Médias, concurrence, fiscalité: les multiples batailles de Google dans le monde

Google a également été sanctionné à hauteur de 1,49 milliard d'euros en 2019 pour des pratiques illégales concernant sa régie publicitaire AdSense (Photo, AFP)
Google a également été sanctionné à hauteur de 1,49 milliard d'euros en 2019 pour des pratiques illégales concernant sa régie publicitaire AdSense (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 21 octobre 2020

Médias, concurrence, fiscalité: les multiples batailles de Google dans le monde

  • Les éditeurs de presse de nombreux pays reprochent à Google et à d'autres grandes plateformes en ligne d'utiliser leurs contenus à leur profit, sans partager suffisamment la valeur qu'ils en tirent
  • En l'absence de consensus, la France a pris les devants et a adopté une taxe sur les géants du numérique, prélevée en 2019

PARIS : Contentieux sur la manière de rémunérer les médias de l'Europe à l'Australie, poursuites des deux côtés de l'Atlantique pour des abus de position dominante: la liste des conflits auxquels le géant internet américain Google doit faire face ne cesse de s'allonger. Un tour d'horizon.

Dans le collimateur de la justice américaine

Dernier ennui juridique en date pour Google: il va être poursuivi par le ministère américain de la Justice pour abus de position dominante. 

Le géant du numérique, dans le collimateur des autorités américaines depuis des années, est accusé d'avoir enfreint le droit de la concurrence dans le but de préserver son monopole dans le domaine de la recherche et des annonces publicitaires en ligne.

Les autorités américaines ont réclamé mardi des changements « structurels » chez Google, ce qui pourrait ouvrir la voie à un possible démantèlement de certains pans du groupe.

Épinglé trois fois en Europe

De l'autre côté de l'Atlantique, Google a déjà été épinglé à trois reprises ces dernières années pour pratiques anticoncurrentielles. 

En 2018, Bruxelles a infligé au géant du numérique une amende de 4,34 milliards d'euros pour avoir abusé de la position dominante d'Android, son système d'exploitation pour smartphone, afin d'asseoir la suprématie de son service de recherche en ligne. 

Avant cela, en 2017, il a écopé d'une amende de 2,42 milliards, également pour abus de position dominante dans le cadre de son service « Google Shopping ».

Google a également été sanctionné à hauteur de 1,49 milliard d'euros en 2019 pour des pratiques illégales concernant sa régie publicitaire AdSense.

Ces affaires sont désormais devant la justice européenne.

Un nouveau front entre l'UE et Google a vu le jour en août: la Commission européenne a ouvert une « enquête approfondie » sur le projet de rachat par le géant américain de Fitbit, spécialiste des objets connectés pour les activités physiques, craignant qu'il ne renforce sa position sur le marché de la publicité en ligne.

Contentieux sur la rémunération des médias

Les éditeurs de presse de nombreux pays reprochent à Google et à d'autres grandes plateformes en ligne d'utiliser leurs contenus à leur profit, sans partager suffisamment la valeur qu'ils en tirent.

Face à cette situation, le Parlement européen a adopté en mars 2019 une directive instaurant un « droit voisin », prévoyant une rémunération des éditeurs pour les contenus utilisés par les plateformes en ligne.

La France a immédiatement appliqué cette législation, contestée par Google, ce qui a déclenché un bras de fer. La presse a récemment marqué un point dans cette bataille: la justice française a validé une décision obligeant Google à engager des négociations sur ces droits voisins.

Le groupe s'était entretemps dit proche d'un accord avec l'une des parties concernées côté presse en France, et avait annoncé un nouveau programme prévoyant de rémunérer des éditeurs dans le monde, via un système de licences. 

De l'autre côté du globe, en Australie, Google fait face à un projet de loi offensif, dévoilé fin juillet par Canberra après 18 mois de négociations infructueuses entre les géants de la tech et les médias: ce « code de conduite contraignant » obligerait Google à rémunérer les médias en échange de leurs contenus, ou encore à faire la transparence sur ses algorithmes d'affichage de résultats, sous peine d'amendes importantes.

Un combat fiscal mondial

Un ensemble de 137 pays sont engagés dans des négociations sous l'égide de l'OCDE afin de trouver un accord pour que les géants du numérique « paient leur juste part d'impôt », leurs profits substantiels échappant actuellement à de nombreux services fiscaux dans le monde. Ces discussions multilatérales se heurtent toutefois à l'opposition des Etats-Unis.

En l'absence de consensus, la France a pris les devants et a adopté une taxe sur les géants du numérique, prélevée en 2019. Elle a pour l'heure été suspendue pour 2020 afin de donner sa chance au processus de l'OCDE.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.