Les EAU favorisent l’augmentation des start-up locales, tremplin pour les futures licornes dans le pays

Ahmad Belhoul al-Falassi, ministre d'État des EAU pour l'entrepreneuriat et les PME, a pris la parole lors du forum Top CEO à Dubaï. (Photo AN)
Ahmad Belhoul al-Falassi, ministre d'État des EAU pour l'entrepreneuriat et les PME, a pris la parole lors du forum Top CEO à Dubaï. (Photo AN)
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Publié le Jeudi 19 mai 2022

Les EAU favorisent l’augmentation des start-up locales, tremplin pour les futures licornes dans le pays

Ahmad Belhoul al-Falassi, ministre d'État des EAU pour l'entrepreneuriat et les PME, a pris la parole lors du forum Top CEO à Dubaï. (Photo AN)
  • «Trois fois plus d'Émiratis cherchent désormais à créer une entreprise, et c'est un facteur important», explique le ministre d'État des EAU pour l'Entrepreneuriat et les PME à Arab News
  • Les EAU prévoient que le pays comptera 20 licornes d’ici à 2031, ces start-up évaluées à plus d'un milliard de dollars chacune, selon Ahmad Belhoul al-Falassi

DUBAÏ: Les Émirats arabes unis (EAU) encouragent un plus grand nombre d'Émiratis à devenir entrepreneurs, ce pays du Golfe envisageant de devenir un foyer pour les licornes – start-up d'une valeur de plus d'un milliard de dollars – a déclaré le ministre chargé du développement de ce secteur.

Il y a quelques années, environ 1,5 % de tous les diplômés lançaient leur entreprise juste après avoir obtenu leur diplôme, s’engageant à 100 % dans leur entreprise, alors que ce taux est passé aujourd’hui à environ 5 %, a affirmé le ministre d'État des EAU pour l'Entrepreneuriat et les PME, Ahmad Belhoul al-Falassi.

«Trois fois plus d'Émiratis cherchent désormais à créer une entreprise, et c'est déjà un facteur important. L'autre élément est que nous devons trouver le moyen et les politiques qui leur permettent de passer du statut d'employés à celui d'entrepreneurs», précise-t-il à Arab News dans une interview exclusive en marge de l'événement Top CEO à Dubaï.

L'augmentation du nombre d’Émiratis devenus hommes d'affaires aux EAU s’est accrue en raison de la pandémie, car de nombreux diplômés «ingénieux» n'ont pas pu trouver d'emploi,  ajoute-t-il. 

Congés payés

L'une des méthodes innovantes des EAU de promouvoir l'entrepreneuriat consiste à offrir aux employés de l'État des congés payés d’une durée d’un an pour s'occuper de leur entreprise et découvrir leur vie d'entrepreneur avant de s'engager pleinement dans leur plan de carrière.

«Notre philosophie, c’est de dire que si vous êtes un ressortissant du gouvernement fédéral et que vous avez une entreprise parallèle – nous les appelons des ‘extrapreneurs’ – et que vous avez atteint un point où cette entreprise a besoin de votre attention et que vous ne voulez pas quitter le confort de votre emploi, nous vous accordons un congé annuel pouvant aller jusqu'à un an, avec 50 % de votre salaire», explique Al-Falassi. «Cet employé peut partir et se concentrer sur son entreprise, puis revenir dans un an et décider», précise le ministre. 

Développer des licornes

Les EAU ont clairement défini leurs ambitions concernant les licornes dans leur initiative «Nation entrepreneuriale», dans le cadre de laquelle ils prévoient d'avoir 20 de ces start-up évaluées à plus d'un milliard de dollars chacune, d'ici à 2031.

«Je pense qu'en fin de compte, avec l'effet domino, une fois que vous avez les cinq ou sept premières licornes, cela devient extrêmement rapide pour la suite», précise Al-Falassi, qui cite l'Inde en exemple. Ce pays a célébré récemment la fondation de sa centième licorne. Ils ont commencé à se concentrer sur les start-up il y a seulement quatorze ans, fait-il remarquer. 

«L’Inde représente le troisième plus grand écosystème au monde après les États-Unis et la Chine. Mais elle a commencé beaucoup plus tard, ce qui montre bien qu'il existe un effet domino. «À titre d’exemple, un grand nombre d'employés et de cofondateurs de la première licorne Careem sont maintenant des investisseurs dans d'autres start-up», argumente le ministre. Créer le bon écosystème pour ces start-up conduira finalement beaucoup d'entre elles à se transformer en licornes.

«C'est pour garantir que par rapport à l'écosystème, qu'il s'agisse de financement, d'accès aux personnes compétente, d'accès aux marchés, ou en signant des ALE avec différents pays, les divers éléments se concrétisent pour créer un écosystème propice à la croissance et à la création de licornes», souligne Al-Falassi. 

Nouvelle réglementation

Les EAU élaborent des réglementations pour attirer de nouvelles entreprises et start-up dans le pays, a annoncé le ministre. Par ailleurs, Al-Falassi a révélé que le gouvernement des EAU faisait de son mieux pour faire du pays le meilleur choix dans la région pour monter une entreprise.

«Nous étudions actuellement les réglementations qui rendront les EAU plus attrayants pour  créer son entreprise. Nous ne constituons peut-être pas le plus grand marché, mais aujourd'hui, les EAU sont le meilleur environnement pour monter une entreprise», déclare Al-Falassi à Arab News.

Preuve que l’environnement des EAU est favorable aux investissements, Al-Falassi explique que 42% de l’ensemble des start-up soutenues par des entreprises aux EAU ont été créées en dehors du pays, ce qui signifie que ces 42% d’entre elles ont rejoint le pays à la recherche d'investissements.

«Il est tout aussi important que de tout le capital-risque qui a été investi aux EAU, plus de 50 % aient été des investisseurs internationaux. L'internationalisation est extrêmement importante pour notre pays. Et je pense qu’il s’agit de l’argument de vente et des compétences», poursuit Al-Falassi.

Évoquant le secteur des petites et moyennes entreprises (PME), Al-Falassi rappelle l’importance du secteur pour les EAU et le monde dans son ensemble. Il indique à Arab News que les PME représentent les deux tiers de l'emploi planétaire et qu’elles génèrent plus de 50 % du PIB mondial. Il a également ajouté que les EAU essayaient toujours de créer un environnement productif où les PME pouvaient évoluer et se développer.

«Nous élargissons notre champ d’action. Lorsque nous signerons des accords bilatéraux avec différents pays, comme celui que nous avons signé avec l'Inde la semaine dernière, il deviendra beaucoup plus facile pour les PME de se développer entre les deux pays», conclut le ministre.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Mexique inaugure une raffinerie, vise l'autosuffisance en carburants

Pendant sa campagne électorale en 2018, López Obrador a promis de réduire les prix du carburant et a maintenu une subvention provenant des revenus pétroliers excédentaires. (AFP)
Pendant sa campagne électorale en 2018, López Obrador a promis de réduire les prix du carburant et a maintenu une subvention provenant des revenus pétroliers excédentaires. (AFP)
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  • Le Mexique produit quelque 1,7 million de barils de pétrole par jour, mais la majeure partie est destinée à l'exportation. En raison du manque d'infrastructures, il est contraint d'importer du carburant
  • L'objectif de l'entreprise, baptisée Olmeca, «est de faire cesser l'exportation du pétrole brut et de transformer la matière première dans le pays pour devenir autosuffisants en essence et en diesel»

MEXICO: Le Mexique a démarré vendredi des tests sur les installations d'une nouvelle raffinerie dans l'Etat de Tabasco (sud-est), qui commencera la production en 2023, et grâce à laquelle le pays cherche à atteindre l'autosuffisance en carburants.

L'objectif de l'entreprise, baptisée Olmeca, "est de faire cesser l'exportation du pétrole brut et de transformer la matière première dans le pays pour devenir autosuffisants en essence et en diesel", a déclaré le président de gauche, Andrés Manuel López Obrador lors de l'inauguration.

Le Mexique produit quelque 1,7 million de barils de pétrole par jour, mais la majeure partie est destinée à l'exportation. En raison du manque d'infrastructures, il est contraint d'importer du carburant.

A ce stade, la raffinerie, située dans le port pétrolier de Dos Bocas, effectue des tests et commencera à fonctionner l'année prochaine, selon les prévisions du gouvernement.

"C'est déjà un rêve devenu réalité (...) tel que nous l'avons planifié, nous pourrons traiter 340 000 barils" de pétrole par jour, a déclaré le président.

Avec un investissement final qui avoisinera les 12 milliards de dollars, contre les 4 milliards de dollars initialement prévus, l'objectif du gouvernement est de produire 170 000 barils d'essence et 120 000 barils de diesel par jour.

"Nous tiendrons parole pour parvenir à l'indépendance énergétique", a assuré le président.

Pendant sa campagne électorale en 2018, López Obrador a promis de réduire les prix du carburant et a maintenu une subvention provenant des revenus pétroliers excédentaires.

Cependant, les prix dépassent le dollar par litre et sont considérés comme l'un des facteurs de l'inflation, à 7,88% au cours de la première moitié de juin, le taux le plus élevé depuis 2001.

La production de carburant d'Olmeca viendra s'ajouter à celle de la raffinerie de Deer Park, au Texas, rachetée par la société d'Etat Petróleos Mexicanos (Pemex) en janvier dernier, et qui devrait raffiner 340 000 barils de brut par jour selon les prévisions du gouvernement.


Inflation, nouvelles formes de consommation: la mode cherche la parade

Les Galeries Lafayette Paris Haussmann exposent un best-of des collections du Graduate Show de l'IFM - L'institut français de la mode du 5 juillet au 31 août (Photo : haussmann.galerieslafayette.com )
Les Galeries Lafayette Paris Haussmann exposent un best-of des collections du Graduate Show de l'IFM - L'institut français de la mode du 5 juillet au 31 août (Photo : haussmann.galerieslafayette.com )
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  • Le secteur de la mode et de l'habillement, sous tension, tente de trouver la parade pour faire face aux nouveaux enjeux qui le structurent
  • La hausse des coûts a fait grimper le prix des vêtements de 4,3% en mai 2022 par rapport à mai 2021, selon l'Insee

PARIS : Deux années marquées par le Covid-19, une inflation galopante, de nouveaux modes de consommation: le secteur de la mode et de l'habillement, sous tension, tente de trouver la parade pour faire face aux nouveaux enjeux qui le structurent.

Ce premier semestre 2022 porte la marque d'une «année sous tension», observe Céline Choain, spécialiste du secteur mode et distribution au sein du cabinet Kea & Partners, tant du côté des ventes physiques que numériques.

La hausse des coûts a fait grimper le prix des vêtements de 4,3% en mai 2022 par rapport à mai 2021, selon l'Insee. Une répercussion «inévitable» dans le contexte des tensions sur les chaînes de production et d'approvisionnement, pour Mme Choain.

Les consommateurs, pour lesquels ce qu'il «reste à dépenser» en achats de vêtements «diminue en raison de l'inflation», selon la spécialiste, bouleversent alors leurs modes de consommation: recours plus fréquent à la seconde main, «petit report» d'achat - notamment des 15-25 ans - sur les sites internet à très bas prix basés en Asie, ou encore une logique du «consommer moins, mais mieux», en réduisant la fréquence d'achats, mais en s'offrant des pièces plus qualitatives.

L'inflation galopante affecte également les professionnels du secteur, contraints de repenser leurs modes de production en raison des coûts plus élevés et de délais logistiques allongés, héritage de la pandémie de Covid-19.

Car depuis deux ans, sécuriser «les capacités de transport et de production» est devenu critique, note Céline Choain. Ainsi, un produit standard d'habillement, habituellement fabriqué en six semaines, l'est désormais en «10 à 20 semaines».

Les coûts des transports ont de leur côté «flambé», rappelle l'experte: le trajet d'un conteneur entre la Chine et les États-Unis s'élève aujourd'hui en moyenne à «13.000 dollars, contre 3.000 avant la pandémie».

- Contexte inédit -

Le secteur n'a jamais connu «un contexte d'aussi fortes tensions», abonde Samah Habib, experte mode et luxe chez Accenture: depuis six mois, les matières premières accusent une forte augmentation, soit +80% pour le coton biologique, 28% pour le coton et 43% pour la laine.

Certaines grandes chaînes de distribution ont «anticipé» le mouvement en provisionnant ou en organisant des stocks de ces matières à l'avance, relève Samah Habib, ce qui participe mécaniquement à la hausse des prix.

Le Covid-19 et ses conséquences (confinements, jauges...) ont creusé une dynamique déjà «baissière depuis 10 à 15 ans», souligne Céline Choain.

Néanmoins, les ventes en termes de volumes aujourd'hui sont remontées, se rapprochant «progressivement» de celles réalisées en 2019.

«Les projections les plus optimistes tablent sur une croissance de +3% en 2022» par rapport à 2019, note Samah Habib, où les gagnants pourraient être les «enseignes à très bas prix» et le secteur du luxe «qui se porte très bien».

Ainsi, le chinois Shein, positionné sur les prix bas et devenu incontournable dans l'«ultra-fast-fashion» depuis son lancement en 2008, a «poursuivi sa dynamique» ces deux dernières années, avec des «volumes de ventes qui ont continué à progresser malgré la pandémie», indiquaient l'Institut français de la mode (IFM) et le panéliste Kantar dans une note de mai.

Les parts d'achats de vêtements en ligne ont grimpé pour représenter 21% en 2021, selon Kantar.

«Ces entreprises (à bas prix) ont une excellence opérationnelle», elles sont capables de proposer «des centaines de nouveaux articles par semaine», note Mme Choain et de «créer une désirabilité chez les consommateurs» soutenue par un approvisionnement réactif. Mais elles posent des questions en termes de transparence et de RSE.

Les acteurs plus traditionnels de l'habillement qui ne souhaitent pas rogner sur la qualité de leurs produits tentent plutôt de séduire une clientèle adepte du «moins mais mieux», en se tournant notamment vers une production plus locale, dans les ports méditerranéens.

Mais il est difficile de relocaliser la production de tous les produits «du jour au lendemain», en raison d'obstacles «de prix, de main-d'oeuvre, de savoir-faire», explique Mme Habib.


TikTok donne des gages au Congrès américain sur la sécurité de ses données

Le logo du service de réseau social chinois TikTok sur un écran de tablette (Photo, AFP).
Le logo du service de réseau social chinois TikTok sur un écran de tablette (Photo, AFP).
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  • La lettre répond à des questions soumises préalablement par les sénateurs concernant le stockage et l'accès aux données de TikTok
  • Donald Trump s'était inquiété de la sécurité des données de la plateforme et avait tenté de forcer ByteDance à céder sa filiale

NEW YORK: TikTok a assuré à des sénateurs américains prendre les mesures nécessaires pour satisfaire aux exigences du gouvernement américain en matière de protection des données et d'accès hors des Etats-Unis, y compris par des employés de sa maison mère, le groupe chinois ByteDance.

La lettre, initialement publiée par le New York Times et dont le contenu a été confirmé à l'AFP par TikTok, a été envoyée par le réseau social à neuf sénateurs républicains.

Elle répond à des questions soumises préalablement par les élus concernant le stockage et l'accès aux données de TikTok.

Pour répondre aux demandes des autorités américaines, TikTok avait indiqué, mi-juin, que toutes les données relatives à des utilisateurs américains de la plateforme étaient désormais stockées sur des serveurs du groupe Oracle aux Etats-Unis.

Le réseau social a confirmé, comme l'avait pointé un article du site BuzzFeed, mi-juin, que des employés basés en Chine avaient accès à ces données, mais dans le respect d'un protocole d'autorisation et de contrôles de sécurité "solides", a-t-il assuré.

"Le Parti communiste chinois ne nous a pas demandé de partager ces données", a de nouveau affirmé TikTok. "Nous n'avons pas transmis au PCC des informations relatives aux utilisateurs américains et nous ne le ferions pas si on nous le demandait".

Par ailleurs, les responsables du groupe ont expliqué que si des ingénieurs de ByteDance pouvaient travailler sur les algorithmes de la plateforme, le nouveau protocole garantit, selon TikTok, qu'ils ne pourront le faire que dans l'environnement informatique d'Oracle, sans en extraire de données.

Le réseau social fait actuellement l'objet d'un examen du Comité sur les investissements étrangers aux Etats-Unis (CFIUS), une agence gouvernementale qui évalue les risques de tout investissement étranger pour la sécurité nationale américaine.

Durant son mandat à la Maison Blanche, Donald Trump s'était inquiété de la sécurité des données de la plateforme et avait tenté de forcer ByteDance à céder sa filiale à Oracle.

Il avait également pris des décrets pour interdire le service, lesquels ont été révoqués par Joe Biden après son arrivée à la présidence des Etats-Unis.

L'actuel chef de l'Etat avait néanmoins demandé à son administration de mesurer les risques effectivement posés par l'actionnariat étranger de sites et applications en ligne.