Réunion ONU-UE sur la Syrie: la complicité Damas-Moscou dénoncée

L’invasion russe de l’Ukraine qui mobilise depuis le mois de février les chancelleries du monde entier «ne doit pas occulter le très grave conflit toujours en vigueur en Syrie» (Photo, AFP).
L’invasion russe de l’Ukraine qui mobilise depuis le mois de février les chancelleries du monde entier «ne doit pas occulter le très grave conflit toujours en vigueur en Syrie» (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 09 mai 2022

Réunion ONU-UE sur la Syrie: la complicité Damas-Moscou dénoncée

  • L’exportation russe en Ukraine de la méthode syrienne «ne peut pas rester impunie», affirme une source diplomatique française
  • La réunion de Bruxelles doit adopter des décisions à la hauteur des besoins du peuple syrien

PARIS: L’invasion russe de l’Ukraine qui mobilise depuis le mois de février les chancelleries du monde entier «ne doit pas occulter le très grave conflit toujours en vigueur en Syrie».

Ce postulat est au cœur de la sixième réunion sur la Syrie, coprésidée par l’Union européenne et les Nations unis, qui se tient à Bruxelles lundi et mardi, avec la participation d’une cinquantaine de pays, d’organisations internationales et arabes, ainsi que des représentants de la société civile.

Évoquant cette réunion avec un groupe restreint de journalistes de différents médias, dont Arab News en français, une source diplomatique française hautement impliquée dans le dossier fait le constat suivant: «En Syrie, la violence perdure, les besoins humanitaires sont en constante augmentation, le trafic de drogue s’aggrave et les réfugiés ne rentrent pas.»

Pour la France, la Syrie est encore loin d’être, selon notre source, dans une situation de postconflit comme veuleut le faire croire son régime et ses multiples soutiens. Paris estime que la guerre d’Ukraine aggrave la crise humanitaire et économique que subissent les Syriens, alors que le régime «a clairement fait le choix de s’engager aux côtés de l’invasion russe en Ukraine en lançant une grande campagne de recrutement de mercenaires syriens destinés à être envoyés sur le front». «L’exportation russe en Ukraine de la méthode syrienne avec la complicité du régime ne peut pas rester impunie», martèle la source diplomatique. 

Les trois refus

Ce tableau met en évidence l’importance de la réunion de Bruxelles qui doit adopter des décisions à la hauteur des besoins du peuple syrien, alors que Paris insiste à poursuivre ses efforts pour l’aboutissement d’un processus politique. «La position que nous défendons est constante dans son soutien au peuple syrien; nous sommes exigeants en termes diplomatiques pour faire émerger tant bien que mal un processus politique authentique», déclare notre source. La méthode est claire, selon Paris, et se base sur trois refus: celui de la normalisation, celui de participer à la reconstruction et celui de lever des sanctions tant que l’attitude du régime n’aura pas évolué, et, «pour l’instant, des signes dans ce sens sont loin d’être palpables».

Sur un autre plan, Paris ne cache pas sa déception vis-à-vis de la médiation entamée par les Nations unies, et qui se réduit pour l’instant au comité constitutionnel qui s’est déjà réuni à cinq reprises et qui se réunira bientôt à l’initiative de l’envoyé spécial des Nations unies, Geir Pedersen. C’est une approche «que nous sommes prêts à soutenir», indique la source qui réclame en revanche plus d’exigence: «Il faut absolument définir le contenu et la méthode, sans lesquels nous ne savons pas ce que le régime syrien propose en préalable.» Cette approche doit également être conditionnée par un engagement du régime vis-à-vis du respect «de la résolution 2254» tant au niveau des attaques contre les civils qu’à celui des violations en tout genre des droits de l’homme.

Aides et sanctions

Sur un autre plan, il est impératif de maintenir le flux de l’aide internationale et humanitaire, confirme notre source, et «les Européens demeurent le premier soutien du peuple syrien, preuve en est l’engagement pour une contribution substantielle de près de 375 millions d’euros pour l’année en cours».

Fustigeant la propagande du régime, la source diplomatique souligne que les sanctions européennes imposées à la Syrie sont des mesures restrictives ciblées et limitées. Elles sont indispensables pour lutter contre l’impunité des crimes commis en Syrie. Paris, de son côté, insiste à ce que ces sanctions européennes n’entravent en rien l’aide humanitaire et que la Syrie ne soit pas soumise à un embargo général qui affecte les produits alimentaires, médicaux et sanitaires.

En conclusion, indique la source diplomatique française, «l’incurie du régime, sa corruption généralisée et sa mauvaise gestion financières sont à l’origine de la crise économique qui frappe aujourd’hui la Syrie».

 


Le président libanais à Rome jeudi pour évoquer l'avenir de la force de l'ONU

Le président libanais Joseph Aoun a déclaré que le Liban privilégiait une prolongation du mandat de la Finul, une option à laquelle Israël s’oppose. (Archives/Agence de presse libanaise)
Le président libanais Joseph Aoun a déclaré que le Liban privilégiait une prolongation du mandat de la Finul, une option à laquelle Israël s’oppose. (Archives/Agence de presse libanaise)
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  • Le président libanais Joseph Aoun se rendra à Rome pour discuter de l’avenir de la Finul, dont le mandat expire fin 2026
  • Beyrouth privilégie une prolongation de la mission de l’ONU, mais envisage une force internationale alternative avec la France et l’Italie pour éviter un vide sécuritaire

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun se rendra à Rome jeudi pour des discussions sur le futur de la force de maintien de la paix dans son pays, dont le mandat expire fin 2026, a affirmé à l'AFP un responsable libanais.

La visite intervient après que la France et l'Italie, qui fournissent d'importants contingents de militaires à cette Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), ont dit en juin vouloir établir une coalition internationale pour lui succéder.

M. Aoun doit rencontrer son homologue Sergio Mattarella et la Première ministre Giorgia Meloni pour discuter de "l'avenir des forces internationales, notamment à la lumière de l'initiative franco-italienne visant à mettre en place une force pour remplacer la Finul", a indiqué le responsable sous couvert d'anonymat.

Selon lui, le président libanais rencontrera également le pape Léon XIV au Vatican et l'informera "des contacts que le Liban a établis depuis le début des négociations" avec Israël.

Le Liban et Israël ont mené au printemps des pourparlers directs, accueillis à Rome à deux reprises, et ont abouti en juin à la conclusion d’un accord-cadre sous l'égide des Etats-Unis, qui prévoit le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la région, en commençant par des "zones pilotes".

Le Liban avait été entraîné début mars dans le conflit entre l'Iran d'une part, Israël et les Etats-Unis d'autre part, lorsque le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à Téhéran, avant de subir une riposte aérienne et terrestre.

M. Aoun a déclaré que le choix privilégié du Liban est une prolongation du mandat de la Finul, à laquelle Israël s'oppose. Le Liban et plusieurs autres pays redoutent un vide sécuritaire si la Finul se retire sans alternative.

Lundi, le président libanais a indiqué que "le second choix consiste à adopter une formule qui garantisse la présence continue des forces internationales dans le sud" du pays, aux côtés de l'armée libanaise "et en coordination avec elle".

Début juin, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait estimé "nécessaire" le maintien d'une présence militaire de l'ONU, proposant trois options allant de près de 2.000 à plus de 5.500 personnels en uniforme.

Le mois dernier, 86 députés libanais ont signé une lettre exhortant le Conseil de sécurité de l'ONU à maintenir les Casques bleus.

La Finul compte actuellement 7.500 Casques bleus, provenant d'une cinquantaine de pays. Présente au Liban depuis 1978, elle n'a pas empêché la résurgence des conflits.

Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis juin, Israël mène encore des frappes ponctuelles au Liban. Les forces israéliennes ont établi dans le sud du Liban ce qu'elles désignent comme une "zone de sécurité", sur une bande d'environ 10 kilomètres de large, le long de la frontière.


L'Iran offre 30.000 dollars pour tuer ou capturer des soldats américains

L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
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  • "Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans"
  • En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire

TEHERAN: L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme.

Le chef d'état-major de l'armée, Amir Hatami, a affirmé que ce dispositif avait été mis en place à la suite d'un "grand nombre de demandes" de personnes souhaitant contribuer financièrement, selon l'agence officielle Irna.

"Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans", a-t-il déclaré, en utilisant cette unité monétaire informelle équivalant à 10.000 rials iraniens.

En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire.

Aucun déploiement connu de troupes américaines au sol n'a eu lieu en Iran pendant la guerre au Moyen-Orient, à l'exception d'une mission de sauvetage menée en avril pour porter secours à un pilote américain dont l'appareil s'était écrasé.

"Les courageuses femmes iraniennes qui accompliront une telle action recevront le double de cette récompense", a-t-il ajouté.

La guerre entre Téhéran et Washington a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre la République islamique qui a répliqué en lançant des frappes sur les pays du Golfe alliés de Washington.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un accord-cadre en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats.

L'Iran et les Etats-Unis ont depuis échangé sporadiquement des frappes qui se concentrées principalement autour du stratégique détroit d'Ormuz.


L'émissaire de Trump se rendra en Israël pour tenter d'aplanir les divergences sur Gaza

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
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  • M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer
  • Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route"

JERUSALEM: Jared Kushner, l'émissaire et gendre de Donald Trump, se rendra en Israël la semaine prochaine pour tenter d'aplanir les divergences entre les deux alliés sur le plan américain pour la bande de Gaza, a déclaré une source au sein du "Conseil de paix".

Il se rendra avec Nikolaï Mladenov, le haut représentant pour ce territoire palestinien du "Conseil de paix" créé par le président américain, en Israël et en Egypte, un pays médiateur-clé.

Cette visite interviendra après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté publiquement le 9 août la feuille de route américaine en 15 points annoncée fin juillet par M. Mladenov, qui prévoit le désarmement du Hamas et le retrait israélien de la bande de Gaza.

Si ce mouvement islamiste palestinien l'a acceptée, Israël a dit lier tout départ de ses soldats à un "véritable" désarmement du Hamas.

Selon une source au sein du "Conseil de Paix", MM. Kushner et Mladenov espèrent "des discussions constructives" sur le plan de paix global de Donald Trump pour la bande de Gaza, dont le premier jalon a été le cessez-le-feu décrété en octobre 2025. Depuis, les frappes israéliennes ont diminué en intensité, sans s'arrêter pour autant.

"Les Etats-Unis et Israël s'accordent sur l'issue souhaitée à Gaza, c'est-à-dire un Hamas démilitarisé", a précisé la même source, qui a requis l'anonymat.

"Nous allons écouter les préoccupations soulevées et discuter des prochaines étapes", a-t-elle poursuivi.

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien.

Mais M. Mladenov est ensuite revenu sur ses propos et a déclaré qu'Israël n'aurait pas à retirer ses forces tant que le Hamas ne se serait pas entièrement désarmé.

M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer, exigeant que celui-ci détruise ses armes de manière vérifiable.

Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route", a dit à l'AFP Bassem Naim, membre du bureau politique de ce mouvement islamiste.

Il a appelé les Etats-Unis à "empêcher la perturbation du processus (de mise en oeuvre) de l'accord de cessez-le-feu pour des raisons politiques et électorales".