Syrie: Pressions sur Moscou à l'ONU pour prolonger le mécanisme d'aide transfrontalier

António Guterres a déclaré que les infrastructures s'effondraient après des années de guerre (Photo, AFP).
António Guterres a déclaré que les infrastructures s'effondraient après des années de guerre (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 21 juin 2022

Syrie: Pressions sur Moscou à l'ONU pour prolonger le mécanisme d'aide transfrontalier

  • La population concernée vit dans la région d'Idleb qui reste hors de contrôle du régime syrien
  • Washington a évoqué une possible participation accrue à des projets de réhabilitation en Syrie

NATIONS UNIES: Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé lundi le Conseil de sécurité, en visant surtout la Russie, à renouveler pour un an l'autorisation d'aide humanitaire transfrontalière à la population du nord-ouest de la Syrie, un mécanisme dénoncé par Moscou qui fonctionne sans accord de Damas.

Créée en 2014, cette autorisation d'utiliser le dernier point de passage existant de Bab al-Hawa à la frontière syro-turque expire le 10 juillet. La Russie, qui a déjà imposé dans le passé une forte réduction des accès transfrontaliers au motif qu'ils violent la souveraineté syrienne, pourrait mettre son veto à une nouvelle prolongation.

"Bien que l'augmentation de l'assistance à travers les lignes de front ait été une réalisation importante, dans les circonstances actuelles, elle n'est pas à l'échelle nécessaire pour remplacer une réponse transfrontalière massive", a averti Antonio Guterres lors d'une réunion mensuelle du Conseil de sécurité sur la Syrie.

"J'appelle instamment les membres du Conseil à maintenir le consensus sur l'autorisation des opérations transfrontalières, en renouvelant la résolution 2585 pour une période supplémentaire de 12 mois". "C'est un impératif moral de répondre à la souffrance et à la vulnérabilité de 4,1 millions de personnes dans la région qui ont besoin d'aide et de protection", a-t-il plaidé.

La population concernée vit dans la région d'Idleb qui reste hors de contrôle du régime syrien.

Outre lui apporter une aide humanitaire, "un renouvellement de la résolution facilitera également d'autres projets de réhabilitation rapide" dans le pays, a assuré avant la réunion l'ambassadrice adjointe de la Norvège, Trine Heimerback.

Cette allusion à une participation occidentale à un début de reconstruction laisse entendre qu'une prolongation du mécanisme transfrontalier pourrait être proposée à Moscou en échange d'une aide accrue à des projets de relance financés par l'Occident.

La Russie réclame depuis longtemps à l'Occident de participer à la reconstruction de la Syrie, mais certains membres du Conseil de sécurité, la France en tête, s'y refusent tant qu'une réforme politique ne sera pas engagée dans le pays.

Centaines de camions 

"En l'absence de solution politique, il n'y a absolument pas lieu de normaliser les relations avec le régime syrien et d'avancer vers la reconstruction", a encore déclaré lundi l'ambassadrice française adjointe, Nathalie Broadhurst, en rappelant qu'il s'agit d'une position intangible de l'Union européenne.

"La Syrie a besoin d'autant d'aide que possible, le plus rapidement possible", a ajouté pour sa part la diplomate norvégienne, dans une déclaration conjointe avec l'ambassadrice d'Irlande, Geraldine Byrne Nason. A l'ONU, ces deux pays sont en charge des négociations sur le mécanisme transfrontalier.

Washington a également évoqué une possible participation accrue à des projets de réhabilitation en Syrie.

L'ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, qui s'est rendue récemment à la frontière turco-syrienne, a souligné "le soutien des Etats-Unis aux efforts de réhabilitation rapide" en Syrie, qui peuvent concerner des installations médicales ou scolaires. C'est un "élément important de l'effort d'une réponse durable", a-t-elle dit, précisant que Washington était prêt à accroître son aide dans ce domaine dans l'année à venir.

Emirats arabes unis et Chine ont aussi parlé de pousser les projets de réhabilitation.

On ne "parle pas assez" de ces derniers, a cependant asséné l'ambassadeur russe adjoint à l'ONU, Dmitry Polyanskiy. La Russie est "convaincue" que l'aide humanitaire à destination de "toutes les régions de Syrie" est possible via Damas sans utiliser le dispositif transfrontalier, a-t-il insisté, en accusant les sanctions internationales de favoriser la dégradation humanitaire en Syrie.

La semaine dernière, une trentaine d'ONG et six hauts responsables de l'ONU avaient déjà réclamé une reconduction de l'autorisation transfrontalière de l'ONU, concrétisée chaque mois par un transit à Bab al-Hawa de centaines de camions apportant de l'aide humanitaire au nord-ouest de la Syrie.


Une frappe vise la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement israélien

Des personnes déplacées sont assises devant leurs tentes dans un campement informel installé le long du front de mer de Beyrouth, le 6 avril 2026. (AFP)
Des personnes déplacées sont assises devant leurs tentes dans un campement informel installé le long du front de mer de Beyrouth, le 6 avril 2026. (AFP)
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  • Plusieurs immeubles visés par de récentes frappes sont totalement détruits
  • Des employés municipaux balayent les débris de verre sur les trottoirs et d'autres fragments jonchent certaines rues

BEYROUTH: Israël a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth, au lendemain de raids meurtriers sur la capitale et ses environs, alors que le bilan humain de la guerre avec le Hezbollah approche des 1.500 morts.

Un épais panache de fumée s'est élevé de la banlieue sud, sous contrôle du Hezbollah et vidée de la quasi-totalité de ses habitants depuis le 2 mars.

L'armée israélienne a affirmé avoir visé "des cibles terroristes du Hezbollah à Beyrouth".

Dans la banlieue sud, seuls quelques commerces restent ouverts, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Plusieurs immeubles visés par de récentes frappes sont totalement détruits. Des employés municipaux balayent les débris de verre sur les trottoirs et d'autres fragments jonchent certaines rues.

Une station-service de la compagnie al-Amana, accusée par Israël d'être contrôlée par le Hezbollah, est calcinée.

Des portraits de l'ayatollah Ali Khamenei, tué au début de la guerre dans une frappe américano-israélienne en Iran et présenté comme le "martyr de la nation", ornent les principales artères.

Le long de la route menant à la banlieue sud, des habitants ont installé des tentes où ils dorment, allant inspecter leurs maisons entre deux avertissements israéliens.

Dimanche, Israël avait intensifié ses bombardements sur la banlieue sud et la capitale elle-même. Une frappe en face du principal hôpital public du Liban avait fait cinq morts, selon le ministère de la Santé.

"Force al-Qods" 

Une autre frappe sur un appartement dans une zone à l'est de la capitale, jusque-là épargnée par les violences, a tué trois personnes, dont un responsable local des Forces libanaises (FL), un parti chrétien opposé au Hezbollah, et sa femme.

Le chef des FL Samir Geagea a affirmé que "les Israéliens visaient un membre de la force al-Qods", chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution iraniens, qui semble avoir échappé à la frappe.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam avait déclaré que les Gardiens de la Révolution dirigeaient les opérations du Hezbollah dans sa guerre contre Israël.

L'armée israélienne a affirmé lundi qu'elle avait frappé une "cible terroriste" à l'est de Beyrouth et ajouté qu'elle examinait l'incident "après des informations sur des victimes parmi des civils libanais non impliqués dans les combats".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles à la mort d'Ali Khamenei.

Depuis, Israël mène des frappes massives sur le pays ayant fait 1.497 morts et plus de 4.600 blessées, selon les autorités, et déplacé plus d'un million de personnes.

"Maisons inhabitables" 

Des frappes israéliennes ont également visé le sud et l'est du Liban. Dans le sud, quatre personnes ont été tuées dans un raid sur une voiture à Kfar Roummane, près de Nabatiyeh, a indiqué le ministère de la Santé.

Dans la localité de Bourj Rahal, près de Tyr, un correspondant de l'AFP a vu des immeubles détruits et des débris jonchant les rues.

"Le premier bilan est de 15 maisons endommagées, qui ne sont plus habitables", a dit à l'AFP le maire de la ville Daoud Ezzedine.

"Les habitants veulent revenir chez eux, mais ils ne pourront pas malheureusement", a-t-il ajouté.

Le ministère de la Santé a aussi annoncé que deux secouristes du Comité islamique de la santé, affilié au Hezbollah, avaient été tués par une frappe israélienne dimanche, portant à 57 le nombre de secouristes tués depuis le début de la guerre.

Le chef de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé sur X que l'OMS avait enregistré "92 attaques contre des établissements de santé, des véhicules médicaux, du personnel soignant et des entrepôts" depuis le début de la guerre.

Par ailleurs, le principal poste-frontière reliant le Liban à la Syrie, point de passage vital entre les deux pays, était toujours fermé lundi, après des menaces israéliennes de le viser samedi soir.

Ce passage "restera fermé, jusqu'à ce qu'on reçoive des garanties qu'il ne sera pas visé", a dit à l'AFP un responsable du ministère libanais des Transports, Ahmad Tamer.

 


Frappes israéliennes sur le plus grand complexe pétrochimique iranien

Israël a dit avoir mené lundi des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et s'est félicité de porter "un coup sévère au régime", Téhéran affirmant de son côté que la situation était "sous contrôle" mais que l'étendue des dégâts restait à évaluer. (AFP)
Israël a dit avoir mené lundi des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et s'est félicité de porter "un coup sévère au régime", Téhéran affirmant de son côté que la situation était "sous contrôle" mais que l'étendue des dégâts restait à évaluer. (AFP)
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  • Le complexe gazier d'Assalouyeh, dans le sud de l'Iran, se situe en bordure de l'immense champ gazier de South Pars, partagé par l'Iran avec le Qatar
  • Les frappes lundi sur Assalouyeh font suite à des bombardements israélo-américains samedi sur un site pétrochimique dans le sud-ouest de l'Iran, dans la province de Khouzestan

JERUSALEM: Israël a dit avoir mené lundi des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et s'est félicité de porter "un coup sévère au régime", Téhéran affirmant de son côté que la situation était "sous contrôle" mais que l'étendue des dégâts restait à évaluer.

L'agence iranienne Fars a par ailleurs affirmé qu'un autre complexe pétrochimique, cette fois près de Chiraz (centre-sud) avait été visé par des frappes, évoquant des "dégâts mineurs".

Israël n'a pas évoqué cette opération à ce stade. Mais le ministre de la Défense Israël Katz a déclaré que l'armée avait lundi "frappé avec force le plus grand complexe pétrochimique en Iran, situé à Assalouyeh, une cible clé qui assure environ la moitié de la production pétrochimique du pays".

Juste avant, Téhéran avait rapporté une série d'explosions sur le site, déjà frappé le 18 mars par Israël.

Le complexe gazier d'Assalouyeh, dans le sud de l'Iran, se situe en bordure de l'immense champ gazier de South Pars, partagé par l'Iran avec le Qatar.

Les frappes lundi sur Assalouyeh font suite à des bombardements israélo-américains samedi sur un site pétrochimique dans le sud-ouest de l'Iran, dans la province de Khouzestan.

"Les deux sites, représentant 85% des exportations pétrochimiques iraniennes, sont désormais hors service", a déclaré Israël Katz. "Cela représente un coup sévère se montant à des dizaines de milliards de dollars pour le régime iranien", a-t-il ajouté.

Quelques heures plus tard, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est également félicité des frappes.

"Aujourd'hui nous avons détruit la plus grande usine pétrochimique en Iran. Ce qui veut dire que nous éliminons systématiquement la machine à financer des Gardiens de la Révolution", l'armée idéologique de la République islamique, a-t-il déclaré dans une vidéo.

"Sous contrôle" 

Les médias officiels iraniens ont affirmé que la situation à Assalouyeh était "sous contrôle".

"L'incendie a été maîtrisé. La situation est actuellement sous contrôle et les aspects techniques ainsi que l'étendue des dégâts font l'objet d'une enquête", a indiqué l'agence Irna, citant un communiqué de la compagnie pétrochimique iranienne, ajoutant qu'aucun blessé n'était à déplorer.

Le champ offshore de South Pars, essentiel pour le secteur énergétique iranien, sert pour l'exploitation commune avec le Qatar du plus grand gisement de gaz naturel au monde.

Ehsan Jahanian, gouverneur adjoint de la province iranienne de Bouchehr (sud-ouest), a indiqué que "deux infrastructures dans le secteur de Pars avaient été touchées par un raid aérien ennemi".

L'agence Tasnim a elle indiqué que "les entreprises Mobin et Damavand, qui fournissent de l'électricité, de l'eau et de l'oxygène" à Assalouyeh "ont été visées".

Il n'y a pas eu de dégâts du côté de l'entreprise pétrochimiques de Pars, selon cette source.

En mars, le président Donald Trump avait demandé à Israël de ne plus attaquer les infrastructures énergétiques iraniennes après les premières frappes contre le champ de South Pars.

Mais le président américain avait aussi menacé de détruire "massivement l'intégralité du gisement" si Téhéran continuait ses attaques dans la région.

 


Iran: le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution tué dans une frappe 

Le commandant général Majid Khademi. (AFP)
Le commandant général Majid Khademi. (AFP)
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  • "Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste à l'aube"
  • Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran

TEHERAN: Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran.

"Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste (...) à l'aube aujourd'hui", ont déclaré les Gardiens dans une publication sur leur chaîne Telegram.