Assassinat Hariri: deux membres du Hezbollah condamnés à la prison à perpétuité

L'attentat de 2005 a tué l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri et 21 autres personnes. (Photo, AFP)
L'attentat de 2005 a tué l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri et 21 autres personnes. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 16 juin 2022

Assassinat Hariri: deux membres du Hezbollah condamnés à la prison à perpétuité

L'attentat de 2005 a tué l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri et 21 autres personnes. (Photo, AFP)
  • «La chambre d'appel décide à l'unanimité de condamner M. (Habib) Merhi et M. (Hussein) Oneissi à la réclusion à perpétuité, la peine la plus lourde prévue par le statut et le règlement» du tribunal, a déclaré la présidente du TSL
  • Les deux hommes avaient «pleinement conscience que le projet d'attentat en plein coeur de Beyrouth tuerait Rafic Hariri» et d'autres personnes

LEIDSCHENDAM: Le Tribunal spécial des Nations unies pour le Liban (TSL) a condamné par contumace jeudi à la prison à perpétuité deux membres du Hezbollah pour la mort dans un attentat en 2005 de 22 personnes dont l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. 

« La chambre d'appel décide à l'unanimité de condamner M. (Habib) Merhi et M. (Hussein) Oneissi à la réclusion à perpétuité, la peine la plus lourde prévue par le statut et le règlement » du tribunal, a déclaré la présidente du TSL, Ivana Hrdlickova. 

Le tribunal avait jugé coupables en appel le 10 mars Hussein Oneissi et Hassan Habib Merhi, annulant leur acquittement. Ils ont notamment été reconnus coupables en appel de complot en vue de commettre un acte de terrorisme et de complicité d'homicide intentionnel. 

Les deux hommes avaient « pleinement conscience que le projet d'attentat en plein coeur de Beyrouth tuerait Rafic Hariri » et d'autres personnes, a soulevé la juge Ivana Hrdlickova. 

Ils ont agi avec préméditation et se sont rendus coupables de crimes d'une « gravité extrême » et « particulièrement odieux » qui ont « plongé le peuple libanais dans un état de terreur », a-t-elle ajouté. 

Il est peu probable que les deux hommes soient véritablement incarcérés car le mouvement chiite Hezbollah a refusé de remettre tout suspect et de reconnaître la cour qui a jugé tous les suspects par contumace dont Salim Ayyash, déjà condamné à la perpétuité en 2020. 

Camionnette remplie d'explosifs 

Rafic Hariri, qui fut le Premier ministre libanais jusqu'à sa démission en octobre 2004, a été tué en février 2005, lorsqu'un kamikaze a fait sauter une camionnette remplie d'explosifs au passage de son convoi blindé à Beyrouth, tuant 21 autres personnes et faisant 226 blessés. 

L'attaque a déclenché des manifestations qui ont chassé la Syrie du Liban après un déploiement militaire de 29 ans. 

Après le départ de l'armée syrienne, le courant hostile à Damas, emmené par Saad Hariri, fils de Rafic Hariri, avait raflé les législatives de 2005 et de 2009. 

Il pourrait bien s'agir du tomber de rideau pour le TSL, qui siège près de La Haye, aux Pays-Bas. Menacé de disparition faute de financement, le tribunal devrait fermer ses portes à l'issue de ce procès. 

Depuis son ouverture en 2009 après une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, le coût du TSL, chargé de juger les personnes accusées de l'attentat, est estimé entre 600 millions et un milliard de dollars. 

A l'issue du procès en première instance, le tribunal avait condamné Salim Ayyash en 2020 mais avait estimé qu'il n'y avait pas assez de preuves pour condamner les autres accusés, Assad Sabra, Hussein Oneissi et Hassan Habib Merhi. L'accusation avait fait appel des acquittements des deux derniers. 

Le dossier montre un nombre important d'échanges avec différents téléphones portables utilisés par les condamnés dans les heures qui ont suivi l'assassinat de M. Hariri. 

Les trois condamnés sont toujours en fuite, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, ayant refusé de les remettre au tribunal, lequel a averti qu'il fermerait sous peu en raison d'un manque de fonds. 

Un autre procès contre Salim Ayyash pour une série d'attaques contre plusieurs hommes politiques a été annulé, faute de liquidités. 


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.