Avec Elisabeth Borne, Macron privilégie la sécurité

Elisabeth Borne et le président français Emmanuel Macron, au château de Chambord, le 22 juillet 2020. (Photo, AFP)
Elisabeth Borne et le président français Emmanuel Macron, au château de Chambord, le 22 juillet 2020. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 17 mai 2022

Avec Elisabeth Borne, Macron privilégie la sécurité

Elisabeth Borne et le président français Emmanuel Macron, au château de Chambord, le 22 juillet 2020. (Photo, AFP)
  • «Ça va bien marcher», prédit un proche du chef de l'Etat au lendemain de la nomination de l'ex-ministre du Travail, des Transports et de la Transition écologique
  • Discrète et peu connue du grand public, cette haute fonctionnaire issue de l'Ecole Polytechnique a longtemps travaillé dans l'ombre des cabinets ministériels, auprès de Lionel Jospin, Jack Lang ou Ségolène Royal, d'où son ancrage à gauche

PARIS: Avec le choix d'Elisabeth Borne, Emmanuel Macron joue la carte de la sécurité, à défaut de la nouveauté promise, en se dotant d'une Première ministre qui a démontré sa capacité à mener à bien des réformes délicates et qui ne lui fera pas d'ombre. 

« Ça va bien marcher », prédit un proche du chef de l'Etat au lendemain de la nomination de l'ex-ministre du Travail, des Transports et de la Transition écologique. Avec elle, « on va bosser! », renchérit Christophe Castaner, le chef de file des députés En Marche. 

A défaut d'enthousiasme et de surprise, les élus de la majorité semblent surtout contents de savoir à quoi s'en tenir après trois semaines à supputer. Certains ne cachent pas leur soulagement d'avoir échappé à une cheffe de gouvernement marquée à droite, comme Catherine Vautrin. 

Emmanuel Macron « est très pragmatique et n'avait aucun intérêt à prendre des risques. Avec Elisabeth Borne, il a donc fait le choix le moins clivant et il ne sort pas de sa zone de confort », résume Philippe Moreau-Chevrolet, spécialiste de communication politique. 

A l'instar d'autres commentateurs, il voit dans cette nomination une forme de continuité. « Emmanuel Macron va avoir la même relation avec elle qu'avec Jean Castex, son prédécesseur. Elle sera une exécutante de l'ombre, brillante et sans état d'âme », prévoit-il. 

Le chef de l'Etat a pu tester cette efficacité depuis 2017 puisque la nouvelle Première ministre a accompagné tout le premier quinquennat comme ministre des Transports, de la Transition écologique puis du Travail. 

Discrète et peu connue du grand public, cette haute fonctionnaire issue de l'Ecole Polytechnique a longtemps travaillé dans l'ombre des cabinets ministériels, auprès de Lionel Jospin, Jack Lang ou Ségolène Royal, d'où son ancrage à gauche. 

Mais elle n'a jamais été élue - elle se présente pour la première fois aux législatives dans le Calvados - et n'apporte donc pas d'expérience politique de terrain. 

« C'est sûr que ce n'est pas un choix très disruptif. Macron joue la sécurité et la garantie d'être obéi », concède un membre de la majorité. 

« Airbag »  

« Bref, c'est une femme efficace, une bosseuse, mais qui a aussi du caractère et sur laquelle il pourra s'appuyer s'il veut, comme il l'a annoncé, ne plus s'occuper de tout », ajoute-t-il. 

Sa capacité à se saisir de dossiers complexes et son expérience des relations sociales lui seront aussi utiles pour conduire la réforme des retraites, qui s'annonce périlleuse. Elle a en effet mené deux des réformes emblématiques - et très controversées - du premier quinquennat: sur le statut des cheminots et l'indemnisation des chômeurs. 

Certains ténors de la majorité regrettent cependant son manque de charisme et sa faible expérience politique, qui auraient été utiles pour mener la campagne des législatives, batailler ensuite face aux oppositions au Parlement et davantage « protéger » le chef de l'Etat par les temps difficiles qui s'annoncent. 

« Le président est beaucoup trop exposé aujourd'hui (..) Le Premier ministre, c'est un peu un airbag, un paratonnerre », a relevé l'ex-chef de gouvernement Jean-Pierre Raffarin, qui a rejoint la Macronie, mardi sur LCI.  

« Il faut partager le leadership », « le pays est très fragile » et a besoin « de dialogue social », a insisté l'ex-Premier ministre de Jacques Chirac. 

Point positif, les deux têtes de l'exécutif se connaissent bien et sont « en symbiose », relève Michel Verpeaux, professeur émérite de droit public à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. 

Pour Paul Bacot, professeur à Sciences-Po Lyon, comme dans d'autres tandems de l'exécutif sous Valéry Giscard d'Estaing ou François Mitterrand, sa nomination permet aussi un « rééquilibrage politique entre président et Premier ministre ». 

Emmanuel Macron envoie un message à la gauche modérée alors qu'il « entame son second quinquennat avec un électorat pour une bonne part de centre-droit », explique-t-il. « Elisabeth Borne est certes cataloguée de gauche mais sans excès, donc elle rassure les électeurs » du chef de l'Etat, abonde Philippe Moreau-Chevrolet. 


Deux employés d'un Burger King jugés en décembre pour harcèlement après un suicide

Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime. (AFP)
Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime. (AFP)
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  • Sylvana Dufossé, 20 ans, employée polyvalente au Burger King de Calais, a mis fin à ses jours le 1er janvier 2026
  • Selon la plainte déposée par sa grande soeur Angelina Dufossé le 13 janvier et consultée par l'AFP, Sylvana "subissait un harcèlement moral quotidien et presque physique de la part de deux de ses collègues de travail au restaurant Burger King Calais"

LILLE: Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime.

A l'issue de leurs gardes à vue jeudi soir dans le cadre de cette affaire, "des convocations par officier de police judiciaire ont été remises aux deux prévenus" pour être jugés, selon la procureure de Boulogne-sur-Mer Cécile Gressier.

Il s'agit d'un salarié du même niveau hiérarchique que la victime et d'un supérieur direct, de hiérarchie intermédiaire, a précisé la procureure.

Ils doivent comparaître le 10 décembre au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer, selon un avis du parquet reçu par la soeur de la victime, partie civile dans ce dossier, et dont l'AFP a obtenu une copie.

Sylvana Dufossé, 20 ans, employée polyvalente au Burger King de Calais, a mis fin à ses jours le 1er janvier 2026.

Selon la plainte déposée par sa grande soeur Angelina Dufossé le 13 janvier et consultée par l'AFP, Sylvana "subissait un harcèlement moral quotidien et presque physique de la part de deux de ses collègues de travail au restaurant Burger King Calais".

Le procès à venir "est un soulagement pour la famille, car nous redoutions que l'affaire soit classée sans suite. C'est une première étape, mais l'objectif reste qu'ils soient condamnés, pour Sylvana et pour toutes les victimes de harcèlement au travail. Il faut que cela cesse", a déclaré à l'AFP Boubacar Dembélé, fondateur du collectif Agir Ensemble, qui lutte contre le harcèlement.

Plusieurs salariés du même établissement se sont joints à la plainte d'Angelina Dufossé et ont témoigné à la justice du harcèlement subi.

Par ailleurs, une autre plainte avait déjà été déposée en mai 2025 par une ancienne employée du même restaurant, Séphina Lapotre, pour harcèlement moral lié à sa religion et à son port du voile.

De son côté, Burger King avait déclaré en février à l'AFP qu'un audit RH réalisé à sa demande dans le restaurant de Calais avait été "partagé aux autorités compétentes" et que les deux salariés concernés étaient suspendus.

 


Rima Hassan convoquée ce vendredi matin à la police judiciaire de Paris

L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
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  • Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP)
  • L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X

PARIS: L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier.

Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), a ajouté cette source confirmant partiellement une information de TF1.

Les faits pour lesquels l'eurodéputée est convoquée à la BRDP n'ont rien à voir avec ce qu'il s'est passé jeudi, a-t-on insisté.

L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X.

Lors de la fouille de ses effets, il a été découvert "la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC (une drogue de synthèse, ndlr), sur lesquelles elle a été interrogée", avait indiqué le parquet à l'issue de sa garde à vue, en ajoutant que "ces éléments (étaient) disjoints et feront l'objet d'une procédure distincte".

Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, a assuré vendredi sur Sud Radio que Rima Hassan n'avait "aucune drogue sur elle", dénonçant des "informations mensongères" utilisées pour la "salir".

Invité de BFMTV, Laurent Nuñez a justifié le signalement à la justice par ses services du post de Rima Hassan qui faisait référence à Kōzō Okamoto, un des auteurs du massacre perpétré le 30 mai 1972 à l'aéroport de Tel-Aviv (26 morts).

"C'était normal de faire un signalement (...) le tweet de Mme Hassan est grave (...), il n'y a pas d'acharnement", a fait valoir le ministre de l'Intérieur, en affirmant qu'il ne "fallait rien laisser passer".

"L'action politique doit rester dans les limites de l'Etat de droit", a-t-il ajouté.


Macron reçu par l'empereur à la fin de sa visite au Japon

Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
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  • Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung
  • Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace

TOKYO: Emmanuel Macron a été reçu jeudi à Tokyo par l'empereur du Japon Naruhito, au dernier jour de sa visite dans l'archipel nippon pour renforcer les liens diplomatiques et économiques avec la France.

Le président français, accompagné par son épouse Brigitte Macron, a été accueilli par le souverain et l'impératrice Masako au palais impérial, une bâtisse épurée dans un parc arboré au coeur de la capitale japonaise, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung.

Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace. Astrocale a une filiale en France et un partenariat avec le français Exotrail.

"C'est une parfaite illustration de ce qu'est la coopération spatiale entre le Japon et la France", a-t-il dit, alors que l'espace est l'un des secteurs pour lesquels il a appelé la veille au renforcement des partenariats bilatéraux.

"Comment oeuvrer à une mission d'intérêt général pour un espace durable", avec "le désorbitage et la destruction des débris spatiaux qui aujourd'hui sont une vraie problématique", est une question qui était "au coeur du G7 porté par le Japon" et sera "au coeur aussi du G7 que la France préside cette année", a-t-il ajouté.