Tourisme: Basmah Al-Mayman, représentante de l'OMT, optimiste pour l'avenir

Avec près de 19 ans d’expérience dans l’industrie du tourisme, Basmah Al-Mayman est une pionnière dans son domaine et la première ressortissante arabe du Golfe à représenter l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) au niveau régional. (Photo fournie)
Avec près de 19 ans d’expérience dans l’industrie du tourisme, Basmah Al-Mayman est une pionnière dans son domaine et la première ressortissante arabe du Golfe à représenter l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) au niveau régional. (Photo fournie)
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Publié le Samedi 24 octobre 2020

Tourisme: Basmah Al-Mayman, représentante de l'OMT, optimiste pour l'avenir

  • Le tourisme sortira plus fort que jamais de la crise de la pandémie, déclare Basmah Al-Mayman, directrice de l'OMT pour le Moyen-Orient
  • Des investissements d'une valeur de 810 milliards de dollars s'inscrivent dans un plan ambitieux visant à transformer l'Arabie saoudite en une destination majeure du tourisme de loisirs

RIYADH: Avec près de 19 ans d’expérience dans l’industrie du tourisme, Basmah Al-Mayman est une pionnière dans son domaine. La première ressortissante arabe du Golfe à représenter l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) au niveau régional envisage l’avenir du secteur au Moyen-Orient avec optimisme.

Le projet de l'OMT d'ouvrir un bureau régional à Riyad, le premier en dehors de son siège mondial en Espagne, montre qu'il y a une reconnaissance croissante du potentiel de la région MENA dans ce secteur lucratif, a déclaré Al-Mayman à Arab News dans une interview exclusive.

« Le choix de l'Arabie saoudite pour le bureau régional était une bonne décision, juste à côté des plus grands projets touristiques du monde, qui se préparent en Arabie saoudite », a-t-elle déclaré, faisant sans doute référence à AlUla, Diriyah, Qiddiya, Amaala, le projet de la mer rouge et la ville intelligente NEOM entre autres.

« C’est certainement un indicateur de l’amélioration du profil de l’Arabie saoudite au sein de l’OMT, en plus de refléter le développement du tourisme dans le cadre du plan de diversification économique du Royaume.

« La présence du tourisme dans le programme de la Vision 2030 et les plans de transformation économique reflète la prospérité croissante du Royaume dans le domaine du tourisme mondial »

 

Basmah Al-Mayman avec l'ambassadeur saoudien en Espagne à Madrid à l'occasion de la fête nationale saoudienne en 2019 (Photo fournie)

Des investissements d'une valeur de 810 milliards de dollars devraient transformer le royaume au cours de la prochaine décennie en l'un des plus grands marchés du tourisme de loisirs au monde, avec le Fonds d'investissement public du Royaume et de la Commission saoudienne du tourisme et du patrimoine national (CSTP) en tête.

Le tourisme religieux continuera également d’attirer des millions de pèlerins en Arabie saoudite chaque année pour le Hajj et la Omra, qui, ensemble, ajoutent environ 12 milliards de dollars au PIB du Royaume par année.

Le potentiel du secteur a été démontré à juste titre par une vague de tourisme intérieur pendant les mois d'été 2020, après que les mesures contre le coronavirus ont provoqué une forte baisse des voyages à l'étranger. Les voyages intérieurs ont augmenté de 31% cette année par rapport aux 12 mois précédents. Les vols locaux ont été doublés pour faire face à la demande croissante.

Par conséquent, les joyaux cachés du Royaume, comme la côte d'Umluj parsemée d'îles, les montagnes du sud d'Abha et la pittoresque province d'Asir, connue pour ses paysages à couper le souffle et son climat frais toute l'année, sont désormais de retour sur la carte touristique.

De son bureau à Madrid, la capitale espagnole, où elle a occupé le poste de directrice régionale du Moyen-Orient depuis 2018, Al-Mayman a consacré toute sa carrière au développement de l'industrie du tourisme, bien avant que l'Arabie saoudite ne commence à s'ouvrir au monde.

« Le tourisme saoudien et moi avons tous deux commencé ensemble », a-t-elle déclaré. « J'étais très jeune lorsque j'ai rejoint la Commission saoudienne du tourisme et du patrimoine national (CSTP) à ses débuts. Il n’y avait ni structure officielle pour l’organisation ni même pour l’industrie du tourisme ». Étant donné qu'il y avait très peu de femmes dans l'industrie du tourisme saoudienne à l'époque (« en fait moins de cinq »), Al-Mayman se dit satisfaite du virage qu'elle a pris depuis.

Pendant son séjour à la CSTP, où elle a siégé au conseil d'administration, Al-Mayman s'est battue pour obtenir que les précieux monuments historiques de l'Arabie saoudite, y compris les ruines impressionnantes d'AlUla et de Diriyah, soient inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. Elle a rappelé ces premières luttes lors d'une récente réunion des ministres du tourisme du G20.

 

Basmah Al-Mayman avec le Secrétaire général de l'OMT lors de sa dernière visite à Aseer. (Photo fournie)

« Pour moi personnellement, le fait d'avoir ces sites sur la table du G20, m'a fait réaliser à quel point nous avons progressé et ce que nous avons réalisé dans ce secteur », a-t-elle affirmé.

Al-Mayman incarne une grande partie l'esprit qui conduit les changements sociaux qui se produisent au sein de la société saoudienne, y compris l'autonomisation des femmes. Elle est particulièrement reconnaissante à sa mère de l’avoir soutenu dans son éducation afin de réaliser son plein potentiel.

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12 milliards de dollars

La contribution annuelle du tourisme religieux au PIB de l’Ar. saoudite.

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« Depuis mon enfance, ma mère m'a encouragé à lire et elle était une très bonne lectrice. C’est elle qui m'a encouragé à sortir le meilleur de moi », a-t-elle déclaré. « Je suis la seule fille de la famille, mais je n'ai pas été élevée en tant que fille. J'ai été élevé de la même manière que mes frères ».

Faisant allusion aux paroles souvent citées du prince héritier Mohammed ben Salmane lors de la conférence de l'Initiative d'investissement futur en octobre 2018. « Le Moyen-Orient sera la nouvelle Europe » - a déclaré Al-Mayman: « C'est une ambition régionale. Je cite simplement le leader derrière cela. C'est vrai. Nous pouvons le voir se produire. Même maintenant, pendant la pandémie de la Covid-19, notre région est moins touchée et moins vulnérable pour de nombreuses raisons ».

Le succès d’Al-Mayman lui a permis de se classer 13e dans la « liste des femmes puissantes » 2020 de Forbes Moyen-Orient de 100 femmes d’affaires qui sont au sommet de leur performance. Elle était également la seule femme à représenter le tourisme dans le monde arabe. Mais, comme elle l’a souligné, les femmes fortes ont toujours été nombreuses dans la région ».

« Si nous parlons de cette terre, qui est aujourd'hui connue sous le nom d'Arabie saoudite, à Makkah, nous avons Sayidah Khadijah (l'épouse du prophète), a joué un rôle majeur dans sa société et son économie locale », a-t-elle déclaré.

« Si nous passons à l’histoire moderne, lorsque le Royaume a commencé, la princesse Nourah bint Abdulrahman, la sœur du fondateur, a joué un rôle majeur. Elle a représenté son frère, le roi Abdulaziz dans de nombreuses situations, où elle recevait des délégations internationales de femmes venant pour le Hajj ou pour d’autres raisons.

« De plus, nous avons tellement de femmes formidables dans les domaines de l'éducation et de la médecine. Les Saoudiennes n'ont jamais cessé de travailler, de contribuer à leur société et de contribuer à leur économie. Je me demande simplement pourquoi certains pays pensent que le rôle des femmes saoudiennes n'a commencé que maintenant.

En ce qui concerne l’industrie du tourisme au Moyen-Orient, Al-Mayman est convaincue que des jours encore meilleurs nous attendent. « Je suis très optimiste pour la région », a-t-elle déclaré. « Plusieurs de ses pays progressent dans le tourisme et dans la création des emplois pour les hommes et les femmes et même pour les jeunes ».

 

Basmah Al-Mayman avec le roi d'Espagne lors de la dernière édition du FITUR à Madrid en janvier 2020 (Photo fournie)

L'Arabie saoudite a lancé son nouveau programme de visa électronique en septembre 2019 pour attirer les touristes étrangers, mais a été contrainte de suspendre le service avec le début de la pandémie. Il reprendra certainement dès janvier 2021, a déclaré Ahmed Al-Khateeb, le ministre saoudien du Tourisme, à Bloomberg le mois dernier. Peut-être même plus tôt si un vaccin contre la Covid-19 est découvert.

Al-Mayman est convaincue que le tourisme rebondira beaucoup plus rapidement après la reprise économique dans le Golfe que dans les économies européennes et autres économies développées. « Nous prenons cette pandémie au sérieux », a-t-elle déclaré. « Par conséquent, les dégâts et les pertes ne sont pas d’une ampleur alarmante car nous avons des populations beaucoup plus petites et la plupart des pays de la région ont également des économies fortes ».

Al-Mayman estime qu'il est de la responsabilité de ces pays plus riches du Golfe de mettre leurs compétences et leur savoir-faire au service du développement international. « Je suis très ambitieuse et je souhaite voir plus d'Arabes et de représentants du CCG occuper davantage de postes de direction au sein des agences spécialisées des Nations Unies. Nous formons un seul monde que nous devons le servir en s’entraidant », a-t-elle déclaré.

« Il ne suffit pas d’être un contributeur financier. Nous avons également des personnes dotées de talents et de bonnes compétences qui peuvent également aider les autres régions du monde à faire notre planète un endroit meilleur » a-t-elle conclu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Pétrole en repli, Bourses d'Asie prudentes: le marché guette des signaux concrets d'apaisement au Moyen-Orient

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
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  • Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février
  • Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens

TOKYO: Les prix du pétrole sont repartis à la baisse vendredi en Asie, dans des marchés guettant les signaux tangibles sur de potentielles négociations entre Etats-Unis et Iran, tandis que Tokyo et Séoul reprenaient leur souffle au lendemain d'une envolée.

Recul du pétrole, prudence sur le Moyen-Orient

Vers 06H30 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en mai, référence du marché américain, reculait de 1,49% à 93,28 dollars.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, référence mondiale, cédait 1,11% à 98,29 dollars.

Les cours de l'or noir ont effacé leurs gains de la veille, le marché restant dans l'attente de signaux concrets sur de potentielles négociations entre l'Iran et les Etats-Unis.

Certes, le président américain Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

Donald Trump a en outre annoncé un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT.

Mais le marché doit composer avec des signaux contradictoires: le ministre américain de la Défense a ainsi dit jeudi que les Etats-Unis bombarderont à nouveau l'Iran si Téhéran "fait le mauvais choix".

L'Iran a menacé de bloquer la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier. Et l'armée libanaise a accusé vendredi Israël d'avoir commis des "actes d'agression" et des bombardements en violation de la trêve.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a par ailleurs indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

"Pour l'heure, le fait qu'aucune nouvelle série de pourparlers n'ait été programmée n'a qu'un impact modéré sur les marchés financiers (...) et le prix du pétrole reste inférieur à 100 dollars le baril",constate Kathleen Brooks, analyste de XTB.

"Toutefois, tant que le détroit d'Ormuz ne sera pas pleinement opérationnel, le prix du pétrole continuera de s'échanger avec une prime substantielle", prévient-elle.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février.

Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

La monnaie américaine montait légèrement (+0,19%) à 159,47 yens pour un dollar, tandis que l'or se stabilisait à 4.789 dollars l'once.

"S'il existe effectivement une voie rapide et crédible vers une résolution, l'optimisme récent pourrait persister, confortant la perspective à moyen terme d'un affaiblissement du dollar", observe Lloyd Chan, de MUFG.

"En revanche, si la diplomatie échoue et que l'optimisme s'estompe, le dollar pourrait rester soutenu plus longtemps", portée par les tensions inflationnistes.

Les Bourses d'Asie soufflent

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points.

A Séoul, l'indice Kospi a lâché 0,55%. La Bourse de Taipei a reculé de 0,88%, Sydney de 0,09%. L'indice hongkongais Hang Seng cédait 1,13% vers 06H30 GMT.

Guettant les signaux contradictoires au Moyen-Orient, les places asiatiques reprenaient leur souffle et faisaient une pause après avoir bondi la veille, le Nikkei s'élevant même à un sommet record en clôture.

"Compte tenu du nouveau record historique atteint par le Nikkei (jeudi), la prudence pourrait de nouveau s'imposer à ces niveaux élevés de valorisation", prévenaient les analystes de Tokai Tokyo Intelligence.

TSMC trébuche, les investisseurs prudents

Le géant taïwanais TSMC, premier sous-traitant mondial de semi-conducteurs, a publié jeudi un bénéfice net record pour le premier trimestre 2026, porté par la course effrénée au développement de l'intelligence artificielle (IA).

Il a vu pourtant son titre chuter de 2,64% vendredi à la Bourse de Taipei.

Ce repli reflète des prises de bénéfices, mais aussi l'inquiétude des investisseurs quant à la forte dépendance du groupe vis-à-vis d'un petit nombre de clients géants spécialisés dans l'IA.

"Les investisseurs sont amenés à se demander si une part trop importante des résultats de l'entreprise ne repose pas sur la capacité d'un groupe restreint d'+hyperscalers+ et de concepteurs de puces IA à maintenir leurs dépenses au rythme actuel", note Charu Chanana, de Saxo Markets. "Ce marché est difficile à impressionner".

 


« Data Center Resource 360 » : Veolia face à l’empreinte écologique du numérique

Lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres, un événement organisé par Veolia réunissant dirigeants et experts autour des enjeux liés à la transition écologique des infrastructures numériques. (Photo: fournie)
Lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres, un événement organisé par Veolia réunissant dirigeants et experts autour des enjeux liés à la transition écologique des infrastructures numériques. (Photo: fournie)
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  • Veolia lance « Data Center Resource 360 », une offre globale visant à rendre les data centers plus durables, circulaires et résilients dans un contexte de forte croissance du secteur
  • Cette solution permet jusqu’à 20 % de réutilisation d’énergie, une réduction de 75 % de l’empreinte hydrique et 95 % de recyclage et de réutilisation des déchets, tout en renforçant l’intégration locale et la sécurité environnementale

LONDRES: À Londres, Veolia a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie environnementale en dévoilant « Data Center Resource 360 », une offre globale destinée à répondre à un défi croissant : concilier l’essor fulgurant des infrastructures numériques avec les impératifs écologiques et sociétaux.

Dans un monde où l’accès à l’information est devenu essentiel, la donnée s’impose désormais comme une ressource stratégique. Cette transformation s’accompagne toutefois d’un coût invisible mais considérable : les data centers, piliers de l’économie numérique, nécessitent des volumes toujours plus importants d’eau, d’énergie et d’infrastructures. Leur développement rapide — estimé à une croissance annuelle de plus de 11 % — accentue les tensions sur les ressources, notamment dans les zones urbaines où ils sont implantés.

Face à cette réalité, Veolia propose une approche holistique et intégrée. L’offre « Data Center Resource 360 » vise à transformer ces infrastructures en modèles de durabilité. Elle repose sur une gestion complète du cycle des ressources, permettant jusqu’à 75 % de réduction de l’empreinte hydrique, 95 % de recyclage et de valorisation des déchets, ainsi que 20 % de réutilisation de l’énergie.

Déjà déployée sur plus de 100 sites à travers le monde, notamment auprès des principaux opérateurs du secteur, cette offre s’appuie sur l’expertise combinée du groupe dans la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie.

« Il s’agit d’un marché stratégique, à la croisée des révolutions numérique et écologique », a déclaré Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, lors de l’événement de lancement. « À mesure que la pression sur les ressources s’intensifie, transformer les data centers en acteurs utiles aux territoires devient une nécessité », a-t-elle ajouté.

Estelle Brachlianoff a insisté sur l’ADN d’innovation du groupe, hérité de plus de 170 ans d’histoire. « Aujourd’hui, la donnée est la prochaine génération de ressources », a-t-elle affirmé. « Nous sommes le laboratoire d’innovation des services essentiels. » Une vision qui s’inscrit dans une logique d’anticipation : pour Veolia, innover consiste avant tout à sécuriser ce dont les sociétés ne peuvent se passer — l’eau, l’énergie, la santé. 

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Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, lors du lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres. (Photo: fournie)

Cette ambition prend une dimension particulière dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle. Les industries de l’IA, fortement consommatrices de ressources, renforcent la pression sur l’eau, l’énergie et le foncier. Dans certaines régions du monde, comme le Moyen-Orient, où jusqu’à 85 % de l’eau provient du dessalement, ces enjeux prennent une dimension géopolitique. L’eau, à l’instar du pétrole, devient un levier stratégique pour la stabilité et le développement.

Veolia entend répondre à ces défis en s’appuyant sur ses technologies propriétaires et sa capacité à intervenir à toutes les échelles — des États aux collectivités locales. L’offre présentée à Londres s’appuie notamment sur des outils digitaux avancés, capables d’optimiser en temps réel les performances des installations, d’anticiper les risques et de maximiser l’efficacité opérationnelle.

La stratégie repose également sur un modèle décentralisé, permettant d’adapter les solutions aux spécificités locales tout en bénéficiant d’une expertise globale. « Notre échelle mondiale est un avantage compétitif qui nourrit la croissance locale », a souligné Estelle Brachlianoff. Cette capacité à “penser global, agir local” permet au groupe de proposer des solutions sur mesure, en lien direct avec les besoins des territoires.

Lors de l’événement, une table ronde consacrée à l’innovation dans les industries de l’IA a également mis en lumière le rôle clé des infrastructures dans la transformation numérique. Les data centers ne sont plus de simples installations techniques : ils deviennent des nœuds stratégiques, au croisement des enjeux industriels, environnementaux et sociétaux.

De son côté, Emmanuelle Menning, directrice générale adjointe en charge des finances, a insisté sur la nécessité de concilier innovation et déploiement à grande échelle. « L’innovation n’a de valeur que si elle peut être mise en œuvre efficacement et à coût maîtrisé », a-t-elle déclaré. Elle a rappelé que Veolia dessert aujourd’hui plus de 110 millions de personnes en eau, illustrant la capacité du groupe à opérer des solutions complexes à grande échelle. 

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Emmanuelle Menning, directrice générale adjointe en charge des finances de Veolia, lors du lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres. (Photo : fournie)

Elle a également mis en avant le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans les opérations du groupe, qu’il s’agisse de détecter les fuites, d’optimiser la consommation énergétique ou encore d’améliorer la maintenance prédictive. « L’IA et l’innovation de design permettent de générer des gains opérationnels significatifs pour nos clients, nos partenaires et nos équipes », a-t-elle ajouté.

Au-delà de la performance environnementale, l’enjeu est aussi économique. Dans un marché estimé à plusieurs milliards de dollars, les solutions intégrées pour data centers connaissent une croissance rapide. Veolia entend s’y positionner comme un acteur de référence, en capitalisant sur son expertise dans la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie.

Avec « Data Center Resource 360 », le groupe ne se contente pas de répondre à une problématique technique : il propose une nouvelle vision des infrastructures numériques. Des infrastructures capables non seulement de réduire leur empreinte, mais aussi de créer de la valeur pour les territoires, notamment grâce à la récupération de chaleur ou à une meilleure intégration dans les réseaux locaux.

À l’heure où la transition écologique s’impose comme une priorité mondiale, Veolia fait le pari que l’innovation, alliée à une approche systémique, peut transformer les contraintes en opportunités — et faire des data centers un levier clé du développement durable.


Hermès pénalisé au premier trimestre par la guerre au Moyen-Orient et les taux de change

L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient". (AFP)
L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient". (AFP)
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  • L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient", a précisé à des journalistes le directeur général finances, Éric du Halgouët
  • "On avait une très belle croissance à deux chiffres en janvier et février, le mois de mars a marqué un coup d'arrêt puisque notre activité s'est trouvée en recul de 40%", "principalement aux Émirats arabes unis"

PARIS: Le groupe français de luxe Hermès a publié mercredi des ventes en baisse de 1,4% sur un an à 4,1 milliards d'euros au premier trimestre, pénalisées par les taux de change et la guerre au Moyen-Orient.

A taux de change constant, le chiffre d'affaires du sellier-maroquinier progresse de 6%, l’effet défavorable des changes représentant 290 millions d'euros. "Dans un contexte géopolitique sous tension, la maison Hermès garde son cap", déclare le gérant du groupe Axel Dumas, cité dans le communiqué.

L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient", a précisé à des journalistes le directeur général finances, Éric du Halgouët.

"On avait une très belle croissance à deux chiffres en janvier et février, le mois de mars a marqué un coup d'arrêt puisque notre activité s'est trouvée en recul de 40%", "principalement aux Émirats arabes unis", a-t-il détaillé, précisant que le groupe opère dans six magasins dans cette zone qui représentent "4% des ventes du groupe".

Les ventes aux Royaume-Uni, en Italie et en Suisse ont également souffert de cette guerre car Hermès y a un "proportion significative de clientèle du Moyen-Orient", selon le directeur finances.

Les ventes en France, en baisse de 2,8% à 347 millions d'euros sont pénalisées par "le ralentissement des flux touristiques, notamment en mars", selon le communiqué.

Pour les autres régions, les ventes en Amérique, Japon et Europe hors France "réalisent de belles progressions", "malgré le ralentissement des flux touristiques en lien avec les événements survenus au Moyen- Orient".

La zone Amérique "réalise un premier trimestre exceptionnel, avec une croissance équilibrée dans tous les métiers, tant aux États-Unis, qu'au Canada ou en Amérique du Sud", avec un chiffre d'affaires en hausse de 6,4% à 739 millions d'euros.

Le chiffre d'affaires au Japon en baisse de 3,9% (mais en hausse de 9,6% à taux de change constant) atteint 404 millions d'euros grâce à la clientèle locale.

En Europe hors France, le chiffre d'affaires est en hausse de 7,6% à 538 millions d'euros, soutenu par la demande locale également.

Le chiffre d'affaires en Asie hors Japon baisse de 4,6% (mais augmente de 2,2% hors effet de change) à 1,88 milliard d'euros avec une Grande Chine (qui inclut Hong Kong, Taïwan, Macao et la Chine) qui "poursuit une légère croissance".