Méditerranée: Athènes dénonce le maintien d'Oruc Reis, la Turquie rejette des «allégations infondées»

La marine turque avait initialement annoncé que le navire controversé serait en Méditerranée orientale «du 12 au 20 octobre" mais elle avait renouvelé mercredi sa NAVTEX en la prolongeant jusqu'au 29 octobre dans cette zone. (AFP).
La marine turque avait initialement annoncé que le navire controversé serait en Méditerranée orientale «du 12 au 20 octobre" mais elle avait renouvelé mercredi sa NAVTEX en la prolongeant jusqu'au 29 octobre dans cette zone. (AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 22 octobre 2020

Méditerranée: Athènes dénonce le maintien d'Oruc Reis, la Turquie rejette des «allégations infondées»

  • La Grèce, l'Egypte et Chypre accusent les Turcs de «provocations» au sujet de l'exploration controversée d'hydrocarbures en Méditerranée
  • Le ministère turc des Affaires étrangères a affirmé que les problèmes de la région «ne peuvent être résolus que si les pays concernés renoncent à leurs politiques maximalistes et hostiles»

ANKARA/ATHENES: La Turquie a rejeté jeudi comme des «allégations infondées» les accusations de «provocations» formulées à son endroit par ses rivaux régionaux - la Grèce, l'Egypte et Chypre - au sujet de l'exploration controversée d'hydrocarbures en Méditerranée.

Dans un communiqué publié mercredi à l'issue d'une rencontre à Nicosie entre les dirigeants de l'Egypte, de la Grèce et de Chypre, les trois pays ont dénoncé les «provocations» de la Turquie concernant l'exploration énergétique dans les eaux disputées de la Méditerranée orientale, ainsi que ses interventions en Libye et en Syrie, pays meurtris par des conflits.

Lors de cette rencontre, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a accusé la Turquie d'entretenir des «fantasmes» impérialistes en Méditerranée orientale et  d'avoir recours à une «rhétorique extrême».

Le ministère turc des Affaires étrangères a rejeté les accusations formulées lors de la rencontre de Nicosie, les qualifiant d'«allégations infondées».

Il a affirmé dans un communiqué que les problèmes de la région «ne peuvent être résolus que si les pays concernés renoncent à leurs politiques maximalistes et hostiles».

La Grèce et Chypre accusent la Turquie de violer le droit international en prospectant à l'intérieur de leurs frontières maritimes en Méditerranée et réclament des sanctions européennes contre Ankara.

La Turquie soutient qu'elle a le droit de mener des recherches énergétiques dans ces  zones de la Méditerranée orientale.

Faisant fi des mises en garde des pays occidentaux, la Turquie a ainsi annoncé mercredi l'extension d'une mission d'exploration gazière en Méditerranée orientale au coeur des tensions avec la Grèce.

La mission du navire de recherche sismique Oruç Reis, qui devait prendre fin jeudi, a été prolongée jusqu'au 27 octobre, a annoncé la marine turque dans une notice d'information maritime (NAVTEX).

Athènes dénonce le maintien par Ankara du navire d'exploration en Méditerranée orientale

Pour sa part, Athènes a envoyé un message sur le système maritime d'alerte NAVTEX dénonçant «l'activité illégale» d'un navire turc d'exploration gazière dans une zone en Méditerranée orientale disputée par les deux pays voisins, a-t-on appris jeudi auprès du ministère de la Défense.

Ce message émis par le service hydrographique de la marine grecque à Hérakleion sur l'île grecque de Crète est une riposte à la notice d'information maritime (NAVTEX) émise par la Turquie mercredi, qui maintient le navire Oruç Reis dans une zone entre les îles grecques de Rhodes et de Kastellorizo, selon la même source.

Selon Athènes, «l'activité de ce navire est illégale et non autorisée et recouvre le plateau continental grec».

Athènes a multiplié ces derniers jours ses protestations contre le renvoi de l'Oruç Reis depuis le 12 octobre dans cette région, le considérant comme une «menace directe à la paix et à la sécurité dans la région».

La marine turque avait initialement annoncé que le navire controversé serait en Méditerranée orientale "du 12 au 20 octobre" mais elle avait renouvelé mercredi sa NAVTEX en la prolongeant jusqu'au 29 octobre dans cette zone.

Depuis août, lorsque l'Oruç Reis s'était pour la première fois rendu dans cette zone pour presque un mois avant se retirer début septembre, les tensions entre les deux pays, qui se disputent des zones maritimes considérées riches en hydrocarbures, ne cessent de monter.

Mardi, Athènes a demandé à l'Union européenne d'examiner une possible suspension de l'union douanière avec la Turquie. Le chef de la diplomatie grecque Nikos Dendias a également adressé trois lettres à ses homologues allemand Heiko Maas, espagnole Arancha Gonzalez-Laya, et italien Luigi Di Maio, soulignant les «actions provocatrices récentes de la Turquie» et leur demandant de procéder à «un embargo» sur la vente d'armes à la Turquie.

A l'issue d'un sommet européen la semaine dernière à Bruxelles, le président du Conseil européen Charles Michel a critiqué la reprise de l'exploration gazière turque en Méditerranée orientale et rappelé que l'Union européenne avait prévu d'évaluer la situation en décembre en vue d'éventuelles sanctions.


Le prince héritier saoudien discute de l'escalade militaire régionale avec plusieurs dirigeants

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Short Url
  • Erdogan affirme son soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité
  • Le président du Conseil de souveraineté transitoire du Soudan, le général Al-Burhan, exprime sa solidarité avec le Royaume

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Le prince héritier a tenu des appels téléphoniques distincts avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président du Conseil transitoire de souveraineté du Soudan, le général Abdel Fattah Al-Burhan, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Les responsables ont condamné l'agression iranienne visant le Royaume et leur rejet de tout ce qui porte atteinte à la souveraineté et à la stabilité du Royaume.

Ils ont également affirmé leur soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité et ses citoyens.


A Beyrouth, des partisans du Hezbollah pleurent Khamenei

Short Url
  • "Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem
  • "Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime"

BEYROUTH: Drapeaux iraniens et portrait de l'ayatollah Ali Khamenei en main, des milliers de partisans du Hezbollah se sont rassemblés dimanche à Beyrouth pour pleurer la mort du guide suprême iranien, tué dans l'opération militaire américano-israélienne lancée la veille.

"Mort à l'Amérique", "Mort à Israël", ont-ils scandé à l'unisson, tous habillés de noir et brandissant aussi des drapeaux de leur mouvement, dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth.

Le poing levé, certains étaient en pleurs, a constaté une équipe de l'AFP, sur la grande place où a eu lieu le rassemblement.

"Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem.

"Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime".

"Sa mort est très douloureuse, c'est une tragédie", déplore aussi Zainab al Moussawi, une enseignante de 23 ans, à Beyrouth.

"On se sent comme après la mort du Sayyed, tombé en martyr", poursuit-elle en référence à l'ex-chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Entrer en guerre" 

Les dirigeants libanais redoutent une implication du Hezbollah dans le conflit régional, même si lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, il n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024 et l'accuse de se réarmer.

"Je demande à cheikh Naïm (Qassem) d'entrer en guerre", lance à Beyrouth Hassan Jaber, un partisan.

S'il ne s'est pas joint à la riposte iranienne, le mouvement a appelé des mosquées à organiser des cérémonies en mémoire du guide suprême iranien, dans la banlieue sud de la capitale libanaise et dans d'autres zones du pays dans lequel il est ancré.

Mais au Liban, pays très divisé, l'ayatollah Khamenei n'était pas soutenu par tous.

"Il était tout le temps en train de menacer (...) les pays arabes et avait des relais partout", déclare à l'AFP Hassan Harouq, un infirmier de 44 ans.

Lui dit ne vouloir qu'un pays "stable et qui ferait la paix avec le reste de la région", car "il est temps pour le Liban d'être de nouveau sur le droit chemin".

"Le peuple libanais est fatigué", ajoute-t-il.

Dimanche, le président Joseph Aoun, après une réunion d'urgence du Conseil supérieur de la Défense, a souligné que "la décision de guerre et de paix relève exclusivement de l'Etat libanais".

La présidence libanaise a indiqué avoir reçu, par l'entremise des Etats-Unis, l'assurance qu'Israël n'entraînera pas le Liban dans une "escalade" tant que son territoire ne sera pas visé par des attaques depuis le Liban.

Peu de temps avant le début de l'offensive israélo-américaine, Israël avait frappé des positions du Hezbollah dans le sud du Liban.

Beyrouth n'acceptera pas d'être "entraîné" dans le conflit avec l'Iran, a assuré le Premier ministre Nawaf Salam.


Iran: le ministre des Affaires étrangères d'Oman, pays médiateur, appelle à un cessez-le-feu

Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Short Url
  • Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes
  • Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade"

MASCATE: Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens.

Badr al-Busaidi "a réaffirmé l'appel constant du sultanat d'Oman à un cessez-le-feu et à un retour au dialogue (...) de manière à répondre aux revendications légitimes de toutes les parties", a indiqué son ministère dans un compte rendu de son entretien avec Abbas Araghchi.

Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes.

Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade et à rétablir la stabilité".