Le président de l'Union africaine chez Poutine, crise alimentaire en toile de fond

Le président russe Vladimir Poutine serre la main du président sénégalais Macky Sall lors d'une réunion au Kremlin à Moscou, le 20 juin 2018. (Photo, AFP)
Le président russe Vladimir Poutine serre la main du président sénégalais Macky Sall lors d'une réunion au Kremlin à Moscou, le 20 juin 2018. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 02 juin 2022

Le président de l'Union africaine chez Poutine, crise alimentaire en toile de fond

Le président russe Vladimir Poutine serre la main du président sénégalais Macky Sall lors d'une réunion au Kremlin à Moscou, le 20 juin 2018. (Photo, AFP)
  • Le président sénégalais Macky Sall sera reçu vendredi en Russie par Vladimir Poutine sur fond de crainte de crise alimentaire mondiale
  • L'offensive de la Russie contre l'Ukraine -- qui assurent notamment à elles deux 30% des exportations mondiales de blé -- a conduit à une flambée des cours des céréales et des huiles

DAKAR: Le président sénégalais Macky Sall, également dirigeant en exercice de l'Union africaine, sera reçu vendredi en Russie par Vladimir Poutine sur fond de crainte de crise alimentaire mondiale du fait de l'offensive russe en Ukraine. 

Cette visite « s'inscrit dans le cadre des efforts que mène la présidence en exercice de l'Union pour contribuer à l'accalmie dans la guerre en Ukraine, et à la libération des stocks de céréales et de fertilisants dont le blocage affecte particulièrement les pays africains », ont précisé les services de Macky Sall. 

M. Sall sera accompagné du président de la Commission de l'Union africaine, le Tchadien Moussa Faki Mahamat. La rencontre aura lieu à Sotchi (sud). 

Dans un communiqué, le Kremlin a indiqué que la discussion portera sur « l'engagement de la Russie auprès de l'Union africaine, notamment l'élargissement du dialogue politique et de la coopération économique et humanitaire », ainsi qu'un « échange de point de vue sur l'agenda international actuel ». 

L'offensive de la Russie contre l'Ukraine -- qui assurent notamment à elles deux 30% des exportations mondiales de blé -- a conduit à une flambée des cours des céréales et des huiles, dont les prix ont dépassé ceux des printemps arabes de 2011 et des émeutes de la faim de 2008. 

L'ONU craint « un ouragan de famines », essentiellement dans des pays africains qui importaient plus de la moitié de leur blé d'Ukraine ou de Russie. 

Le programme de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) redoute que huit à 13 millions de personnes supplémentaires souffrent de sous-nutrition dans le monde si la crise dure. 

Or les voyants sont au rouge, plus aucun navire ne sortant d'Ukraine, qui était aussi le quatrième exportateur de maïs, en passe de devenir le troisième exportateur mondial de blé, et assurait seule 50% du commerce mondial de graines et d'huile de tournesol avant le conflit. 

Dans un message adressé mardi aux dirigeants des pays européens, M. Sall avait demandé de tout faire « pour libérer les stocks de céréales disponibles » en Ukraine. 

Il avait évoqué « le scénario catastrophique de pénuries et de hausses généralisées des prix », estimant que « le pire est peut-être devant nous ». 

Moscou affirme que le blocage n'est pas de sa faute, ni le résultat de la présence de sa flotte de guerre au large de l'Ukraine, mais qu'il est le résultat du minage des ports ukrainiens par Kiev. 

En outre, les exportations russes de céréales sont largement bloquées à cause des sanctions logistiques et financières imposées par l'Occident pour punir la Russie pour le conflit en Ukraine. 

Le Kremlin a réclamé leur levée et le déminage des ports ukrainiens pour éviter une crise alimentaire mondiale. Un « chantage », selon Kiev. 

Le Sénégal, aux relations fortes avec les pays occidentaux, avait surpris le 2 mars en s'abstenant lors d'un vote de l'Assemblée générale de l'ONU d'une résolution exigeant « que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l'Ukraine ». 

Dakar avait en revanche voté le 24 mars une seconde résolution réclamant à la Russie un arrêt immédiat de la guerre, mais près de la moitié des pays du continent s'étaient abstenus ou n'avaient pas voté lors de ces deux votes. 

M. Sall avait expliqué au chancelier allemand Olaf Scholz à Dakar fin mai que le conflit « affecte » les Africains, mais se déroule « sur un autre continent ». 

Depuis 2019 et l'organisation d'un sommet Russie-Afrique à Sotchi, Moscou a accentué ses efforts auprès du continent africain et tente de s'y imposer comme un partenaire alternatif à la Chine ou aux Occidentaux, jouant notamment sur son absence de passé colonial. 


Le Royaume-Uni doit défendre plus fortement ses valeurs dans le monde, selon Sunak

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak (Photo, AFP).
Le Premier ministre britannique Rishi Sunak (Photo, AFP).
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  • Londres est actuellement en train de réviser sa doctrine en matière de sécurité, de défense et de politique étrangère
  • «Nos adversaires et nos concurrents ont une stratégie sur le long terme»

LONDRES: Le Premier ministre britannique Rishi Sunak va affirmer lundi que le Royaume-Uni doit défendre plus fortement ses valeurs de liberté et d'ouverture, en particulier face à la Chine et la Russie, dans son premier discours majeur de politique étrangère.

"Nos adversaires et nos concurrents ont une stratégie sur le long terme. Face à ces défis, le court-termisme et les vœux pieux ne suffiront pas", doit déclarer Rishi Sunak, selon des extraits diffusés par Downing Street en amont du discours qu'il doit prononcer lundi à Guidhall, le palais de la City de Londres, devant un parterre de diplomates et de représentants du monde des affaires.

"Cela signifie être plus fort pour défendre nos valeurs et l'ouverture sur laquelle repose notre prospérité", doit-il encore ajouter.

Cela veut dire aussi "tenir tête à nos concurrents, pas avec une grande rhétorique, mais avec un pragmatisme robuste", doit-il ajouter.

Selon Downing Street, dans ce premier discours majeur de politique étrangère depuis qu'il est devenu chef du gouvernement fin octobre, le Premier ministre doit notamment insister sur le fait que face aux ambitions la Chine et de la Russie, le Royaume-Uni doit aussi défendre une vision de long-terme.

Celle-ci s'appuiera sur la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Europe, mises à mal par le Brexit, ainsi que dans la zone indo-pacifique, où la secrétaire d'État chargée de cette région Anne-Marie Trevelyan est en déplacement actuellement.

Mais pour avoir une voix qui porte sur la scène internationale, le Royaume-Uni doit avoir "une économie plus forte", doit dire M. Sunak, alors que le pays est enlisé dans une crise économique et sociale.

Londres est actuellement en train de réviser sa doctrine en matière de sécurité, de défense et de politique étrangère pour s'adapter au nouveau contexte géopolitique marqué notamment par la guerre en Ukraine, l'accroissement des tensions avec l'Iran ou avec la Chine.

L'été dernier, durant sa campagne pour Downing Street, qu'il avait perdue face à Liz Truss, restée à peine plus d'un mois au pouvoir, Rishi Sunak avait qualifié le géant asiatique de "plus grande menace pour la sécurité" du monde et du Royaume-Uni.

Mi-novembre, lors du dernier G20, il avait toutefois appelé à "une relation franche et constructive entre Londres et Pékin", dont les relations se sont tendues ces dernières années.

Dans son discours lundi, Rishi Sunak insistera également sur le soutien de son pays à l'Ukraine.


Cameroun: Au moins 11 morts dans un éboulement à Yaoundé

Une capture vidéo extraite des images de l'AFP Tv montre des habitants effectuant des travaux d'excavation à la suite de glissements de terrain qui ont entraîné la mort d'au moins 42 personnes dans la ville de Bafoussam, dans l'ouest du Cameroun (Photo, AFP).
Une capture vidéo extraite des images de l'AFP Tv montre des habitants effectuant des travaux d'excavation à la suite de glissements de terrain qui ont entraîné la mort d'au moins 42 personnes dans la ville de Bafoussam, dans l'ouest du Cameroun (Photo, AFP).
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  • «On venait juste de commencer à danser quand la terre s'est effondrée»
  • Des centaines de personnes s'étaient amassées à proximité

YAOUNDÉ: Au moins 11 personnes ont péri dimanche dans un affaissement de terrain lors d'une réunion en hommage à des défunts dans un quartier populaire de Yaoundé, la capitale du Cameroun, où les recherches ont été interrompues en fin de soirée avant une reprise prévue lundi.

Quatre premiers corps recouverts de draps blancs ont été évacués en début de soirée sur les plateaux de trois pickups de la police, dans le quartier de Damas, en périphérie est de Yaoundé, a rapporté un journaliste de l'AFP sur place. Puis les autres sans doute dans l'un des nombreux véhicules des pompiers et ambulances qui se sont succédé.

Des centaines de personnes s'étaient amassées à proximité, des résidents affolés à la recherche de proches, des badauds tentant de prendre des photos avec leurs portables et des secouristes, policiers et gendarmes qui peinaient à se frayer un chemin vers les lieux du drame.

De nombreuses familles s'étaient installées dans l'après-midi pour une cérémonie de commémoration de cinq membres d'une association décédés durant l'année. Les convives étaient installés sous plusieurs grandes tentes sur un terrain vague au sommet d'une colline quand le sol s'est affaissé en début de soirée sous une partie de l'assistance.

"Pour le moment, nous avons 11 corps, les recherches se poursuivent pour trouver d'autres corps sous la terre", a expliqué en soirée sur les ondes de la radio d'État CRTV Naseri Paul Bea, le gouverneur de la région Centre, dont Yaoundé est le chef-lieu.

"C'est une réunion de gens qui voulaient pleurer des membres (de leurs familles) qui sont partis avant eux. Certains étaient assis sous une tente où il y a eu un glissement de terrain en début de soirée", a-t-il poursuivi.

«Avec mes mains»

"On venait juste de commencer à danser quand la terre s'est effondrée", a raconté à l'AFP Marie Claire Mendouga, 50 ans, qui se tenait par chance sous l'une des toiles n'ayant pas été emportées par l'éboulement. "Je suis allée creuser avec mes mains" pour tenter de sortir des victimes des amas de terre, soufflait cette commerçante de Damas, les mains encore souillées par la glaise marron et les vêtements couverts de poussière.

"Je ne sais pas si je vais pouvoir dormir. Tu es assise, tu as des gens derrière toi et après ils sont morts", gémissait-elle.

Quatre grandes tentes blanches se dressaient toujours en haut de la colline, mais au bord de ce qui paraissait être une arête au-delà de laquelle le sol avait disparu, a décrit le journaliste de l'AFP qui a pu s'approcher un peu des lieux de l'éboulement avant d'être bloqué par un cordon de policiers, puis refoulé.

Des secouristes y descendaient en début de soirée pour tenter de retrouver des personnes en contrebas. Dans la foule, derrière le cordon de sécurité, des larmes coulaient sur des visages.

Mais vers 22H00, les recherches ont cessé, a constaté le journaliste. Un responsable des secouristes a indiqué à l'AFP, sous couvert de l'anonymat, que le bilan de la soirée restait à 11 morts, mais que les recherchent reprendraient lundi matin pour vérifier qu'il n'y ait pas d'autres victimes ensevelies.

Aux environs du terrain vague se dressent aussi bien des maisons relativement cossues et en bon état que des habitations très précaires, comme celles, innombrables, faites parfois de bois et de tôle, qui recouvrent les flancs des sept collines formant une partie du relief de la capitale camerounaise, peuplée de plus de quatre millions d'habitants.

Les effondrements de pans de terrain, parfois avec des maisons, surviennent relativement fréquemment à Yaoundé et dans d'autres villes du pays, mais, dans la capitale, ils sont rarement aussi meurtriers.

À Bafoussam cependant, dans l'ouest, 43 personnes avaient été tuées le 29 octobre 2019 quand un glissement de terrain avait emporté une dizaine d'habitations précaires construites à flanc de colline, après des pluies diluviennes.


Chine: La BBC dénonce l'arrestation d'un de ses journalistes en Chine

Ed Lawrence a été arrêté et menotté pendant qu'il couvrait les manifestations à Shanghai (Photo, AFP).
Ed Lawrence a été arrêté et menotté pendant qu'il couvrait les manifestations à Shanghai (Photo, AFP).
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  • Le porte-parole a expliqué que la BBC n'avait eu «aucune explication ou excuse officielle des autorités chinoises»
  • Selon lui, «il a été battu et frappé par la police», alors qu'il travaillait en tant que journaliste accrédité dans le pays

LONDRES: La groupe de médias britannique BBC a indiqué dimanche qu'un de ses journalistes en Chine, qui couvrait à Shanghai les manifestations contre la politique draconienne "zéro Covid" du régime, a été arrêté et "frappé par la police".

"La BBC est très inquiète de la manière dont a été traité notre journaliste Ed Lawrence qui a été arrêté et menotté pendant qu'il couvrait les manifestations à Shanghai", a indiqué un porte-parole du groupe dans une déclaration transmise à l'AFP.

Selon lui, "il a été battu et frappé par la police", alors qu'il travaillait en tant que journaliste accrédité dans le pays.

Des centaines de personnes ont manifesté ce week-end en Chine dans plusieurs grandes villes, dont Shanghai et Pékin, pour protester contre les confinements et les restrictions imposées par les autorités pour lutter contre l'épidémie de coronavirus.

Le porte-parole a expliqué que la BBC n'avait eu "aucune explication ou excuse officielle des autorités chinoises, au-delà d'une affirmation des fonctionnaires, qui l'ont ensuite libéré, qu'ils l'avaient arrêté pour son propre bien au cas où il aurait attrapé la Covid (au milieu) de la foule".

"Nous ne considérons pas cela comme une explication crédible", a-t-il ajouté.