Le projet de Beirut Museum of Art, une lueur d'espoir dans un Liban en crise

Le BeMA présentera la grande diversité de l'art libanais et fournira des installations pour l'éducation, la numérisation, la restauration, le stockage et les programmes de résidence. (Fourni/WORKac)
Le BeMA présentera la grande diversité de l'art libanais et fournira des installations pour l'éducation, la numérisation, la restauration, le stockage et les programmes de résidence. (Fourni/WORKac)
Le projet de Beirut Museum of Art peut-il aider le Liban à redécouvrir son identité et à se remettre de ses nombreux traumatismes ? (Fourni/WORKac)
Le projet de Beirut Museum of Art peut-il aider le Liban à redécouvrir son identité et à se remettre de ses nombreux traumatismes ? (Fourni/WORKac)
Le cabinet d'architectes new-yorkais WORKac a été contacté en 2018 pour concevoir le nouveau musée, qui devrait être achevé en 2026. (Fourni/WORKac)
Le cabinet d'architectes new-yorkais WORKac a été contacté en 2018 pour concevoir le nouveau musée, qui devrait être achevé en 2026. (Fourni/WORKac)
Situé dans le quartier chic de Badaro, le musée se dressera sur ce qui était autrefois la « ligne verte » qui divisait Beyrouth pendant la guerre civile. (Fourni/WORKac)
Situé dans le quartier chic de Badaro, le musée se dressera sur ce qui était autrefois la « ligne verte » qui divisait Beyrouth pendant la guerre civile. (Fourni/WORKac)
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Publié le Samedi 21 mai 2022

Le projet de Beirut Museum of Art, une lueur d'espoir dans un Liban en crise

  • Les architectes new-yorkais WORKac ont été contactés en 2018 pour concevoir le nouveau musée d'art de Beyrouth
  • Le BeMA se dressera sur ce qui était autrefois la « ligne verte » divisant la capitale libanaise pendant la guerre civile

DUBAI : Pour de nombreux Libanais, le passé peut être un sujet douloureux. Une guerre civile a détruit de larges pans du pays entre 1975 et 1990. La période d'après-guerre a été marquée par des conflits sectaires et le dysfonctionnement du gouvernement.

Mais malgré les traumatismes des dernières décennies, le Liban reste une terre d'une immense richesse culturelle, avec une histoire riche qui se reflète dans son patrimoine architectural, culturel et anthropologique.

C'est pourquoi le Beirut Museum of Art, ou BeMA, qui doit ouvrir en 2026, a été présenté comme une « lueur d'espoir » dans un pays en proie à la paralysie politique, au déclin économique et à une crise humanitaire de plus en plus grave.

Lorsque Sandra Abou Nader et Rita Nammour ont lancé le projet du musée, leur objectif était de présenter la grande diversité de l'art libanais et de fournir des installations pour l'éducation, la numérisation, la restauration, le stockage et les programmes de résidence d'artistes.

« Elles ont réalisé qu'il y avait, en fait, très peu de visibilité pour la scène artistique libanaise, dans le pays et à l'étranger, et pour les artistes libanais, qu'ils soient modernes ou contemporains », a déclaré Juliana Khalaf, consultante en art du BeMA, à Arab News.

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Vues du BeMA générées par ordinateur. Décrit comme un « jardin de sculptures vertical », il comprendra trois étages de galeries qui emprunteront des éléments aux designs Art déco locaux. (Fourni/WORKac)

Environ 700 œuvres d'art seront exposées dans le nouveau lieu, provenant de la collection du ministère libanais de la culture, qui compte plus de 2 000 pièces, dont la plupart sont stockées depuis des décennies.

« Nous allons abriter cette très importante collection », a déclaré M. Khalaf. « Nous l'appelons la collection nationale et elle appartient au public. C'est notre rôle de la rendre, pour la toute première fois, accessible. Elle n'a jamais été vue auparavant. »

Les œuvres d'art, créées par plus de 200 artistes et datant de la fin du XIXe siècle à nos jours, racontent l'histoire de ce petit pays méditerranéen, de son époque de renaissance et d'indépendance à la période de la guerre civile et au-delà.

La collection comprend des œuvres de l'écrivain, poète et artiste visuel libano-américain Khalil Gibran et de son mentor, le maître influent de la fin de l'ère ottomane Daoud Corm, réputé pour ses portraits et ses natures mortes sophistiqués.

Des œuvres de pionniers du modernisme libanais tels que Helen Khal, Saloua Raouda Choucair et Saliba Douaihy figureront également dans la collection, de même que plusieurs artistes moins connus du XXe siècle, dont Espérance Ghorayeb, qui a créé plusieurs compositions abstraites rares dans les années 1970.

« La collection est un rappel du magnifique héritage que nous avons », a déclaré Khalaf. « Elle nous montre notre culture à travers les yeux de nos artistes ».

Parmi les priorités de l'équipe du BeMA, en partenariat avec l'Institut des sciences de la conservation de Cologne, figure la restauration de la collection, qui comprend plusieurs peintures et œuvres sur papier endommagées par la guerre, la négligence, un stockage inadéquat ou simplement l’écoulement du temps.

Le rassemblement des informations sur les artistes et leurs effets sur le patrimoine artistique du Liban est une autre priorité pour l'équipe du BeMA, et c'est une tâche qui s'est avérée difficile étant donné le manque de ressources publiées et de moyens pour les cataloguer.

 

EN BREF

La Journée internationale des musées, qui se tient chaque année le 18 mai ou autour de cette date, met en lumière un thème ou un problème spécifique auquel les musées sont confrontés au niveau international.

« Ce qui était surprenant, c'est le peu de recherche qui existe et tout ce que nous devons faire sur ce front, comme obtenir le bon équipement qui n'est pas actuellement disponible dans le pays pour archiver correctement les livres et les photographies », a déclaré Khalaf.

En 2018, l'équipe de BeMA a contacté WORKac, un cabinet d'architectes basé à New York, pour avoir des idées sur le nouveau lieu. Cofondé par Dan Wood et Amale Andraos, architecte d'origine libanaise et ancien doyen de la Graduate School of Architecture, Planning and Preservation de l'université Columbia, WORKac a conçu des musées en Californie, au Texas, à New York et en Floride.

Pour Andraos, qui a quitté le Liban à l'âge de trois ans, l'occasion de concevoir une maison pour le patrimoine artistique de Beyrouth est particulièrement spéciale.

« Je pense que c'est un projet très personnel pour toutes les personnes impliquées », a-t-elle déclaré à Arab News. « Tout le monde s’est dévoué cœur et âme à cette idée que Beyrouth avait vraiment besoin d'un musée pour abriter la collection nationale. »

« Personnellement, j'ai un grand attachement à Beyrouth, à son histoire, ainsi que sur le plan architectural, artistique et intellectuel. »

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« Tous ceux qui y sont impliqués le voient comme une lueur d'espoir, c'est presque comme une résistance à l'effondrement », déclare Amale Andraos, architecte d'origine libanaise et cofondateur du cabinet d'architecture WORKac. (Photo fournie)

Compte tenu du passé troublé et de l'identité complexe du pays, Amale Andraos pense que la collection du musée sera utile pour aider le Liban à redécouvrir son identité et à se remettre des traumatismes du passé.

« C'est une archive à laquelle nous devons retourner pour comprendre qui nous sommes et comment aller de l'avant », a-t-elle déclaré.

Après l'approbation du projet par les autorités municipales, la première pierre a été posée sur le site du nouveau musée en février. La phase initiale exige que Mme Andraos et son équipe examinent le site à la recherche de vestiges archéologiques.

Une fois terminé, le musée comprendra trois étages de galeries qui empruntent des éléments esthétiques au design urbain Art déco local. Il a été décrit comme un « musée ouvert » et un « jardin de sculptures vertical », en raison de sa façade cubique qui sera agrémentée d'éclats de verdure de haut en bas.

Mme Andraos admet qu'elle était initialement sceptique quant au projet. Le Liban est en proie à de multiples crises, dont un effondrement financier. Beyrouth, la capitale, ne s'est pas encore remise de l'explosion dévastatrice du port de la ville le 4 août 2020, lorsqu'un entrepôt rempli de nitrate d'ammonium hautement explosif a pris feu et explosé, rasant tout un quartier.

Tout cela, combiné aux dommages économiques supplémentaires causés par la pandémie de la COVID-19, a poussé des milliers de jeunes Libanais à partir à l'étranger à la recherche d'un travail et d'un répit dans cette litanie de crises qui semble interminable. 

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Le Liban connaît un effondrement financier, des dommages économiques causés par la pandémie de la COVID-19, un chômage de masse et la faim, une pauvreté croissante et un dysfonctionnement du gouvernement. (AFP)

Mais pour certains habitants du pays, c'est précisément à cause de ces problèmes qu'un musée célébrant les réalisations culturelles du Liban est nécessaire, peut-être maintenant plus que jamais.

« Lorsque j'ai récemment présenté le musée à un membre du conseil d'administration du BeMA, j'ai dit : « C'est probablement le pire moment pour construire un musée », et il a répondu : « C'est le moment le plus important pour construire un musée, car nous avons besoin de culture, d'éducation et d'idées », a déclaré Andraos.

« Quand les gens ont faim, c'est comme une bataille entre l'art et la nourriture – mais l'art est aussi une sorte de nourriture, d'une certaine manière, pour l'esprit et l'âme.

« Toutes les personnes impliquées y voient une lueur d'espoir et le pays a besoin de construire ses institutions. C'est presque comme une résistance à l'effondrement. Nous avons une histoire qui mérite d'être valorisée, relue, et une culture que nous devons préserver et sur laquelle nous devons nous appuyer. »

Cela ne veut pas dire que le projet a été accueilli par tous au début.

« Il n'y a pas de grande fréquentation publique des musées, c'est quelque chose qui doit vraiment être développé », a déclaré Khalaf. « À cet égard, les gens ont eu l'impression que c'était un projet inutile. »

« Mais maintenant que les gens voient que c'est un projet sérieux et qu'il se réalise, l'attitude a changé. Ils disent qu'il y a de quoi se réjouir. »

À ce jour, environ 70 % du financement du projet a été alloué et un appel public sera bientôt lancé pour combler le déficit éventuel. L'entrée au musée sera gratuite.

Situé dans le quartier résidentiel haut de gamme de Badaro, au cœur de Beyrouth, connu pour ses bâtiments du début du 20e siècle influencés par l'Art déco, le musée se trouvera sur ce qui était autrefois la « ligne verte » qui séparait l'est et l'ouest de la capitale pendant la guerre civile.

Ce qui est bien maintenant, c'est que cela pourrait devenir le « mile des musées », car il y a le Musée national, le BeMA, le Musée Mim, et si vous allez plus loin, vous arriverez au Musée Sursock », a déclaré Khalaf.

« Cela change la perspective d'un Beyrouth déchiré par la guerre à un Beyrouth culturellement vivant. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


À Dubaï, la Saint-Valentin se raconte à table

Un gâteau à partager, pensé comme le point final d’un dîner à deux. (Photo: fournie)
Un gâteau à partager, pensé comme le point final d’un dîner à deux. (Photo: fournie)
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  • Une Saint-Valentin qui sort du cliché, privilégiant l’expérience, le rythme et la mémoire plutôt que la démonstration
  • Le partage comme fil conducteur, entre menus conçus pour deux, attention portée au souvenir et produits soigneusement sourcés

​​​​​DUBAÏ: À Dubaï, la Saint-Valentin ne se limite plus au simple dîner à deux. Certaines adresses cherchent désormais à raconter une histoire, à créer un moment qui dépasse l’assiette. C’est le cas de Three Cuts Steakhouse et de Sal’s Bistro, deux restaurants qui proposent cette année des formats très différents mais animés par une même idée : célébrer le partage, la mémoire et la générosité des saveurs.

Three Cuts Steakhouse : l’élégance sans rigidité

Perché sur le rooftop du Palm Jumeirah Mall, Three Cuts mise pour le 14 février sur une expérience pensée comme un tout, où la gastronomie dialogue avec le décor et le souvenir. Loin des démonstrations ostentatoires souvent associées à la Saint-Valentin, l’adresse cultive une élégance plus décontractée, fidèle à son ADN.

Le menu dégustation en trois temps, conçu pour être partagé, commence par une série d’entrées qui jouent sur les textures et la précision des saveurs : gratin d’huîtres aux épinards crémeux, carpaccio de saumon à l’orange et à la betterave, ou encore arancini aux champignons sauvages. Le plat principal laisse le choix entre deux classiques du steakhouse, travaillés avec sobriété et rigueur, accompagnés de garnitures saisonnières.

Le dessert, un gâteau “Be Mine” à partager, clôt le repas sur une note ludique et régressive. Mais c’est peut-être le détail extra-culinaire qui marque le plus : chaque couple repart avec une photographie Polaroid prise sur place. Un geste simple, presque nostalgique, qui inscrit la soirée dans le temps long, au-delà de l’événement lui-même.

Sal’s Bistro : le romantisme en version décontractée

À Jumeirah Islands, Sal’s Bistro aborde la Saint-Valentin sous un angle plus libre et quotidien. Pendant toute la semaine du 9 au 15 février, le restaurant propose un plateau de sushis conçu pour deux, à savourer sur place, en terrasse au bord du lac, ou à emporter.

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Sal’s Bistro. (Photo: fournie)

Présenté comme « un peu d’amour sur une planche en bois », l’assortiment rassemble des pièces emblématiques de la maison : saumon épicé croustillant, nigiri de thon, sashimi de saumon, rainbow maki, volcano maki et California maki. Les produits proviennent de Le Fumoir by Joe Bassili, structure familiale reconnue pour son travail du poisson depuis plus de trois décennies dans la région.

Ici, pas de mise en scène sophistiquée, mais une invitation à partager, à picorer, à prolonger le moment. Sal’s Bistro confirme ainsi sa place d’adresse de quartier chic, où la Saint-Valentin peut se vivre sans contrainte de date unique ni de rituel figé.


Grèce: nouveau portail pour les réservations et les informations sur les sites antiques

Le ministère grec de la Culture a dévoilé jeudi un nouveau portail conçu pour gérer les réservations de sites archéologiques et de musées pour plus de 100 lieux qui sera en ligne à partir d’avril.  Intitulé Hellenic Heritage (hh.gr), le site proposera également des informations essentielles sur plus de 350 sites en huit langues, en plus de servir d’outil pour réduire les files d’attente, en particulier pendant les mois d’été où la fréquentation est importante.
Le ministère grec de la Culture a dévoilé jeudi un nouveau portail conçu pour gérer les réservations de sites archéologiques et de musées pour plus de 100 lieux qui sera en ligne à partir d’avril. Intitulé Hellenic Heritage (hh.gr), le site proposera également des informations essentielles sur plus de 350 sites en huit langues, en plus de servir d’outil pour réduire les files d’attente, en particulier pendant les mois d’été où la fréquentation est importante.
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  • La Grèce a attiré 40,7 millions de visiteurs en 2024, soit une hausse de 12,8 % par rapport à 2023
  • Le ministère du Tourisme a indiqué en décembre que 2025 s’annonçait également comme une "année record" et que les indicateurs pour 2026 étaient encourageants

ATHENES: Le ministère grec de la Culture a dévoilé jeudi un nouveau portail conçu pour gérer les réservations de sites archéologiques et de musées pour plus de 100 lieux qui sera en ligne à partir d’avril.

Intitulé Hellenic Heritage (hh.gr), le site proposera également des informations essentielles sur plus de 350 sites en huit langues, en plus de servir d’outil pour réduire les files d’attente, en particulier pendant les mois d’été où la fréquentation est importante.

La Grèce a attiré 40,7 millions de visiteurs en 2024, soit une hausse de 12,8 % par rapport à 2023.

Le ministère du Tourisme a indiqué en décembre que 2025 s’annonçait également comme une "année record" et que les indicateurs pour 2026 étaient encourageants.

Des conseils sur des sites méconnus et des promenades thématiques seront proposés.

"Notre ambition est que le voyageur puisse établir un lien personnel avec chaque monument", a déclaré le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis lors de la présentation officielle.

"La vérité, c’est que la majorité des visiteurs, encore aujourd’hui, ne viennent pas dans notre pays pour découvrir la culture grecque. C’est quelque chose qui doit changer", a-t-il ajouté.

La Grèce s’efforce depuis des années de développer un système de billetterie électronique pour maximiser les recettes et réduire les files d’attente.

Quelque 3 millions de billets électroniques ont été émis rien que pour l’Acropole l’an dernier, a indiqué M. Mitsotakis.

Une section dédiée exclusivement aux professionnels, fournissant des données de disponibilité en temps réel, aidera les opérateurs touristiques à rationaliser les réservations de groupes, ont précisé les organisateurs.

La ministre de la Culture, Lina Mendoni, a assuré que les personnes en situation de handicap et leurs accompagnants pourront sélectionner l’utilisation d’un ascenseur, d’un monte-charge ou d’un fauteuil roulant lors de la réservation de leurs billets.

Les voyagistes présents à la présentation de jeudi ont exprimé des inquiétudes quant à leur capacité à harmoniser le nouvel outil de billetterie avec leurs propres systèmes de réservation en moins de deux mois.

"Si tout le monde essaie de se connecter le 1er avril, le système plantera", a averti un opérateur.

 


« Arduna » à AlUla : quand l’art contemporain scelle une coopération culturelle historique entre la France et l’Arabie saoudite

Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement. (AFALULA)
Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement. (AFALULA)
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  • Présentée comme un geste artistique fort autant qu’un acte de confiance entre deux nations, Arduna s’inscrit dans la continuité de l’accord intergouvernemental signé en 2018
  • « Cette décision de nos chefs d’État s’inscrivait dans une vision partagée : celle du soutien de la France à la transformation de l’Arabie saoudite, initiée par le Prince héritier dans Vision 2030»

ALULA: L’inauguration de l’exposition Arduna marque une étape fondatrice dans le développement culturel de l’Arabie saoudite et dans la coopération franco-saoudienne. Inédite par son ampleur et première du genre en Arabie saoudite et au Moyen-Orient, cette exposition est le fruit d’un commissariat conjoint entre le futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla et le Centre Pompidou, avec le soutien de l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA).

Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement :

« C’est un grand honneur d’être à vos côtés ici ce soir pour inaugurer “Arduna”, exposition fondatrice et inédite dans son ampleur. Je dis fondatrice, parce qu’elle est à la fois un geste artistique majeur, et un geste de confiance entre nos deux pays. »

Un jalon issu de l’accord intergouvernemental de 2018

L’exposition s’inscrit directement dans le prolongement de l’accord intergouvernemental signé en 2018 par la France et l’Arabie saoudite, en présence du Président Emmanuel Macron et de Son Altesse Royale le Prince héritier Mohammed ben Salmane. Cet accord a ouvert une coopération ambitieuse autour du développement culturel, patrimonial, environnemental et humain d’AlUla, en cohérence avec la Vision 2030 du Royaume.

Jean-Yves Le Drian a rappelé la vision commune à l’origine de cet engagement :

« Cette décision de nos chefs d’État s’inscrivait dans une vision partagée : celle du soutien de la France à la transformation de l’Arabie saoudite, initiée par le Prince héritier dans Vision 2030. L’art et la culture, la valorisation du patrimoine comme l’élan de la création y jouent un rôle majeur. »

Aujourd’hui, les résultats de cette coopération sont visibles et concrets, notamment à travers l’inauguration du pavillon d’exposition, première étape vers le futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla prévu à l’horizon 2030.

« Arduna », une exposition ancrée dans son territoire

Intitulée Arduna – « Notre Terre » –, l’exposition revendique un lien étroit avec l’identité d’AlUla. Une approche que Jean-Yves Le Drian a tenu à distinguer de modèles d’expositions décontextualisées :

« “Arduna” n’est pas une exposition “posée” sur un territoire, hors sol. C’est un modèle de programmation à l’écoute de son temps et surtout à l’écoute d’AlUla et de son identité très singulière, celle d’un territoire où la nature, l’archéologie, la mémoire et l’avenir se répondent à chaque instant. »

Il insiste également sur la démarche de co-construction :

« L’idée n’était pas d’importer un récit, mais de co-développer une exposition et, au-delà, une vision, ancrée dans l’exceptionnelle magie de ce lieu. »

Les commissaires de l’exposition, Candida Pestana et Anne Hiddleston Galloni, ont été saluées pour leur travail approfondi et leur implication tout au long de la préparation de cet événement.

Une première concrétisation du futur musée d’art contemporain d’AlUla

Au-delà de l’exposition, Arduna constitue la première réalisation tangible du partenariat stratégique conclu en 2023 entre la Commission Royale pour AlUla et le Centre Pompidou. Ce partenariat vise à accompagner la création du futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla, appelé à devenir une institution de référence internationale.

Jean-Yves Le Drian a souligné l’engagement global du Centre Pompidou :

« Je suis reconnaissant au Centre Pompidou d’avoir mobilisé son expertise dans tous les domaines : le commissariat, la scénographie, la production, la médiation, l’édition, mais aussi l’accompagnement architectural du pavillon, ainsi que les actions de formation et de mentorat de la future équipe du musée. »

Le futur musée, conçu par l’architecte Lina Gotmeh, se veut à la fois international et profondément enraciné dans son environnement local, notamment à travers son dialogue avec l’espace voisin de Daïmumah.

Une dynamique culturelle franco-saoudienne durable

L’inauguration de Arduna s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération culturelle entre la France et l’Arabie saoudite à AlUla. Jean-Yves Le Drian a rappelé l’ouverture récente de la Villa Hégra, autre jalon majeur de ce partenariat :

« La Villa Hégra témoigne de ce que nous sommes en mesure de construire ensemble : un lieu de création, de recherche, de résidence et de transmission, où les scènes françaises, francophones et saoudiennes se rencontrent et projettent des coopérations fortes. »

La culture comme langage commun

En conclusion, le président d’AFALULA a résumé l’esprit de cette coopération :

« Ce soir, nous inaugurons une exposition. Mais plus profondément, nous célébrons une belle histoire : celle d’un partenariat qui se construit dans la durée, qui investit dans la confiance, et qui choisit la culture comme langage commun. »

L’exposition Arduna illustre ainsi l’ambition partagée de faire d’AlUla un pôle culturel majeur, où le patrimoine exceptionnel du territoire dialogue avec la création contemporaine, au cœur d’un partenariat stratégique entre le Royaume d’Arabie saoudite et la France.