L'emprise du Hezbollah sur le Liban doit cesser, dit le chef des Forces libanaises, Geagea

Samir Geagea, chef du parti chrétien Forces libanaises, parle à un journaliste de l'AFP, lors d'une interview à sa résidence de Maarab, au nord de la capitale Beyrouth, le 20 mai 2022. (AFP).
Samir Geagea, chef du parti chrétien Forces libanaises, parle à un journaliste de l'AFP, lors d'une interview à sa résidence de Maarab, au nord de la capitale Beyrouth, le 20 mai 2022. (AFP).
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Publié le Samedi 21 mai 2022

L'emprise du Hezbollah sur le Liban doit cesser, dit le chef des Forces libanaises, Geagea

  • «Toute décision stratégique doit entièrement revenir à l'Etat (...) et les questions sécuritaires et militaires doivent être du ressort exclusif de l'armée», a déclaré le chef des Forces libanaises (FL)
  • «Personne ne peut se lancer dans une guerre» ou «déplacer des missiles d'un endroit à l'autre sans l'approbation de l'armée», a-t-il ajouté en référence au Hezbollah

MAARAB : Le leader chrétien libanais Samir Geagea, dont la formation a réalisé une percée aux législatives, a déclaré que la souveraineté du Liban devrait être restaurée, en dénonçant l'emprise du puissant mouvement armé pro-iranien Hezbollah sur le pays.

"Toute décision stratégique doit entièrement revenir à l'Etat (...) et les questions sécuritaires et militaires doivent être du ressort exclusif de l'armée", a déclaré le chef des Forces libanaises (FL) dans un entretien vendredi à l'AFP dans sa résidence à Maarab, au nord de Beyrouth.

"Personne ne peut se lancer dans une guerre" ou "déplacer des missiles d'un endroit à l'autre sans l'approbation de l'armée", a-t-il ajouté en référence au Hezbollah.

Créé et financé par l'Iran, le mouvement musulman chiite Hezbollah est la seule faction libanaise à avoir gardé ses armes après la guerre civile (1975-1990).

Son arsenal, nettement plus important que celui de l'armée libanaise, est présenté par ses partisans comme un rempart à Israël, ennemi juré du Hezbollah.

Mais ses détracteurs estiment que ces armes empêchent l'Etat de prendre ses propres décisions en matière de sécurité et expose le pays à des crises diplomatiques permanentes, le Hezbollah déployant par exemple ses combattants en Syrie pour combattre au côté du régime.

"Personne ne devrait être autorisé à utiliser ses armes dans le pays (...) Ce n'est plus acceptable", a insisté M. Geagea qui accuse depuis longtemps le Hezbollah d'avoir établi un Etat dans l'Etat.

Le Hezbollah a perdu la majorité parlementaire après les législatives du 15 mai. Il est considéré comme une "organisation terroriste" par les Etats-Unis et plusieurs pays arabes et occidentaux.

Front anti-Hezbollah

Agé de 69 ans, M. Geagea a été le seul seigneur de la guerre civile à être condamné dans les années 1990, passant onze ans en prison.

M. Geagea, dont le parti dispose désormais de 18 députés, cherche à construire un front avec d'autres partis traditionnels hostiles au Hezbollah, dont le parti chrétien des Kataëb et le parti du leader druze Walid Joumblatt.

Au moins 13 députés indépendants issus du mouvement de protestation contre la classe politique en 2019 pourraient également renforcer leurs rangs, a déclaré M. Geagea, faisant état de "pourparlers intensifs" avec ces élus.

"Nous sommes d'accord à minima sur la nécessité d'édifier un véritable Etat (...) loin de la corruption, du clientélisme, des quotas et des intérêts privés."

Le nouveau Parlement doit bientôt choisir un président, une fonction occupée depuis 1992 par Nabih Berri, chef du parti chiite Amal et allié du Hezbollah.

"Nous ne pouvons en aucun cas nommer M. Berri car il fait partie de l'autre camp", a déclaré M. Geagea.

M. Berri devrait malgré tout rester en poste, puisqu'il est le seul candidat chiite.

Selon un partage du pouvoir sur une base communautaire au Liban, le poste de président de la République est dévolu à un chrétien, celui de Premier ministre à un sunnite et la présidence du Parlement revient à un chiite.

Sur la formation du prochain gouvernement, M. Geagea a dit s'opposer à un gouvernement d'"unité nationale" comprenant des membres de tous les blocs politiques et qui selon lui débouche souvent sur des impasses, du fait des divisions.

Il souhaite réunir une majorité au Parlement qui lui permette de former avec ses alliés un gouvernement à même de prendre des décisions et de "s'accorder sur un projet commun".

Aides du FMI et du Golfe 

Le Liban est plongé dans une crise socio-économique sans précédent largement imputée à la corruption et l'incurie des dirigeants quasiment inchangée depuis trois décennies.

Des réformes structurelles sont exigées par les donateurs internationaux et le Fonds monétaire international (FMI).

Hostiles au Hezbollah, les riches monarchies arabes sunnites du Golfe, en tête desquelles l'Arabie saoudite, ont gelé toute aide financière au Liban.

"Nos relations avec les pays arabes du Golfe seront certainement rétablies et l'aide du Golfe parviendra progressivement au Liban", si un gouvernement "qui peut inspirer la confiance" est formé, a estimé M. Geagea, qui entretient de bonnes relations avec Ryad.

Pour lui, la formation rapide d'un tel cabinet facilitera également les négociations avec le FMI qui exige un engagement fort de Beyrouth à mettre en œuvre des réformes ambitieuses nécessaires pour s'attaquer notamment à la restructuration du secteur financier et à la corruption.


Retrait prochain des soldats américains de Syrie, selon la presse

Retrait prochain des soldats américains de Syrie, selon la presse
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  • Les États-Unis prévoient de retirer leurs 1.000 soldats de Syrie dans les deux prochains mois, selon le Wall Street Journal et CBS, après l’extension du contrôle du gouvernement syrien sur le territoire
  • Washington recentre son attention militaire sur l’Iran, avec des porte-avions déployés dans le Golfe et des frappes envisagées si aucun accord n’est trouvé sur le nucléaire iranien

WASHINGTON: Les Etats-Unis prévoient de retirer l'ensemble de leurs 1.000 soldats de Syrie au cours des deux prochains mois, selon la presse américaine.

Washington mettra fin à sa présence dans le pays, a indiqué le Wall Street Journal, après que le gouvernement syrien a étendu son contrôle sur le territoire et a annoncé fin janvier être parvenu à un accord pour intégrer à l'Etat syrien les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes, qui jouaient un rôle clé dans la lutte contre l'Etat islamique (EI).

Le média CBS a également fait état de ce projet, citant des responsables américains sous couverts d'anonymat.

Les forces américaines présentes en Syrie ont récemment amorcé leur retrait, notamment la semaine dernière des bases d'al-Tanf et d'al-Chaddadi, utilisées dans le cadre de la lutte menée par la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI).

Les Etats-Unis avaient soutenu les forces kurdes dans leur lutte contre les jihadistes de l'EI à partir de 2014.

Mais après le renversement de Bachar al-Assad fin 2024 et l'arrivée au pouvoir de l'islamiste Ahmad al-Chareh, ils ont soutenu le nouveau président dans sa détermination à imposer son autorité sur l'ensemble du territoire.

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio s'est félicité dimanche de "la trajectoire" suivie par la Syrie, malgré "des jours difficiles".

Dernièrement, les Etats-Unis rassemblent aussi leur attention et leurs capacités militaires autour de l'Iran, qu'ils menacent de frapper si les deux ennemis ne parvenaient pas à conclure un accord au sujet du programme nucléaire iranien.

CNN et CBS ont rapporté mercredi que l'armée américaine était prête à mener des frappes sur l'Iran dès ce week-end, même si Donald Trump n'a selon eux pas encore pris de décision finale.

Washington a dépêché deux porte-avions dans le Golfe et dispose aussi de dizaines de milliers de soldats dans des bases à travers la région.

Sollicité, le Pentagone n'a pas donné de réponse dans l'immédiat à une demande de commentaires.


La médiation saoudienne permet la libération de détenus pakistanais en Afghanistan

Les trois Pakistanais ont été remis à la délégation saoudienne en visite. (X/@Zabehulah_M33)
Les trois Pakistanais ont été remis à la délégation saoudienne en visite. (X/@Zabehulah_M33)
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  • Le porte-parole du gouvernement afghan a indiqué que les détenus ont été libérés en signe de bonne volonté

DUBAÏ : L’Arabie saoudite a facilité la libération de trois détenus pakistanais retenus en Afghanistan, suite à une demande du Royaume et à la visite d’une délégation saoudienne à Kaboul avant le mois sacré du Ramadan.

Le porte-parole du gouvernement afghan, Zabihullah Mujahid, a déclaré mardi que les détenus avaient été libérés en signe de bonne volonté, reflétant la politique de l’Afghanistan de maintenir des relations positives avec les autres pays et en reconnaissance des efforts de médiation saoudiens.

Les trois Pakistanais avaient été capturés lors d’affrontements frontaliers entre les forces afghanes et pakistanaises le 12 octobre 2025, et ont été remis à la délégation saoudienne en visite.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël accusé de vouloir étendre Jérusalem vers la Cisjordanie

Des ONG israéliennes ont dénoncé mardi un projet gouvernemental prévoyant la construction d'une nouvelle colonie en bordure de Jérusalem, qui reviendrait selon elles à étendre la ville en empiétant sur la Cisjordanie, occupée depuis 1967. (AFP)
Des ONG israéliennes ont dénoncé mardi un projet gouvernemental prévoyant la construction d'une nouvelle colonie en bordure de Jérusalem, qui reviendrait selon elles à étendre la ville en empiétant sur la Cisjordanie, occupée depuis 1967. (AFP)
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  • Ces mesures ont été qualifiées d'"illégales" par l'ONU et nombre de capitales arabes et occidentales, alors que la croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée atteint un niveau record
  • Le ministère de la Construction et du Logement a annoncé le 3 février un projet d'extension vers l'ouest de la colonie de Geva Binyamin, ou Adam, située en Cisjordanie occupée, qui aboutirait à la création d'un nouveau quartier en bordure de Jérusalem-Est

JERUSALEM: Des ONG israéliennes ont dénoncé mardi un projet gouvernemental prévoyant la construction d'une nouvelle colonie en bordure de Jérusalem, qui reviendrait selon elles à étendre la ville en empiétant sur la Cisjordanie, occupée depuis 1967, à l'heure où les critiques se multiplient face à une annexion rampante du territoire.

Ce projet, encore au stade initial, a été publié début février alors que différentes mesures gouvernementales visant à renforcer le contrôle israélien sur la Cisjordanie font redouter une annexion par Israël de ce territoire palestinien.

Ces mesures ont été qualifiées d'"illégales" par l'ONU et nombre de capitales arabes et occidentales, alors que la croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée atteint un niveau record.

Le ministère de la Construction et du Logement a annoncé le 3 février un projet d'extension vers l'ouest de la colonie de Geva Binyamin, ou Adam, située en Cisjordanie occupée, qui aboutirait à la création d'un nouveau quartier en bordure de Jérusalem-Est, la partie de la ville sainte occupée et annexée par Israël en 1967 après la conquête de la Cisjordanie.

Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est, dont l'annexion n'est pas reconnue par la communauté internationale, la capitale du futur Etat auquel ils aspirent.

Un projet "symbolique" 

Le nouveau projet, selon le ministère, prévoit la construction de "2.780 unités de logement et une vaste modernisation des infrastructures" dans le cadre de l'extension de Geva Binyamin, pour un montant d'environ 120 millions de shekels (33 millions d'euros).

Mais selon l'ONG La Paix maintenant, opposée à la colonisation, ce projet reviendrait à "une extension" pure et simple de Jérusalem en Cisjordanie, sans précédent depuis 1967.

"Le nouveau quartier sera partie intégrante de la ville de Jérusalem et en particulier de la colonie de Neve Yaakov, construite dans le nord de Jérusalem", a expliqué mardi à l'AFP Lior Amihai, directeur exécutif de La Paix maintenant.

"Ce qui est unique dans ce cas, c'est que le quartier sera relié directement à Jérusalem (...) mais se trouvera intégralement sur le territoire de la Cisjordanie, adjacent à Jérusalem", a-t-il ajouté, en voyant dans ce projet une dimension "symbolique".

"Tout changement touchant à Jérusalem est sensible, pour l'opinion israélienne mais aussi pour les Palestiniens", souligne-t-il.

"Comme des habitants de Jérusalem" 

Aviv Tatarsky, un chercheur de l'ONG Ir Amim, qui travaille sur la place de Jérusalem dans le conflit israélo-palestinien, affirme lui aussi que ce projet équivaut dans les faits à une expansion de la ville.

"Si des gens y vivent, ils vivront là comme des habitants de Jérusalem", a-t-il déclaré à l'AFP. "Dans la pratique, ce n'est pas la colonie qui sera étendue, mais Jérusalem".

A l'heure où une annexion formelle reste difficilement réalisable, "il est beaucoup plus facile de créer une situation de fait sur le terrain", ajoute le chercheur.

La Paix maintenant a souligné, dans un communiqué illustré par une carte, que le nouveau quartier serait séparé de la colonie d'Adam par le mur érigé par Israël dans les années 2000, qui longe la quasi-totalité de la frontière avec la Cisjordanie mais dont le tracé à cet endroit ne suit pas exactement la limite administrative et dévie vers l'est en contournant une colline.

Il n'existera donc "aucune connexion territoriale" entre la nouvelle colonie et celle d'Adam, ajoute l'ONG.

Hormis Jérusalem-Est, plus de 500.000 Israéliens vivent aujourd'hui en Cisjordanie dans des colonies que l'ONU juge illégales au regard du droit international, au milieu de quelque trois millions de Palestiniens.

La colonisation s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens, de gauche comme de droite depuis 1967. Elle s'est nettement intensifiée sous l'actuel gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël, en particulier depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023.

L'expansion de la colonisation juive en Cisjordanie est considérée par l'ONU, avec la poursuite des violences entre populations locales palestiniennes, colons juifs et armée israélienne, comme l'un des principaux obstacles à la résolution du conflit israélo-palestinien.

La croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée a atteint en 2025 un niveau record depuis le début du suivi de l'ONU en 2017, selon un rapport de l'ONU.