déclaré sur X: "ce n'est pas le moment de se diviser. C'est le moment de continuer à construire une Union européenne forte et unie".

Les images de cette crise ont déclenché une montée au créneau de la droite et de l'extrême droite européenne autour des contrôles aux frontières de l'espace Schengen.

- "Pas de futur" -

"Environ 60.000 personnes sont entrées dans notre ville", a déclaré le président du gouvernement local de Ceuta, Juan Vivas lors d'une conférence de presse vendredi, soit "70% de la population de Ceuta", et déplorant la mort de 34 migrants, dont beaucoup par noyades.

La plupart de ces migrants - en très grande majorité des Marocains, et principalement des jeunes hommes et des adolescents - seraient cependant retournés au Maroc, selon les autorités espagnoles.

Ceuta, petit territoire de 84.000 habitants situé à la pointe nord du Maroc, bordant le Détroit de Gibraltar, forme l'une des deux frontières terrestres entre l'Afrique et l'Europe (avec l'autre enclave espagnole de Melilla).

Dans la nuit de vendredi à samedi, des groupes de jeunes erraient dans les rues et le long de la plage de Ceuta, où sont déployés de nombreux militaires, notamment autour du port d'où partent les ferries pour le continent européen.

Vendredi soir, de nombreux policiers patrouillaient dans les rues de la ville, certains à moto poursuivant des groupes de jeunes hommes pour les disperser, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Sur une plage, des dizaines d'hommes dormaient dans le sable, et certains ont allumé des feux, à quelques mètres d'un véhicule de police.

"Ils viennent car ils n'ont pas de futur au Maroc, ils tentent le rêve européen", selon Mohamed, 35 ans chauffeur de taxi à Ceuta qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Au poste-frontière aux alentours de minuit, devant un important déploiement policier et militaire, de nombreux jeunes rebroussaient chemin. Certains saluent les militaires qui leur indiquent la porte d'un "adiós!", ou "good bye!" avant de retraverser la frontière.

"La prochaine fois, je viens avec le passeport!", lance Oussam aux militaires, en se dirigeant vers la frontière. Le jeune homme de 25 ans, qui tient un salon de coiffure, dit avoir voulu quitter son pays car "c'est la misère au Maroc, on n'a pas de futur". Il est venu en nageant "trois kilomètres" : il rêve lui aussi de l'Europe mais en attendant, il rentre chez lui "pour prendre une douche et manger", car comme beaucoup, il n'a rien avalé depuis deux jours.

- Crise migratoire -

Arrivé vendredi matin avec son ministre de l'Intérieur, Pedro Sánchez a évoqué "une attaque, une violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne" et accusé des "mafias" d'être à l'origine de la rumeur d'ouverture de la frontière.

Le ministère espagnol de l'Intérieur a annoncé l'envoi immédiat de plusieurs dizaines de membres de la Garde civile et policiers, parmi lesquels huit plongeurs, ainsi qu'un bateau et des drones.

A Washington, le président américain Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale une de ses priorités, a jugé que les images de l'enclave espagnole de Ceuta ressemblaient à "l'invasion d'un pays", accusant sur X l'Espagne de mener des "efforts délibérés" ayant favorisé cette immigration clandestine.

Cette crise migratoire à Ceuta rappelle la précédente de 2021, lorsque des milliers de personnes avaient traversé la frontière à la faveur d'un assouplissement des contrôles par Rabat lors d’un différend diplomatique avec l'Espagne.

Plus de 10.000 migrants avaient alors atteint Ceuta depuis le Maroc en deux jours.


Le Pakistan fait état de négociations entre Washington et Téhéran

Cette photo de presse, prise le 29 juillet 2026 et diffusée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, montre le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (à droite), s'entretenant avec son homologue koweïtien, le cheikh Jarrah Jaber al-Ahmad al-Sabah, lors d'une réunion au ministère des Affaires étrangères à Islamabad. (AFP)
Cette photo de presse, prise le 29 juillet 2026 et diffusée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, montre le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (à droite), s'entretenant avec son homologue koweïtien, le cheikh Jarrah Jaber al-Ahmad al-Sabah, lors d'une réunion au ministère des Affaires étrangères à Islamabad. (AFP)
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  • La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient "en cours" afin de "parvenir à une désescalade", en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran,au coeur des tensions
  • Elle a indiqué faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix

TEHERAN: Le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, a affirmé jeudi que les belligérants négociaient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements américains sur l'Iran dans la nuit, et des tirs de représailles iraniens.

En attendant une éventuelle percée dans ces discussions, le conflit au Moyen-Orient s'étend à de nouveaux pays: après l'Irak, où des groupes pro-iraniens ont été ciblés par des frappes conjointes américaines et saoudiennes, l'Egypte a fait état d'une attaque de drone dans le port de Damiette (nord).

La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient "en cours" afin de "parvenir à une désescalade", en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran,au coeur des tensions.

Elle a indiqué faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient.

Plus tôt jeudi, le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir "frappé des dizaines de cibles" des Gardiens de la Révolution en Iran.

Mettre fin à "l'escalade" 

Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par cette puissante force armée de la République islamique, de "multiples missiles balistiques" contre "les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que ces missiles avaient été interceptés.

Les Gardiens ont, eux, annoncé jeudi que trois de leurs membres avaient été tués dans une attaque américaine  dans le nord-ouest du pays, tandis que les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans des provinces méridionales.

Trois membres d'une même famille ont été tués dans une frappe contre une maison sur l'île de Qeshm, selon l'agence Fars.

Alors que l'Egypte a fait état d'une frappe de drone qui a touché deux navires, dont un américain, dans le port de Damiette mercredi, le président Abdel Fattah al-Sissi a appelé la communauté internationale à mettre fin à "l'escalade" dans la région.

Il s'agit de la première attaque en Egypte depuis le début de la guerre. M. Sissi a précisé qu'une enquête se poursuivait sur les circonstances de l'attaque qui n'a pas été revendiquée.

Les rebelles Houthis au Yémen, alliés de Téhéran et qui contrôlent une partie des rives de la mer Rouge, ont dit ne pas être derrière cette frappe.

Des pays de la région accueillant des forces américaines ont été visés de nouveau jeudi.

Le Koweït a rapporté qu'une personne avait été tuée par un bombardement iranien sur une entreprise chinoise.

La Jordanie a de son côté annoncé avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran. Les Gardiens ont revendiqué avoir ciblé, en représailles à la frappe à Qeshm, des avions américains stationnés sur la base aérienne d'Al-Azraq.

"Notre tour" 

"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait menacé mercredi le président américain Donald Trump.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes, ce qu'ils ont démenti.

Ces attaques à travers l'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué cette alliance de groupes armés irakiens qui inclut des factions pro-iraniennes.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les Houthis à l'Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite.

"La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a commenté pour l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision.


Les Etats-Unis reprennent leurs bombardements sur l'Iran

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
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  • L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones"
  • Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques"

TEHERAN: Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays.

L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones, des sites de surveillance et de défense côtières, ainsi que des capacités maritimes", a écrit le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques" lors d'une "tentative d'attaque surprise contre les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que tous ces missiles avaient été interceptés.

La Jordanie, qui héberge des forces américaines sur ses bases, a de son côté annoncé jeudi matin avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran, qui n'ont pas fait de victime.

"Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", avait prévenu mercredi le président américain Donald Trump dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.

"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait-il insisté plus tard devant la presse à la Maison Blanche.

Les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans les provinces méridionales du Khuzestan et d'Hormozgan.

"Une attaque américaine contre une maison d'habitation dans le quartier de Chah Tangu, à Qeshm, a tué trois membres d'une même famille: le père, la mère et leur enfant de deux ans", a écrit l'agence Fars sur Telegram, en citant l'Université des sciences médicales d'Hormozgan, ajoutant que deux autres enfants âgés de sept et neuf ans, blessés, avaient été hospitalisés.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes (ce qu'ils ont démenti).

Riposte inévitable 

Ces attaques dans plusieurs villes d'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran.

"Notre riposte contre l'ennemi américain est inévitable, et pourrait frapper ses instruments en Arabie saoudite", a soutenu mercredi dans un communiqué la Résistance islamique en Irak, une puissante alliance armée irakienne pro-Iran.

Téhéran a condamné les frappes chez son voisin.

Dans la capitale iranienne, des habitants expriment leur lassitude.

"On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (...) Ce que je vois, c'est une population profondément découragée et déprimée", déclare à l'AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les rebelles yéménites houthis pro-iraniens à l'Arabie saoudite.

Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir "violé le blocus naval" dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.

"Téhéran utilise désormais son réseau de proxys (...). La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a déclaré à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision. "Les deux bâtiments ont fait demi-tour à grande vitesse", selon la même source.

Ces nouvelles violences ont fait brièvement monter les cours du pétrole, avant qu'ils ne repartent à la baisse jeudi matin. "On craint que la guerre soit en train de s'étendre", a commenté auprès de l'AFP Andy Lipow, analyste chez Lipow Oil Associates. "Ce qui n'aiderait en rien à rétablir les flux pétroliers" dans la région.