Naïma M’Faddel : la politique des visas ternit l'image de la France

Naïma M’Faddel, candidate pour la 9 e circonscription des Français établis hors de France (Photo, fournie)
Naïma M’Faddel, candidate pour la 9 e circonscription des Français établis hors de France (Photo, fournie)
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Publié le Mardi 24 mai 2022

Naïma M’Faddel : la politique des visas ternit l'image de la France

  • Naïma M’Faddel sera la candidate de l'Union de la droite et du centre aux prochaines élections législatives dans la 9e circonscription des Français de l’étranger, qui couvre le Maghreb et une partie de l’Afrique de l’Ouest
  • Parmi ses chantiers phares, la scolarité, et plus précisément, la qualité de l’enseignement et les frais engendrés

RABAT: «Les Français de l’étranger ne sont pas des Français de seconde zone, ils sont nos ambassadeurs au quotidien!» Naïma M’Faddel y croit fermement. Un constat qui a motivé son choix de se présenter sous les couleurs de l'Union de la droite et du centre aux prochaines élections législatives pour la 9e circonscription des Français établis hors de France, circonscription qui, rappelons-le, couvre le Maghreb et une partie de l’Afrique de l’Ouest (hors Bénin, Ghana, Nigeria et Togo).
Depuis Abidjan en Côte d’Ivoire, où elle poursuit sa campagne après s’être rendue en Tunisie, elle nous accorde un entretien malgré un agenda très chargé. C’est en effet pour la candidate une course contre la montre. Le premier tour de ces élections se tiendra le 5 juin prochain.
Naïma M’Faddel nous l’affirme, sa candidature n’est pas fortuite. Elle a du sens, car elle s’inscrit pleinement dans la logique de son parcours. Cette Franco-Marocaine est en effet née au Maroc et s’est installée avec sa famille à Dreux à l’âge de 8 ans. «Je vis au Maroc, une partie de ma famille vit dans la ville de Mohammedia, mes enfants y sont scolarisés, je connais bien les problématiques auxquelles sont confrontés mes compatriotes», raconte-t-elle à Arab News en français. «J’ai donc un lien très fort avec le pays et plus généralement avec le continent africain, avec lequel je me suis aussi beaucoup engagée sur le plan associatif, notamment via l’organisation, avec Alain Juppé, des Journées nationales des diasporas et de l’Afrique (JNDA). L’idée était de retravailler autour des mémoires communes entre l’Afrique et la France, mais aussi de revoir la relation pour qu’elle soit gagnant/gagnant.»

La candidate a des liens très forts avec son pays d’origine et aussi avec sa patrie, la France, où elle milite depuis près de quarante ans autour des questions sociales liées à l’immigration, l’intégration et la laïcité. Profondément attachée à sa double identité culturelle, Naïma M’Faddel a aujourd’hui à cœur d’être le porte-voix des quelque 160 00 Français inscrits dans la 9e circonscription. Sociologue de formation, essayiste habituée des plateaux télé (elle intervient régulièrement comme analyste politique sur CNews), elle raconte à Arab News en français comment est né son militantisme.

Le déclic s'est fait dans les années 1980, se souvient-elle, le soir du 11 septembre 1983, lorsque le Front national remporte les élections municipales. Jamais jusqu’ici le parti d’extrême droite n’avait obtenu un score aussi élevé… 55% des voix. «Le Front national avait alors décidé de ne pas financer les associations extra-européennes et j’avais été marqué par la solidarité de nombreuses associations dites “européennes”, qui avaient refusé les subventions de la mairie… C’est alors que je suis devenue militante associative et que j’ai véritablement souhaité m’engager pour plus de multiculturalisme et dans les solidarités, autour de la cohésion sociale, particulièrement dans les quartiers populaires», explique-t-elle.

Du militantisme au politique… il n’y a qu’un pas

Naïma M’Faddel s’engage en politique et devient notamment adjointe au maire de Dreux, avant de rejoindre la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, comme conseillère sur les questions de cohésion sociale, de politique de la ville.

C’est donc tout naturellement que la Drouaise est investie par l'Union de la droite et du centre aux législatives. Alors, oui, Valérie Pécresse a offert à sa famille politique le plus faible score de son histoire à la présidentielle, sous la barre des 5%, mais pour Naïma M’Faddel, cela ne saurait être un frein à une potentielle victoire, et la candidate n’est pas inquiète. «Ce score n’est pas synonyme d’échec pour Les Républicains (LR). Il faut savoir que la droite a un ancrage très important dans les territoires, et la majorité des communes et régions», déclare-t-elle. «La 9e circonscription est de droite, car elle partage les valeurs de la famille de méritocratie et du travail auxquelles je crois fortement. Je pense aussi que c’est avant tout la personnalité qui compte. Ce que la candidate incarne. On ne vote pas que pour un parti.»

Si les Français du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest ont historiquement (sauf pour les dernières élections) voté à droite lors de la présidentielle, ce n’est pas le cas pour les législatives : la 9e circonscription était représentée de 2012 à 2017 par le socialiste Pouria Amirshahi, puis par l’actuel candidat sortant, M’jid el-Guerrab, issu de la majorité présidentielle. Ce dernier a été condamné en première instance à Paris à un an de prison ferme et à deux ans d’inéligibilité pour «violences volontaires» sur l’ancien responsable socialiste Boris Faure en 2017, et ne se représentera pas. Une condamnation dont il a fait appel. L’ancien député a appelé à voter pour la candidate investie par LREM, l’ancienne ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes, Élisabeth Moreno.

La scolarité au cœur des préoccupations des Français de l’étranger

Parmi les chantiers phares de Naïma M’Faddel: la scolarité, et plus précisément, la qualité de l’enseignement et les frais engendrés. «Les tarifs sont exorbitants. Vous savez que la scolarité pour un enfant en maternelle s’élève à 39 000 dirhams par an (environ 3678 euros). C'est énorme pour l'année, et d’autant plus quand vous avez deux ou trois enfants. Certains m’ont raconté avoir souscrit des crédits pour payer la scolarité de leurs enfants. Cela m'a profondément choqué. Nous sommes pleinement dans l'inégalité de traitement du citoyen français. L’accès à la scolarité est un principe fondamental de notre Constitution. Tout enfant doit être scolarisé gratuitement, que l’on soit riche ou indigent. C’est le sens des lois scolaires de Jules Ferry.»

«Les enfants français doivent pouvoir accéder à la scolarité gratuite au même titre que leurs compatriotes en métropole. D’ailleurs, Nicolas Sarkozy a voulu rétablir progressivement la gratuité en commençant par les lycées, puis François Hollande a rétabli les frais de scolarité et écarté l'idée de gratuité, cédant au préjugé infondé selon lequel les expatriés seraient des nantis… Quelle erreur!», s’exclame la candidate.

Concernant le financement d’une telle mesure, jugée, par certains opposants, populiste et trop coûteuse pour l’État, la candidate investie par l’Union de la droite et du centre, refuse d’inscrire l’élément pécuniaire dans l’équation et répond qu’«en France, on scolarise les familles avec des enfants en situation irrégulière, car c’est un principe fondamental. Il est donc clair que ce principe doit s’appliquer aux Français de l'étranger. Le fameux “quoi qu'il en coûte” aurait alors véritablement du sens. Quant au budget, cette mesure devrait s’inscrire dans celui de l’Éducation nationale, et non comme c’est le cas actuellement dépendre du ministère des Affaires étrangères.»


« La France doit reconnaître l’intégrité du Maroc »

Dans une tribune publiée dans le Figaro, la candidate assure que «défendre les établissements français de l'étranger n'est pas une vaine dépense, c'est un investissement, car ils contribuent au rayonnement de la langue et de la culture françaises, ainsi qu'à l'influence politique, économique et intellectuelle de la France à l'étranger. Il nous appartient de soutenir la francophonie, de revivifier les liens entre l'Afrique et la France afin que la France renforce et enrichisse cette relation affective, fraternelle et si singulière que nous avons avec l'Afrique francophone».

La candidate de l'Union de la droite et du centre souhaite que le budget alloué aux instituts culturels ou Alliances françaises soit augmenté significativement. Elle regrette qu’un certain désamour se soit installé entre la France et l’Afrique. «Si je suis élue député, je compte porter la voix de l'Afrique, en particulier celle du Maroc du fait de mes origines. Le Maroc est un pays qui s'est grandement développé, qui rayonne sur le monde. Il peut être un partenaire extraordinaire pour la France et pour l'Europe, notamment grâce à cette porte d'entrée sur l'Afrique. Je regrette que les relations entre Rabat et Paris n’aient pas été convenablement entretenues alors que c’était le cas avec le président Chirac», ajoute-t-elle.

Concernant l’épineuse question du Sahara occidental, Naïma M’Faddel répond sans détour.
«Sans langue de bois, je pense qu'il est temps… Il est temps que la France reconnaisse l'intégrité du Maroc. Le Maroc est un et indivisible. Le Sahara fait partie intégrante du Maroc.»

Évoquant les liens entre Paris et Alger, la candidate appelle à des relations plus apaisées. «Il faut réussir à tourner la page de la colonisation. C’est une mémoire douloureuse avec des blessures des deux côtés de la Méditerranée. Il est temps que chacun fasse véritablement un pas vers l’autre», soutient-elle.

Réduction des visas: une politique jugée injuste

Parmi les points importants dans les relations entre la France et le Maghreb, la candidate souligne la question de la politique des visas. Faute d’avoir réussi à convaincre les gouvernements algérien, marocain et tunisien de reprendre leurs ressortissants illégaux en France, Paris a durci drastiquement les conditions d’obtention des visas Schengen.
Une mesure totalement injuste et injustifiée pour Naima M’Faddel.
«Mais qui souhaite-t-on punir concrètement?», se demande la candidate. «En fait, nous punissons ceux qui ont l’habitude de voyager en France et qui ont les moyens d’y dépenser leur argent… Aujourd’hui, ces derniers se tournent vers l’Espagne, la Turquie.»

Et Naïma M’Faddel ajoute qu’en tant qu'élue elle défendra l'idée de rétablir les visas parce que ce qui a été fait n’a aucun sens. «Cette mesure ternit l'image de la France, des relations et du tourisme en France. C'est quand même scandaleux que des Français ne puissent pas recevoir leurs familles, que ce soit pour des mariages, des naissances ou, pire encore, s’ils sont malades», insiste la Franco-Marocaine.


Macron ouvre à Damas une nouvelle page, mais campe sur ses exigences pour le peuple syrien et le Liban

Quinze années après le début de la révolution syrienne et un peu plus de deux ans après la chute du régime de Bachar al-Assad, la visite qu’effectue le président français Emmanuel Macron à Damas, les 6 et 7 juillet, marque un tournant diplomatique majeur. (AFP)
Quinze années après le début de la révolution syrienne et un peu plus de deux ans après la chute du régime de Bachar al-Assad, la visite qu’effectue le président français Emmanuel Macron à Damas, les 6 et 7 juillet, marque un tournant diplomatique majeur. (AFP)
  • Jamais, depuis l’effondrement de l’ancien pouvoir, un chef d’État européen ne s’était rendu en Syrie
  • Aux yeux des autorités françaises, cette visite ouvre une nouvelle page dans les relations franco-syriennes, bâtie sur un principe simple : accompagner la reconstruction d’une Syrie nouvelle sans renoncer aux valeurs qui ont guidé la diplomatie française

PARIS: Quinze années après le début de la révolution syrienne et un peu plus de deux ans après la chute du régime de Bachar al-Assad, la visite qu’effectue le président français Emmanuel Macron à Damas, les 6 et 7 juillet, marque un tournant diplomatique majeur.

Jamais, depuis l’effondrement de l’ancien pouvoir, un chef d’État européen ne s’était rendu en Syrie. Pour la France, il s’agit du premier déplacement présidentiel depuis celui de Nicolas Sarkozy, en 2009, avant que la répression sanglante du soulèvement populaire ne conduise à la rupture des relations diplomatiques.

Aux yeux des autorités françaises, cette visite ouvre une nouvelle page dans les relations franco-syriennes, bâtie sur un principe simple : accompagner la reconstruction d’une Syrie nouvelle sans renoncer aux valeurs qui ont guidé la diplomatie française depuis le début du conflit.

Alors que de nombreux partenaires avaient progressivement renoncé à soutenir les aspirations nées du printemps syrien, la France a maintenu, malgré les difficultés et les rapports de force internationaux, une ligne constante de soutien au peuple syrien plutôt qu’au régime.

Cette constance demeure aujourd’hui le fondement de la relation de confiance que la France entend désormais construire avec les nouvelles autorités de Damas.

Pour Paris, cette visite vient clore une séquence tragique qui aura profondément marqué la Syrie, mais aussi toute la région et l’Europe.

Le constat est amer : quinze années de guerre ont laissé un pays dévasté, déplacé des millions de personnes, durablement fragilisé le Liban voisin et favorisé l’essor du terrorisme.

Dans cette perspective, soutenir aujourd’hui la stabilisation de la Syrie relève autant du réalisme que de la fidélité à des principes. C’est dans cet esprit qu’Emmanuel Macron avait été le premier dirigeant occidental à recevoir, à Paris, le président de la transition syrienne, Ahmad al-Chareh.

Cependant, la visite de Macron n’a rien d’un blanc-seing accordé aux nouvelles autorités. La France tient à souligner qu’il ne s’agit ni d’un acte de naïveté ni d’une approbation inconditionnelle. Elle entend accompagner la transition syrienne tout en maintenant un dialogue exigeant.

Les nouvelles autorités syriennes sont attendues sur leur capacité à transformer les aspirations de la révolution de 2011 en institutions durables. La France considère que la légitimité de la nouvelle Syrie reposera sur sa capacité à rassembler une société profondément meurtrie par des décennies de dictature, de divisions communautaires et de guerre civile.

C’est pourquoi Emmanuel Macron n’entend pas limiter son déplacement, malgré sa courte durée, à une série d’entretiens officiels. Son programme prévoit également des rencontres avec des représentants de la société syrienne dans toute sa diversité politique, confessionnelle et culturelle.

La France fait du pluralisme politique, du respect des minorités religieuses et ethniques, de l’État de droit et de la justice transitionnelle les conditions indispensables d’un partenariat durable.

Elle estime surtout que la transition ne pourra réussir que si elle parvient à réconcilier les Syriens et à garantir à chacun sa place dans la future architecture institutionnelle.

Au-delà des enjeux intérieurs, Paris accorde également une importance particulière au rééquilibrage des relations entre la Syrie et le Liban, longtemps marquées par des rapports de domination et d’ingérence.

Cette relation devra désormais reposer sur des bases entièrement nouvelles. La France défend une vision fondée sur le respect mutuel de la souveraineté des deux États, leur indépendance réciproque et le principe de non-ingérence.

Reconstruction de la Syrie et redressement du Liban

Vue de Paris, la reconstruction de la Syrie et le redressement du Liban sont étroitement liés. Aucun des deux pays ne pourra retrouver durablement la prospérité sans une relation apaisée avec son voisin.

La visite présidentielle comporte aussi un important volet économique, avec la participation d’une délégation de dirigeants de grandes entreprises françaises, parmi lesquelles CMA CGM, TotalEnergies, mais aussi plusieurs entreprises de taille intermédiaire spécialisées dans les infrastructures, les documents sécurisés ou encore les équipements essentiels à la reconstruction.

Mais l’engagement économique français reste conditionné aux réformes entreprises par Damas, notamment la modernisation du système bancaire, la sécurisation des investissements et l’amélioration du climat des affaires.

Au fond, cette visite présidentielle apparaît comme un pari sur la capacité de la Syrie à sortir définitivement de quinze années de guerre et à renouer avec son histoire.

C’est aussi un pari sur la possibilité de bâtir une relation nouvelle entre Paris et Damas, fondée non plus sur les rancunes du passé, mais sur une coopération lucide, exigeante et tournée vers l’avenir.

Paris n’ignore ni les fragilités ni les incertitudes qui entourent cette transition et estime que rien n’est encore acquis. Mais, après avoir accompagné le peuple syrien pendant les années les plus sombres, la France considère qu’il faut désormais l’accompagner dans sa reconstruction.


Budget: le gouvernement ne va pas «annoncer de mesures» mardi mais «un cap»

 Le gouvernement ne va pas "annoncer de mesures" mardi lors d'une nouvelle réunion du comité d'alerte des finances publiques, mais "un cap", a fait savoir lundi le ministre des Comptes publics David Amiel. (AFP)
Le gouvernement ne va pas "annoncer de mesures" mardi lors d'une nouvelle réunion du comité d'alerte des finances publiques, mais "un cap", a fait savoir lundi le ministre des Comptes publics David Amiel. (AFP)
  • "On actualisera évidemment nos prévisions", en prenant en compte les effets de l'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran en juin et les négociations actuelles autour du stratégique détroit d'Ormuz
  • Le gouvernement reviendra également sur le niveau des "dépenses de l'Etat", de la "Sécurité sociale" et des "collectivités"

PARIS: Le gouvernement ne va pas "annoncer de mesures" mardi lors d'une nouvelle réunion du comité d'alerte des finances publiques, mais "un cap", a fait savoir lundi le ministre des Comptes publics David Amiel.

"Où en sommes-nous sur la croissance" et sur "l'inflation" du fait de la guerre au Moyen-Orient?, sera la question sur laquelle reviendra le gouvernement, a détaillé David Amiel sur RTL.

"On actualisera évidemment nos prévisions", en prenant en compte les effets de l'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran en juin et les négociations actuelles autour du stratégique détroit d'Ormuz.

Le gouvernement reviendra également sur le niveau des "dépenses de l'Etat", de la "Sécurité sociale" et des "collectivités".

Sur ce sujet, David Amiel a indiqué que "les aides qui ont été apportées aux entreprises et aux ménages" pour faire face aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient se sont élevées à 1,4 milliard d'euros.

"C'est 50 fois moins que ce qui avait été fait" par le gouvernement "en 2022-2023" après le début de la guerre en Ukraine et l'envolée des prix de l'énergie, a-t-il rappelé. Il s'est réjoui d'un "changement de doctrine" sur les dépenses publiques.

Le gouvernement avait alors décidé de largement diminuer les taxes sur l'électricité et le gaz pour contenir l'envolée des prix, ce qui avait coûté plusieurs dizaines de milliards d'euros à l'Etat.

"Heureusement, le gouvernement n'a pas (...) écouté ceux qui nous appelaient à déverser des milliards et des milliards d'euros", a-t-il affirmé.

Car "il n'y a pas eu de cagnotte" fiscale, a poursuivi le ministre des Comptes publics, qui a mis en avant le fait que les recettes fiscales liées aux carburants avaient diminué de plus de 80 millions d'euros sur les six premiers mois de 2026 par rapport à la même période en 2025, la baisse des volumes consommés ayant pris le pas sur la hausse des prix.

Dans ses dernières prévisions, le gouvernement tablait toujours sur 0,9% de croissance pour 2026.

La Banque de France a déjà abaissé les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% escomptés avant), et l'Insee table sur 0,7%. Ces prévisions, publiées en juin, ne prenaient pas en compte l'évolution actuelle autour du conflit au Moyen-Orient.

 


La «lutte acharnée» se poursuit contre un incendie dans le sud, 4.600 hectares brûlés

Des centaines de pompiers français poursuivent lundi matin leur "lutte acharnée" contre un incendie qui a déjà parcouru 4.600 hectares depuis samedi dans le sud du pays, entraînant l'évacuation de 10.000 personnes et perturbant le Tour de France, selon les autorités. (AFP)
Des centaines de pompiers français poursuivent lundi matin leur "lutte acharnée" contre un incendie qui a déjà parcouru 4.600 hectares depuis samedi dans le sud du pays, entraînant l'évacuation de 10.000 personnes et perturbant le Tour de France, selon les autorités. (AFP)
  • Le sinistre a connu une progression fulgurante depuis qu'il s'est déclaré près du village de Trévillach samedi soir, et 700 pompiers sont à l'oeuvre pour tenter de le contenir en dépit des conditions météo défavorables, vent, air sec et fortes chaleurs
  • "Les habitants de 26 communes ont été invités à évacuer", précisent les services de l'Etat français dans un communiqué, soit environ 10.000 personnes

ILLE-SUR-TET: Des centaines de pompiers français poursuivent lundi matin leur "lutte acharnée" contre un incendie qui a déjà parcouru 4.600 hectares depuis samedi dans le sud du pays, entraînant l'évacuation de 10.000 personnes et perturbant le Tour de France, selon les autorités.

Le feu "a parcouru à cette heure 4.600 hectares (...) Notre priorité de la journée est évidemment de reprendre cette lutte acharnée pour contenir sa propagation sur sa tête et sur ses flancs", a indiqué lors d'un point presse Pierre Regnault de la Mothe, le préfet du département des Pyrénées-Orientales, frontalier de l'Espagne.

Le sinistre a connu une progression fulgurante depuis qu'il s'est déclaré près du village de Trévillach samedi soir, et 700 pompiers sont à l'oeuvre pour tenter de le contenir en dépit des conditions météo défavorables, vent, air sec et fortes chaleurs.

"Les habitants de 26 communes ont été invités à évacuer", précisent les services de l'Etat français dans un communiqué, soit environ 10.000 personnes.

Cet incendie, qui s'est propagé au massif des Aspres, aride et difficile d'accès, a par ailleurs blessé cinq personnes, dont deux sapeurs-pompiers. Le préfet a également fait état d'un bilan provisoire de "50 bâtiments impactés (...) à des degrés divers".

Face à une "situation très difficile", le représentant de l'Etat a annoncé dimanche soir que la troisième étape du Tour de France, reliant Granollers en Espagne aux Angles dans les Pyrénées-Orientales, aurait bien lieu lundi, mais "sans public" dans sa partie française, notamment à l'arrivée, en raison de la mobilisation des secours.

"Ma priorité du jour, c'est de venir en aide à la population qui a été évacuée. Donc j'ai décidé qu'il n'y aurait pas un seul sapeur-pompier qui serait mobilisé sur le Tour de France. Ce qui n'empêche pas que l'étape puisse avoir lieu", a-t-il dit lundi matin.

Les pompiers français luttent également contre de multiples feux ailleurs dans le sud du pays.

Les Pyrénées-Orientales continuent d'être, comme 15 autres départements français lundi, en vigilance orange canicule avec des températures qui pourraient monter à certains endroits jusqu'à 40°C, quelques jours après un premier épisode caniculaire historique.

Même si la plupart des départs de feu sont d'origine humaine, selon les pompiers, leur développement est favorisé par la multiplication des vagues de chaleur et de sécheresse sous l'effet du changement climatique.