Les chefs d'entreprise discutent de l'inflation, des Spac et du métavers au forum Top CEO

Des sujets très variés devraient être traités au cours de l'événement d'aujourd'hui. (Photo AN)
Des sujets très variés devraient être traités au cours de l'événement d'aujourd'hui. (Photo AN)
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Publié le Mercredi 18 mai 2022

Les chefs d'entreprise discutent de l'inflation, des Spac et du métavers au forum Top CEO

  • Le Top CEO Forum entame sa seconde partie après une première journée consacrée aux défis et au rôle des femmes comme moteur de l'économie mondiale
  • L'éducation, la reconversion et le perfectionnement sont les moteurs de la croissance future de l'Arabie saoudite, selon Sarah al-Tamimi, vice-présidente de la Commission des droits humains

DUBAÏ: L'inflation consécutive à la pandémie, la levée de capitaux et le succès croissant des sociétés d'acquisition à vocation spécifique (Spac) font partie des sujets qui seront abordés par les chefs d'entreprise lors de la deuxième journée du Top CEO Forum à Dubaï.

Lors de la première journée d'ouverture, des femmes d'affaires arabes de premier plan et des piliers du secteur ont discuté des défis et du rôle des femmes comme moteur de l'économie mondiale.

Diverses thématiques seront évoquées lors de la seconde journée, notamment la numérisation, la blockchain et le métavers.

L'éducation soutenant la Vision 2030

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Sarah al-Tamimi, vice-présidente de la Commission des droits humains (AN)

L'éducation, la reconversion et le perfectionnement sont les moteurs de la croissance future de l'Arabie saoudite, alors que le pays se concentre actuellement davantage sur le développement des secteurs non pétroliers, a déclaré Sarah al-Tamimi, vice-présidente de la Commission des droits humains.

Al-Tamimi a indiqué que le programme de développement du capital humain en Arabie saoudite considérait la société dans son ensemble et visait à créer des employés qualifiés pour l'avenir.

L'inflation en hausse

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Le PDG de l'Azurde a révélé que son entreprise investissait dans la technologie et l'impression 3D pour réduire les coûts de la main-d'œuvre. (Photo AN)

 

L'augmentation de l'inflation dans le monde est un thème récurrent du forum. Sélim Chidiac, PDG de L'Azurde Company for Jewelry, a précisé que l'inflation était un problème à long terme et qu'une solution à court terme n'était pas suffisante pour lutter contre ce problème.

Il a souligné que les consommateurs dans les magasins vérifiaient soigneusement les prix des divers détaillants avant de prendre leur décision d'achat.

Mégaprojets

Les journalistes d'Arab News présents à l'événement ont tweeté en en direct pendant certaines des sessions. Voici le fil conducteur d'une session sur les mégaprojets.

En voie de transformation

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Mohammed H. A. Aboudawoud, président exécutif du groupe M Aboudawoud (Photo AN)

L'Arabie saoudite connaît actuellement une énorme phase de transformation concernant l'intégration des femmes, selon Mohammed H. A. Aboudawoud, président exécutif du groupe M Aboudawoud.

Ce chef d'entreprise a indiqué que les gens autour du monde ne réalisaient pas la longue trajectoire de la transformation en Arabie saoudite, le Royaume faisant désormais preuve de beaucoup plus de diversification. 

Financement créatif

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Mohammed Khammas, PDG d'Al-Ahli Holding Group, a pris la parole lors du forum Top CEO à Dubaï, le 18 mai. (Photo AN)

Les banques hésitent à fournir des fonds pour des projets médiatiques créatifs, a affirmé Mohammed Khammas, PDG d'Al-Ahli Holding Group. Il a précisé que la région du Moyen-Orient souffrait d'un manque de coordination entre les systèmes bancaires et les projets créatifs.

Capital-risque en hausse

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Ahmad Belhoul al-Falassi, ministre d'État des Émirats arabes unis pour l'entrepreneuriat et les PME, au forum Top CEO à Dubaï. (Photo AN)

La taille moyenne des investissements en capital-risque aux Émirats arabes unis (EAU) a triplé depuis 2016, selon Ahmad Belhoul al-Falassi, ministre d'État des EAU pour l'entrepreneuriat et les PME.

Au cours de son discours au forum de Dubaï, Al-Falassi a indiqué que le fondement de l'entrepreneuriat consistait à avoir accès à des personnes compétentes. Il a également assuré que les EAU étaient le meilleur endroit pour tirer parti des compétences, le pays ayant «toujours été le lieu de prédilection du marché du travail dans la région».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


L’Arabie saoudite favorise l’économie basée sur l’intelligence artificielle

La SDAIA a été créée pour préserver l’agenda national sur les données et l’IA (fournie)
La SDAIA a été créée pour préserver l’agenda national sur les données et l’IA (fournie)
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  • La technologie apportera une contribution de plusieurs milliards au produit intérieur brut
  • De plus, cela pourrait dynamiser l’économie au moyen d’emplois, d’investissements et de possibilités pour le Royaume

RIYAD: L’Autorité saoudienne des données et de l’intelligence artificielle (SDAIA) vise à mettre en place une économie de premier plan axée sur les données et l’intelligence artificielle et à faire de l’Arabie saoudite l’un des meilleurs pays en matière de technologie, déclare le directeur adjoint de l’agence.

Mishari al-Mishari, le directeur adjoint de la SDAIA, déclare à Arab News, en marge du Sommet mondial sur l’intelligence artificielle à Riyad, que la SDAIA a été créée pour préserver l’agenda national sur les données et l’IA.

«La SDAIA a été créée pour préserver l’agenda national des données et de l’intelligence artificielle en vue de mettre en place une économie de premier plan axée sur les données et l’IA», dit-il.

La conférence, organisée par la SDAIA, a accueilli jusqu’à 30 000 participants et des représentants de plus de 90 pays, ajoute-t-il.

«Lors de ce sommet, nous ne nous sommes pas limités aux dialogues et à la discussion; nous avons également mis l’accent sur l’expérience», insiste-t-il.

 


En Mongolie, la monnaie s'effondre et tout devient plus cher

Cette photo prise le 24 juin 2017 montre une jeune femme poussant une charrette pour transporter de l'eau dans la périphérie d'Oulan Bator. (AFP)
Cette photo prise le 24 juin 2017 montre une jeune femme poussant une charrette pour transporter de l'eau dans la périphérie d'Oulan Bator. (AFP)
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  • Le FMI appelle à la rigueur budgétaire, «compte tenu de la dette extérieure élevée de la Mongolie et des importants remboursements de dette prévus en 2023, dans un contexte d'incertitude économique mondiale»
  • Les prix des aliments et des boissons ont notamment bondi de près de 20%, tout comme les produits de santé, tandis que le coût de l'habillement, des services et du logement augmentait lui aussi

OULAN-BATOR: A Oulan-Bator, de vieilles dames agitent dans la rue des liasses de billets face aux passants, espérant qu'ils changeront leurs devises contre la monnaie locale, le tugrik: mais celui-ci est en chute libre, tandis que l'inflation, elle, s'envole.

Cette année, le tugrik a déjà perdu 14,7% de sa valeur face au dollar, un recul qui s'est accéléré depuis le début de l'invasion russe en Ukraine, dans ce pays de trois millions d'habitants dont l'économie repose essentiellement sur l'activité minière.

"Le taux est en forte baisse à cause de la guerre en Ukraine et du coronavirus", assure Ts. Maisaikhan, 58 ans, qui travaille au sein du marché Naiman Sharga, qui regroupe nombre de bureaux de change.

En Mongolie, "nous n'avons pas beaucoup de production locale, la plupart des choses sont importées, donc quand le dollar monte, les prix de tous les produits augmentent", ajoute-t-il.

Autre coupable de cette inflation galopante, selon lui: la Chine. Les fréquentes fermetures de frontières, en raison de la stricte politique zéro-Covid de son voisin, ont restreint l'importation de marchandises, dont le prix a donc grimpé.

L'été dernier, le prix de la pomme de terre a ainsi été multiplié par trois quand les frontières ont fermé plusieurs semaines.

Aliments et boissons en hausse 

De manière générale, "l'inflation a fortement augmenté depuis mi-2021 et a dépassé la fourchette visée par la Banque de Mongolie", a commenté récemment Angana Banerji, chef de mission à Oulan-Bator pour le Fonds monétaire international (FMI).

En août, elle a atteint 14,4% contre 9,5% un an plus tôt, selon le bureau national des statistiques.

Les prix des aliments et des boissons ont notamment bondi de près de 20%, tout comme les produits de santé, tandis que le coût de l'habillement, des services et du logement augmentait lui aussi.

Au cours des 16 derniers mois, l'inflation a été systématiquement supérieure aux objectifs de la Banque centrale, selon la Banque asiatique de développement, qui s'attend à ce que le phénomène se poursuive dans un contexte de perturbations des chaînes d'approvisionnement, de hausse des coûts de transport et de chute du tugrik.

Parmi les facteurs soutenant cette inflation, Angana Banerji cite la hausse des prix locaux de la viande, les restrictions aux frontières imposées par la Chine, l'augmentation mondiale des prix du pétrole et des aliments, ainsi que l'inévitable surcoût en transport et logistique des importations.

Que faire pour freiner la tendance? Le FMI appelle à la rigueur budgétaire, "compte tenu de la dette extérieure élevée de la Mongolie et des importants remboursements de dette prévus en 2023, dans un contexte d'incertitude économique mondiale".

«Pas le choix»

La Banque asiatique de développement a récemment abaissé ses prévisions de croissance pour le pays, à 1,7% contre 2,3% auparavant.

"Malgré des premiers signes de reprise, les perspectives de croissance à court terme de l'économie restent mitigées", a souligné Pavit Ramachandran, directeur national de la Banque pour la Mongolie.

"La combinaison d'une inflation élevée persistante et d'un important déficit de la balance courante crée un besoin urgent de parvenir à un meilleur équilibre macroéconomique tout en se concentrant sur les réformes structurelles à moyen terme", a-t-il ajouté.

Près des bureaux de change de Naiman Sharga, le marché Urt Tsagaan regroupe fabricants de bijoux, couturières, coiffeurs, cordonniers et salons de tatouage.

Dans l'un des ateliers de couture, Sukhbaatar Tuya prend une pause dans sa confection d'une paire de jeans et raconte le quotidien des Mongols, dans cette économie en crise.

"On prend les jours les uns après les autres", soupire-t-elle. "On ne fait pas de plans plus loin que dans trois jours ou une semaine".

Alors que sa machine à coudre repart pour terminer le pantalon, elle confie acheter normalement de la viande et des légumes chaque jour. Mais avec les prix en hausse, elle en achète moins.

"On doit vivre comme ça, on n'a pas le choix", dit-elle en espérant des jours meilleurs.


Comment Netflix et Disney vont chambouler le monde de la publicité télévisée

«Stranger Things» ou «Star Wars» avec des pubs, c'est pour bientôt: avec leurs futures formules, moins chères, Netflix et Disney+ pourraient encore se renforcer au détriment, en premier lieu, des chaînes traditionnelles. (AFP)
«Stranger Things» ou «Star Wars» avec des pubs, c'est pour bientôt: avec leurs futures formules, moins chères, Netflix et Disney+ pourraient encore se renforcer au détriment, en premier lieu, des chaînes traditionnelles. (AFP)
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  • Après s'être longtemps refusé à ouvrir sa plateforme aux réclames, Netflix ne cesse d'accélérer le calendrier de lancement de sa formule, désormais prévu le 1er novembre
  • «Il n'y a pas si longtemps, on disait que l'abonnement allait tuer la publicité», rappelle le directeur général du cabinet EDO. «Aujourd'hui, on voit bien que ce n'était pas vrai»

NEW YORK: "Stranger Things" ou "Star Wars" avec des pubs, c'est pour bientôt: avec leurs futures formules, moins chères, Netflix et Disney+ pourraient encore se renforcer au détriment, en premier lieu, des chaînes traditionnelles.

Après s'être longtemps refusé à ouvrir sa plateforme aux réclames, Netflix ne cesse d'accélérer le calendrier de lancement de sa formule, désormais prévu le 1er novembre, selon plusieurs médias américains, pour griller la politesse à Disney+, annoncé pour le 8 décembre.

"Ces lancements vont créer le plus grand espace publicitaire premium depuis plus d'une génération", avance Dallas Lawrence, du cabinet Samba TV. "Ça va être un moment majeur pour les annonceurs."

"Il n'y a pas si longtemps, on disait que l'abonnement allait tuer la publicité", rappelle Kevin Krim, directeur général du cabinet EDO. "Aujourd'hui, on voit bien que ce n'était pas vrai."

La manne est considérable. Ross Benes, du cabinet Insider Intelligence, estime que les revenus publicitaires tirés du streaming pourraient atteindre 30 milliards de dollars dans les deux ans, rien qu'aux Etats-Unis, et probablement au moins le double au niveau mondial.

Le marché est jusqu'ici écrasé par YouTube qui s'arroge, pour l'instant, 28,8 milliards de dollars de recettes en 2021.

Des concurrents à l'ADN plus proche de celui de Netflix et Disney, comme Peacock (NBCUniversal), Paramount+, HBO Max ou Discovery+, ont déjà lancé une déclinaison avec publicité, mais aucun n'a la taille des deux mastodontes: 220 millions d'abonnés pour Netflix, 152 millions pour Disney+.

Une partie devrait opter pour l'offre avec publicité, mais les plateformes espèrent aussi attirer de nouveaux venus en cassant les prix.

Selon un document interne cité par le Wall Street Journal, le géant aux lettres rouges vise 40 millions d'utilisateurs de sa formule "low cost" d'ici le troisième trimestre 2023.

Menace pour la télévision d'antan 

"Beaucoup de gens qui regardaient la télévision classique et faisaient partie des cibles publicitaires ne sont plus accessibles" aux marques parce qu'ils ne sont plus téléspectateurs des chaînes traditionnelles, explique Colin Dixon, éditeur du site spécialisé dans le streaming nScreenMedia.

Le streaming "permet aux annonceurs d'accéder à des gens hors d'atteinte depuis quelque temps, au moment où leur attention est la plus soutenue", dit-il, car l'abonné à la demande choisit son programme et son heure, à la différence de la télévision à l'ancienne.

Cette ouverture devrait affaiblir la télévision historique "qui n'aura pas déployé pleinement une stratégie orientée vers le streaming", prévient Dallas Lawrence, plutôt les petites et moyennes chaînes, car les quatre grandes stations américaines majeures ont toutes déjà développé une présence en ligne.

Mais même ces dernières, ABC (propriété de Disney), CBS, NBC et Fox vont souffrir, car elles étaient jusqu'ici les seules à pouvoir offrir des audiences massives aux publicitaires. "Une fois que Netflix et Disney auront ouvert les portes de +Stranger Things+, +Star Wars+ ou +Marvel+, ça va être la ruée", selon l'analyste.

En outre, "les données que vous récoltez de la publicité en streaming sont beaucoup plus conséquentes et plus riches que ce que vous offre la télévision d'antan", souligne-t-il.

Pour tous les contenus qui ne sont pas en direct, "les publicités vont à chaque téléspectateur individuellement, ce qui permet davantage de ciblage", abonde Kevin Krim.

Jusqu'ici vierges de publicité, Disney et Netflix se retrouvent face à une page blanche et peuvent rompre avec les formats traditionnels, jouer sur les durées, le placement et même associer des partenaires à la création de nouveaux programmes.

A la différence des chaînes classiques ou des autres plateformes, les deux nouveaux venus ouvrent aussi l'accès à des dizaines de pays en même temps, une configuration inédite.

"Si vous êtes une multinationale, vous pouvez aller voir un seul interlocuteur et acheter des espaces publicitaires dans le monde entier", détaille Colin Dixon. "C'est une offre assez puissante."

Quant à savoir si Disney et Netflix peuvent prendre des parts de marché au-delà de leurs compétiteurs directs, jusque chez Facebook, Google ou Amazon, Ross Benes souligne que la vidéo à la demande n'y est pas parvenue jusqu'ici.

"Les budgets marketing dans le numérique augmentent, ce qui permet à la fois à la télévision en ligne et aux réseaux sociaux" comme YouTube et TikTok de "recevoir plus de revenus publicitaires".