Yémen: Le gouvernement s'engage à respecter la trêve instaurée par l'ONU

Un combattant fidèle au gouvernement yéménite arpente la zone de la ligne de front d'al-Jawba, dans la province de Maria, au nord-est du pays (Photo, AFP).
Un combattant fidèle au gouvernement yéménite arpente la zone de la ligne de front d'al-Jawba, dans la province de Maria, au nord-est du pays (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mardi 10 mai 2022

Yémen: Le gouvernement s'engage à respecter la trêve instaurée par l'ONU

  • Le ministre yéménite des Affaires étrangères a exhorté la communauté internationale à défendre aux Houthis de menacer la trêve
  • La milice soutenue par l'Iran a échoué lors de ses dernières offensives sur Radaha et sur Marib

AL-MOUKALLA : Le ministre yéménite des Affaires étrangères, Ahmed Awadh ben Moubarak, a indiqué lundi que son gouvernement s'engageait à soutenir la trêve actuelle négociée par les Nations Unies et à atténuer les souffrances des Yéménites, malgré les violations permanentes commises par les Houthis dans le pays.
Le ministre a réitéré les engagements de son gouvernement au titre de la trêve pour mettre fin aux hostilités et faciliter l'arrivée de navires de carburant au port maritime de Hodeïda ainsi que la reprise des vols depuis l'aéroport de Sanaa contrôlé par les Houthis. Il a également exhorté la communauté internationale à défendre aux Houthis de menacer la trêve.
«Nous renouvelons l'engagement du gouvernement à mettre en œuvre la trêve dans tous ses aspects, sans exception, malgré les violations militaires continues (commises par les Houthis)», a-t-il déclaré dans un communiqué.
La trêve entrée en vigueur le 2 avril a subi un coup dur le 24 avril, après que le premier vol commercial qui devait partir de l'aéroport de Sanaa a été reporté sine die, les Houthis ayant exigé que les passagers soient munis de passeports fournis par la milice.
Le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale estime que les Houthis ont profité de la trêve pour transporter des armes lourdes et des véhicules militaires vers des zones de tension situées à l'extérieur de la ville centrale de Marib. Par ailleurs, on s'attend à ce qu'ils génèrent 90 milliards de riyals yéménites (soit 90 millions de dollars) en vendant les 18 navires de carburant qui ont été autorisés à entrer dans le port maritime de Hodeïda pendant le cessez-le-feu.

Des pêcheurs yéménites déchargent leurs prises sur une plage de la côte de la mer Rouge, dans le district de Khokha, à Hodeïda (Photo, AFP).


«En manipulant les dispositions de la trêve à leur guise, les Houthis ont prouvé que leur objectif prioritaire était de collecter des fonds pour financer la guerre et enrichir leurs dirigeants», affirme le ministre yéménite.
Plus tôt ce mois, le ministre yéménite de l'Information, Muammar al-Eryani, a accusé les Houthis d'avoir violé l'accord de Stockholm conclu en 2018 avec le gouvernement en pillant les recettes des ventes de pétrole qui étaient censées être utilisées pour payer les salaires des fonctionnaires dans les zones contrôlées par les Houthis. Il a ajouté que les 90 milliards de riyals de recettes prévues pour les ventes de pétrole pendant la trêve suffiraient à payer les salaires de milliers de fonctionnaires pendant trois mois.
Les Houthis n'ont pas versé aux employés du gouvernement leur salaire depuis septembre 2016, date à laquelle l'ancien président yéménite Abed Rabbo Mansour Hadi a déplacé le siège de la banque centrale de Sanaa à Aden pour empêcher la milice yéménite de piller ses réserves.
Parallèlement, trois soldats yéménites ont été blessés après que l'armée a abattu un drone chargé d'explosifs lancé par les Houthis au sud de Marib.
D'après ce qu'a rapporté un responsable militaire local lundi à Arab News, les Houthis ont lancé le drone en direction d'un rassemblement de troupes gouvernementales et ont monté une attaque dans l'intention de s'emparer de la montagne Radaha à Marib.
«Leurs attaques et mobilisations de forces se poursuivent pendant la trêve. Nous avons réussi à déjouer leur attaque contre Radaha», a précisé le fonctionnaire, qui a préféré rester anonyme.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: les «négociations directes» avec Israël, seule voie pour sortir de la guerre 

Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
Short Url
  • "La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban"
  • "Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)"

PARIS: Les "négociations directes" entre le gouvernement libanais et Israël sont "la seule voie" pour rétablir la paix au Liban, a estimé mercredi le ministre libanais des Affaires étrangères lors d'une audition devant l'Assemblée nationale française.

"Le Hezbollah fait tout ce qu'il peut pour empêcher ces négociations directes", a déploré Youssef Raggi, entendu par la Commission des Affaires étrangères. "Mais pour l'Etat libanais, pour le gouvernement, c'est la seule voie pour essayer de voir comment régler le problème dans sa globalité", a-t-il ajouté, appelant au pragmatisme et soulignant que l'option militaire avait "prouvé son inefficacité".

"La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban", a également affirmé le ministre libanais, violemment hostile au Hezbollah et à son parrain iranien.

"Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)".

Il a en outre jugé "absurde" l'argumentaire du Hezbollah qui dit défendre "le pays contre l'invasion et contre l'occupation israélienne" puisque Israël a assuré n'avoir "aucune ambition territoriale sur le Liban".

Israël occupe une partie du sud du Liban le long de sa frontière, et a avancé en profondeur dans le Liban comme jamais en près de 30 ans depuis le début de cette nouvelle guerre.

Le ministre a enfin avancé qu'il ne s'agissait pas de désarmer le Hezbollah "pour faire plaisir aux Etats-Unis, ni aux Arabes, ni à la communauté internationale". C'est une demande, c'est une exigence purement libanaise" - également réclamée avec force par Israël.

"Nous voulons que le Hezbollah, comme toutes les autres petites organisations qui lui sont alliées (...) soient désarmées pour que nous puissions enfin vivre dans un pays normal".

Le Hezbollah a entraîné le 2 mars le Liban dans la guerre pour soutenir l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

Les frappes israéliennes ont depuis fait 3.666 morts, selon le dernier bilan des autorités libanaises.


L'Égypte condamne les attaques iraniennes contre la Jordanie, Bahreïn et le Koweït

La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
Short Url
  • L'Egypte met en garde contre les attaques qui menacent la stabilité régionale et réaffirme son soutien aux Etats arabes du Golfe
  • Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe

DUBAI : L'Egypte a condamné mercredi les attaques iraniennes visant la Jordanie, Bahreïn et le Koweït, les décrivant comme une escalade dangereuse et une violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des trois pays.

Le Koweït, Bahreïn et la Jordanie ont signalé des interceptions de drones, des sirènes de raids aériens et des tirs de missiles dans le cadre des attaques iraniennes contre des cibles liées aux États-Unis dans la région.

Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe et a affirmé son soutien aux mesures visant à protéger leur sécurité, leur stabilité et leurs biens nationaux.

Le ministère a déclaré que les attentats menaçaient la sécurité et la stabilité de l'ensemble de la région, soulignant que la sécurité des États arabes faisait "partie intégrante" de la sécurité nationale égyptienne et arabe.

L'Égypte a également réitéré son rejet de toute action qui porte atteinte à la souveraineté des États ou menace l'intégrité territoriale, tout en appelant à la désescalade et au respect du droit international afin de préserver la stabilité régionale.


Gaza: les discussions du Caire butent sur la question clef du désarmement

Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes. (AFP)
Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes. (AFP)
Short Url
  • Faisant état d'"avancées", un dirigeant de mouvement palestinien a confirmé le blocage, reconnaissant que "la question des armes est l'un des dossiers les plus sensibles qui ont été abordés" et que la balle était "dans le camp d'Israël et des médiateurs"
  • Les groupes palestiniens "restent attachés" au principe selon lequel la question du désarmement doit être liée à au "retrait total d'Israël de la bande de Gaza", a-t-il ajouté

LE CAIRE: Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes.

"Les consultations se poursuivent [...] dans un contexte de divergences nettes de vision [...] la question des armes restant le seul point de discorde", a déclaré à l'AFP une source politique palestinienne au fait des pourparlers.

Faisant état d'"avancées", un dirigeant de mouvement palestinien a confirmé le blocage, reconnaissant que "la question des armes est l'un des dossiers les plus sensibles qui ont été abordés" et que la balle était "dans le camp d'Israël et des médiateurs", soit l'Egypte, le Qatar et la Turquie.

Les groupes palestiniens "restent attachés" au principe selon lequel la question du désarmement doit être liée à au "retrait total d'Israël de la bande de Gaza", a-t-il ajouté.

Validé par l'ONU, le plan de paix par étapes du président américain Donald Trump en vue de mettre fin à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas sur Israël, n'entrevoit au contraire qu'à très long terme la possibilité d'un retrait total des troupes israéliennes, qui contrôlent aujourd'hui environ 60% de ce territoire.

Et Israël continue d'exiger un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens avant toute progression dans la feuille de route fixée par M. Trump.

Plus tôt mardi, plusieurs sources palestiniennes impliquées dans les discussions avaient fait état d'un accord entre les différents mouvements pour que les groupes militarisés de la bande de Gaza remettent une partie de leurs armes à une instance palestinienne ad hoc, restant à créer.

Une telle proposition n'ayant a priori aucune chance d'être acceptée par Israël, "l'Egypte et les médiateurs travaillent à élaborer une nouvelle formule acceptable tenant compte de ce consensus", avait indiqué un des participants.

Parmi les mouvements présents au Caire figurent le Hamas, le Jihad islamique et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) parmi les plus importants, mais pas le Fatah, la formation du président palestinien Mahmoud Abbas.

Les discussions du Caire se tiennent alors que les frappes israéliennes - visant, selon Israël, des membres de groupes armés - se poursuivent à un rythme quasi-quotidien en dépit du cessez-le-feu annoncé en octobre 2025.

Les parties se renvoient mutuellement la responsabilité de la situation, le Hamas accusant Israël de ne pas respecter ses engagements, notamment humanitaires.

Les pourparlers entre le Hamas et les médiateurs doivent reprendre mercredi, selon un dirigeant du mouvement islamiste.

Le Hamas a déjà plusieurs fois déclaré ne pas être opposé à rendre une partie de son arsenal, mais uniquement dans le cadre d'un processus politique palestinien.

Son ancien numéro un, Khaled Mechaal, a aussi évoqué un "gel" ou un "stockage" des armes, ce qui avait été immédiatement rejeté par Israël.