Jubilé d'Elizabeth II: Rappel des liens unissant les familles royales saoudienne et britannique

Elizabeth II règne depuis soixante-dix ans (Photo fournie).
Elizabeth II règne depuis soixante-dix ans (Photo fournie).
Short Url
Publié le Vendredi 03 juin 2022

Jubilé d'Elizabeth II: Rappel des liens unissant les familles royales saoudienne et britannique

  • Les messages envoyés par le roi Salmane et le prince héritier, Mohammed ben Salmane, témoignent d'une amitié vieille de plusieurs décennies
  • Depuis l'accession au trône d'Elizabeth en 1952, les monarques saoudiens ont effectué quatre visites d'État en Grande-Bretagne

LONDRES: Alors que les félicitations des chefs d'État du monde entier affluaient à Londres cette semaine, deux messages en particulier ont rappelé la relation spéciale qui s'est développée entre les familles royales saoudienne et britannique tout au long des soixante-dix ans de règne de la reine Elizabeth II.
Derrière les formalités des messages envoyés par le roi Salmane et le prince héritier, Mohammed ben Salmane, lui souhaitant «de sincères félicitations, une bonne santé et du bonheur» à l'occasion de son jubilé de platine, se cache une histoire d'amitié remontant aux premiers jours de son règne, qui a débuté le 6 février 1952.
Ce jour-là, son père, le roi George VI, est décédé alors que la jeune Elizabeth, âgée de 25 ans, et son mari Philip, duc d'Édimbourg, se trouvaient au Kenya pour une tournée en Afrique.
Ayant quitté l'Angleterre en tant que princesse, elle rentre chez elle en deuil, sous le nom de reine Élisabeth II. Son couronnement a lieu le 2 juin de l'année suivante.
Parmi les invités au couronnement figuraient les membres de quatre familles royales du Golfe: Les souverains ou leurs représentants des protectorats britanniques de Bahreïn, du Koweït et du Qatar, ainsi que le prince Fahd ben Abdelaziz, représentant du roi Abdelaziz, 78 ans, fondateur et premier monarque d'Arabie saoudite, qui n'avait plus que cinq mois à vivre.
Les liens entre les monarchies saoudienne et britannique ne peuvent être mesurés par la seule fréquence des occasions officielles, même si l'examen du registre des visites d'État tenu par le palais de Buckingham révèle une distinction éclairante.
Depuis que la reine a succédé à son père, pas moins de quatre visites d'État ont été effectuées en Grande-Bretagne par des monarques saoudiens, un nombre égal à celui de quatre autres pays seulement, dont les proches voisins du Royaume-Uni, la France et l'Allemagne.

La reine Elizabeth II avec le roi Fayçal d'Arabie saoudite en 1967. (Photo, AFP/Getty Images)


Le premier monarque à se rendre à Londres fut le roi Fayçal, accueilli en grande pompe par l'État britannique au début de sa visite de huit jours en mai 1967.
Accueilli par la reine, des membres de la famille royale britannique et des personnalités politiques de premier plan, dont le Premier ministre de l'époque, Harold Wilson, le roi Fayçal s'est rendu au palais de Buckingham avec Elizabeth et Philip dans une calèche ouverte tirée par des chevaux, qui a traversé les rues de Londres sous les acclamations de la foule.
Au cours d'un programme chargé de huit jours, le roi Fayçal, a trouvé le temps de visiter et de prier au centre culturel islamique de Londres.

La reine Elizabeth II avec le roi Khaled d'Arabie saoudite en 1981. (Photo, AFP/Getty Images)


Son fils, le prince Bandar, diplômé cette année-là du Royal Air Force College de Cranwell, remplace son père lors d'une visite d'inspection des avions de combat Lightning d'English Electric, prêts à être expédiés en Arabie saoudite. Plus tard, le prince pilotera des Lightning en tant que pilote de chasse dans la Force aérienne royale saoudienne.
Le roi Fayçal a été suivi dans ses visites d'État en Grande-Bretagne par ses successeurs, le roi Khaled en 1981, le roi Fahd en 1987 et le roi Abdallah en 2007.
En février 1979, à bord du jet supersonique Concorde, la reine Elizabeth s'est rendue à Riyad et Dhahran au cours d'une tournée du Golfe qui l'a également conduite au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis et à Oman.
En Arabie saoudite, elle a été accueillie par le roi Khaled et a participé à une série d'événements, dont un pique-nique dans le désert et un dîner d'État au palais Maathar à Riyad.
En contrepartie, elle et son mari ont organisé un dîner pour la famille royale saoudienne à bord du Yacht de Sa Majesté, Britannia.

La reine Elizabeth II avec le roi Fahd d'Arabie saoudite en 1987. (Photo, AFP/Getty Images)


De façon poignante, le Britannia est retourné une dernière fois dans le Golfe, en janvier 1997, lors de sa dernière tournée avant que le yacht royal ne soit mis hors service en décembre de la même année.
Toutefois, les relations entre les deux familles royales ne se sont pas limitées aux grandes occasions d'État.
L'analyse de la circulaire régulière de la Cour publiée par Buckingham Palace montre que les membres de la famille royale britannique ont rencontré les monarques du Golfe plus de 200 fois rien qu'entre 2011 et 2021, ce qui équivaut à une fois tous les quinze jours. Quarante de ces rencontres informelles ont eu lieu avec des membres de la famille Al-Saoud.

La reine Elizabeth II avec le roi Hussein de Jordanie en 1955. (Photo, AFP/Getty Images)


Plus récemment, en mars 2018, le prince héritier, Mohammed ben Salmane, a eu une audience privée ainsi qu'un déjeuner avec la reine au palais de Buckingham.
Plus tard, il a dîné avec le prince de Galles et le duc de Cambridge lors d'une visite au Royaume-Uni, au cours de laquelle il a rencontré la première ministre de l'époque, Theresa May, et le ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson.
Des sujets sérieux, tels que les accords commerciaux et de défense, font souvent l'objet de ces réunions. Mais l'amusement de bon aloi, plutôt que la formalité rigide, est souvent la marque des rencontres privées entre les familles royales, comme le rappellera plus tard Sir Sherard Cowper-Coles, ambassadeur britannique en Arabie saoudite de 2003 à 2006.
En 2003, le prince héritier Abdallah, futur roi d'Arabie saoudite, était l'invité de la reine au château de Balmoral, sa propriété en Écosse.

La reine Elizabeth II de Grande-Bretagne avec le sultan Qaboos bin Said d'Oman en 2010. (Photo, AFP/Getty Images)


C'était sa première visite à Balmoral et, acceptant avec joie une invitation à visiter le vaste domaine, il s'est installé sur le siège passager d'une Land Rover, pour découvrir que son chauffeur et guide serait la reine elle-même.
Ayant servi pendant la Seconde Guerre mondiale en tant que chauffeur de l'armée, elle a toujours conduit elle-même à Balmoral, où les habitants ont l'habitude de la voir se déplacer au volant de l'une de ses Land Rovers adorées.
Elle est également connue pour s'amuser aux dépens des invités alors qu'elle avance à toute allure dans l’une de ses voitures, le long des ruelles étroites et sur le terrain accidenté du domaine.

La reine Elizabeth II de Grande-Bretagne avec le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, en 2018. (Photo, AFP/Getty Images)


D'après Sir Sherard, le prince Abdallah a bien supporté ce tour de manège impromptu, même si à un moment donné, «par l'intermédiaire de son interprète», il s'est senti obligé de «supplier la reine de ralentir et de se concentrer sur la route».
Outre leur appartenance royale, la reine et les monarques du Golfe se sont toujours liés par leur amour mutuel des chevaux, un intérêt commun qui remonte au moins à 1937, lorsqu'Elizabeth était une princesse de 11 ans.
Pour marquer l'occasion du couronnement du père de la reine cette année-là, le roi Abdelaziz a offert au roi George VI une jument arabe.
Une statue de bronze grandeur nature du cheval, Turfa, a été dévoilée en 2020 au Musée du cheval arabe de Diriyah, où elle occupe aujourd'hui une place de choix.

La reine Elizabeth II avec le roi Abdallah d'Arabie saoudite en 2007. (Photo, AFP/Getty Images)


Lors de l'inauguration, Richard Oppenheim, alors ambassadeur adjoint de Grande-Bretagne en Arabie saoudite, a souligné combien les deux familles royales avaient toujours été liées par cet intérêt commun.
«La reine possède de nombreux chevaux, et le roi Salmane et la famille royale saoudienne ont également un amour de longue date pour les chevaux», a-t-il révélé.
La reine partage également cet amour avec le cheikh Mohammed al-Maktoum, souverain de Dubaï et vice-président des Émirats arabes unis, qui possède les écuries et le haras de Godolphin, de renommée internationale, à Newmarket, le berceau des courses hippiques britanniques.

La reine Elizabeth (2e à droite) et le prince Philip (à gauche) reçoivent l’émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani (à droite) et son épouse, cheikha Mozah bent Nasser, au château de Windsor le 26 octobre 2016. (Photo/AFP)


La reine et le cheikh Mohammed al-Maktoum ont souvent été vus ensemble lors de grands événements du calendrier hippique, comme la réunion annuelle de cinq jours de Royal Ascot, considérée comme le joyau de la saison mondaine britannique, qui se déroule cette année du 14 au 18 juin.
L'équipe Godolphin a eu plusieurs gagnants à Royal Ascot, où les chevaux de la reine ont remporté plus de 70 courses depuis son couronnement.
Ce week-end, alors que les drapeaux flottent sur les maisons et les bâtiments publics, des milliers d'événements se déroulent dans toute la Grande-Bretagne pour marquer le jubilé de platine de la reine, notamment des fêtes de rue, le traditionnel défilé des drapeaux à la Horse Guards Parade, des salves d'armes, un défilé aérien de la Royal Air Force, observé par la reine depuis le balcon du palais de Buckingham, et l'allumage de plus de 3 000 balises, dans tout le pays.

La reine Elizabeth II avec le cheikh Mohammed ben Rachid al-Maktoum de Dubaï en 2010. (Photo, AFP/Getty Images)


À l'âge de 96 ans, Elizabeth, reine du Royaume-Uni et du Commonwealth, et monarque pour plus de 150 millions de personnes, a atteint une étape royale rare non seulement en Grande-Bretagne, mais dans le monde entier.
D'ici vendredi, elle aura régné pendant 70 ans et 117 jours, ce qui la place à neuf jours de devenir la deuxième reine la plus ancienne de l'histoire du monde.
Bhumibol Adulyadej, roi de Thaïlande de 1946 à sa mort en 2016 à l'âge de 88 ans, a régné pendant 70 ans et 126 jours.

La reine Elizabeth de Grande-Bretagne avec l’émir du Kuwait, cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah. (Photo, AFP)


Seul Louis XIV de France est resté plus longtemps sur le trône, régnant entre 1643 et 1715, pendant 72 ans et 110 jours.
Le secret de la longévité d'Elizabeth réside peut-être dans les paroles de l'hymne national britannique «God Save the Queen» (Que Dieu protège la reine), qui sera chanté avec enthousiasme lors de manifestations dans tout le Royaume-Uni ce week-end: «Longue vie à notre noble reine... Heureuse et glorieuse, elle régnera longtemps sur nous, que Dieu protège la reine.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: nouvelles frappes israéliennes malgré la prolongation de la trêve

Des personnes se tiennent au milieu des décombres et des gravats près de bâtiments endommagés et effondrés après des bombardements israéliens nocturnes sur la ville de Tyr, dans le sud du Liban, le 16 mai 2026. (AFP)
Des personnes se tiennent au milieu des décombres et des gravats près de bâtiments endommagés et effondrés après des bombardements israéliens nocturnes sur la ville de Tyr, dans le sud du Liban, le 16 mai 2026. (AFP)
Short Url
  • Israël a mené de nouvelles frappes dans le sud du Liban après avoir ordonné l’évacuation de plusieurs villages, malgré la prolongation récente de la trêve entre les deux pays lors de négociations à Washington
  • Les violences continuent d’aggraver la crise humanitaire : plus de 400 personnes ont été tuées depuis le début de la trêve et près d’un million de personnes ont été déplacées au Liban depuis le début du conflit régional

BEYROUTH: Israël mène de nouvelles frappes sur le sud du Liban samedi après avoir ordonné aux habitants de neuf villages d'évacuer, malgré la prolongation d'un mois et demi de la trêve lors de négociations entre les deux pays la veille à Washington.

"Les forces de défense israéliennes ont commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah dans plusieurs zones du sud du Liban", a affirmé l'armée israélienne dans un communiqué.

L'Agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle) a rapporté des frappes sur au moins cinq villages du sud, précédées un mouvement d'exode des habitants vers Saïda, la grande ville du sud, et Beyrouth.

L'armée israélienne avait auparavant ordonné aux habitants de neuf villages des régions de Saïda et Nabatiyé de les évacuer en prévision de frappes.

Ces frappes sur le sud dévasté se poursuivent malgré l'annonce vendredi soir de la prolongation d'une trêve entrée en vigueur le 17 avril entre les deux pays, et qui devait expirer dimanche.

Israël et le Liban mènent des négociations à Washington, les premières depuis des décennies entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Le Hezbollah pro-iranien est opposé à ces négociations et continue de revendiquer des attaques contre l'armée israélienne qui occupe désormais une partie du sud du pays, et épisodiquement contre le nord d'Israël.

Plus de 400 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes au Liban depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

Le Liban a été entraîné dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars et près de 3.000 personnes ont été tuées et plus d'un million déplacées depuis, selon les chiffres officiels.


"J'aurais voulu passer le bac": déception après l'annulation des examens au Moyen-Orient et au Mali

Une femme passe devant une école fermée à Beyrouth le 18 novembre 2024, dans le contexte de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
Une femme passe devant une école fermée à Beyrouth le 18 novembre 2024, dans le contexte de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
Short Url
  • Le ministère français de l’Éducation a annulé les épreuves du brevet et du baccalauréat dans plusieurs pays du Moyen-Orient et au Mali en raison de la situation sécuritaire, remplaçant les examens par les moyennes annuelles des élèves
  • De nombreux élèves et enseignants au Liban expriment leur déception, estimant que le bac représentait une récompense symbolique pour leurs années de travail et craignant une perte du prestige du diplôme français

BEYROUTH: "J'aurais voulu passer le bac comme une récompense de mon travail": des élèves et professeurs expriment leur déception après la récente annonce de l'annulation des épreuves écrites et orales du brevet et du bac dans les établissements français de pays du Moyen-Orient et au Mali.

Cette année, les candidats scolarisés dans les établissements français homologués du Bahreïn, des Émirats arabes unis, d'Irak, d'Iran, d'Israël, du Koweït, du Liban, du Qatar et du Mali, ainsi que ceux inscrits en classes réglementées auprès du Centre national d'enseignement à distance (Cned), "se verront attribuer leur moyenne annuelle dans les enseignements concernés", a indiqué mardi le ministère français de l'Education nationale.

Cette mesure, liée à la guerre au Moyen-Orient et à la situation sécuritaire critique au Mali, concerne les épreuves écrites du diplôme national du brevet, les épreuves anticipées de français, à l'écrit comme à l'oral, et de mathématiques du baccalauréat général et technologique, ainsi que les épreuves de spécialité et de philosophie et le grand oral en classe de Terminale.

"Les candidats se présentant sous statut individuel pourront se présenter à la session de remplacement prévue en septembre 2026", tant pour le brevet que pour le baccalauréat, a précisé le ministère.

"J'aurais voulu faire le bac honnêtement, donc j'étais un peu triste d'apprendre qu'ils vont l'annuler", a réagi Yana Abdallah, 18 ans, élève du Collège des Saints-Coeurs Kfarhbab, au Liban.

Pour cette élève, qui affiche entre 16 et 17/20 de moyenne, se confronter à l'examen aurait marqué symboliquement la fin d'un cycle: "Nous avons travaillé pour le bac depuis notre entrée à l'école", rappelle-t-elle. Le passer aurait été comme une "récompense pour toute la fatigue que m'a valu mon travail".

Son école, qui se basera sur les notes du contrôle continu, n'a pas exclu la possibilité d'organiser un second bac blanc pour ne pas léser les élèves.

Les examens organisés "étaient jusqu'à présent comme une préparation mais sans que les élèves n'y mettent toute leur concentration", souligne Yana Abdallah, jugeant que son établissement essaye de les aider "autant que possible".

- "Suite désastreuse" -

Selon les chiffres de l'ambassade de France, le Liban compte en Terminale 3.166 élèves dans des établissements officiellement reconnus par les autorités et 402 élèves en candidats libres.

"Je suis contre l'annulation de ce diplôme, chaque fois que le bac a été annulé, la suite a été désastreuse", a témoigné auprès de l'AFP Hyam Merheb, 73 ans, à la retraite, ancienne enseignante de français pendant 45 ans au Liban.

"Le bac français a gardé son prestige malgré tous les événements par lesquels on est passé", juge-t-elle. "C'est la seule image encore positive que l'on peut avoir de notre pays et de l'enseignement tel qu'il était auparavant".

La décision du gouvernement est "incompréhensible", "tout le monde était prêt" pour faire passer les épreuves, avec des aménagements (moins de textes à préparer pour l'oral de français, par exemple), a aussi réagi auprès de l'AFP une enseignante et représentante syndicale du Grand lycée franco-libanais de Beyrouth, qui souhaite rester anonyme.

"Personne ne s'attendait à cette décision, les élèves de terminale avaient reçu leur convocation ce (mardi) matin", a-t-elle rapporté, déplorant avoir appris la nouvelle par la presse.

A Bamako au Mali, l’école française "Liberté" comptait à la rentrée de septembre 1.380 élèves, dont 600 en classe d'examens. "Mais, nous en avons perdu 80 en cours d'année, partis à cause de l’insécurité", a appris l'AFP auprès de membres de l’association des parents d’élèves de l’établissement.

"Notre combat est de faire en sorte que le lycée puisse ouvrir à la rentrée de septembre prochain", poursuit-on de même source.

En raison de la situation sécuritaire critique, les cours sont désormais assurés uniquement en ligne.

Selon le ministère, des mesures d'aménagement pourront également être décidées dans d'autres pays, jusqu'à 15 jours avant le début des épreuves, si les conditions locales ne permettent pas leur organisation.

Le coup d'envoi du baccalauréat sera donné le 11 juin avec l'épreuve écrite anticipée de français pour les élèves de Première.


Le Liban et Israël prolongent leur cessez-le-feu de 45 jours

Des délégations du Liban et d’Israël participent cette semaine à des discussions à Washington qui ont conduit à une prolongation du cessez-le-feu existant. (Département d’État)
Des délégations du Liban et d’Israël participent cette semaine à des discussions à Washington qui ont conduit à une prolongation du cessez-le-feu existant. (Département d’État)
Short Url
  • Le Liban et Israël ont accepté de prolonger leur cessez-le-feu de 45 jours après des discussions jugées « positives » à Washington
  • Malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril, les frappes israéliennes contre le Hezbollah au Liban ont continué, causant des centaines de morts selon les autorités libanaises

WASHINGTON: Israël et le Liban ont donné leur accord à une prolongation d'un mois et demi du cessez-le-feu pendant de nouvelles négociations entre les deux pays à Washington, même si de nouvelles frappes israéliennes ont visé le sud du Liban vendredi.

Côté iranien, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dit avoir "reçu des messages" de Washington en faveur de la reprise des négociations pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient, ajoutant être ouvert à une aide de Pékin.

Le cessez-le-feu israélo-libanais, qui arrivait à expiration dimanche, "va être prolongé de 45 jours afin de permettre de nouveaux progrès", a annoncé la diplomatie américaine après une nouvelle session de négociations directes entre des représentants d'Israël et du Liban jeudi et vendredi.

Le département d'Etat américain a précisé qu'il organiserait un nouveau cycle de discussions les 2 et 3 juin. D'ici là, le Pentagone réunira des délégations militaires des deux pays le 29 mai.

L'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, a déclaré à l'issue des pourparlers qu'il serait essentiel de garantir la sécurité de son pays.

"Il y aura des hauts et des bas, mais les chances de réussite sont grandes ", a-t-il écrit sur le réseau X.

La délégation libanaise a salué de son côté une prolongation qui ouvre la voie "à une stabilité durable", mais insisté sur la nécessité d'un "processus par étapes et vérifiable", soutenu par Washington.

- "Irresponsable" -

S'exprimant depuis le Liban, le Premier ministre Nawaf Salam a accusé le Hezbollah pro-iranien d'avoir entraîné le pays dans une nouvelle guerre "irresponsable".

"Assez de ces aventures irresponsables servant des projets ou intérêts étrangers", a-t-il lancé, appelant au soutien des pays arabes, et plus largement de la communauté internationale, dans les négociations avec Israël.

Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël poursuit ses frappes au Liban, disant viser le Hezbollah, et le mouvement chiite continue de tirer des roquettes sur des positions israéliennes.

Le Liban a annoncé la mort de six personnes, dont trois secouristes du Comité islamique de santé, affilié au Hezbollah, dans un bombardement israélien dans le sud du pays.

Plus de 400 personnes ont péri dans des frappes israéliennes au Liban depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

Au moment des discussions à Washington vendredi, l'armée israélienne a émis des ordres d'évacuation pour une dizaine de secteurs dans le sud du Liban et annoncé "mener des frappes contre l'infrastructure du Hezbollah dans la région de Tyr".

- "Des femmes et enfants" -

"Il n'y a ici que des femmes, des enfants et des personnes âgées. Cette frappe cause de nouveaux déplacements de personnes", a déclaré à l'AFP Hafez Ramadan, qui vit près de l'immeuble visé par la frappe, qui abritait selon lui surtout des déplacés.

Les frappes à Tyr ont fait 37 blessés, dont six membres du personnel médical de l'hôpital, quatre enfants et neuf femmes, selon le ministère de la Santé.

Le Hezbollah a revendiqué des attaques de drones contre des casernes dans le nord d'Israël, ainsi que d'autres contre les forces israéliennes positionnées dans plusieurs localités libanaises frontalières. L'armée israélienne est déployée dans cette zone pour pouvoir, selon elle, protéger la population du nord d'Israël des tirs du mouvement pro-iranien.

Israël, comme les Etats-Unis, appelle Beyrouth à désarmer le Hezbollah.

"Le Liban négocie pour un avenir dans lequel ses frontières seront respectées (et) sa souveraineté assurée seulement" par son armée,  a souligné aussi la délégation libanaise à Washington.

Un des hauts responsables du mouvement pro-iranien, Mahmoud Qomati, a qualifié les négociations avec Israël "d'humiliantes" et dénoncé "un complot contre le pays".

- "Bonnes intentions" -

Du côté de Téhéran, le ministre des Affaires étrangères, en visite en Inde, s'est dit ouvert à une aide de la Chine pour mettre fin au conflit, au lendemain de propos à Pékin de Donald Trump, selon qui son homologue chinois Xi Jinping a proposé d'aider à rouvrir le détroit d'Ormuz.

"Nous savons que (les) Chinois ont de bonnes intentions. Toute initiative de leur part susceptible de soutenir la diplomatie serait donc la bienvenue", a déclaré M. Araghchi.

Les Gardiens de la Révolution iraniens permettent désormais à davantage de navires de passer par le détroit, quasi paralysé par Téhéran depuis le début de la guerre, a affirmé la télévision publique.

La veille, la chaîne avait fait état de plus de 30 navires autorisés à transiter par le détroit, qui voit passer d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

De son côté, le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte sont arrivés "sur zone" au large de la péninsule arabique où ils sont prépositionnés en cas de déclenchement d'une mission "neutre" pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo.