Jubilé d'Elizabeth II: Rappel des liens unissant les familles royales saoudienne et britannique

Elizabeth II règne depuis soixante-dix ans (Photo fournie).
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Publié le Vendredi 03 juin 2022

Jubilé d'Elizabeth II: Rappel des liens unissant les familles royales saoudienne et britannique

  • Les messages envoyés par le roi Salmane et le prince héritier, Mohammed ben Salmane, témoignent d'une amitié vieille de plusieurs décennies
  • Depuis l'accession au trône d'Elizabeth en 1952, les monarques saoudiens ont effectué quatre visites d'État en Grande-Bretagne

LONDRES: Alors que les félicitations des chefs d'État du monde entier affluaient à Londres cette semaine, deux messages en particulier ont rappelé la relation spéciale qui s'est développée entre les familles royales saoudienne et britannique tout au long des soixante-dix ans de règne de la reine Elizabeth II.
Derrière les formalités des messages envoyés par le roi Salmane et le prince héritier, Mohammed ben Salmane, lui souhaitant «de sincères félicitations, une bonne santé et du bonheur» à l'occasion de son jubilé de platine, se cache une histoire d'amitié remontant aux premiers jours de son règne, qui a débuté le 6 février 1952.
Ce jour-là, son père, le roi George VI, est décédé alors que la jeune Elizabeth, âgée de 25 ans, et son mari Philip, duc d'Édimbourg, se trouvaient au Kenya pour une tournée en Afrique.
Ayant quitté l'Angleterre en tant que princesse, elle rentre chez elle en deuil, sous le nom de reine Élisabeth II. Son couronnement a lieu le 2 juin de l'année suivante.
Parmi les invités au couronnement figuraient les membres de quatre familles royales du Golfe: Les souverains ou leurs représentants des protectorats britanniques de Bahreïn, du Koweït et du Qatar, ainsi que le prince Fahd ben Abdelaziz, représentant du roi Abdelaziz, 78 ans, fondateur et premier monarque d'Arabie saoudite, qui n'avait plus que cinq mois à vivre.
Les liens entre les monarchies saoudienne et britannique ne peuvent être mesurés par la seule fréquence des occasions officielles, même si l'examen du registre des visites d'État tenu par le palais de Buckingham révèle une distinction éclairante.
Depuis que la reine a succédé à son père, pas moins de quatre visites d'État ont été effectuées en Grande-Bretagne par des monarques saoudiens, un nombre égal à celui de quatre autres pays seulement, dont les proches voisins du Royaume-Uni, la France et l'Allemagne.

La reine Elizabeth II avec le roi Fayçal d'Arabie saoudite en 1967. (Photo, AFP/Getty Images)


Le premier monarque à se rendre à Londres fut le roi Fayçal, accueilli en grande pompe par l'État britannique au début de sa visite de huit jours en mai 1967.
Accueilli par la reine, des membres de la famille royale britannique et des personnalités politiques de premier plan, dont le Premier ministre de l'époque, Harold Wilson, le roi Fayçal s'est rendu au palais de Buckingham avec Elizabeth et Philip dans une calèche ouverte tirée par des chevaux, qui a traversé les rues de Londres sous les acclamations de la foule.
Au cours d'un programme chargé de huit jours, le roi Fayçal, a trouvé le temps de visiter et de prier au centre culturel islamique de Londres.

La reine Elizabeth II avec le roi Khaled d'Arabie saoudite en 1981. (Photo, AFP/Getty Images)


Son fils, le prince Bandar, diplômé cette année-là du Royal Air Force College de Cranwell, remplace son père lors d'une visite d'inspection des avions de combat Lightning d'English Electric, prêts à être expédiés en Arabie saoudite. Plus tard, le prince pilotera des Lightning en tant que pilote de chasse dans la Force aérienne royale saoudienne.
Le roi Fayçal a été suivi dans ses visites d'État en Grande-Bretagne par ses successeurs, le roi Khaled en 1981, le roi Fahd en 1987 et le roi Abdallah en 2007.
En février 1979, à bord du jet supersonique Concorde, la reine Elizabeth s'est rendue à Riyad et Dhahran au cours d'une tournée du Golfe qui l'a également conduite au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis et à Oman.
En Arabie saoudite, elle a été accueillie par le roi Khaled et a participé à une série d'événements, dont un pique-nique dans le désert et un dîner d'État au palais Maathar à Riyad.
En contrepartie, elle et son mari ont organisé un dîner pour la famille royale saoudienne à bord du Yacht de Sa Majesté, Britannia.

La reine Elizabeth II avec le roi Fahd d'Arabie saoudite en 1987. (Photo, AFP/Getty Images)


De façon poignante, le Britannia est retourné une dernière fois dans le Golfe, en janvier 1997, lors de sa dernière tournée avant que le yacht royal ne soit mis hors service en décembre de la même année.
Toutefois, les relations entre les deux familles royales ne se sont pas limitées aux grandes occasions d'État.
L'analyse de la circulaire régulière de la Cour publiée par Buckingham Palace montre que les membres de la famille royale britannique ont rencontré les monarques du Golfe plus de 200 fois rien qu'entre 2011 et 2021, ce qui équivaut à une fois tous les quinze jours. Quarante de ces rencontres informelles ont eu lieu avec des membres de la famille Al-Saoud.

La reine Elizabeth II avec le roi Hussein de Jordanie en 1955. (Photo, AFP/Getty Images)


Plus récemment, en mars 2018, le prince héritier, Mohammed ben Salmane, a eu une audience privée ainsi qu'un déjeuner avec la reine au palais de Buckingham.
Plus tard, il a dîné avec le prince de Galles et le duc de Cambridge lors d'une visite au Royaume-Uni, au cours de laquelle il a rencontré la première ministre de l'époque, Theresa May, et le ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson.
Des sujets sérieux, tels que les accords commerciaux et de défense, font souvent l'objet de ces réunions. Mais l'amusement de bon aloi, plutôt que la formalité rigide, est souvent la marque des rencontres privées entre les familles royales, comme le rappellera plus tard Sir Sherard Cowper-Coles, ambassadeur britannique en Arabie saoudite de 2003 à 2006.
En 2003, le prince héritier Abdallah, futur roi d'Arabie saoudite, était l'invité de la reine au château de Balmoral, sa propriété en Écosse.

La reine Elizabeth II de Grande-Bretagne avec le sultan Qaboos bin Said d'Oman en 2010. (Photo, AFP/Getty Images)


C'était sa première visite à Balmoral et, acceptant avec joie une invitation à visiter le vaste domaine, il s'est installé sur le siège passager d'une Land Rover, pour découvrir que son chauffeur et guide serait la reine elle-même.
Ayant servi pendant la Seconde Guerre mondiale en tant que chauffeur de l'armée, elle a toujours conduit elle-même à Balmoral, où les habitants ont l'habitude de la voir se déplacer au volant de l'une de ses Land Rovers adorées.
Elle est également connue pour s'amuser aux dépens des invités alors qu'elle avance à toute allure dans l’une de ses voitures, le long des ruelles étroites et sur le terrain accidenté du domaine.

La reine Elizabeth II de Grande-Bretagne avec le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, en 2018. (Photo, AFP/Getty Images)


D'après Sir Sherard, le prince Abdallah a bien supporté ce tour de manège impromptu, même si à un moment donné, «par l'intermédiaire de son interprète», il s'est senti obligé de «supplier la reine de ralentir et de se concentrer sur la route».
Outre leur appartenance royale, la reine et les monarques du Golfe se sont toujours liés par leur amour mutuel des chevaux, un intérêt commun qui remonte au moins à 1937, lorsqu'Elizabeth était une princesse de 11 ans.
Pour marquer l'occasion du couronnement du père de la reine cette année-là, le roi Abdelaziz a offert au roi George VI une jument arabe.
Une statue de bronze grandeur nature du cheval, Turfa, a été dévoilée en 2020 au Musée du cheval arabe de Diriyah, où elle occupe aujourd'hui une place de choix.

La reine Elizabeth II avec le roi Abdallah d'Arabie saoudite en 2007. (Photo, AFP/Getty Images)


Lors de l'inauguration, Richard Oppenheim, alors ambassadeur adjoint de Grande-Bretagne en Arabie saoudite, a souligné combien les deux familles royales avaient toujours été liées par cet intérêt commun.
«La reine possède de nombreux chevaux, et le roi Salmane et la famille royale saoudienne ont également un amour de longue date pour les chevaux», a-t-il révélé.
La reine partage également cet amour avec le cheikh Mohammed al-Maktoum, souverain de Dubaï et vice-président des Émirats arabes unis, qui possède les écuries et le haras de Godolphin, de renommée internationale, à Newmarket, le berceau des courses hippiques britanniques.

La reine Elizabeth (2e à droite) et le prince Philip (à gauche) reçoivent l’émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani (à droite) et son épouse, cheikha Mozah bent Nasser, au château de Windsor le 26 octobre 2016. (Photo/AFP)


La reine et le cheikh Mohammed al-Maktoum ont souvent été vus ensemble lors de grands événements du calendrier hippique, comme la réunion annuelle de cinq jours de Royal Ascot, considérée comme le joyau de la saison mondaine britannique, qui se déroule cette année du 14 au 18 juin.
L'équipe Godolphin a eu plusieurs gagnants à Royal Ascot, où les chevaux de la reine ont remporté plus de 70 courses depuis son couronnement.
Ce week-end, alors que les drapeaux flottent sur les maisons et les bâtiments publics, des milliers d'événements se déroulent dans toute la Grande-Bretagne pour marquer le jubilé de platine de la reine, notamment des fêtes de rue, le traditionnel défilé des drapeaux à la Horse Guards Parade, des salves d'armes, un défilé aérien de la Royal Air Force, observé par la reine depuis le balcon du palais de Buckingham, et l'allumage de plus de 3 000 balises, dans tout le pays.

La reine Elizabeth II avec le cheikh Mohammed ben Rachid al-Maktoum de Dubaï en 2010. (Photo, AFP/Getty Images)


À l'âge de 96 ans, Elizabeth, reine du Royaume-Uni et du Commonwealth, et monarque pour plus de 150 millions de personnes, a atteint une étape royale rare non seulement en Grande-Bretagne, mais dans le monde entier.
D'ici vendredi, elle aura régné pendant 70 ans et 117 jours, ce qui la place à neuf jours de devenir la deuxième reine la plus ancienne de l'histoire du monde.
Bhumibol Adulyadej, roi de Thaïlande de 1946 à sa mort en 2016 à l'âge de 88 ans, a régné pendant 70 ans et 126 jours.

La reine Elizabeth de Grande-Bretagne avec l’émir du Kuwait, cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah. (Photo, AFP)


Seul Louis XIV de France est resté plus longtemps sur le trône, régnant entre 1643 et 1715, pendant 72 ans et 110 jours.
Le secret de la longévité d'Elizabeth réside peut-être dans les paroles de l'hymne national britannique «God Save the Queen» (Que Dieu protège la reine), qui sera chanté avec enthousiasme lors de manifestations dans tout le Royaume-Uni ce week-end: «Longue vie à notre noble reine... Heureuse et glorieuse, elle régnera longtemps sur nous, que Dieu protège la reine.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: frappe israélienne contre un groupe islamiste à Saïda

Une frappe israélienne a visé mardi un siège d'une organisation islamiste alliée au Hezbollah libanais et au Hamas palestinien, à Saïda, principale ville du sud du Liban, a rapporté l'agence de presse officielle ANI. (AFP)
Une frappe israélienne a visé mardi un siège d'une organisation islamiste alliée au Hezbollah libanais et au Hamas palestinien, à Saïda, principale ville du sud du Liban, a rapporté l'agence de presse officielle ANI. (AFP)
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  • Saïda a été en grande partie épargnée par les principales attaques israéliennes lors de la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah, auxquelles un cessez-le-feu conclu en novembre 2024 visait à mettre fin
  • Mardi, l'immeuble de sept étages visé a été presque entièrement détruit et plusieurs équipes de secours sont mobilisées, selon un photographe de l'AFP présent sur place

BEYROUTH: Une frappe israélienne a visé mardi un siège d'une organisation islamiste alliée au Hezbollah libanais et au Hamas palestinien, à Saïda, principale ville du sud du Liban, a rapporté l'agence de presse officielle ANI.

"L'ennemi israélien a mené un raid sur un siège de la Jamaa islamiya", a précisé l'agence.

Ce mouvement libanais avait revendiqué des attaques contre Israël au début de la guerre avec le Hezbollah en 2023 et avait déjà été visé par des frappes israéliennes.

Dans un communiqué, il a indiqué que la frappe n'avait pas fait de victimes et a dénoncé un "crime de guerre".

Saïda a été en grande partie épargnée par les principales attaques israéliennes lors de la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah, auxquelles un cessez-le-feu conclu en novembre 2024 visait à mettre fin.

Mardi, l'immeuble de sept étages visé a été presque entièrement détruit et plusieurs équipes de secours sont mobilisées, selon un photographe de l'AFP présent sur place.

Le souffle de l'explosion a provoqué des dégâts dans les bâtiments avoisinants, l'immeuble étant situé dans un quartier populaire animé de la ville côtière, selon des images diffusées par des médias locaux.

Peu après la frappe, l'armée israélienne a publié un avis d'évacuation pour un autre immeuble de la ville, prévenant qu'elle allait attaquer "une infrastructure militaire du Hezbollah".

Le groupe libanais Jamaa islamiya est étroitement lié au Hamas palestinien. En février, l'armée israélienne avait enlevé l'un de ses responsables lors d'une incursion dans un village frontalier du sud du pays.

Elle avait dit avoir "appréhendé un terroriste majeur" et l'avoir "transféré vers le sol israélien pour être interrogé".

 


L'armée libanaise met en place des check-points, met en oeuvre l'interdiction des activités militaires du Hezbollah

Les habitants du village de Kfarkila, dans le sud du Liban, se rassemblent à un point de contrôle de l'armée libanaise à Burj Al-Muluk, à la périphérie de leur village. (File/AFP)
Les habitants du village de Kfarkila, dans le sud du Liban, se rassemblent à un point de contrôle de l'armée libanaise à Burj Al-Muluk, à la périphérie de leur village. (File/AFP)
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  • Le ministre de la Justice à Arab News : L'État n'appartient pas à un groupe plutôt qu'à un autre ; nous corrigeons le tir
  • M. Nassar a évoqué les efforts déployés par le gouvernement pour limiter les armes au contrôle de l'État au cours de l'année qui a suivi l'accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 entre le Liban et Israël.

BEYROUTH : L'armée libanaise a mis en place mardi des points de contrôle sur l'autoroute menant de Beyrouth au sud du Liban, en particulier dans la région de Zahrani vers Nabatieh et Tyr, en application des récentes décisions du gouvernement d'interdire les activités militaires du Hezbollah.

Les points de contrôle militaires se sont concentrés sur les véhicules circulant vers le sud, ce qui est inhabituel puisque des dizaines de milliers d'habitants fuyaient simultanément dans la direction opposée, vers Beyrouth, après que l'armée israélienne a émis des avertissements d'évacuation aux civils dans des dizaines de villages au sud et au nord du fleuve Litani.

Sur les positions de l'armée, le personnel de sécurité a vérifié les documents d'identité, fouillé les véhicules à la recherche d'armes et interrogé les conducteurs sur l'objet de leur voyage vers le sud.

Ces mesures constituent un événement sans précédent au Liban au cours des quatre dernières décennies. Depuis la fin de la guerre civile, le Hezbollah a conservé son arsenal sous la bannière de la "résistance", contrairement aux autres milices qui ont désarmé en vertu de l'accord de Taëf de 1989 et des résolutions internationales ultérieures.

Une source judiciaire a déclaré à Arab News que les points de contrôle de l'armée libanaise sont chargés de rechercher les personnes portant des armes et lançant des roquettes, et d'arrêter tous les individus armés, mais a noté que "jusqu'à présent, personne n'a été arrêté".

Le ministre de la justice, Adel Nassar, a déclaré à Arab News : "Le gouvernement a été clair dans ses décisions et dans leur mise en œuvre à l'encontre de ceux qui violent la loi. Le Hezbollah est le produit de 40 ans d'accumulation, et aujourd'hui nous corrigeons le tir."

M. Nassar a évoqué les efforts déployés par le gouvernement pour limiter les armes au contrôle de l'État au cours de l'année qui a suivi l'accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 entre le Liban et Israël.

"Nous attendions une réponse de l'État, qui n'est pas au service d'un groupe au détriment d'un autre, mais qui est plutôt le gardien de tous les peuples. Des tentatives ont été faites pour favoriser l'engagement dans le projet de l'État au lieu de l'engagement avec des parties extérieures, et nous en sommes maintenant arrivés à ce point", a-t-il déclaré à Arab News.

Le Hezbollah a réagi aux décisions du gouvernement lundi soir en publiant une déclaration signée par le député Mohammad Raad, dont la mort lors d'une frappe israélienne à l'aube lundi avait fait l'objet de rumeurs, les qualifiant de "décisions contre les Libanais".

Après avoir rejeté ces décisions, le Hezbollah a lancé d'autres roquettes sur la Haute Galilée, revendiquant la responsabilité de ces tirs dans des déclarations publiées sous la bannière de la défense du sud.

Le groupe militant a accusé le gouvernement d'avoir été "incapable de prendre des décisions sur la guerre et la paix et de les imposer à l'ennemi qui viole la paix nationale et persiste dans sa guerre agressive contre le Liban et son peuple".

M. Nassar a réaffirmé que les mandats d'arrêt contre les auteurs des tirs de roquettes étaient entrés en vigueur et que des enquêtes étaient en cours.

"Il y a plus d'une affaire en cours pour identifier les responsables", a-t-il ajouté, refusant de divulguer des détails.

Mardi, le président Joseph Aoun a déclaré aux membres du comité du Quintet au palais présidentiel que la décision de réserver au seul État libanais l'autorité exclusive sur la guerre et la paix, et d'interdire toute activité militaire et de sécurité illégale en dehors de son autorité, "est une décision souveraine et irréversible".

Il a ajouté : "Le Cabinet a chargé l'armée et les forces de sécurité d'appliquer cette décision sur l'ensemble du territoire libanais, soulignant que l'État est le seul à avoir le droit de décider de la guerre et de la paix".

Une source officielle a déclaré à Arab News que le président et le premier ministre restaient en contact avec les dirigeants mondiaux et les principales parties prenantes, les exhortant à mettre fin à la guerre israélienne contre le Liban.

Selon le bureau des médias de la présidence libanaise, le président français Emmanuel Macron a réaffirmé le "soutien indéfectible de son pays au Liban", notant que les décisions du cabinet renforcent la souveraineté de l'État libanais sur l'ensemble de son territoire et affirment sa seule autorité sur les armes.

Le Premier ministre Nawaf Salam a reçu un appel du secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, qui a réaffirmé le soutien de la Ligue aux décisions du gouvernement.

Mardi, l'armée libanaise s'est redéployée à partir de positions nouvellement établies le long de la ligne bleue vers ses bases principales dans les villages de la ligne de front, alors qu'Israël a déclaré vouloir créer une nouvelle zone tampon dans le sud du Liban.

Dans le même temps, la FINUL a annoncé le retrait de tout le personnel civil de son quartier général de Naqoura. Dans le même temps, les frappes aériennes israéliennes se sont intensifiées dans la banlieue sud de Beyrouth et au Sud-Liban, ciblant ce qu'Israël affirme être des réunions de dirigeants du Hezbollah.

Le chef de la communication et des médias des Forces libanaises, Charles Jabbour, a appelé à "une séparation claire entre la dimension politique et la dimension de terrain dans l'évaluation des développements de ces dernières 48 heures au Liban".

S'adressant à Arab News, il a déclaré que pour la première fois, l'État libanais avait pris des décisions qui ont effectivement démantelé l'aile militaire du Hezbollah, "ce qui signifie qu'il n'y a plus de soi-disant 'résistance' ou d'armes échappant à l'autorité de l'État".

Il a qualifié cette décision d'"historique et sans précédent", tout en soulignant que sa mise en œuvre prendrait du temps.

M. Jabbour a souligné qu'aucun parti ou force politique ne s'opposait à la décision du gouvernement contre le Hezbollah, y compris les plus proches alliés du groupe. "Des personnalités que le parti a soutenues pendant des années sont restées silencieuses et ont déclaré qu'il n'avait pas le droit d'entraîner le Liban dans un conflit.

Il a souligné que les autorités doivent disposer de suffisamment de temps, mais qu'en contrepartie, elles doivent rapidement mettre en œuvre les décisions qu'elles ont prises. "Je pense que le projet iranien et ses mandataires touchent à leur fin".

En revanche, Mahmoud Qamati, chef adjoint du conseil politique du Hezbollah, a déclaré que l'escalade militaire du parti contre Israël découlait de ce qu'il a décrit comme une incapacité à continuer de tolérer "le meurtre de nos citoyens, la destruction des maisons de notre peuple et les accusations de faiblesse", alors que le gouvernement, a-t-il affirmé, continuait à faire des "concessions gratuites" à l'ennemi et à poursuivre une politique d'"étranglement".

Dans un discours adressé à la base de soutien du Hezbollah dans le Sud, il a déclaré que "la période de patience est terminée, ce qui ne nous laisse d'autre choix que de revenir à la résistance, même si cela signifie une guerre ouverte avec l'ennemi".

Les Nations unies ont estimé qu'au moins 30 000 personnes avaient été déplacées au Liban au cours des deux derniers jours à la suite des raids israéliens, mais aucun chiffre officiel n'a été publié par les ministères libanais de l'intérieur et des affaires sociales.


Les ambassades américaines au Moyen-Orient ferment alors que la guerre avec l’Iran s’intensifie

Des ambassades américaines ont été fermées à travers le Golfe. (AFP)
Des ambassades américaines ont été fermées à travers le Golfe. (AFP)
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  • Des alertes de sécurité ont été émises à l’attention des citoyens américains, leur conseillant de quitter les lieux lorsque cela est possible

Alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran s’intensifie, les ambassades américaines à travers le Moyen-Orient sont passées en mode d’urgence, multipliant les alertes de sécurité, suspendant leurs services et appelant les ressortissants américains à prendre des précautions immédiates.

En Arabie saoudite, l’Ambassade des États-Unis à Riyad a fermé ses portes après que des drones iraniens ont frappé le complexe, provoquant des dégâts mineurs et un petit incendie. La mission a annulé tous les rendez-vous consulaires, qu’ils soient de routine ou d’urgence, et conseillé aux Américains à Riyad, Djeddah et Dhahran de rester confinés chez eux. Il leur a également été demandé d’éviter les abords de l’ambassade jusqu’à nouvel ordre.

Au Koweït, l’Ambassade des États-Unis à Koweït City a demandé à son personnel ainsi qu’aux citoyens américains présents dans le pays de rester à l’intérieur face à la menace persistante de missiles et de drones. L’ambassade a averti la population de ne pas s’approcher du complexe, de rester loin des fenêtres et de suivre les alertes officielles.

L’Ambassade des États-Unis à Bahreïn a également suspendu ses opérations normales. Les avis de sécurité invitent les personnes à se mettre à l’abri à l’intérieur et à faire preuve de vigilance, avertissant que des zones civiles pourraient être exposées au risque à mesure que les tensions régionales s’aggravent.

Au Qatar, qui abrite la grande base militaire américaine d’Al Udeid, l’Ambassade des États-Unis au Qatar a diffusé des consignes similaires, demandant aux Américains de rester confinés et de se préparer à d’éventuelles perturbations. L’alerte insiste sur la nécessité de demeurer dans des lieux sécurisés et de disposer de provisions essentielles.

En Jordanie, l’Ambassade des États-Unis en Jordanie a averti que des missiles, roquettes ou drones pourraient pénétrer l’espace aérien jordanien à mesure que le conflit évolue. Les citoyens américains ont été encouragés à rester vigilants et prêts à se mettre à l’abri en cas de sirènes ou d’alertes officielles.

En Israël, où les hostilités sont directement liées à la confrontation plus large avec l’Iran, l’Ambassade des États-Unis en Israël a recommandé aux Américains de revoir leurs plans de sécurité personnels. Elle a indiqué que sa capacité à faciliter les départs pourrait être limitée dans les conditions actuelles et a exhorté les citoyens à suivre attentivement les directives officielles.

Au-delà des alertes nationales, le Département d’État des États-Unis a élargi ses avis régionaux, appelant les Américains présents dans plusieurs pays du Moyen-Orient à envisager un départ en raison de la dégradation de la situation sécuritaire. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com