Elections au Liban: quel impact sur l'économie en crise?

La monnaie locale a perdu près de 90% de sa valeur et le salaire minimum mensuel, de 675.000 livres libanaises, ne vaut guère plus de 25 dollars (environ 24 euros) sur le marché noir. (AFP).
La monnaie locale a perdu près de 90% de sa valeur et le salaire minimum mensuel, de 675.000 livres libanaises, ne vaut guère plus de 25 dollars (environ 24 euros) sur le marché noir. (AFP).
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Publié le Jeudi 12 mai 2022

Elections au Liban: quel impact sur l'économie en crise?

  • Après la signature d'un accord de principe début avril avec le Fonds monétaire international (FMI), un engagement fort a été requis de Beyrouth pour mettre en œuvre des réformes ambitieuses nécessaires
  • Cependant, aucune mesure concrète n'a été prise par le Parlement sortant pour pallier la crise

BEYROUTH: Dès le lendemain des élections législatives prévues le 15 mai au Liban, le nouveau Parlement devra s'atteler à plusieurs dossiers urgents, dont celui des réformes qui permettraient de débloquer une aide financière internationale et sortir le pays d'une profonde crise économique inédite.


Après la signature d'un accord de principe début avril avec le Fonds monétaire international (FMI), un engagement fort a été requis de Beyrouth pour mettre en œuvre des réformes ambitieuses nécessaires afin d'obtenir un plan d'aide de trois milliards de dollars.


Cependant, aucune mesure concrète n'a été prise par le Parlement sortant pour pallier la crise et il reviendra au nouveau de les mettre en place. 

Quelle est la situation après deux ans de crise?

Causée par des décennies de mauvaise gestion et de corruption d'une classe dirigeante quasi inchangée depuis des dizaines d'années, la crise économique a été exacerbée par la pandémie, l'explosion meurtrière au port de Beyrouth et désormais par la guerre en Ukraine.


Qualifiée par la Banque mondiale (BM) comme l'une des pires de l'Histoire moderne, cette crise a décimé les institutions de l'Etat qui est incapable de fournir les services de base tels que l'électricité, les médicaments et le carburant.


Les coupures d'électricité ont fortement augmenté paralysant la vie de la population, alors que les générateurs privés -- auxquels la majorité des citoyens ont recours -- sont contraints de rationner leur production à mesure que le prix du carburant augmente.


La monnaie locale a perdu près de 90% de sa valeur et le salaire minimum mensuel, de 675.000 livres libanaises, ne vaut guère plus de 25 dollars (environ 24 euros) sur le marché noir. Près de 80% de la population vit désormais en dessous du seuil de pauvreté de l'ONU et les épargnants subissent des restrictions bancaires étouffantes.

Quels sont les dossiers urgents?

Le Parlement sortant était censé adopter la loi de contrôle des capitaux, destinée à encadrer le retrait et le transfert de devises, et le budget de l'Etat, mais les députés n'ont cessé de tergiverser à l'approche des élections. 


Selon le vice-Premier ministre Saadé Chami, le nouveau Parlement devra adopter ces deux lois, ainsi qu'une législation destinée à restructurer le secteur bancaire et amender la loi sur le secret bancaire. 


"Nous espérons que le nouveau Parlement adoptera rapidement ces quatre projets de loi, qui sont des actions préalables, pour un accord final avec le FMI", a déclaré à l'AFP M. Chami, qui dirige la délégation libanaise chargée de négocier avec le FMI.


Le Liban avait évalué en début d'année les pertes du secteur financier à 69 milliards de dollars (60 milliards d'euros). C'est ce montant qui avait été retenu comme base de négociation avec le FMI.


Accordé pour une durée de quatre ans au titre du mécanisme élargi de crédit, le plan d'aide doit au préalable recevoir l'aval de la direction du FMI et de son conseil d'administration, a précisé en avril le Fonds dans un communiqué.

Quels défis pour le nouveau Parlement?

Selon les experts, les législatives ne devraient pas apporter de changement important à un paysage politique dominé par les partis traditionnels, même si des candidats anti-système pourraient réaliser des percées.


"Je m'attends à un parlement plus fragmenté où l'opposition pourra se ressaisir et être un moteur de changement et de réforme", estime Sami Nader, directeur de l'Institut du Levant pour les affaires stratégiques.


Pour le Premier ministre Najib Mikati, le Liban "n'a d'autre choix" que le FMI. "Réaliser les actions requises accélèrera la solution" pour le Liban, a-t-il insisté, citant des responsables au sein de l'institution. 


Le défi principal concerne notamment la loi sur la restructuration du secteur bancaire, mesure fondamentale pour soutenir la croissance selon le FMI.


Mais elle sera difficile à mettre en place car elle vise les intérêts communs des banques et de la classe politique. 


Notre pays doit "avant tout, faire preuve d'engagement et de crédibilité en ce qui concerne les réformes, avant que la communauté internationale ne s'engage à tout soutien financier", reprend M. Chami. 


"La balle est dans notre camp".  

 


Netanyahu affirme que la menace du Hezbollah impose la poursuite de l'action militaire au Liban

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi que la menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l'action militaire au Liban, où les deux camps ont revendiqué de nouvelles attaques sur leurs positions respectives. (AFP)
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi que la menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l'action militaire au Liban, où les deux camps ont revendiqué de nouvelles attaques sur leurs positions respectives. (AFP)
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  • Le président libanais Jospeh Aoun, et le mouvement chiite ont pour leur part échangé des accusations, au sujet des négociations directes prévues entre Israël et le Liban
  • Sur le terrain, de nouvelles frappes israéliennes ont visé lundi des localités dans le sud du Liban, selon l'agence nationale d'information (Ani, officielle)

BEYROUTH: Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi que la menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l'action militaire au Liban, où les deux camps ont revendiqué de nouvelles attaques sur leurs positions respectives.

Le président libanais Jospeh Aoun, et le mouvement chiite ont pour leur part échangé des accusations, au sujet des négociations directes prévues entre Israël et le Liban.

M. Aoun a souligné que leur objectif était de mettre fin au conflit, ajoutant à l'intention du Hezbollah que la véritable "trahison" était d'avoir entraîné le Liban dans la guerre.

Le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, avait auparavant accusé les autorités libanaises d'avoir fait "des concessions gratuites et humiliantes".

"Naïm Qassem joue avec le feu, et ce feu brûlera le Hezbollah et tout le Liban", a averti le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, lors d'une rencontre avec l'envoyée de l'ONU au Liban.

Sur le terrain, de nouvelles frappes israéliennes ont visé lundi des localités dans le sud du Liban, selon l'agence nationale d'information (Ani, officielle).

L'armée israélienne a annoncé avoir commencé à frapper "des sites d'infrastructures du Hezbollah" dans la vallée de la Bekaa (est) et dans d'autres zones du sud.

Elle a affirmé avoir "détruit au cours des derniers jours plus de cinquante infrastructures terroristes dans le sud du Liban, y compris un complexe souterrain utilisé par le Hezbollah" pour des attaques contre Israël.

Le Hezbollah a pour sa part revendiqué de nouvelles attaques contre les troupes israéliennes déployées dans des localités frontalières du sud,  notamment contre un char Merkava à Kantara, et un bulldozer qui "démolissait des maisons dans la ville de Bint Jbeil".

"10% des missiles" 

Les deux parties s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril puis prolongé de trois semaines le 23 avril, après deux sessions de pourparlers à Washington au niveau des ambassadeurs libanais et israélien.

Selon M. Netanyahu, il "reste encore deux menaces principales venant du Hezbollah: les roquettes de type 122 et les drones. Cela exige une combinaison d'actions opérationnelles et technologiques", a-t-il affirmé devant des gradés.

Selon lui, le mouvement dispose encore "d’environ 10% des missiles" qu'il détenait au début de la guerre, déclenchée le 2 mars par des tirs du Hezbollah sur Israël en riposte à l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, rendu public par le département d'Etat américain, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours".

Ses forces ont délimité par une "ligne jaune" une zone le long de la frontière pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens.

"Pas d'accord humiliant" 

"Mon objectif est de parvenir à la fin de l'état de guerre avec Israël", a affirmé M. Aoun, assurant qu'il "n'accepterait pas un accord humiliant".

"Ce que nous faisons n'est pas une trahison, la trahison est plutôt commise par ceux qui entraînent le pays dans une guerre au profit d'intérêts étrangers", a-t-il rétorqué au mouvement chiite.

Ce dernier, qui dénonce une "capitulation" et se pose en défenseur de la souveraineté territoriale du Liban, "refuse catégoriquement de négocier directement avec Israël", a réaffirmé lundi son chef, dans un communiqué lu par la chaîne al-Manar, affiliée au mouvement.

Il a demandé au gouvernement libanais de renoncer à "un grave pêché qui place le Liban dans un cycle d'instabilité", ajoutant que son mouvement, dont Israël exige le désarmement, ne renoncerait pas à ses armes.

Le chef d'état-major de l'armée israélienne, Eyal Zamir, a pour sa part affirmé que 2026 "pourrait encore être une année de combats" sur tous les fronts.

Selon des chiffres de l'AFP fondés sur des sources officielles libanaises, les opérations israéliennes ont fait depuis le début de la trêve au moins 36 morts, dont 14 dimanche.

Depuis le 2 mars, la campagne militaire israélienne a tué 2.521 personnes et en a blessé 7.804 blessées, selon le dernier bilan du ministère de la Santé.

Côté israélien, 16 soldats ont été tués au Liban depuis le 2 mars, dont un dimanche, selon les autorités.


Le chef de la diplomatie iranienne accuse depuis Saint-Pétersbourg les Etats-Unis de l'échec des discussions au Pakistan 

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
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  • "Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives"
  • Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères a accusé lundi les Etats-Unis d'être responsables de l'échec des pourparlers de paix au Pakistan, après son arrivée en Russie où il doit rencontrer le président Vladimir Poutine.

"Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives", a-t-il déclaré, cité par les médias d'Etat iraniens. Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique.

 

 


Liban: le Hezbollah refuse «catégoriquement» les négociations directes avec Israël

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
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  • "Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité"
  • Le président libanais dit au Hezbollah que "la trahison" est d'entraîner le pays dans la guerre

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a réaffirmé lundi son refus des négociations directes entre Beyrouth et Israël, estimant qu'elles risquaient d'entraîner le Liban dans un "cycle d'instabilité".

"Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité", a déclaré le chef du groupe pro-iranien dans un communiqué lu par la chaîne al-Manar, qui lui est affiliée.

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine.