Au pied du mur, Macron consulte les partis et Borne se montre « au travail»

Deux mois après la présidentielle, le camp présidentiel n'a pas réussi à conserver la majorité absolue à l'Assemblée (Photo, AFP).
Deux mois après la présidentielle, le camp présidentiel n'a pas réussi à conserver la majorité absolue à l'Assemblée (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 21 juin 2022

Au pied du mur, Macron consulte les partis et Borne se montre « au travail»

  • En poste depuis à peine plus d'un mois, Mme Borne a été confirmée jusqu'à nouvel ordre par le chef de l'Etat, qui a refusé en début de matinée sa démission « afin que le gouvernement puisse demeurer à la tâche»
  • «La Première ministre a plaidé pour rester afin d'avoir les outils pour faire face à la situation et aux urgences des Français», a expliqué son entourage

PARIS : Emmanuel Macron a voulu mardi reprendre l'initiative mardi en consultant les responsables des partis pour trouver des "solutions constructives" afin d'empêcher un blocage politique au Parlement, soutenant sa Première ministre Elisabeth Borne, confirmée jusqu'à nouvel ordre.

La Première ministre Elisabeth Borne recevra quant à elle "la semaine prochaine les présidents de groupes fraîchement élus à l'Assemblée nationale", a annoncé la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire, à l'issue d'une "réunion de travail" à Matignon avec l'ensemble des ministres.

La cheffe du gouvernement "est au travail, elle prépare les prochains jours avec le gouvernement, l'ensemble des décrets que nous devons sortir", a souligné Mme Grégoire.

En poste depuis à peine plus d'un mois, Mme Borne a été confirmée jusqu'à nouvel ordre par le chef de l'Etat, qui a refusé en début de matinée sa démission "afin que le gouvernement puisse demeurer à la tâche", selon l'Elysée.

Il est de tradition après les élections législatives que le chef du gouvernement propose sa démission, avant d'être aussitôt reconduit à son poste. Mais Mme Borne est sur un siège éjectable après les résultats décevants dimanche aux législatives où la Macronie a perdu la majorité absolue.

"La Première ministre a plaidé pour rester afin d'avoir les outils pour faire face à la situation et aux urgences des Français", a expliqué son entourage. "Il y a beaucoup de décrets à prendre dans les jours à venir, dont la revalorisation du point d'indice, la deuxième phase de Parcoursup... On ne peut pas se permettre d'avoir un gouvernement qui ne gère pas cela".

"Nous sommes là pour gouverner, nous avons été élus par le peuple français pour gouverner, nous gouvernons sous l'autorité d'Elisabeth Borne et du président de la République", a martelé à sa sortie de Matignon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

«Grande coalition»

Mais, signe que c'est bien le chef de l'Etat qui reste en premier à la manœuvre, l'Elysée a rappelé que c'est lui qui va d'abord "mener les consultations politiques nécessaires en recevant les chefs de parti susceptibles d'avoir un groupe à l'Assemblée nationale afin d'identifier les solutions constructives envisageables au service des Français".

A l'issue d'une discussion qualifiée de "franche", le patron de LR Christian Jacob a répété que le parti de droite refusait d'entrer dans "toute logique de pacte" même s'il ne sera "jamais" dans "le blocage des institutions", une position contestée par certains au sein de LR.

Du côté de la majorité, les alliés d'Emmanuel Macron font pression: Le patron du MoDem, François Bayrou a appelé à "s'approcher aussi près que possible de l'union nationale". "C'est en travaillant le plus possible ensemble dans des débats respectueux, ouverts - même s'ils sont chauds - que nous ferons, au fond, ce que les citoyens attendent de nous", a encore fait valoir le leader centriste.

Et Edouard Philippe, autre allié clef d'Emmanuel Macron d'enfoncer le clou: il a appelé sur BFMTV à la création d'une "grande coalition", estimant possible un "compromis" avec Les Républicains et de négocier avec le PS, quitte à "trouver des profils nouveaux" pour en prendre la tête.

Le chef du PS Olivier Faure a expliqué à Emmanuel Macron que les socialistes étaient "disposés" à "avancer" si le gouvernement prenait des mesures sur le pouvoir d'achat, notamment une hausse du Smic.

Marine Le Pen a elle rappelé que le RN revendiquait "la présidence de la Commission des finances" et la vice-présidence de l'Assemblée, réaffirmant que le groupe d'extrême droite entendait être "dans l'opposition" mais "pas dans l'obstruction systématique".

Le chef du PCF Fabien Roussel devait fermer la marche, avant qu'Emmanuel reçoive mercredi Julien Bayou (EELV) et les Insoumis Adrien Quatennens et Mathilde Panot qui a été réélu à la tête du groupe LFI.

«Le fruit qui tombe de l'arbre»

Élue de justesse dimanche dans le Calvados, Elisabeth Borne, qui n'assiste pas aux entretiens avec les partis politiques, a été fragilisée par la gifle électorale reçue dimanche et dans l'opposition plusieurs élus, de LFI à la LR Valérie Pécresse, ont réclamé sa démission.

"Cette femme n'a aucune légitimité", a affirmé mardi Jean-Luc Mélenchon, en l'appelant à se soumettre à un vote de confiance des députés. "Nous sommes en train de perdre notre temps avant qu'elle s'en aille", a-t-il ajouté, disant "attendre que le fruit tombe de l'arbre".

"Je trouve assez curieux d'entendre un homme qui n'a pas été élu par les Français (...) donner des leçons de légitimité à une femme qui est Première ministre et qui a été élue par les Français", lui a répondu le ministre des Compte publics, Gabriel Attal, rappelant que la majorité présidentielle "a reçu le plus grand nombre de suffrages et le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée nationale" et que Jean-Luc Mélenchon ne s'était pas représenté cette année.

 


Mélenchon aux patrons: "si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession"

Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
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  • Jean-Luc Mélenchon appelle les chefs d’entreprise à augmenter les salaires pour éviter une récession en France
  • Lors du débat du Medef, les principaux candidats ont exposé leurs visions économiques, de la réduction de la bureaucratie à la relance sociale et écologique

PARIS: Jean-Luc Mélenchon a exhorté jeudi les chefs d'entreprise à "augmenter les salaires" pour éviter à la France de "tomber en récession", en ouverture du premier débat entre les principaux candidats à la présidentielle, organisé par le Medef.

"Je vous mets en alerte: le budget Lecornu, plus l'inflation alimentaire, si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession", a lancé le candidat de La France insoumise lors de ce débat à Roland-Garros, diffusé par LCI.

Les sept candidats les mieux placés dans les sondages se sont exprimés à tour de rôle sur le court central.

Actuelle favorite selon les intentions de vote à moins de huit mois du premier tour du 18 avril, Marine Le Pen a estimé qu'il y avait "un consensus général sur la gravité de la situation" économique du pays.

"Moi j'appelle à l'union de l'ensemble des acteurs, à l'union des salariés et des entrepreneurs pour opérer le redressement, j'oserai même, même en présence de Monsieur Attal, la renaissance de la France", a dit la candidate du Rassemblement national.

Gabriel Attal, candidat du parti présidentiel Renaissance, conteste en justice l'utilisation de ce terme par la quadruple candidate à l'Elysée dans son slogan de campagne.

Ce dernier, qui se dispute avec Edouard Philippe la place de candidat du bloc central, a lui épinglé dans son introduction les insoumis, invitant Jean-Luc Mélenchon à "présenter des excuses pour les propos de (l'eurodéputée) Manon Aubry qui a qualifié les entrepreneurs français de nuisibles et de parasites".

Son concurrent Edouard Philippe, candidat du parti Horizons, souvent accusé de promettre du "sang et des larmes", s'est dit "convaincu qu'on ne gagne pas une élection, mais surtout qu'on ne sort pas un pays de l'ornière en se contentant de dire ce qui ne va pas et en disant que ça va être dur".

Il s'en est pris, lui aussi, à la proposition des insoumis d'annuler une partie de la dette publique française, car selon lui, "brûler la dette" mettra la France en "interdit bancaire".

"Moi je ne veux pas pour mon pays, la France, d'un destin de parc d'attractions pour tycoons américains, oligarques russes, dignitaires du Parti communiste chinois ou émirs du Golfe", a martelé pour sa part le social-démocrate Raphaël Glucksmann, proposant son "nouveau contrat patriotique".

A droite, Bruno Retailleau, candidat du parti Les Républicains, a promis de s'attaquer à "l'État bureaucratique", "vorace", "paperasse", qualifié de "premier problème", et qui "asphyxie les forces vives" selon lui.

L'écologiste Marine Tondelier a assuré les patrons que, comme eux, "les Ecologistes aussi veulent la liberté", car "l'écologie est la condition de la liberté".


Un soldat de la Légion étrangère française enlevé en Colombie

Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
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  • Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source
  • José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio

BOGOTA: Un soldat franco-colombien de la Légion étrangère française a été enlevé début août dans une région de Colombie contrôlée par la guérilla, a annoncé l'armée jeudi.

José Olger Melo Charry a été pris en otage le 6 août alors qu'il circulait sur une route du département de Nariño, dans le sud-ouest du pays, selon un rapport de l'armée consulté par l'AFP.

Les responsables présumés de cet enlèvement sont des dissidents de la guérilla des Farc, aujourd'hui dissoute, qui avaient refusé de signer l'accord de paix de 2016 avec le gouvernement, indique le document.

Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source.

José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio.

Le groupe accusé de cet enlèvement est dirigé par un homme connu sous le nom d'Ivan Mordisco, le guérillero le plus recherché de Colombie.

Les groupes armés du pays, principalement impliqués dans le trafic de drogue et l'exploitation minière illégale, ont recours aux enlèvements pour extorquer de l'argent ou faire pression sur les autorités.

Le président Abelardo de la Espriella, tenant de la droite dure, affiche depuis son arrivée au pouvoir début août une politique de lutte sans merci contre les guérillas et les narcotrafiquants, avec le soutien des Etats-Unis.

Son prédécesseur de gauche, Gustavo Petro, lui-même ancien membre d'une autre guérilla dissoute, avait échoué dans la plupart de ses tentatives de conclure la paix, et de nombreux experts soulignent que les groupes armés se sont renforcés durant sa présidence.


Expo2030: la France devient le premier pays à officialiser sa participation

Jacques Maire Président de Cofrex & Talal Al-Marri, directeur général de l’Expo 2030 Riyad, en présence de Son Altesse le Prince Faisal bin Farhan Al Saud, ministre des Affaires étrangères du Royaume d’Arabie saoudite, et de Dimitri S. Kerkentzes, secrétaire général du BIE. (Photo fournie)
Jacques Maire Président de Cofrex & Talal Al-Marri, directeur général de l’Expo 2030 Riyad, en présence de Son Altesse le Prince Faisal bin Farhan Al Saud, ministre des Affaires étrangères du Royaume d’Arabie saoudite, et de Dimitri S. Kerkentzes, secrétaire général du BIE. (Photo fournie)
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  • La France est le premier pays à signer officiellement son contrat de participation à l’Expo 2030 Riyad.
  • Signé à Paris en marge de la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane, l’accord précise les contours de la présence française et marque une nouvelle étape dans la préparation de l’Exposition universelle saoudienne.

PARIS: La France sera au rendez-vous de l’Expo 2030 Riyad. Elle est même le premier pays à avoir officiellement signé son contrat de participation à l’Exposition universelle qui se tiendra dans la capitale saoudienne du 1er octobre 2030 au 31 mars 2031.

La signature de l’accord s’est déroulée à Paris, en marge de la visite du prince héritier et Premier ministre saoudien, Mohammed ben Salmane. La cérémonie s’est tenue en présence du ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhan Al Saoud, et de Dimitri S. Kerkentzes, secrétaire général du Bureau international des Expositions (BIE).

Le contrat a été signé par Talal Al-Marri, directeur général de l’Expo 2030 Riyad, et Jacques Maire, président de la Compagnie française des expositions (Cofrex), l’organisme chargé de préparer et de mettre en œuvre la participation française aux Expositions universelles.

Un premier contrat qui donne le ton

Au-delà de sa portée symbolique, cet accord fixe concrètement le cadre de la participation française pendant les six mois de l’Expo. Il précise notamment l’emplacement et la superficie attribués au pavillon français, ainsi que les grandes orientations de son contenu et de l’expérience proposée aux visiteurs et aux entreprises.

« La signature par la France de son contrat de participation, en tant que premier pays à franchir cette étape, constitue une avancée importante pour l’Expo 2030 Riyad », a déclaré Talal Al-Marri.

Le directeur général de l’Expo a également souligné la longue tradition française de participation aux Expositions universelles et son expertise dans les domaines de la culture, de l’innovation et de la création d’expériences destinées au public.

Cette première signature intervient alors que Riyad accélère les préparatifs de son Exposition universelle. Le 25 août, l’Arabie saoudite et le BIE ont également signé l’Accord de Siège, qui établit le cadre juridique et administratif applicable aux participants officiels. Plus de 135 pays ont déjà confirmé leur participation, selon le BIE.

« Sous un même ciel » : le pavillon français se dévoile

Le pavillon français sera installé dans le quartier thématique baptisé « Planète ». Son thème sera « Sous un même ciel », avec une scénographie articulée autour de quatre éléments : le ciel, la terre, le feu et l’eau.

Pour Jacques Maire, cette conception doit permettre à la France de conjuguer représentation culturelle, innovation et enjeux environnementaux.

Le pavillon aura une double vocation : proposer aux visiteurs une expérience immersive et mettre en avant le savoir-faire français, notamment dans les domaines liés à la protection de la planète et à la transition écologique.

« L’Expo 2030 Riyad constitue une plateforme exceptionnelle pour faire rayonner la créativité, l’innovation et le savoir-faire français », a déclaré le président de Cofrex.

La France entend ainsi utiliser l’Exposition comme une vitrine internationale pour ses entreprises, ses institutions et ses créateurs, tout en participant aux réflexions collectives sur les grands défis auxquels sont confrontées les sociétés contemporaines.

Une exposition placée sous le signe de l’avenir

L’Expo 2030 Riyad aura pour thème général « Imaginer demain ». Elle devrait réunir plus de 200 participants officiels et accueillir quelque 42 millions de visites sur un site de six millions de mètres carrés.

Les organisateurs prévoient cinq quartiers thématiques, des pavillons nationaux, des espaces culturels immersifs et une programmation quotidienne destinée à favoriser les échanges entre visiteurs, pays et organisations.

L’intelligence artificielle et les technologies de pointe doivent également occuper une place importante dans l’expérience proposée au public, aux côtés de l’hospitalité saoudienne et d’une programmation culturelle internationale.

Pour Riyad, l’enjeu dépasse toutefois les six mois de l’Exposition. Le site doit à terme évoluer vers un « village mondial » permanent, conçu pour laisser un héritage durable à la capitale saoudienne et au Royaume.

Une dynamique franco-saoudienne qui se renforce

La signature du contrat français intervient dans un contexte de multiplication des coopérations entre les deux pays autour de l’Expo. Le 26 août, Expo 2030 Riyad et Atout France, l’agence nationale française de développement touristique, ont également signé un protocole d’accord destiné à renforcer les échanges d’expertise, notamment dans le tourisme durable, l’expérience des visiteurs et la préparation de l’héritage de l’Exposition.

Cette succession d’accords illustre la volonté de Riyad de transformer l’Expo 2030 en plateforme de coopération internationale bien avant son ouverture.

Pour la France, qui fait de son pavillon un espace de rayonnement culturel, économique et technologique, le rendez-vous constitue également une occasion de renforcer sa présence dans un Royaume engagé dans une profonde transformation économique et sociale.

À quatre ans de l’ouverture des portes de l’Expo 2030, le pavillon français entre donc officiellement dans sa phase de préparation. Et en choisissant la France comme premier pays à formaliser sa participation, Riyad donne un premier signal fort sur l’importance qu’il entend accorder à ses partenaires internationaux dans la construction de cette future vitrine mondiale.