Thaïlande: un ex-ministre évincé par le putsch de 2014 en passe d'être gouverneur de Bangkok

Chadchart Sittipunt, candidat indépendant au poste de gouverneur de Bangkok, s'adresse aux médias et à ses partisans lors d'un événement consacré aux résultats des élections, à Bangkok, le 22 mai 2022. (AFP).
Chadchart Sittipunt, candidat indépendant au poste de gouverneur de Bangkok, s'adresse aux médias et à ses partisans lors d'un événement consacré aux résultats des élections, à Bangkok, le 22 mai 2022. (AFP).
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Publié le Lundi 23 mai 2022

Thaïlande: un ex-ministre évincé par le putsch de 2014 en passe d'être gouverneur de Bangkok

  • Il s'agissait de la première élection importante depuis les manifestations pro-démocratie qui ont secoué la Thaïlande en 2020 pour réclamer des réformes de la monarchie et de la société
  • Chadchart Sittipunt, candidat libéral, est arrivé largement en tête avec 1,2 million de voix, 90% des bulletins ayant été comptés, d'après les médias locaux

BANGKOK : Un ex-ministre évincé lors du coup d'Etat militaire de 2014 en Thaïlande a remporté dimanche haut la main l'élection au poste de gouverneur de Bangkok d'après les premiers résultats, un revers pour le Premier ministre Prayut Chan-O-Cha au pouvoir depuis le putsch.

Le scrutin était un test pour le général, légitimé par des législatives controversées en 2019 et impopulaire auprès d'une jeunesse avide de liberté. Il achève son mandat en mars prochain, des élections générales doivent donc se tenir d'ici là.

Plus de quatre millions de Bangkokiens étaient appelés aux urnes dimanche, dont 700 000 primo-votants.

Il s'agissait de la première élection importante depuis les manifestations pro-démocratie qui ont secoué la Thaïlande en 2020 pour réclamer des réformes de la monarchie et de la société.

Chadchart Sittipunt, candidat libéral, est arrivé largement en tête avec 1,2 million de voix, 90% des bulletins ayant été comptés, d'après les médias locaux.

"Je suis prêt à être gouverneur pour tout le monde", a-t-il déclaré, ajoutant attendre le résultat final de la commission électorale pour proclamer sa victoire.

M. Chadchart s'était présenté sans étiquette, mais il a longtemps été une figure majeure du Pheu Thai, le parti d'opposition de l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra.

Ministre des Transports sous le gouvernement de Yingluck Shinawatra, soeur de M. Thaksin renversée en 2014, il fut même, sous les couleurs de ce mouvement, candidat au poste de Premier ministre en 2019.

Depuis les coups d'Etat de 2006 et 2014, la politique thaïlandaise est polarisée entre les partis pro et anti-armée.

Le résultat de dimanche est "un message clair des Bangkokiens et en particulier de la nouvelle génération qui aspire au changement", a relevé auprès de l'AFP Napisa Waitoolkiat, analyste politique à l'université de Naresuan, dans le nord du pays.

Durant la campagne, les principaux prétendants se sont concentrés sur les préoccupations quotidiennes des habitants de la capitale, promettant de rendre plus agréable à vivre la mégalopole ultra-polluée et embouteillée de quelque 10 millions d'habitants.

La dernière élection du gouverneur de Bangkok remontait à 2013.

Un an plus tard, Prayut Chan-O-Cha prenait le pouvoir, évinçait le gouverneur et nommait un de ses hommes à sa place.

En 2020, d'importantes manifestations pro-démocratie ont secoué le royaume, les contestataires demandant la démission du Premier ministre, la réécriture de la Constitution jugée trop favorable à l'armée et une réforme en profondeur de la toute-puissante monarchie, un sujet tabou jusque-là.


Des frappes en Iran sont toujours une option pour Trump, selon la Maison Blanche

Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
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  • La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG
  • "Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef"

WASHNIGTON: Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte.

La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG, la République islamique faisant face à l'un de ses plus importants mouvements de contestation depuis sa proclamation en 1979.

"Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef", a affirmé à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

Toutefois, elle a assuré que "la diplomatie (était) toujours la première option pour le président".

Selon elle, une voie diplomatique reste ouverte avec l'Iran, le pouvoir adoptant un "ton très différent" lors de discussions privées avec l'émissaire américain, Steve Witkoff.

"Ce que vous entendez de la part du régime iranien est très différent des messages que l'administration (américaine) reçoit en privé, et je pense que le président veut examiner ces messages", a-t-elle ajouté.

Donald Trump "ne souhaite pas voir des gens se faire tuer dans les rues de Téhéran, et malheureusement, c'est ce à quoi nous assistons actuellement", a également assuré Karoline Leavitt.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a lui déclaré lundi qu'un canal de communication était "ouvert" entre l'Iran et Steve Witkoff, malgré l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis.

Le pouvoir cherche à présent à reprendre la main en faisant descendre dans les rues des milliers de ses partisans, après avoir imposé une coupure totale d'internet depuis le 8 janvier.

Le président américain avait annoncé dimanche qu'une réunion avec des responsables iraniens était "en cours de préparation", sans toutefois écarter l'option militaire. "Nous pourrions devoir agir avant une rencontre", avait-il avancé, en ajoutant que l'armée américaine étudiait des "options très fortes".

 


Partez maintenant! le message des États-Unis à leurs ressortissants en Iran

Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
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  • L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention
  • Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité

DUBAI: L'aide à l'alerte qui montre des liens avec les États-Unis peut conduire à la détention.
Les États-Unis ont demandé à leurs ressortissants en Iran de quitter le pays immédiatement, dans un contexte d'escalade des troubles.

"Quittez l'Iran maintenant", a déclaré l'ambassade virtuelle de Téhéran, gérée par le département d'État, dans une alerte de sécurité diffusée lundi, invitant les Américains à planifier leur départ sans l'aide du gouvernement américain.

L'alerte fait état d'une escalade des manifestations, d'un risque de violence, d'arrestations, de perturbations de l'Internet et d'un renforcement des mesures de sécurité.

L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention.

Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité. Ceux qui ne sont pas en mesure de partir ont été invités à rester dans des lieux sûrs, à éviter les manifestations, à faire profil bas et à s'assurer un accès à la nourriture, à l'eau et aux médicaments.

Les États-Unis n'ont pas de relations diplomatiques ou consulaires avec l'Iran. L'ambassade de Suisse à Téhéran joue le rôle de puissance protectrice des États-Unis en cas d'urgence.


Léon XIV a reçu l'opposante vénézuélienne Maria Corina Machado

Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
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  • Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète
  • En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine

CITE DU VATICAN: Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican.

Cette audience - qui n'avait pas été annoncée - intervient peu avant le déplacement de l'opposante vénézuélienne à Washington cette semaine, où elle doit rencontrer le président américain Donald Trump.

Ce dernier avait estimé après la capture de Nicolas Maduro par les Américains que Maria Corina Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre, n'était pas qualifiée pour prendre les commandes du pays.

Sollicité par l'AFP, le Vatican n'a fourni aucun détail sur la rencontre, le nom de l'opposante vénézuélienne se trouvant simplement sur la liste des personnes reçues par le pape dans la matinée.

Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète.

En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine.

Cette rencontre intervient moins d'une semaine après un entretien téléphonique entre le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio et le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège, lors duquel ils ont évoqué la situation au Venezuela selon la Maison Blanche.

Vendredi, lors d'un discours devant le corps diplomatique, le pape américain avait de nouveau appelé "à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s'engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun".

Il a également fait part de sa "vive inquiétude" quant à "l'aggravation des tensions dans la mer des Caraïbes et le long des côtes américaines du Pacifique".