Islam, Pétain...: débat agité entre Eric Zemmour et Bruno Le Maire

Le candidat à la présidentielle Eric Zemmour (à droite) et le ministre de l'Economie Bruno Le Maire (gauche) se sont livrés jeudi soir sur France 2 à un débat agité (Photo, AFP).
Le candidat à la présidentielle Eric Zemmour (à droite) et le ministre de l'Economie Bruno Le Maire (gauche) se sont livrés jeudi soir sur France 2 à un débat agité (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 10 décembre 2021

Islam, Pétain...: débat agité entre Eric Zemmour et Bruno Le Maire

  • Techniques et globalement courtois sur la partie économique, les échanges sont montés d'un ton à propos de l'islam et de l'identité française
  • Bruno Le Maire a reproché à Eric Zemmour d'adresser une «gifle en pleine figure aux citoyens français» musulmans en leur demandant de «choisir entre l'islam et la France»

PARIS: Compatibilité de l'islam avec la République, affrontement sur la rafle du Vel' d'Hiv:  le candidat à la présidentielle Eric Zemmour et le ministre de l'Economie Bruno Le Maire se sont livrés jeudi soir sur France 2 à un débat agité sur l'état du pays, son histoire et leur conception de la nation.

Techniques et globalement courtois sur la partie économique, les échanges sont montés d'un ton à propos de l'islam et de l'identité française.

Bruno Le Maire a reproché à Eric Zemmour d'adresser une "gifle en pleine figure aux citoyens français" musulmans en leur demandant de "choisir entre l'islam et la France". Il a souligné "l'impérieuse nécessité de lutter" contre M. Zemmour et "l'extrême droite".

Eric Zemmour a estimé pour sa part offrir une "main tendue" aux Français musulmans pour "qu'ils s'approprient l'histoire de France et les mœurs françaises". Selon lui, "l'islam n'est pas qu'une foi, c'est aussi un code, les lois islamiques. Je dis qu'il faut choisir entre les lois islamiques, la charia et la République".

Adepte de la théorie complotiste du "grand remplacement" des populations européennes par des immigrés, l'ancien éditorialiste du Figaro et de CNews a affirmé ne "pas être d'extrême droite", mais souhaiter que "la France reste la France". Il a reproché à Bruno Le Maire de ne "pas voir la réalité démographique et politique" du pays.

Le débat a été plus agité encore sur l'histoire de France pendant l'Occupation. Bruno Le Maire a accusé Eric Zemmour de "réhabiliter le régime de Vichy", de faire "de Pétain le défenseur des juifs français".

"Vous devriez pleurer plutôt que défendre le régime de Vichy", a-t-il lancé, en demandant à Eric Zemmour s'il serait prêt à reprendre le discours du Vel d'Hiv de Jacques Chirac, en 1995, pour reconnaître la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des Juifs. 

"Je ne suis pas pétainiste", "je ne réhabilite absolument pas le régime de Vichy", mais "la France était à Londres" avec "le général de Gaulle", donc "la France n'a aucune responsabilité dans la rafle du Vel' d'Hiv, ce sont les Allemands qui l'ont imposée", a lâché Eric Zemmour, avant d'affirmer qu'il ne "referait pas" le discours de Jacques Chirac.

«Horrifié»

"Je suis horrifié par ce que j'ai entendu. René Bousquet, préfet de police de Paris, et Pierre Laval ont tous participé sciemment et volontairement" à la déportation "et non pas sous les ordres du régime nazi", a répondu le ministre. 

La rivale d'Eric Zemmour à l'extrême droite, Marine Le Pen, avait déjà provoqué une polémique en 2017 en affirmant pendant la campagne présidentielle que la "France n'est pas responsable du Vel d'Hiv", en 1942.

Sur un tout autre sujet, le candidat a été interrogé durant l'émission sur le mouvement MeToo. L'ancien éditorialiste a estimé que "ce n'est pas un mouvement de libération mais un mouvement d'éradication des hommes". 

Fines lunettes et cravate bleue, Eric Zemmour avait plutôt joué la carte de la sobriété en début d'interview. A propos de son doigt d'honneur à une opposante à Marseille, "j'avais vécu 24h harcelé par des antifas, je me suis énervé, je suis un méditerranéen (...) je ne suis pas encore président de la République, j'ai encore des progrès à faire, ça viendra".

Au sujet de la situation sanitaire, il a expliqué ne pas avoir pour rôle d'appeler à la vaccination, même si "évidemment qu'il faut que les gens âgés se fassent vacciner".

Côté économie, le candidat a précisé sa proposition de baisse de cotisations sociales pour verser 100 euros de plus par mois aux salariés modestes. "Je baisse la CSG pour une partie des salariés jusqu'à 2.000 euros", a-t-il expliqué.

Bruno Le Maire a jugé que sa proposition allait "se heurter à un problème de droit majeur" car "la CSG est un impôt" et "tout le monde doit être égal devant l'impôt" selon "un principe issu de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen".

"Ce n'est pas le conseil constitutionnel qui dirigera le pays si je suis président", a balayé le candidat.


Macron va signer un accord de partenariat stratégique avec l'Arménie

Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
Short Url
  • La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants
  • Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

EREVAN: Emmanuel Macron achève mardi une visite d'Etat en Arménie, ex-république soviétique partagée entre aspirations européennes et liens historiques avec la Russie, par la signature d'un partenariat et de contrats destinés à intensifier une relation bilatérale déjà dense.

La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants.

Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

Au premier jour de la visite lundi, Emmanuel Macron a rappelé cette "relation singulière", l'accueil à Marseille (sud de la France) des réfugiés fuyant les massacres d'Arméniens perpétrés par l'Empire ottoman lors de la Première guerre mondiale, la mobilisation de la France lors du tremblement de terre de 1988 en Arménie, l'influence du chanteur Charles Aznavour dans les deux pays.

La chanson française était d'ailleurs à l'honneur au dîner d'Etat : Emmanuel Macron a entonné la "Bohême" de Charles Aznavour avec le président arménien Vahagn Khatchatourian au piano et le Premier ministre Nikol Pachinian à la batterie. Son homologue a aussi interprété les "Feuilles mortes" d'Yves Montand.

"La Russie pas là"

La France a aussi toujours soutenu l'Arménie dans son combat meurtrier face à l'Azerbaïdjan après la chute de l'URSS en 1991. "Beaucoup en Europe nous regardaient comme des bêtes étranges" quand d'autres préféraient cultiver leurs relations énergétiques et commerciales avec Bakou, a raconté le président français.

Au plus fort de la guerre autour de l'enclave séparatiste du Karabakh en 2023, la Russie qui compte encore 4.000 soldats en Arménie, "n'était pas là, pas plus qu'elle n'est là pour le Venezuela quand il a des problèmes (...) ou le régime malien lorsqu'il est bousculé par les terroristes", a-t-il lancé.

Le président a aussi salué le choix de l'Arménie et de son Premier ministre, Nikol Pachinian, de "se tourner vers l'Europe", malgré les avertissements à peine voilés de la Russie.

Une aspiration consacrée par la tenue lundi du sommet de la Communauté politique européenne, avec une quarantaine de dirigeants de toute l'Europe, et du premier sommet UE-Arménie mardi à Erevan.

"Le choix que vous avez fait de l'indépendance pleine et entière, de la paix, de la stabilité dans cette région, le choix de l'Europe et de la prospérité sont ceux que nous soutenons (...). Nous voulons être de cette aventure", a lancé M. Macron lors du dîner en son honneur au palais présidentiel.

Le rapprochement avec l'UE reste toutefois entravé par les liens forts unissant Erevan et Moscou, tous deux membres de l'Organisation du traité de sécurité collective, alliance militaire dont fait toujours partie l'Arménie malgré le gel de sa participation en 2024.

L'Arménie, enclavée entre l'Azerbaïdjan, l'Iran, la Géorgie et la Turquie, avec laquelle la frontière est toujours fermée, mise sur la paix pour développer ses connexions terrestres, énergétiques et commerciales et sortir de son isolement.

Efforts de défense 

"Cette nouvelle ère de coopération régionale peut mettre le Caucase encore plus au milieu d'un carrefour entre l'Europe et l'Asie", souligne l'Elysée.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat.

La coopération de défense inclut déjà un volet aérien avec la commande de trois radars français et la formation par la France de soldats arméniens. L'Arménie a aussi passé commande de 36 canons Caesar en 2024.

Des contrats vont également être signés dans le domaine des transports, a indiqué l'Elysée, évoquant des "prospects potentiels pour Airbus" ainsi que "l'engagement de l'Etat français" dans la construction d'un tunnel sur l'axe routier arménien nord-sud.

Le président s'inclinera dans la matinée au Mémorial commémorant les massacres d'Arméniens à Erevan. Il visitera le musée Matenadaran qui renferme une vaste collection de manuscrits anciens arméniens et va conclure un accord de coopération avec la Bibliothèque nationale de France.

Le président Macron et le Premier ministre Pachinian se rendront aussi à Gyumri, ville martyr du tremblement de terre qui fit quelque 25.000 morts le 7 décembre 1988 dans le nord-ouest du pays.


Macron dénonce les frappes iraniennes «inacceptables» contre les Emirats

Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
Short Url
  • "Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables"
  • Il a de nouveau appelé à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis, qui ont fait état lundi des premières attaques de Téhéran en plus d'un mois dans la guerre au Moyen-Orient, avec des drones et des missiles de croisière.

"Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables", a dénoncé M. Macron tôt mardi sur X, assurant les Emirats du soutien de la France et appelant de nouveau à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région.

Les frappes iraniennes aujourd’hui contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables.

Comme elle l’a fait depuis le début du conflit, la France continuera de soutenir ses alliés aux Émirats et dans la région pour la défense de leur territoire.…

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) May 4, 2026

Seine-saint-Denis: un homme fuyant un contrôle de police mortellement percuté sur l'autoroute

 Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
Short Url
  • L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier
  • L'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute

BOBIGNY: Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser, a-t-on appris de source policière, confirmant une information du Parisien.

L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier.

Il a été déclaré mort par le Samu (service d'aide médicale d'urgence) peu après 15H30. Des policiers avaient tenté de le ranimer avant l'arrivée de pompiers, selon la même source policière.

Selon cette source, l'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute.