Bruno Le Maire appelle les entreprises qui le peuvent à augmenter les salaires, les patrons prudents

Le ministre français de l'Economie, des Finances, de l'Industrie et de la Sécurité numérique Bruno Le Maire s'adresse aux médias après avoir assisté à une réunion avec des associations patronales au ministère de l'Economie à Paris le 23 mai 2022 (Photo, AFP).
Le ministre français de l'Economie, des Finances, de l'Industrie et de la Sécurité numérique Bruno Le Maire s'adresse aux médias après avoir assisté à une réunion avec des associations patronales au ministère de l'Economie à Paris le 23 mai 2022 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mardi 24 mai 2022

Bruno Le Maire appelle les entreprises qui le peuvent à augmenter les salaires, les patrons prudents

  • Les représentants patronaux ont aussi fait valoir les efforts déjà consentis
  • Il a rappelé les mesures déjà prises pour protéger le pouvoir d'achat des ménages

PARIS: Face à l'inflation qui s'accélère, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a appelé lundi les entreprises qui le peuvent à augmenter les salaires, lors d'une réunion à Bercy avec les organisations patronales, défavorables à toute hausse généralisée.

"Les entreprises qui peuvent augmenter les salaires doivent augmenter les salaires", a déclaré le ministre au terme de cette rencontre. "Il faut que nos compatriotes se disent, +ça me rapporte de travailler+, et pas +ça me coûte cher+", à cause du prix de l'essence, a-t-il ajouté.

"Le retour de l'inflation est une source de préoccupation et d'inquiétude, d'angoisse pour des millions de compatriotes", a souligné Bruno Le Maire, alors que la hausse des prix à la consommation a atteint 4,8% sur un an en avril.

S'adressant aux patrons, il a souhaité "que, tous ensemble, nous puissions apporter des réponses à cela", tout en rejetant "des augmentations générales, partout, décidées par l'administration" car "ce n'est pas comme ça que ça marche".

"La réponse à l'inflation doit être équitablement partagée (...) Cela ne peut reposer uniquement sur l'Etat", a encore plaidé le ministre, renouvelé vendredi dans ses fonctions au sein du gouvernement d'Elisabeth Borne.

Il a rappelé les mesures déjà prises lors du précédent quinquennat pour protéger le pouvoir d'achat des ménages, comme le bouclier énergétique, ainsi que les engagements du président Emmanuel Macron qui feront l'objet d'un projet de loi présenté en Conseil des ministres avant les législatives des 12 et 19 juin.

«Principe de réalité»

Faisant écho, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), François Asselin, qui avait rejeté en matinée sur franceinfo toute "hausse de salaire uniforme", a souligné les marges de manoeuvre réduites de nombreuses sociétés.

"Une entreprise ne peut distribuer que ce qu’elle gagne (...). Le principe de réalité s’impose à elle", a-t-il dit.

"On a des entreprises qui sont fragilisées, donc il faut faire attention, ne pas handicaper l'avenir, qui est incertain", a abondé Dominique Métayer, président de l'Union des entreprises de proximité (U2P).

Les représentants patronaux ont aussi fait valoir les efforts déjà consentis.

Face aux tensions de recrutement, "beaucoup d'entreprises ont fait des augmentations individuelles" de salaires, a assuré M. Asselin.

En outre, "environ 50% des TPE/PME ont versé à leurs salariés la prime +Macron+" créée fin 2018, défiscalisée et dont le montant maximal devrait tripler au cours du quinquennat, selon une promesse de campagne du président Macron.

Pour inciter davantage d'entreprises à franchir le pas, François Asselin a suggéré au gouvernement de les autoriser à verser la prime en plusieurs traites, de façon à contourner d'éventuelles difficultés passagères de trésorerie.

«Solution de compromis»

Sur franceinfo le président délégué du Medef, Patrick Martin, a plaidé pour les "dispositifs d'intéressement, de primes". Ils doivent "permettre de trouver une solution de compromis qui satisfasse tout le monde et ne mettent pas les entreprises en difficulté sur la durée".

Pour redonner du pouvoir d'achat aux salariés, le coprésident du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (METI) Frédéric Coirier a lui dit miser sur la baisse annoncée des impôts de production.

"Il faut revenir à la moyenne (européenne), pour restaurer les marges de nos entreprises. À partir du moment où elles ont des marges, elles investissent, elles créent de l'emploi et elles peuvent augmenter les rémunérations des salariés", a-t-il expliqué.

Un retour à la moyenne continentale qui équivaudrait, selon lui, à 35 milliards d'euros de baisse des impôts de production.

Soit cinq fois plus que les 7 milliards d'impôts de production que l'exécutif s'est engagé à faire disparaître en supprimant la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises.

Les entreprises s'inquiètent en outre de l'augmentation de leurs coûts liés à d'autres facteurs que les salaires.

"Nous voyons flamber nos prix d'approvisionnement en matières premières, l'énergie en premier. Et lorsqu'on ne peut pas répercuter sur les prix de vente, c'est compliqué", a expliqué le patron de la CPME.


Alimentation durable: les principaux distributeurs français «à la traîne» 

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Short Url
  • Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude
  • Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e)

PARIS: Les principaux supermarchés français "sont à la traîne" sur le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale comparé à leurs homologues européens, Néerlandais en tête, selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes: les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l'Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale plutôt qu'animale.

Aucune des trois françaises étudiées n'intègrent le Top 10: Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu'E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marchés, arrive dernier (27e) selon l'étude du centre néerlandais Questionmark, soutenu par le Réseau Action Climat (RAC).

A l'inverse, les Pays-Bas s'illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1e), puis les distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l'étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e).

Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).

Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu'ils les publient", et "les progrès de E.Leclerc sont inconnus", seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande", a déclaré à l'AFP Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le RAC "exhorte le gouvernement" français "à renforcer l'encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC)", attendue depuis plus de deux ans.


Maisonnave: Le secteur culturel de l'Arabie Saoudite est un nouveau moteur économique entre Riyad et Paris

M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
Short Url
  • La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad
  • Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif

RIYAD: La culture est devenue un pilier fondamental des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite, selon l'ambassadeur de France au Royaume, Patrick Maisonnave.

Maisonnave a souligné son lien avec les secteurs du divertissement et du tourisme, ce qui en fait un nouveau moteur de la coopération économique entre Riyad et Paris.

Il a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique dans le quartier Jax de Diriyah, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour son attractivité dans les décennies à venir.

La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad.

Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif.

Lancement de La Fabrique, un espace dédié à la créativité artistique

L'ambassadeur a souligné que le processus de transformation du Royaume dans le cadre de la Vision 2030 a contribué à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes et créateurs, ainsi qu'à un désir croissant de la société saoudienne de se connecter à la culture et de s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

Il a affirmé que la relation entre les deux pays est "profonde, voire culturelle par excellence", l'intérêt de la partie saoudienne pour la culture française allant de pair avec l'intérêt croissant du public français et des institutions culturelles qui se développent dans le Royaume.

Selon les dernières estimations, l'économie de la culture représente environ 2,3 % du produit intérieur brut de la France, soit plus de 90 milliards d'euros (106,4 milliards de dollars) de recettes annuelles, d'après les données du gouvernement. Le secteur emploie directement plus de 600 000 personnes, ce qui en fait l'un des secteurs les plus créateurs d'emplois dans les domaines de la création, de l'édition, du cinéma et des arts visuels.

L'Arabie saoudite bénéficie de l'expérience française dans le domaine culturel

M. Maisonnave a expliqué que la France possède des institutions culturelles bien établies, tandis que l'Arabie saoudite est en train de construire un secteur culturel solide, ce qui ouvre la voie à des opportunités de coopération.

Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la signature, il y a un an, de dix accords culturels majeurs entre des institutions françaises et saoudiennes, visant à renforcer la coopération et à transférer l'expertise et les connaissances françaises afin de contribuer au développement du système culturel dans le Royaume.

Il a ajouté que des expériences telles que La Fabrique permettent de rencontrer la nouvelle génération de créateurs saoudiens, qui ont exprimé leur intérêt pour la mise en relation avec des institutions et des artistes français à Paris et en France.

La Fabrique offre un espace pour de multiples pratiques artistiques contemporaines, y compris les arts de la performance, les arts numériques et interactifs, la photographie, la musique et le cinéma, tout en permettant au public d'assister aux étapes de la production d'œuvres artistiques et d'interagir avec le processus de création.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
Short Url
  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.