Boris Johnson se rend en Irlande du Nord engluée dans la crise

Le Premier ministre britannique Boris Johnson salue  le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Store devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 13 mai 2022, avant leur rencontre. (AFP).
Le Premier ministre britannique Boris Johnson salue le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Store devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 13 mai 2022, avant leur rencontre. (AFP).
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Publié le Lundi 16 mai 2022

Boris Johnson se rend en Irlande du Nord engluée dans la crise

  • Selon un communiqué de Downing Street dimanche, le Premier ministre britannique va envoyer à Belfast un «message clair» aux différentes formations politiques dans la province
  • L'Assemblée nouvellement élue s'est réunie vendredi pour la première fois depuis que le Sinn Fein, partisan de la réunification avec la République d'Irlande, a fini en tête aux élections locales du 5 mai

BELFAST : Boris Johnson se rend lundi en Irlande du Nord où il doit appeler les différents partis politiques au déblocage des institutions locales, paralysées sur fond de tensions grandissantes entre Belfast, Londres et Bruxelles concernant les dispositions post-Brexit dans cette province britannique.

Dix jours après la victoire historique des républicains du Sinn Fein lors d'élections locales, les institutions nord-irlandaises sont à l'arrêt, les unionistes du DUP ayant refusé de participer à l'exécutif pourtant censé être partagé en vertu de l'accord de paix de 1998 ayant mis fin à trois décennies de conflit.

Les unionistes, viscéralement attachés à l'union avec la Grande Bretagne, entendent ainsi protester contre les dispositions du protocole nord-irlandais --l'accord signé entre Londres et Bruxelles pour répondre à la délicate question de la frontière entre l'Irlande du Nord britannique et la République d'Irlande européenne après le Brexit-- qui menacent selon eux la place de la province au sein du Royaume-Uni.

Selon un communiqué de Downing Street dimanche, le Premier ministre britannique va envoyer à Belfast un "message clair" aux différentes formations politiques dans la province, à savoir que "tout changement au protocole doit aboutir à la réunion de tous les partis pour former un exécutif et une Assemblée locale". 

L'Assemblée nouvellement élue s'est réunie vendredi pour la première fois depuis que le Sinn Fein, partisan de la réunification avec la République d'Irlande, a fini en tête aux élections locales du 5 mai, une première en plus de cent ans d'histoire de la province. Mais le DUP a refusé d'en désigner un président, bloquant l'Assemblée.

Appelée à devenir la nouvelle Première ministre de la province, la vice-présidente du Sinn Fein Michelle O'Neill a accusé le DUP de retenir "la société en otage pour le Brexit dur qu'ils ont apporté avec leurs amis" du parti conservateur de Boris Johnson.

«Corde raide»

Invoquant les tensions politiques dans la province et des perturbations dans les échanges commerciaux, le gouvernement britannique veut renégocier en profondeur le protocole avec l'UE, qui se dit seulement prête à des aménagements.

Londres a menacé jeudi d'agir unilatéralement pour outrepasser l'accord, possiblement dès cette semaine, une position inacceptable pour l'Union européenne qui pourrait déclencher de sévères représailles commerciales.

Lors de sa visite, Boris Johnson devrait affirmer aux différents partis que si le gouvernement britannique "laissera toujours la porte ouverte pour un dialogue sincère", il y aura "une nécessité d'agir" pour protéger l'accord du Vendredi Saint de 1998 si l'UE campe sur ses positions, affirme Downing Street qui souligne n'avoir "jamais suggéré de supprimer le protocole", mais vouloir le "réformer".

A Dublin, la présidente du Sinn Fein Mary Lou McDonald a accusé le gouvernement conservateur de Londres d'être "de mèche" avec le DUP dans son blocage de l'exécutif et de l'Assemblée, et d'utiliser l'Irlande du Nord comme un "pion" dans ses négociations avec Bruxelles.

"Aucune considération pour les besoins urgents des familles et des travailleurs en pleine crise du coût de la vie. Aucune considération pour la paix et la stabilité durement obtenues. Aucune considération pour l'Accord du Vendredi Saint. Tous des pions dans la stratégie britannique de la corde raide", a-t-elle tweeté samedi. 

Dimanche, le ministre britannique de l'Energie Kwasi Kwarteng a assuré sur la chaîne Sky News que le Royaume-Uni avait "tout à fait le droit" de vouloir modifier unilatéralement des dispositions du protocole.

"La stabilité politique est notre priorité numéro 1, et (le DUP) nous affirme qu'ils ne partageront pas le pouvoir si (le protocole) n'est pas modifié. Nous devons donc regarder avec attention comment nous pouvons le changer", a-t-il affirmé.

Les institutions nord-irlandaises avaient déjà connu trois ans de paralysie, sur fond de scandale financier, avant qu'un accord ne permette leur retour en janvier 2020.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.