Tirs policiers lors d'un contrôle à Paris : passe d'armes entre Darmanin et Mélenchon

 Gérald Darmanin a dénoncé lundi les «insultes» de Jean-Luc Mélenchon contre les policiers. (Photo, AFP)
Gérald Darmanin a dénoncé lundi les «insultes» de Jean-Luc Mélenchon contre les policiers. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 06 juin 2022

Tirs policiers lors d'un contrôle à Paris : passe d'armes entre Darmanin et Mélenchon

 Gérald Darmanin a dénoncé lundi les «insultes» de Jean-Luc Mélenchon contre les policiers. (Photo, AFP)
  • «Encore un abus de pouvoir inacceptable. La peine de mort pour un refus d'obtempérer. Le préfet approuve ? Le ministre félicite ? La honte c'est quand ?»
  • Samedi, en fin de matinée, trois policiers ont ouvert le feu dans le nord de Paris sur les occupants d'une voiture soupçonnés d'avoir refusé de se soumettre à un contrôle puis de leur avoir «foncé» dessus

PARIS: Gérald Darmanin a dénoncé lundi les « insultes » de Jean-Luc Mélenchon contre les policiers, dont trois sont en garde à vue à Paris pour avoir tué la passagère d'une voiture lors d'un contrôle et grièvement blessé le conducteur. 

« La police tue et le groupe factieux Alliance (syndicat de police, ndlr) justifie les tirs et la mort pour « refus d'obtempérer ». La honte c'est quand ? », a tweeté le leader des Insoumis dans la nuit de dimanche à lundi, à une semaine du premier tour des élections législatives. 

« Encore un abus de pouvoir inacceptable. La peine de mort pour un refus d'obtempérer. Le préfet approuve ? Le ministre félicite ? La honte c'est quand ? », avait-il déjà écrit plus tôt sur le même réseau social. 

« Les policiers, les gendarmes méritent le respect. Ils font un travail courageux, difficile et risquent leur vie à chaque instant. Les insulter déshonore ceux qui veulent gouverner. Laissons les enquêtes se faire sans les utiliser comme des otages d’une campagne électorale », lui a répondu le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. 

Marine Le Pen a de son côté dénoncé les mots « d'une gravité inouïe » de M. Mélenchon »à quelques jours de sa retraite politique ». 

« Il fait donc le choix du déshonneur en rompant définitivement avec les valeurs de la République française », a ajouté la cheffe de file du Rassemblement national. 

« Ce sont des propos indignes de quelqu’un qui prétend vouloir gouverner la France », a réagi de son côté Stéphane Le Foll, maire socialiste du Mans et ancien ministre de François Hollande. 

Le délégué général d'Alliance Frédéric Lagache a dénoncé des « propos inqualifiables » et annoncé un dépôt de plainte « dès demain » (mardi). 

Samedi, en fin de matinée, trois policiers ont ouvert le feu dans le nord de Paris sur les occupants d'une voiture soupçonnés d'avoir refusé de se soumettre à un contrôle puis de leur avoir « foncé » dessus, selon le récit d'une source policière. 

Les gardes à vue des trois policiers, deux hommes et une femme, auditionnés à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour « violence avec arme par personne dépositaire de l'autorité publique » ont été prolongées lundi, a indiqué le parquet de Paris. 

Le conducteur de la voiture a lui été placé brièvement lundi en garde à vue à l'hôpital pour « tentative d'homicide sur personnes dépositaires de l'autorité publique » avant que la mesure ne soit suspendue, l'homme de 38 ans n'étant finalement pas en état d'être entendu à ce stade. 


Macron de retour aux Etats-Unis, pour parler d'Ukraine et de protectionnisme avec Biden

Le président américain Joe Biden s'entretient avec le président français Emmanuel Macron en marge du sommet du G20 à Nusa Dua, sur l'île balnéaire indonésienne de Bali, le 16 novembre 2022 (Photo, AFP).
Le président américain Joe Biden s'entretient avec le président français Emmanuel Macron en marge du sommet du G20 à Nusa Dua, sur l'île balnéaire indonésienne de Bali, le 16 novembre 2022 (Photo, AFP).
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  • Depuis l'invasion russe, Emmanuel Macron fait entendre une petite musique qui a longtemps agacé le partenaire américain: soutien total à Kiev
  • Le chef de l'Etat français continue de concilier cet «en-même-temps» diplomatique en organisant le 13 décembre à Paris une conférence de soutien à la résistance civile de l'Ukraine

PARIS: Emmanuel Macron se rend cette semaine à Washington pour sa deuxième visite d'Etat, un "honneur" dont le président français espère profiter pour pousser auprès de Joe Biden son plaidoyer diplomatique sur la guerre en Ukraine et hausser le ton face au protectionnisme américain.

Même endroit, autre ambiance. En 2018, Donald Trump avait invité son jeune homologue pour une rencontre hautement médiatisée entre deux dirigeants qui, chacun à sa manière, s'employaient à casser les codes.

Quatre ans plus tard, l'apparat sera le même, jeudi, à la Maison Blanche -- avec les vingt-et-un coups de canon de l'accueil et les fastes du dîner d'Etat. Mais l'intérêt s'est émoussé: Emmanuel Macron n'est plus une nouveauté, et Joe Biden fascine moins.

Reste que le milliardaire républicain comme l'octogénaire démocrate ont tous deux choisi, pour la première visite d'Etat de leur mandat, le président français, qui atterrira mardi soir et repartira vendredi après une étape à la Nouvelle-Orléans.

"La France est le plus vieil allié des Etats-Unis", rappelle à l'AFP un haut responsable américain. S'il s'attend à des "progrès" sur plusieurs dossiers, "cette visite est avant tout axée sur la relation personnelle et l'alliance" avec ce "partenaire vital".

C'est "un honneur qui est fait à la France plutôt qu'à tout autre pays européen", se félicite-t-on, côté français.

Il s'agit d'abord de solder une crise franco-américaine assez rare.

Entre Joe Biden et Emmanuel Macron, cela avait mal commencé: en septembre 2021, l'annonce par Washington de l'alliance AUKUS avec l'Australie et le Royaume-Uni avait suscité l'ire de Paris, privé d'un mégacontrat de sous-marins avec Canberra. Mais aussi vexé d'avoir été tenu à l'écart dans une région-clé, "l'Indopacifique".

Cette visite, "est un peu la queue de comète d'AUKUS" et du rapprochement lancé depuis pour panser ces plaies, explique à l'AFP Célia Belin, chercheuse invitée à la Brookings Institution de Washington.

Selon elle, les Américains ont intérêt à garder un lien étroit avec cet allié qui prône "l'autonomie stratégique" de l'Europe. "Les Français ne sont pas toujours faciles à gérer, mais quand Français et Américains se mettent d'accord, ça fait énormément avancer les choses".

«Pas des alliés alignés»

Au-delà du protocole, l'Elysée espère donc avoir un dialogue "exigeant". "Nous ne sommes pas des alliés alignés", relève un conseiller présidentiel.

Tout d'abord sur l'Ukraine. Depuis l'invasion russe, Emmanuel Macron fait entendre une petite musique qui a longtemps agacé le partenaire américain: soutien total à Kiev, mais aussi dialogue avec Moscou pour que, quand les Ukrainiens le décideront, la guerre se termine "autour de la table des négociations".

Le chef de l'Etat français continue de concilier cet "en-même-temps" diplomatique en organisant le 13 décembre à Paris une conférence de soutien à la résistance civile de l'Ukraine tout en promettant de reparler, "dans les prochains jours", à Vladimir Poutine.

Or Washington semble se rapprocher de cette position depuis que son chef d'état-major, le général Mark Milley, a évoqué une possible fenêtre d'opportunité pour des négociations.

Mais Emmanuel Macron veut aussi une "resynchronisation" de la réponse économique, des deux côtés de l'Atlantique, à la crise provoquée par le conflit et, plus largement, en matière de transition écologique et de compétition avec la Chine.

Le principal sujet de friction devrait donc être commercial: Paris cherche la parade à l'"Inflation Reduction Act" (IRA), qui prévoit des investissements massifs pour la transition énergétique - accompagnés de généreuses subventions pour les véhicules électriques, batteries et énergies renouvelables produits aux Etats-Unis.

"Nous ne resterons pas les bras croisés" face à ce plan d'investissement jugé protectionniste, a assuré la Première ministre française Elisabeth Borne.

Paris se veut toutefois réaliste. Si le président Macron espère obtenir des "exemptions" pour quelques industries européennes, selon l'Elysée, il sait qu'il est improbable que Joe Biden revienne sur l'architecture de ce plan crucial pour son bilan.

L'idée est donc plutôt d'en tirer les leçons pour aller défendre une politique semblable auprès des Européens afin d'éviter des délocalisations massives.

"La Chine privilégie ses productions; l’Amérique privilégie ses productions. Il serait peut-être temps que l’Europe privilégie ses productions", a martelé dimanche sur France 3 le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire, déplorant que le Vieux Continent vive "encore dans la mondialisation d’hier", "ouverte à tous les vents".


Borne plante à Matignon un chêne vert au feuillage «persistant»

La Première ministre française Elisabeth Borne plante un chêne vert (Quercus ilex) dans le jardin de la résidence officielle des Premiers ministres français, l'hôtel Matignon, à Paris le 28 novembre 2022. (Photo, AFP)
La Première ministre française Elisabeth Borne plante un chêne vert (Quercus ilex) dans le jardin de la résidence officielle des Premiers ministres français, l'hôtel Matignon, à Paris le 28 novembre 2022. (Photo, AFP)
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  • «On anticipe sur le dérèglement climatique», s'est félicitée la cheffe du gouvernement après avoir mis de la terre au pied de l'arbre, d'une espèce emblématique du sud de la France
  • Symbole de longévité, le chêne a été le plus choisi jusqu'à présent avec quatre arbres (Pierre Mauroy, Laurent Fabius, Dominique de Villepin, Manuel Valls), devant le magnolia (Jean-Marc Ayrault et Bernard Cazeneuve)

PARIS: La Première ministre Elisabeth Borne a planté lundi un chêne vert au feuillage "persistant" dans les jardins de l'hôtel Matignon, un peu plus de six mois après sa nomination, fidèle à une tradition initiée par Raymond Barre en 1978, a constaté un journaliste. 

"On anticipe sur le dérèglement climatique", s'est félicitée la cheffe du gouvernement après avoir mis de la terre au pied de l'arbre, d'une espèce emblématique du sud de la France. 

En maniant la pelle devant les photographes, Mme Borne, qui est en charge de la planification écologique, a toutefois confié qu'elle n'avait "pas l'habitude de faire ça". 

Elle a auparavant visité le jardin, accompagnée de jardiniers de Matignon et d'étudiants de l'école d'horticulture du Breuil, saluant le fait que les produits chimiques n'étaient plus utilisés pour son entretien. 

L'arbre "au feuillage persistant" n'a pas été acheté chez un pépiniériste, mais est issu d'un semis spontané qui s'est installé dans les jardins de Matignon, "où il se plait bien", souligne son entourage. 

Il a ensuite fait l'objet d'une plantation "écologique et respectueuse de l'environnement", 

Symbole de longévité, le chêne a été le plus choisi jusqu'à présent avec quatre arbres (Pierre Mauroy, Laurent Fabius, Dominique de Villepin, Manuel Valls), devant le magnolia (Jean-Marc Ayrault et Bernard Cazeneuve). 

Mme Borne est la deuxième femme Première ministre, après Edith Cresson qui n'était restée que 10 mois et 18 jours à Matignon. Mme Cresson avait pour sa part choisi de planter en 1992 un ginkgo biloba mâle de quarante ans. 

Le prédécesseur de Mme Borne, Jean Castex, avait choisi un frêne, "très résistant, solide", alors qu'il affrontait la crise du Covid. Avant lui Edouard Philippe, élu normand, avait planté un pommier. 

Depuis l'érable à sucre de Raymond Barre, offert par des étudiants canadiens, c'est le 18e arbre planté par autant de Premiers ministres. Jacques Chirac, prédécesseur de M. Barre, n'avait pas planté d'arbre lors de son deuxième bail à Matignon (1986-1988). 

Plus grand jardin non-public de Paris, le jardin de Matignon est un des plus réputés de la capitale, notamment pour sa perspective savamment ordonnée. 


Départementale partielle: Aliot (RN) en tête au 1er tour dans les Pyrénées-Orientales

Jordan Bardella, membre du Rassemblement national (RN), parti d'extrême droite français, s'adresse à la presse après une session plénière du Parlement européen commémorant son 70e anniversaire, à Strasbourg, le 22 novembre 2022. (AFP).
Jordan Bardella, membre du Rassemblement national (RN), parti d'extrême droite français, s'adresse à la presse après une session plénière du Parlement européen commémorant son 70e anniversaire, à Strasbourg, le 22 novembre 2022. (AFP).
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  • Recueillant 44,07% des suffrages exprimés, le maire de Perpignan Louis Aliot (RN) et sa binôme Carla Muti, conseillère municipale à Canohès, ont devancé le duo divers droite de Jean-Louis Chambon et Florence Micolau
  • Ils s'affronteront au second tour le 4 décembre

PERPIGNAN : Le maire de Perpignan Louis Aliot (RN) est arrivé dimanche largement en tête du premier tour de l'élection départementale partielle dans le canton de Perpignan-Canohès, dans les Pyrénées-Orientales, loin devant le conseiller sortant socialiste, éliminé.

Recueillant 44,07% des suffrages exprimés, le ténor du Rassemblement national et sa binôme Carla Muti, conseillère municipale à Canohès, ont devancé le duo divers droite de Jean-Louis Chambon et Florence Micolau (27,63%). Ils s'affronteront au second tour le 4 décembre.

Avec 26,36% des voix, le conseiller départemental sortant, Mathias Blanc (PS), est éliminé à l'issue d'un scrutin où la participation s'est élevée à seulement 21,63%.

En mai 2021, dans ce 5e canton de Perpignan-Canohès, le binôme PS l'avait emporté au second tour avec 51% des voix, mais moins de cent de plus que celui du RN (49%). L'élection a toutefois été invalidée par le Conseil d'Etat du fait de l'inéligibilité du candidat du parti de Marine Le Pen, un ancien responsable des douanes.

Lors de ce premier scrutin, le duo de droite, déjà conduit par Jean-Louis Chambon, maire de Canohès, avait été éliminé d'une voix au premier tour par ses adversaires socialistes Mathias Blanc et Françoise Chatard, les deux binômes totalisant un peu moins de 24% des suffrages, derrière les 36% du RN.

Le parti désormais dirigé par Jordan Bardella, qui en a pris la présidence en battant Louis Aliot début novembre, tentera dimanche de renforcer son ancrage dans un département dont il tient la principale ville, ainsi que les quatre sièges de député depuis les législatives de juin.

Malgré la défaite du conseiller sortant, socialistes et communistes conserveront le contrôle de l'assemblée départementale.

"J'appelle à voter Chambon pour faire battre Aliot", a affirmé à l'AFP Mathias Blanc, un avocat de 39 ans, après avoir appris son élimination pour 43 voix.