Le gouvernement yéménite entame des pourparlers avec les Houthis

L'envoyé spécial de l'ONU pour le Yémen, Hans Grundberg (Photo, AFP).
L'envoyé spécial de l'ONU pour le Yémen, Hans Grundberg (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 26 mai 2022

Le gouvernement yéménite entame des pourparlers avec les Houthis

  • Les négociations s’inscrivent au sein d'une trêve de deux mois qui doit expirer le 2 juin
  • Dans le cadre de cette trêve, des progrès importants ont été réalisés dans les efforts visant à parvenir à convenir de la reprise des vols commerciaux à Sanaa

NEW YORK: Des négociations ont débuté mercredi à Amman entre le gouvernement du Yémen et les Houthis concernant la réouverture des routes à Taïz et celles de plusieurs autres gouvernorats.

Les pourparlers se déroulent sous les auspices de l'ONU. Hans Grundberg, envoyé spécial de l'organisation pour le Yémen, a affirmé qu'ils s'inscrivaient dans le cadre d'une trêve de deux mois, convenue en avril au début du ramadan. Il a ajouté que cette trêve devait expirer le 2 juin, mais qu'il travaillait avec toutes les parties pour la prolonger.

Grundberg a appelé à une négociation «de bonne foi» et à prendre des mesures urgentes pour parvenir à un accord sur le rétablissement de la liberté de mouvement et l'amélioration des conditions de vie du peuple yéménite.

«Les Yéménites souffrent depuis trop longtemps de l'impact des fermetures de routes», a-t-il affirmé. «L'ouverture des routes à Taïz et ailleurs est un élément crucial de la trêve qui permettra aux familles divisées par les lignes de front de se voir, aux enfants d'aller à l'école, aux civils d'aller travailler et d'atteindre les hôpitaux, et aux activités commerciales essentielles de reprendre.»

Il a ajouté que dans le cadre de la trêve, des progrès importants ont été réalisés dans les efforts visant à parvenir à convenir de la reprise des vols commerciaux à destination et en provenance de l'aéroport de Sanaa. Plus de 1 000 passagers ont pris l'avion jusqu'à présent et la fréquence des vols augmente. Des préparatifs sont en cours pour reprendre les vols entre Sanaa et Le Caire, en Égypte.

«Cela permettra à davantage de Yéménites de se rendre à l'étranger afin d’accéder à des soins médicaux, à des opportunités éducatives et commerciales, et pour rendre visite à leur famille», a souligné Grundberg, qui a remercié le gouvernement égyptien pour son aide concernant l'organisation des vols et son «soutien actif aux efforts de paix des Nations unies».

Bien que les combats se soient apaisés au Yémen depuis le début de la trêve, avec une réduction significative du nombre de victimes civiles, Grundberg s'est dit préoccupé par les informations faisant état de la poursuite des combats et des victimes civiles dans certaines parties du pays au cours des dernières semaines.

«J'appelle toutes les parties à faire preuve d'un maximum de retenue afin de préserver la trêve et à remplir leurs obligations en vertu du droit international pour protéger les civils», a insisté l'envoyé, qui a promis de continuer à travailler avec toutes les parties concernées dans le cadre de la trêve pour «prévenir, désamorcer et résoudre les incidents», a-t-il ajouté.

«Nous avons vu les avantages concrets que la trêve a apportés jusqu'à présent dans la vie quotidienne des Yéménites. Les parties concernées doivent renouveler la trêve pour étendre et consolider ces avantages pour le peuple yéménite, qui a souffert de plus de sept ans de guerre.»

«Cette trêve a offert une occasion de rompre avec les violences et les souffrances du passé et d’avancer vers un avenir pacifique au Yémen. Les parties doivent saisir cette opportunité en mettant en œuvre et en renouvelant la trêve et en négociant des solutions plus durables sur les questions sécuritaires, politiques et économiques, notamment les revenus et les salaires, afin de soutenir un règlement politique global du conflit.»

«Les parties concernées ont la responsabilité de maintenir et de concrétiser ce potentiel de paix au Yémen», a souligné Grundberg.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Rubio poursuit à Bahreïn sa tournée pour rassurer les alliés de Washington dans le Golfe

  • Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays
  • Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG)

MANAMA: Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est jeudi à Bahreïn, poursuivant sa tournée destinée à rassurer les pays du Golfe sur la volonté des Etats-Unis de protéger leurs intérêts dans les discussions avec l'Iran.

Mercredi au Koweït, le secrétaire d'Etat américain avait assuré que les Etats-Unis entendaient "discuter avec eux de chaque décision prise concernant" les négociations en cours avec Téhéran.

Les pays du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Ils accueillent des bases militaires américaines et ont été visés par des missiles et drones iraniens en représailles.

Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays. Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

En parallèle, des discussions sur une réconciliation entre les pays du Golfe et l'Iran sont prévues en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée, a indiqué à l'AFP un diplomate.

Trump refuse tout péage 

L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d'un règlement durable.

Une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse, a précisé Marco Rubio.

Mais de nombreuses divergences subsistent, comme le nucléaire ou le détroit d'Ormuz. Et les critiques se multiplient aux Etats-Unis sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette guerre impopulaire.

La Maison Blanche a dû demander aux parlementaires américains une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars, notamment pour reconstituer ses stocks de munitions après la guerre.

Le protocole d'accord a "la valeur d'une déclaration de défaite pour l'Amérique", s'est prévalu mercredi le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Si le texte prévoit une réouverture du détroit d'Ormuz, après des mois de blocage qui ont fait flamber les cours de l'or noir, l'Iran a dit vouloir imposer des frais de service, assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre.

"AUCUN PEAGE, AUCUN FRAIS D'ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS" ne sera accepté par Washington, a tonné Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Aucun pays autre que l'Iran ne soutient l'imposition de frais pour son passage, a assuré pour sa part Marc Rubio.

Pour l'heure, les cours du baril de pétrole Brent continuent leur décrue. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, est brièvement retombé jeudi sous son niveau d'avant-guerre. Durant le conflit, la flambée des cours du brut avaient provoqué une poussée d'inflation mondiale et des pénuries de carburant dans certains pays.

Sur le volet nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais campe sur son droit à une filière civile complète.

"Comme le phénix" 

Sur le Liban, dont l'Iran a imposé l'inclusion dans le protocole d'accord, Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé que la fin de la guerre y était "aussi importante" que la fin des hostilités dans son propre pays.

Or le Hezbollah libanais a accusé mercredi Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du pays. Deux autres personnes avaient été tuées par des tirs israéliens la veille.

L'Iran a par ailleurs accusé jeudi l'Otan, de "complicité" dans la guerre déclenchée contre lui par les Etats-Unis et Israël, reprochant notamment à l'Italie et à la Roumanie d'avoir permis à des avions américains d'utiliser leurs bases pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale", a écrit sur X le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.

 


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.