Le vol de céréales ukrainiennes par les Russes est «répugnant», accuse l'Allemagne

Un ouvrier manipule des graines de blé sur un tapis roulant pendant son chargement pour le stockage dans un grenier de Tchernigiv, à 140 km au nord de Kiev, le 05 juillet 2019. PHOTO AFP /FAO/ANATOLII STEPANOV
Un ouvrier manipule des graines de blé sur un tapis roulant pendant son chargement pour le stockage dans un grenier de Tchernigiv, à 140 km au nord de Kiev, le 05 juillet 2019. PHOTO AFP /FAO/ANATOLII STEPANOV
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Publié le Vendredi 13 mai 2022

Le vol de céréales ukrainiennes par les Russes est «répugnant», accuse l'Allemagne

  • «La Russie vole et confisque les biens et les céréales dans l'Est de l'Ukraine», a déclaré Cem Özdemir aux côtés de son homologue ukrainien Mykola Solsky
  • «La situation en Ukraine est réellement compliquée en ce qui concerne les exportations de céréales», a expliqué M. Solsky, détaillant que 20 millions de tonnes doivent quitter les silos du pays d'ici trois mois avant la prochaine récolte

STUTTGART : Le ministre allemand de l'Agriculture a qualifié vendredi de "répugnant" les vols de céréales dont sont accusées les troupes russes en Ukraine, en marge d'une réunion du G7 cherchant à aider Kiev à exporter sa production.

"La Russie vole et confisque les biens et les céréales dans l'Est de l'Ukraine", a déclaré Cem Özdemir aux côtés de son homologue ukrainien Mykola Solsky, estimant que "c'est une manière particulièrement répugnante de mener la guerre."

Les deux ministres ont également "évoqué les moyens d'aider à sauver la récolte par le chemin terrestre, ferroviaire ou via le Danube", a expliqué M. Özdemir, alors que l'invasion russe et le blocus imposé aux ports ukrainiens a fortement réduit les voies d'exportations pour ce grand producteur agricole.

La Commission européenne a présenté jeudi un plan pour aider l'Ukraine à exporter sa production en mobilisant des capacités de fret, une question qui sera également au centre des discussions de la réunion des ministres de l'Agriculture du G7 rassemblant les sept puissances les plus riches de la planète (Allemagne, France, Italie, Canada, États-Unis, Japon et Royaume-Uni).

"La situation en Ukraine est réellement compliquée en ce qui concerne les exportations de céréales", a expliqué M. Solsky, détaillant que 20 millions de tonnes doivent quitter les silos du pays d'ici trois mois avant la prochaine récolte.

"Nous ne pouvons pas résoudre cette question tout seul" et "nous devons travailler à débloquer les ports de la Mer noire et à établir des liens logistiques vers les ports baltes", a-t-il ajouté.

Réputée pour ses terres noires très fertiles, l'Ukraine était avant l'invasion le quatrième exportateur mondial de maïs et en passe de devenir le troisième exportateur de blé.


Les procureurs américains s'opposent à la publication des raisons de la perquisition chez Trump

Le sceau du FBI, devant le siège de l'organisation à Washington, le 15 août 2022 (Photo, AFP).
Le sceau du FBI, devant le siège de l'organisation à Washington, le 15 août 2022 (Photo, AFP).
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  • Á la demande des procureurs cette fois-ci, un juge avait rendu publics le mandat autorisant la perquisition
  • «Trump s'est dit victime d'une attaque contre un opposant politique comme on n'en a jamais vu dans notre pays»

WASHINGTON: Le ministère américain de la Justice s'est opposé lundi à la publication d'un document judiciaire censé donner les raisons qui ont poussé les enquêteurs fédéraux à mener une perquisition inédite chez l'ancien président Donald Trump la semaine dernière.

L'opération de la police fédérale dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride - une première pour un ex-président - a provoqué une tempête politique, M. Trump et ses partisans dénonçant une "chasse aux sorcières".

Plusieurs organisations, dont des médias, avaient demandé à un juge de publier un document judiciaire dans lequel les enquêteurs expliquent habituellement pourquoi la perquisition était nécessaire.

Le ministère de la Justice a assuré lundi qu'une telle publication "nuirait de manière irréparable à l'enquête pénale en cours", selon un document judiciaire.

Vendredi, à la demande des procureurs cette fois-ci, un juge avait rendu publics le mandat autorisant la perquisition et une liste des documents saisis.

Mais, à l'inverse des premiers, le document dont la publication était cette fois demandée contient "des informations très sensibles sur des témoins", des techniques utilisées par la police et des faits "extrêmement importants sur l'enquête", a estimé le ministère.

Sa publication pourrait révéler la stratégie des enquêteurs et "compromettre (la réussite) de prochaines étapes de l'investigation", a-t-il ajouté.

Selon les documents révélés vendredi, la justice soupçonne le républicain d'avoir violé une loi américaine sur l'espionnage qui encadre très strictement la détention de documents confidentiels. La liste des objets saisis mentionne de nombreux documents classés "top secret".

Donald Trump, pressenti pour se relancer dans la course à la Maison Blanche pour 2024, a assuré que ces documents avaient été déclassifiés.

Lundi, en indiquant avoir vu ses passeports saisis lors de la perquisition, le républicain s'est dit victime d'une "attaque contre un opposant politique comme on n'en a jamais vu dans notre pays".


Ukraine: Une «catastrophe» à Zaporojjia menacerait l'Europe entière, avertit Zelensky

Des militaires ukrainiens dans la région de Donetsk (Photo, AFP).
Des militaires ukrainiens dans la région de Donetsk (Photo, AFP).
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  • Depuis fin juillet, plusieurs frappes, dont les deux parties s'accusent mutuellement, ont visé le site
  • La centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, avait été prise début mars par les troupes russes

KIEV: Une "catastrophe" à la centrale nucléaire de Zaporojjia, sous contrôle russe dans le sud de l'Ukraine, menacerait l'Europe toute entière, a averti lundi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

"A l'abri de la station, les occupants bombardent les villes et communautés des environs", a accusé M. Zelensky dans son adresse de lundi soir.

"Tout incident radioactif à la centrale nucléaire de Zaporojjia peut porter un coup aux pays de l'Union européenne, à la Turquie, à la Géorgie, et à des pays de régions plus éloignées. Tout dépend de la direction et de la force du vent", a poursuivi le président ukrainien.

"Si les actions de la Russie conduisent à une catastrophe, les conséquences pourraient frapper ceux qui restent silencieux pour l'instant", a-t-il averti.


Cameroun: Un militaire et un policier tués par des séparatistes anglophones

Le conflit avait éclaté en octobre 2016 (Photo, AFP).
Le conflit avait éclaté en octobre 2016 (Photo, AFP).
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  • Une partie de la population anglophone s'estime ostracisée par les francophones
  • Le conflit a fait plus de 6.000 morts depuis fin 2016 et forcé plus d'un million de personnes à se déplacer

YAOUNDÉ, Cameroun: Trois personnes, dont un militaire et un policier, ont été tuées dimanche par des rebelles dans l'ouest du Cameroun, tout près d'une région où une guerre meurtrière oppose des groupes armés séparatistes anglophones aux forces de l'ordre, a indiqué lundi à l'AFP le gouverneur de la région.

Un groupe de rebelles a attaqué, dimanche matin, un avant-poste de l'armée à Kengwo, un village situé dans la région de l'Ouest et limitrophe de celle du Nord-Ouest, peuplée principalement par la minorité anglophone d'un pays majoritairement francophone, a expliqué Augustine Awa Fonka, gouverneur de la région de l'Ouest.

"Il y a eu trois morts. Un policier, un militaire et un conducteur de moto. Les assaillants ont emporté des armes. A ma connaissance, il n'y a pas eu de victime de leur côté", a précisé M. Fonka.

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont le théâtre depuis cinq ans d'un conflit meurtrier entre des groupes armés réclamant l'indépendance d'un État qu'ils appellent l'"Ambazonie" et des forces de sécurités massivement déployées par le pouvoir du président Paul Biya, 89 ans, qui dirige le Cameroun d'une main de fer depuis près de 40 ans.

Une partie de la population anglophone s'estime ostracisée par les francophones. Le conflit a fait plus de 6.000 morts depuis fin 2016 et forcé plus d'un million de personnes à se déplacer, selon le centre de réflexion International Crisis Group (ICG).

Les rebelles - comme les militaires et les policiers - sont régulièrement accusés par les ONG internationales et l'ONU de commettre exactions et crimes contre les civils.

En juin, cinq militaires avaient été tués par des rebelles anglophones dans l'attaque d'un poste de gendarmerie à Njitapon, dans l'ouest du pays.

Le conflit anglophone avait éclaté en octobre 2016 après des manifestations pacifiques d'une partie de la minorité anglophone, qui s'estimait marginalisée et réclamaient plus d'autonomie ou l'indépendance, et violemment réprimées par les forces de l’ordre.