Au Rwanda, un sommet pour un Commonwealth en plein questionnement

La secrétaire générale du Commonwealth des nations, Patricia Scotland, s'adresse au Forum des femmes à Kigali, au Rwanda, le 20 juin 2022 (Photo, AFP).
La secrétaire générale du Commonwealth des nations, Patricia Scotland, s'adresse au Forum des femmes à Kigali, au Rwanda, le 20 juin 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 21 juin 2022

Au Rwanda, un sommet pour un Commonwealth en plein questionnement

  • La monarque de 96 ans sera remplacée par son fils le prince Charles
  • Le choix du Rwanda pour accueillir le sommet est controversé

LONDRES: Les dirigeants des 54 pays de Commonwealth se réunissent cette semaine au Rwanda pour un sommet organisé à un moment où l'avenir de l'organisation dirigée par Elizabeth II est questionné et en pleine polémique sur le projet britannique d'expulsions vers le pays d'Afrique de l'Est.

Le sommet, initialement prévu en juin 2020 mais reporté à plusieurs reprises en raison de la pandémie, doit "renforcer la coopération multilatérale, explorer de nouvelles opportunités et adresser des défis communs pour le bien-être des générations futures".

Un projet ambitieux pour un Commonwealth dont le rôle et la pertinence sont de plus en plus remis en question, à une période de transition pour la monarchie britannique et de remise en question du passé colonialiste.

Le Commonwealth, dont la reine Elizabeth II est la cheffe, est une association de 54 Etats membres dont 15 royaumes, souvent anciens territoires de l'Empire britannique. L'organisation recouvre 2,6 milliards d'individus, soit un tiers de l'humanité.

La monarque de 96 ans a toujours présidé la réunion des chefs de gouvernement depuis son arrivée sur le trône en 1952, mais sera pour la première fois cette année remplacée par son fils le prince Charles pour les rencontres au sommet prévues vendredi et samedi.

L'héritier du trône, qui effectue sa première visite au Rwanda, doit rencontrer des survivants du génocide de 1994, au cours duquel 800.000 personnes ont été tuées, selon l'ONU, principalement issues de la minorité tutsi.

«Faire pression»

Ses faits et gestes seront observés de près en raison des critiques qu'il aurait formulées, selon le journal The Times, à l'encontre du projet qualifié de "consternant" du gouvernement britannique d'expulser au Rwanda des demandeurs d'asile. Les premiers départs ont été annulés au dernier moment la semaine dernière par la justice.

De quoi laisser présager une entrevue gênante avec le Premier ministre britannique Boris Johnson, fervent défenseur du dispositif et également attendue à Kigali.

Le projet gouvernemental, qui prétend freiner les traversées illégales de la Manche en se déchargeant de la responsabilité d'accueil des demandeurs d'asile, est critiqué autant par les associations de défense des droits humains que par l'ONU.

"Les Etats membres du Commonwealth doivent saisir l'opportunité présentée à Kigali pour dénoncer cet accord inhumain et faire pression sur le Royaume-Uni et le Rwanda pour mettre fin" au dispositif, a insisté Deprose Muchena, directeur d'Amnesty International pour l'Afrique de l'Est et du Sud.

A Kigali, les écoles de la capitale rwandaise sont fermées et de nombreuses routes bloquées tandis qu'un important dispositif de sécurité a été mis en place. Des drapeaux des pays du Commonwealth flottent à l'aéroport et le gouvernement local a multiplié les vidéos de communication à l'international pour redorer son image.

Crédibilité 

Le choix du Rwanda pour accueillir le sommet est controversé. Le pays dirigé par Paul Kagame depuis la fin du génocide de 1994 est régulièrement accusé par des ONG de réprimer la liberté d'expression, les critiques et l'opposition politique.

"Le Rwanda ne respecte pas les valeurs du Commonwealth, de la démocratie, de l'Etat de droit, les droits humains, la liberté d'expression", a énuméré auprès de l'AFP Victoire Ingabire, la leader de l'opposition au Rwanda.

Il y règne un "climat de peur", loin de l'image que cherche à donner le pays, ont estimé une vingtaine d'organisations de la société civile début juin, dénonçant la multiplication des disparitions forcées, des détentions arbitraires, de la torture et des exécutions extrajudiciaires.

"Le silence du Commonwealth sur les droits humains au Rwanda risque de saper le mandat de l'organisation dans ce domaine, ainsi que son intégrité et sa crédibilité", ont prévenu les ONG.

D'autant que le sommet intervient alors que des voix s'élèvent au sein du Commonwealth pour abandonner la monarchie, suivant l'exemple de la Barbade devenue une république en novembre.

En mars, le prince William, petit-fils de la reine, a effectué une tournée chahutée dans les Caraïbes, critiquée pour ses relents colonialistes. Des reproches qu'a aussi essuyés le prince Charles lors d'une visite au Canada quelques semaines plus tard.

"La nouvelle génération veut remettre en question l'histoire de l'empire britannique, ce qui est une bonne chose", a estimé récemment Meghnad Desai, économiste britannique et ancien homme politique travailliste.


Trump dit mener les "derniers efforts" en vue d'un accord avec l'Iran

US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
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  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran
  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran

TEHERAN: Le président américain Donald Trump a affirmé mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue de la conclusion d'un accord avec l'Iran, au lendemain de la cessation de frappes réciproques inédites depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Nous sommes dans les derniers efforts de ce qui va être un très, très bon accord", a-t-il affirmé, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour que cet accord soit conclu.

Après 100 jours de guerre et l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les explosions et alertes avaient de nouveau retenti à Téhéran ou Tel-Aviv dimanche et lundi. Les attaques ont fait 15 blessés en Iran, selon le chef de l'organisation nationale des urgences.

Donald Trump, qui cherche une sortie à ce conflit impopulaire aux Etats-Unis à l'approche des élections de mi-mandat, avait exhorté l'Iran et Israël à cesser "immédiatement" les hostilités.

Téhéran a d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'a ensuite imité. "A l'heure actuelle, les hostilités sur ce front ont cessé", a confirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Signe d'accalmie, le principal aéroport international de Téhéran a annoncé tôt mardi un "retour à la normale" de ses conditions d'exploitation, au lendemain de la réouverture de l'espace aérien du pays, partiellement fermé entre dimanche et lundi.

En moins de 24 heures, l'Iran a tiré une trentaine de missiles contre Israël selon un responsable militaire israélien, en réponse à une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, dans laquelle deux personnes sont mortes et 20 ont été blessées.

Lundi à la mi-journée, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé "la cessation de l'opération", qualifiée de "sévère riposte" à Israël. Mais, a-t-il prévenu, "en cas de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant seront entreprises".

- 14 tués au Liban -

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, avait affirmé que l'Iran avait "rompu l'équation qui consiste à conclure un cessez-le-feu sur le papier et à le violer systématiquement sur le terrain."

Sur le même ton, Benjamin Netanyahu a assuré qu'Israël riposterait "avec force" à toute nouvelle attaque iranienne.

Lui qui avait ordonné des frappes contre l'Iran malgré l'objection du président américain a aussi dit, "avec respect", qu'Israël exercerait son droit à se défendre "chaque fois que nécessaire".

Plus tôt, le ministre de la Défense Israël Katz a affirmé que son pays  "continuera(it) d'agir" contre le Hezbollah.

Téhéran exige un traitement simultané du conflit entre Israël et le Hezbollah, et celui plus large déclenché par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, tandis que Washington souhaite conclure le dossier libanais dans un second temps.

Les frappes israéliennes se sont poursuivies lundi dans le sud du Liban, contre une quinzaine de localités dont la ville de Tyr, faisant 14 tués et plus d'une vingtaine de blessés, selon le gouvernement et la Croix-Rouge.

Le Hezbollah a lui revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban, mais pas sur le territoire israélien.

L'armée israélienne a de son côté affirmé que trois projectiles avaient été tirés "en direction de soldats israéliens en opération dans le sud du Liban", et qu'un projectile supplémentaire était "tombé à proximité des troupes" sans faire de blessé.

Le chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, a lui rencontré mardi au Pakistan son homologue pakistanais, Asim Munir. Le Pakistan fait figure de principal médiateur dans les pourparlers visant à mettre fin durablement à la guerre.

Le Pakistan a "souligné l'engagement de son armée à renforcer sa collaboration en matière de défense avec les forces armées libanaises" et à prendre en compte "l'évolution du contexte sécuritaire régional", selon un communiqué militaire.

Alimentant les craintes d'une nouvelle extension du conflit, l'armée israélienne a annoncé tôt mardi avoir intercepté une "cible aérienne suspecte en provenance du Yémen", moins de 24 heures après que les rebelles houthis installés dans ce pays et alliés de l'Iran ont revendiqué une attaque contre Israël et décrété une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge, autre voie maritime stratégique.

Dans ce contexte, les prix du pétrole, qui ont flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d'Ormuz, ont légèrement reculé mardi matin, le prix du baril de Brent de la Mer du Nord perdant 0,90% à 93,40 dollars, tandis que le West Texas Intermediate se repliait de 1,16% à 90,24 dollars.


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.