Shebab, famine, réconciliation politique: les défis du prochain président de la Somalie

Sur cette photo d'archives prise le 14 décembre 2019, un groupe d'enfants se procure de l'eau à des robinets au point de distribution d'eau d'un camp de déplacés pour les personnes touchées par d'intenses inondations à Beledweyne, en Somalie. La Somalie, doit élire un nouveau président le 15 mai 2022. (AFP).
Sur cette photo d'archives prise le 14 décembre 2019, un groupe d'enfants se procure de l'eau à des robinets au point de distribution d'eau d'un camp de déplacés pour les personnes touchées par d'intenses inondations à Beledweyne, en Somalie. La Somalie, doit élire un nouveau président le 15 mai 2022. (AFP).
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Publié le Samedi 14 mai 2022

Shebab, famine, réconciliation politique: les défis du prochain président de la Somalie

  • La Somalie sort de plus d'un an de tensions autour de l'organisation des élections, qui ont culminé dans des affrontements armés en avril 2021 après l'annonce de la prolongation du mandat du président Mohamed Abdullahi Mohamed
  • Elles ont ensuite secoué l'exécutif avec plusieurs bras de fer entre le président et son Premier ministre Mohamed Hussein Roble

NAIROBI : Lutte contre les islamistes radicaux shebab, famine imminente, réconciliation politique et économie à rebâtir figurent parmi les nombreux chantiers qui attendent le prochain président de la Somalie, qui doit être élu dimanche avec plus d'un an de retard.

Une «réconciliation» à mener

La Somalie sort de plus d'un an de tensions autour de l'organisation des élections, qui ont culminé dans des affrontements armés en avril 2021 après l'annonce de la prolongation du mandat du président Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo, arrivé à échéance.

Elles ont ensuite secoué l'exécutif avec plusieurs bras de fer entre le président et son Premier ministre Mohamed Hussein Roble.

Ces tensions et reports ont été préjudiciables à un pays déjà extrêmement fragile. "Ca a été une année de perdue pour la Somalie", estime Omar Mahmood, analyste au centre de réflexion International Crisis Group.

"Cette élection a été clivante (...) La réconciliation est le défi le plus immédiat", estime-t-il. "Il sera difficile d'avancer sur (certains sujets) qui nécessitent un certain niveau de coopération sans un certain apaisement et une vision commune."

La présidence de Farmajo a exacerbé les rivalités entre le gouvernement fédéral et certains Etats, notamment le Jubaland et le Puntland opposés à la volonté du chef de l'Etat de renforcer le pouvoir fédéral de Mogadiscio. Au Jubaland notamment, des combats ont opposé forces fédérales et locales.

Tous ces épisodes ont également révélé une dangereuse politisation des forces de sécurité. "Il y a des divisions au sein des forces de sécurité qu'il faudra résoudre", souligne Samira Gaid, directrice exécutive de l'Institut Hiraal spécialisé sur les questions de sécurité. 

Une stratégie anti-shebab à définir 

Le pays fait face depuis 15 ans à l'insurrection des islamistes radicaux shebab, qui ont juré la perte du gouvernement soutenu par la communauté internationale et une force de l'Union africaine.

Le 30 mars, l'ONU a approuvé la continuation de cette force, présente dans le pays depuis 2007, dans une mission reconfigurée et baptisée Atmis. Celle-ci prévoit une stratégie militaire plus offensive, combinée à un retrait progressif d'ici fin 2024.

Selon Samira Gaid, une nouvelle administration pourrait demander à "renégocier" certains volets de ce plan, validé sous Farmajo.

De l'avis de nombreux observateurs et partenaires internationaux, les différends électoraux ont détourné les autorités de la lutte contre les shebab, qui ont consolidé leur implantation dans de vastes zones rurales et intensifié leurs attaques ces derniers mois.

Selon Omar Mahmood, après 15 ans de lutte militaire, il est peut-être temps d'"explorer davantage une piste politique".

"Les signaux de la nouvelle administration, le ton qu'elle adoptera (envers les shebab) seront très importants dès le départ", estime-t-il: "même si les shebab n'y sont pas disposés pour le moment, il s'agit en quelque sorte d'ouvrir un canal (...) pour préparer le terrain. C'est un processus, quelque chose de très long terme".

Une famine à éviter

La Somalie - comme l'ensemble de la Corne de l'Afrique - connaît l'une de ses pires sécheresses de ces dernières décennies, qui affecte 6,1 millions d'habitants (40% de sa population), dont 760 000 ont quitté leur foyer pour chercher de l'aide, selon l'ONU.

Les organisations humanitaires ont multiplié les appels à financement, alertant que sans une aide internationale rapide le pays se dirige vers une famine comme celle de 2011, qui avait fait 260 000 morts.

Si le gouvernement dispose de peu de ressources pour soutenir sa population, il aura un rôle de sensibilisation de la communauté internationale et de coordination à jouer.

Une économie à consolider

Endettée et en manque d'infrastructures, l'économie somalienne est dépendante des aides internationales.

Selon la Banque mondiale, 71% des Somaliens vivent avec moins de 1,90 dollar par jour (1,80 euro). 

Les atermoiements électoraux menacent un programme d'aides cruciales du FMI, prévu pour s'arrêter automatiquement le 17 mai si une nouvelle administration ne valide pas certaines réformes. Le gouvernement a demandé un report de trois mois de cette échéance, qui n'a pas encore été examiné.

Estimée à 2,9% en 2019, la croissance économique a été ralentie en 2020 par la pandémie de Covid-19, une invasion de criquets et des inondations, qui ont entraîné une contraction de l'économie de 1,5%, selon la Banque mondiale.

La Banque africaine de développement prévoyait une croissance de 2,9% pour 2021 et 3,2% pour 2022, "ce qui est toujours inférieur aux projections pré-Covid-19".

Une tâche majeure pour le futur gouvernement sera d'améliorer ses recettes fiscales, afin de gagner en autonomie et de consolider ses institutions. "La Somalie doit se protéger des futurs chocs externes, une façon d'y parvenir est de développer une base de revenus intérieure", estime Omar Mahmood.

La lutte contre la corruption reste également cruciale dans ce pays, classé comme l'un des plus corrompus au monde par l'ONG Transparency International (178e sur 180, à égalité avec la Syrie).


Téhéran veut garder le contrôle d'Ormuz, fin du round de négociations

Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
  • Le responsable américain, ainsi que le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté lundi le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, au terme d'un marathon de 18 heures
  • En attendant, M. Ghalibaf a réaffirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait "administrée" par son pays, selon des propos rapportés mardi par Irna

BURGENSTOCK: Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Ces discussions ont permis de poser des "bases très solides pour aboutir à un accord final réussi", s'est félicité lundi le vice-président américain JD Vance, les Etats-Unis annonçant dans la foulée une suspension de deux mois des sanctions sur le pétrole iranien.

Le responsable américain, ainsi que le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté lundi le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, au terme d'un marathon de 18 heures, laissant à des diplomates le soin de poursuivre des discussions "techniques" sur place.

Celles-ci se sont également achevées et les pourparlers se poursuivront ultérieurement au sein de groupes de travail, a indiqué mardi la diplomatie iranienne à l'agence officielle Irna.

En attendant, M. Ghalibaf a réaffirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait "administrée" par son pays, selon des propos rapportés mardi par Irna.

Le passage par Ormuz, où transite en temps normal 20% du pétrole et du GNL mondial, était libre de tout contrôle avant le déclenchement par les Etats-Unis et Israël le 28 février de la guerre contre l'Iran.

Mais "l'administration du détroit d'Ormuz ne redeviendra jamais ce qu'elle était avant la guerre", a assuré M. Ghalibaf, martelant que "l'Iran administrera" celui-ci.

L'Iran a par ailleurs indiqué mardi avoir conclu en Suisse avec les Américains un accord pour le déblocage "immédiat" de 12 milliards d'avoirs iraniens gelés.

Ceux-ci seront libérés "en deux tranches de 6 milliards", a détaillé auprès d'Irna le chef de la délégation iranienne chargé des discussions techniques, le vice-ministre de Affaires étrangères Kazem Gharibabadi.

M. Vance avait souligné que son pays s'assurerait qu'un éventuel déblocage d'avoirs iraniens "ne servirait pas à financer le terrorisme".

Ghalibaf à Oman 

Le cycle de négociations entamé ce week-end en Suisse nourrit les espoirs d'un règlement durable du conflit et a fait retomber le cours du baril de Brent de la mer du Nord sous la barre des 78 dollars, loin des plus de 126 dollars atteints au paroxysme de la guerre.

Les négociations, où le Pakistan et le Qatar jouent un rôle de médiation, doivent aboutir à un document final sous un délai de 60 jours renouvelables.

Dans ce cadre, le président iranien, Massoud Pezeshkian, doit effectuer une visite d'Etat à Islamabad mardi, selon la diplomatie pakistanaise.

Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio est pour sa part attendu de mardi à jeudi aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et au Koweït, selon son ministère.

Et l'équipe de négociateurs iraniens, emmenée par M. Ghalibaf, s'est rendue de son côté à Oman pour parler précisément de la gestion du détroit d'Ormuz, selon Irna.

Pressé de mettre un terme à un conflit qui pèse sur le pouvoir d'achat de ses citoyens, Washington a multiplié les gestes envers Téhéran.

Concernant le pétrole, principale ressource de la République islamique, "toutes les transactions" concernant la production, la vente et le transport d'hydrocarbures d'origine iranienne "sont autorisées jusqu'au 21 août", a détaillé le ministère américain des Finances.

Selon M. Vance, Téhéran a accepté d'inviter à nouveau des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ce que l'Iran n'a pas confirmé.

"Premier test réel" 

Mises en place par l'accord de 2015 déchiré par M. Trump en 2018, ces inspections avaient été suspendues par l'Iran après les bombardements israélo-américains de ses installations en juin 2025.

Les inspecteurs de l'AIEA n'ont depuis pas pu visiter les sites touchés, laissant planer le doute sur l'état des stocks d'uranium hautement enrichi de la République islamique, un point de contentieux majeur avec Washington.

Téhéran a toujours nié chercher à se doter de l'arme nucléaire, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.

Sur le front libanais, que Téhéran a insisté pour associer aux discussions, une "cellule de gestion des conflits" va être mise en place pour faire cesser les combats entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre début mars.

Lundi, le président libanais Joseph Aoun a ainsi fait savoir avoir reçu un appel de M. Vance au sujet de "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard".

L'offensive au Liban, destinée selon Israël à empêcher les attaques du Hezbollah, a fait plus de 4.100 morts selon les autorités et plus d'un million de déplacés.

Pour le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, le respect de ce cessez-le-feu sera "le premier test réel" de la solidité du protocole d'accord américano-iranien.


Pourparlers Iran-Etats-Unis : «des bases très solides» en vue d'un accord final, selon JD Vance

Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
  • "Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis
  • Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna

BURGENSTOCK: Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance.

"Nous avons posé des bases très solides pour aboutir à un accord final réussi. L'accord final, c'est la maison. Nous en avons posé les fondations. Nous n'avons pas encore construit la maison, mais nous avons posé des bases solides pour atteindre une issue favorable pour le peuple américain", a-t-il déclaré aux journalistes.

Après la signature d'un protocole d'accord la semaine dernière et un démarrage dans le chaos, ces négociations, lancées dimanche dans le complexe hôtelier du Burgenstock, dans les Alpes suisses, doivent aboutir, sous un délai de 60 jours renouvelables, à un document final.

"Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis.

Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna.

Des négociations vont toutefois se poursuivre au niveau technique.

"Nos équipes, en collaboration avec les Iraniens, les Qataris et les Pakistanais, ont réalisé d'importants progrès hier. Elles continueront à travailler au niveau technique avec les équipes présentes ici au Burgenstock", a indiqué JD Vance.

"Ces négociations techniques se poursuivront ensuite au cours des semaines et des jours à venir. Nous voulions mettre en place une structure pour garantir une supervision politique adéquate", a-t-il ajouté.


Iran et Etats-Unis s'accordent sur une feuille de route pour un accord définitif sous 60 jours

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
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  • Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient
  • "La médiation pakistanaise et qatarie a permis des progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban"

BURGENSTOCK: Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, lors de leur première séance de négociations en Suisse, ont annoncé lundi les médiateurs pakistanais et qatari.

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint.